Encouragé par la communauté internationale
Museveni se lance dans le
meurtre de ses opposants
"Nous
travaillons activement pour tuer Joseph Kony et Vincent Otti et nous
réussirons", a annocé dernièrement le
président de l'Ouganda, Yoweri Museveni, dans une lettre adressée
à la presse locale.
Mani Junior Kisui
Bruxelles, 18 novembre 2003
Le vice-secrétaire
général des Nations Unies en charge des Affaires Humanitaires,
M. Jan Egeland, a effectué récemment une tournée
dans la région des Grands-Lacs. Après avoir visité
les districts ougandais de Gulu et Kitgum où l'armée et
les rebelles ougandais s'affrontent, Jan Egeland a affirmé que
la crise ougandaise est la "pire du monde, même pire
que la crise irakienne". Il a souligné qu'il s'agit
là d'une "scandaleuse honte morale" pour laquelle
les Nations Unies ont fait trop peu.
Il en fallait pas plus pour donner du zèle au président
ougandais. Quelques jours après cette déclaration de Jan
Egeland, Yoweri Museveni a envoyé un message à la presse
ougandaise pour révéler au grand jour ses intentions cyniques:
l'élimination physique de ses opposants les plus conséquents,
à commencer par le chef et fondateur de l'Armée de Résistance
du Seigneur (LRA), Joseph Kony et son bras droit, Vincent Otti. Dans
son message aux média, Museveni écrit : "Nous
travaillons activement pour tuer Joseph Kony et Vincent Otti et nous
réussirons".
L'AFP estime que ce message se veut "rassurant pour la communauté
internationale quant à la capacité du gouvernement ougandais
d'éliminer les rebelles qui résistent au pouvoir de Museveni
dans le nord de l'Ouganda depuis 17 ans".
Dès
qu'il s'agit du Congo, le discours change de ton
Une fois
arrivé à Kinshasa, M. le Secrétaire général-adjoint
des Nations Unies chargé des Affaires Humanitaires a tenu un
autre discours. S'adressant aux organisations non-gouvernementales basées
dans la capitale congolaise, Jan Egeland s'est contenté de plaider
pour un retour à la loi et à l'ordre. Le haut fonctionnaire
de l'ONU a affirmé qu' "il est important que les leaders
congolais soient présents sur les scènes des crimes horribles
et dénoncent publiquement les atrocités et les injustices
infligées aux civils par les groupes armés ".
Jan Egeland fait semblant d'ignorer que la plupart de ces leaders sont
responsables des crimes commis au Congo et qu'ils étaient présents
sur les scènes de ces crimes horribles. C'est d'ailleurs la raison
pour laquelle la communauté internationale, sous la houlette
de l'ONU, les a associés au partage du pouvoir.
Pour Jan Egeland, la guerre du Congo avec ses 5 millions de morts en
5 ans serait moins horrible que le conflit ougandais qui compte 100.000
morts en 17 ans. Personne n'ignore pourtant que le conflit armé
en RDC est le plus meurtrier que le monde a connu depuis la deuxième
guerre mondiale.
Manoeuvre
politicienne ou malhonnêteté intellectuelle?
Ce haut fonctionnaire
de l'ONU veut garder dans l'ombre la honte morale et le scandale que
constituent les violes, les pillages et le génocide du peuple
congolais par des armées ougandaise, rwandaise et burundaise.
La raison en est très simple: ces armées agissent au nom
de l'Occident et pour la prospérité de ses multinationales.