Abdoulaye Yerodia Ndombasi
à la communauté congolaise de France:
"Nous gérons actuellement le pays avec notre tirelire"
Le Vice-Président
à la Reconstruction Nationale, M. Abdoulaye Yerodia Ndombasi
a rencontré la communauté congolaise de France, samedi,
6 décembre, dans les locaux de l'ambassade du Congo à
Paris.
De notre envoyé
spécial, Georges Alves
Paris, 6 décembre
2003 - Cette rencontre avait comme principal sujet le processus actuel
de transition qui doit mener aux élections en 2005. Le compagnon
du Mzee Kabila a annoncé que la composante ex-gouvernement tient
absolument à la réussite de la transition et à
l'organisation des élections. "Nous nous faisons violence
contre notre tempérament pour que la transition se passe sans
anicroche", a-t-il déclaré.
Yerodia a voulu également taire les rumeurs qui lui prêtent
l'intention de vouloir créer un nouveau parti politique: "Je
n'ai pas de parti politique à créer, a souligné
le Vice-Président congolais à la Reconstruction. Mon unique
ambition est de contribuer à l'élection de mutoto weto
(notre fils) Joseph Kabila. J'appelle d'ailleurs tous les Congolais
à se tenir derrière lui pour qu'il gagne ces élections."
Dans un langage fait d'un mélange d'humour, de sages dictons
et de discours politique dont il maîtrise parfaitement la recette,
le Vice-Président congolais a laissé entendre que la réconciliation
nationale ne se fera pas sur fond d'oubli. Le coupable devra demander
pardon au peuple et c'est à cette condition qu'il y aura réconciliation.
"J'ai confiance à la sagacité du peuple congolais.
Chacun de nous devra se présenter devant ce peuple lors de prochaines
élections. Avant que le peuple n'accorde son vote, tout le monde
devra lui dire : qui il est? Et qu'a-t-il fait? . Le peuple est pour
nous l'espoir suprême", a-t-il souligné.
Finalement, l'ami fidèle à Mzee Kabila n'a pas pu s'empêcher
de fistiger les ex-rebelles: "Nous gérons actuellement le
pays avec notre tirelire, a-t-il révélé. Les autres
composantes du gouvernement ne nous ont apporté aucun sou. Elles
ont pourtant géré des territoires. Elles percevaient l'impôt,
prélevaient des taxes… Où est passé cet argent?
Qu'elles apportent l'argent qu'elles ont perçu. Aujourd'hui,
elles ne font que puiser dans les caisses qu'elles ont trouvées
à Kinshasa. Cette situation nous pend au nez malgré notre
volonté de protéger à tout prix la transition."
La rencontre s'est cloturée dans une ambiance bon enfant: les
participants étaient invités à partager un verre
gracieusement proposé par l'ambassade.