En
la mémoire du professeur Kakez
Par Ludo Martens,
Professeur Kakez
Ce
16 décembre 2002, j’ai invité le professeur
Kakez a présenter au Grand Hôtel mon livre sur Mzee
Kabila et c’est avec plaisir qu’il a accepté.
Dans son exposé, il a souligné que l’assassinat
de Lumumba a été pour lui un choc qui l’a
marqué pour la vie. Etudiant en 1964, il a soutenu l’insurrection
populaire de Pierre Mulele. A Paris, à l’université,
il a participé à Mai 68. Et c’est là
qu’il y a appris l’assassinat de Mulele. En 2000,
il est devenu ministre des droits de l’homme sous Mzee Kabila
pour continuer ce combat.
L’assasinat de Kabila l’a troublé autant que
l’exécution de Lumumba. Le camarade Kakez s’en
prennait surtout à certaines personnes dans l’entourage
de Mzee, des hommes sans conscience révolutionnaire qui
ont facilité le forfait. Envoyé en dernière
minute à Prétoria participer aux négociations
avec les “rebelles”, Kakez en est revenu très
déçu. “Dans notre camp il n’y avait
aucune unité de vue, aucune concertation, j’ai vu
la lutte entre différents clans. Ce n’est pas ainsi
que la cause nationaliste pourra triompher...”
Dans le passé, Kakez avait tenté d’unir les
forces nationalistes révolutionnaires, mais l’échec
l’a fortement marqué. Récemment, face au danger
d’une prise de pouvoir par les criminels de la “rébellion”
et par leurs alliés mobutistes, Kakez avait rejoint la
Coordination des Forces Nationalistes Révolutionnaires
qui se réclame de l’héritage de Lumumba, Mulele
et Kabila. Il en a été le porte-parole.
La mort nous l’a arraché à un moment où
le Congo nationaliste avait tant besoin de son expérience.
Ensemble, nous avons fait plusieurs conférences à
l’UNIKIN et une nouvelle conférence avait été
prévue dans la semaine même de sa mort...
Puisse le flambeau du nationalisme révolutionnaire qui
est tombé de ses mains, être repris par les centaines
d’étudiants qui l’admiraient pour son esprit
révolutionnaire, son franc parler et son dévouement
à la cause du nationalisme et du socialisme.
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