"Un
ouvrage consistant qui va être lu au Congo"
Elikia
Mbokolo: Je remercie Ludo pour ce "pavée".
C'est un ouvrage consistant qui va etre lu au Congo. Le 17 mai 1997,
j'étais chez des amis à Berlin. Nous regardions les
images de CNN qui ont réconcilié les Congolais avec
leur histoire: Kinshasa tombait entre les mains des vrais patriotes.
J'ai vu un gamin de 13 ans qui avait fait la marche de Lubumbashi
à Kinshasa. Les Zairois de hier étaient redevenus
des Congolais, fiers et heureux. A Berlin, tous les Africains ont
fait la fête dans les boites!
Dans son livre, Ludo nous montre que nous avons besoin d'un changement
dans la façon de voir la politique: il y a trop de passions,
on est sans mémoire, sans histoire. Ludo montre que Laurent
Désiré Kabila a été un véritable
acteur de l'histoire congolaise. Quand Kagame revendiquait la paternité
du changement, certains ont dit: "Kabila est un lapin que Kagame
et Museveni sortent de leur chapeau." Les historiens comme
Ludo remettent les personnages en lumière. Nous avons des
familles, des courants politiques qui sont différents, qui
sont en conflit. Il y a des progressistes et des non progressistes,
des mobutistes et des anti-mobutistes, des révolutionnaires
et des non révolutionnaires, A Sun City, on a mélangé
tout le monde et on pense que cela va fonctionner?
Les enjeux du Congo, ce n'est vraiment pas de la blague! Depuis
120 années, le Congo a toujours été l'objet
de convoitise des différents impérialistes. Maintenant
l'emprise extérieure se fait de façon plus subtile,
puisque des Congolais sont partie prenante du système impérialiste.
Je suis d'accord avec Ludo que l'Afrique du Sud a agi depuis 1996
comme un pays-relais de l'impérialisme anglo-américain.
Or, il s'agit de combattre l'impérialisme, la décolonisation
n'a jamais eu lieu au Congo.
Maintenant
ceux qui ont l'habitude de nous dominer, utilisent la paupérisation
extreme pour nous empêcher de réfléchir. On
nous envoie une masse de "pasteurs" qui sont souvent d'anciens
mobutistes. A cause de la paupérisation, les intellectuels
fuient le pays. Et des puissances extérieures affaiblissent
encore l'Etat déjà faible - à l'Est, pour téléphoner,
on passe par Kigali…
Oui, comme le dit le livre de Ludo, la révolution congolaise
est d'actualité. Je crois qu'il s'agit d'abord d'affirmer
que nous voulons vivre ensemble, que nous combattons le régionalisme
et le tribalisme et les tentatives de séparatisme inspirées
de l'extérieur.
Ensuite, les patriotes sont décidés à rompre
le lien entre le Congo et l'impérialisme. Nous voulons un
Etat souverain et Ludo a écrit un très bon chapitre
sur l'économie souveraine.
Trois, nous voulons une Afrique différente, l'Afrique de
Lumumba, Mulele et Kabila, mais aussi de Kimpa Vita et de Kimbangu.
L'épopée Kabila a prouvé que le peuple congolais
existe. Kabila est une ressource d'inspiration considérable
qui fera échouer les entreprises pour désarmer le
peuple par la division ethnique ou par le discours religieux tenu
par les anciens mobutistes.
Nous avons un problème avec les élites congolaises.
A Sun City, ceux qui gouvernent l'Afrique du Sud ont rentabilisé
leurs hotels les plus luxueux en y logeant ceux qui prétendent
vouloir gouverner le Congo et qui ont fait preuve d'une petitesse
d'esprit incroyable.
Depuis l'assassinat de Laurent Kabila nous nous sommes beaucoup
interrogés. Face à ceux qui sont devant nous, il ne
sert à rien de clamer ce que nous voulons. Faisons ce qui
est nécessaire sans faire du bruit. Joseph est prudent. Disons
qu'il y a toujours une chance que le camp patriote triomphera. En
effet, tous les collabo's ont peur de venir à Kinshasa. Leur
grand problème est leur "sécurité".
Ils savant que le peuple ne veut pas d'eux. 
Et face aux vieux dinosaures, il y a une "opposition"
dite politique et de la société civile qui a raté
le tram mobutiste et compte arriver à la meme destination
par le nouveau tram. Parlent de tout ce monde animal, Yerodia a
dit: 'Ce n'est pas un panier de crabes. Les crabes, on peut les
manger. Non, nos politiciens sont des bêtes sauvages devant
lesquels les carnassiers fuiraient de frayeur… '
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