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Après avoir été humilié à son retour à Kinshasa, Léon Kengo Wa Dondo continue à se moquer arrogamment du peuple.

" Nous devons refuser la culture de la violence et de l'intolérance ", a déclaré le chouchou de la Banque Mondiale sous Mobutu, M. KengoWa Dondo, à l'issue d'un entretien avec le vice-président RCD, Azarias Ruberwa.

Mani Kisui, le 28/11/2003

Léon Kengo Wa Dondo, l'un de plus grands responsables de la misère du peuple congolais, est rentré à Kinshasa, le 16 novembre en cour. Entretenant toujours l'espoir de marcher sur le peuple avec la complicité de la haute finance internationale, Kengo a été surpris, à son arrivée dans la capitale congolaise, par l'accueil musclé et des jets de pierres d'une rare intensité que les populations des communes de Masina et N'djili lui ont réservé.
L'homme de la rigueur et bon marchand de misère populaire sous Mobutu n'a, apparemment, pas médité sur le message lui adressé par les habitants de la zone rouge de Kinshasa. En effet, une samaine après son retour, Kengo a été reçu par le vice-président Azarias Ruberwa. A l'issue de leur entretien, cet ancien premier ministre a déclaré:" Nous devons refuser la culture de la violence et de l'intolérance, si nous voulons conduire à terme le processus de transition en République démocratique du Congo".
De quelle violence s'agit-il ?
Le dernier directeur de cabinet de feu le "maréchal", Vunduawe Te Pemako, souligne que sur les 15 dernières années de Mobutu, le Zaïre - aujourd'hui RD Congo - a connu 10 Premiers ministres. Parmi les 10, seul Kengo a réussi l'exploit de passer 9 ans sur les 15 à la primature : de 1982 à 1986, de 1988 à 1990 et de 1994 à 1997. Et pour cause : Le FMI et la Banque Mondiale avaient jeté leur dévolu sur cet homme appelé à appliquer sa politique de rigueur pour faire supporter la crise du système capitaliste aux Zaïrois.
Pour garder le soutien de ses maîtres, Kengo exécutait à la lettre la politique, à la fois violente et criminelle, des institutions financières internationales.
Cette politique consistait à accroître la misère du peuple pour enrichir davantage les multinationales de la haute finance. Par exemple: en 1985, le gouvernement Kengo I, a dû consacrer 44 % de son budget au service de la dette extérieure [1]. Une dette dont seuls les barrons du régime, Kengo y compris, ont profité.
Conséquences : des fonctionnaires, employés et ouvriers, qui avaient des familles à entretenir, se sont fait virer sans indemnité. Ceux qui avaient la chance de conserver leurs boulots se sont retrouvés dans une situation telle que leurs salaires se vidaient avant même qu'ils ne soient payés.
Immolées à l'autel de la haute finance internationale, la santé et la sécurité sociale se dégradaient sous les gouvernements Kengo à une vitesse astronomique: des millions de gens pouvaient scandaleusement mourir plus vite que des mouches de bêtes maladies que l'on peut guérir facilement alors que les dinosaures et leurs familles pouvaient se permettre d'aller, avec des valises bourrées de billets de banque, consulter un spécialiste en Occident, même pour un simple rhume.
L'école étant devenue un luxe, l'éducation et l'avenir des millions d'enfants ont été complètement guillotinés à l'abattoir de la haute finance internationale. Les enseignants, comme les corps médicaux, abandonnés à leur triste sort par la politique de la rigueur, ne pouvaient survivre que par la corruption. Ainsi la pratique des mabonza (dons) et des primes d'encouragement s'est institutionnalisée pour pourrir totalement toute une génération. Les bourses d'études supprimées par la rigueur, les étudiantes et étudiants ont été réduits à l'état d'aventuriers et poussés à appliquer impérativement l'article 15 pendant leur passage à l'université ou dans les instituts supérieurs.
Des mamans zaïroises, ne sachant plus élever leurs enfants comme des êtres chers parce qu'écrasées par la misère que la politique de la rigueur a généralisée, étaient obligées de parcourir parfois de dizaines de kilomètres avec un poids de 20 kg et de rester jusqu'à des heures tardives au marché pour trouver de quoi nourrir leurs familles. Dans l'incapacité totale de joindre les deux bouts du mois avec leur solde, les soldats, quant à eux, commençaient à faire payer à la population tous les péchés d'Israël par des crimes, arrestations arbitraires, etc., dans le seul but de rançonner la population. Moralité: les racines de la misère la plus noire qui broie le peuple congolais aujourd'hui sont à chercher trop loin.
Un peuple mûr ne donne pas la liberté aux ennemis de sa liberté
Les faits nous démontrent que le vrai moteur de l'histoire est la lutte de classes aux intérêts économiques opposés et inconciliables. La classe dominante économiquement s'accapare de l'appareil de l'état pour imposer sa domination politique à son antipode par la violence. Kengo fait partie de la grande bourgeoisie compradore sur laquelle l'impérialisme s'appuie pour écraser le peuple congolais. La politique de rigueur de 3 gouvernements Kengo se résume en ceci : Violence sur toute la ligne et dans tous les domaines contre le peuple congolais. Cette violence contre un peuple par ses oppresseurs se détruit toujours par la violence de ce peuple contre ses oppresseurs. Un peuple qui pardonne à ses ennemis finit toujours par se faire mâter à nouveau.
Aujourd'hui, c'est normal que ce chouchou de la haute finance internationale parle de tolérance après avoir essuyé des jets de pierres à son retour à Kinshasa. Car les oppresseurs crient toujours à la liberté quand celle-ci leur échappe. Les bourgeois compradores, qui ne vivent que de la ruine du pays, parlent de réconciliation, de l'état de droit pour tous. Ils nient tous la lutte de classes pour mieux la mener. N'est-ce pas que Kengo a déclaré à La Libre Belgique du 15-16 novembre 2003 : " un homme politique voit toujours politique...je serais aussi dans la campagne électorale...Les élections m'intéressent au plus haut point. ".
Le peuple congolais doit absolument organiser son propre pouvoir sinon il sera contraint à subir, de nouveau, les assauts de la racaille politique congolaise téléguidée de l'étranger. Ce qui s'est passé au retour de Kengo à Kinshasa est un pas dans la bonne direction qu'il faudra suivre.