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J. Kabila fait preuve d'ouverture politique vis-à-vis des agresseurs du Congo

Derrière le report des audiences dans l'affaire Ouganda-RDC prévues le 10 novembre, se cacherait la volonté des Etats-Unis de voir le Congo mettre fin à ces poursuites contre le pays de Yoweri Museveni.

Georges Alves, 12 novembre 2003

Bruxelles, 13 novembre 2003 - Mauvaise nouvelle, apparemment, pour des millions des Congolais : les audiences publiques prévues lundi, 10 novembre, à la Cour Internationale de Justice (CIJ) de La Haye - tribunal permanent de l'Onu - dans l'affaire Ouganda-République Démocratique du Congo ont été reportées ! Un communiqué de la Cour indique qu'un tel report " permettrait aux négociations diplomatiques engagées par les Parties de se dérouler dans un climat de sérénité ". Le report a été sollicité par le gouvernement congolais dans une lettre adressée à la Cour le 5 novembre.

Dans l'entourage du Président Kabila, cette explication officielle ne fait pourtant pas l'unanimité. Sous couvert d'anonymat, certains officiels dénoncent la main invisible des Etats-Unis. Il s'agit, souligne-t-on, d'un lobby américain pro-Museveni. Ce dernier exigerait à la RDC le retrait pure et simple de sa plainte contre l'Ouganda. Une perspective qu'une équipe tant soit peu responsable au pouvoir dans les circonstances actuelles en RDC ne peut se permettre.

En effet, outre les 4.7 millions de morts qu'elle a causé au pays, la guerre d'agression du Congo par l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi téléguidés par leurs maîtres outre-atlantiques est à l'origine d'une véritable régression socio-économique et une catastrophe écologique dont les conséquences dureront encore longtemps. Si Joseph Kabila se plie à l'idée du lobby américain pro-museveni, il prêterait le flanc aux traîtres de la Nation Congolaise et se verrait ainsi disqualifié par le peuple.

Joseph Kabila se montre plutôt tactique

Le Chef de l'Etat congolais a toutefois choisi le report, une solution à mi-chemin entre le retrait et l'examen de la plainte du Congo. Mais une telle solution serait-elle seulement viable à long terme ? Une chose demeure cependant vraie quoi qu'il en soit : l'acte posé par le Congo (le report des audiences prévues le 10 novembre à La Haye) met la pression sur l'Ouganda et ses maîtres qui devraient s'amender - on l'espère du moins - avant l'échéance d'avril 2004. En politique cela s'appelle " faire preuve d'ouverture". C'est un choix tactique.
Toutefois, l'examen de l'Affaire RDC-Ouganda pourrait être différé en 2005 ou plus tard. Car, selon la Cour, "le calendrier pour une bonne partie de l'année 2004 avait déjà été adopté ".

Pour rappel, la plainte de la RDC qui date de 1999 à l'époque du Président Kabila-père, porte sur les " massacres de la population civile " qui, à ce jour, a atteint des proportions d'un véritable génocide. Le gouvernement congolais accuse également l'Ouganda "d'invasion et occupation militaire du territoire congolais ", de " destruction des biens publics et privés, violation des droits de l'Homme et du droit international humanitaire. "