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Quand les bourreaux apportent les offrandes à leurs victimes, celles-ci doivent-elles croire ?

La Grande-Bretagne promet 38 millions de dollars à la RD Congo.
Mani Junior Kisui, 11 décembre 2003

Arrivé lundi, 08 décembre 2003, à Kinshasa, le ministre britannique à la Coopération internationale, Hilary Benn, a annoncé le mardi suivant que "l'aide britannique pour la République Démocratique du Congo (RDC) en 2003 sera de 38 millions USD, en plus de nos contributions à travers l'UE, l'ONU et la Banque mondiale". "Tant que le processus de transition en RDC suivra son cours normal, la Grande-Bretagne envisagera d'augmenter son aide pour les années à venir", a ajouté le ministre britannique avant d'affirmer que la RDC faisait face "à de grands défis et de grandes opportunités".

Certains journaux de la capitale congolaise ont naïvement accueilli cette nouvelle avec joie. Ils ont commenté cette aide avec pompe en oubliant qu'en politique, ce n'est pas de belles paroles qui comptent mais des faits. Ils faut donc étudier les faits pas de beaux discours pour comprendre la situation.

La Grande-Bretagne finance l'agression qui organise le chaos en RD Congo
Le premier ministre britannique, Tony Blair avait déjà publiquement déclaré en octobre 2001 que " la communauté internationale pouvait avec notre aide résoudre la situation néfaste que constitue le conflit permanent en République Démocratique du Congo, où trois millions de personnes sont mortes de la guerre ou de la famine au cours de la dernière décennie. "

Analysons les faits pour comprendre ce que ces belles paroles cachent. Les deux agresseurs de la RD Congo, le Rwanda et l'Ouganda, sont fortement dépendants de l'aide internationale. Afrique Express n° 233 du 31 octobre 2001 signalait déjà que les bailleurs de fonds financent la moitié du budget ougandais. La Grande-Bretagne est le plus important bailleur bilatéral de l'Ouganda et le second bailleur du Rwanda. Pour en avoir une idée, le pays de Tony Blair a fourni, pour l'année 2001, 158.000.000 de dollars comme aide à l'Ouganda selon les statistiques de l'OCDE. Rappelons que l'ancienne ministre britannique du Développement, Claire Short, avait signalé la même année que le budget militaire ougandais se chiffrait à 113 millions de dollars[1].

N'oublions surtout pas que le Rwanda et l'Ouganda, qui soumettent des populations congolaises aux lois du banditisme international, falsifient leurs budgets militaires et utilisent pour la guerre des fonds prévus officiellement pour des programmes de développement.

Tony Blair et l'oncle Benn ont donc raison sur un point : en étant le plus important bailleur bilatéral de l'Ouganda et le second bailleur du Rwanda, la Grande-Bretagne est l'un de principaux financiers de l'agression et du pillage du Congo. Elle est donc bien placée pour faire pression sur l'Ouganda et le Rwanda pour changer leur conduite et celle de leurs marionnettes en RD Congo afin que la transition se passe normalement.

On souhaite une transition réussie mais on l'évite par les actes que l'on pose
Selon le rapport Human Rights Watch intitulé "Ituri : Couvert de sang" publié en Juillet 2003, le pays de Blair, par l'ancienne Secrétaire d'Etat pour le développement international, Clare Short, s'est contenté de déployer des efforts considérables pour tenter de réduire les tensions et éviter une guerre possible entre ses deux protégés, Rwanda et l'Ouganda, mais n'a fait aucun effort similaire pour tenter de mettre un terme aux abus contre les droits humains dans certaines parties de la RDC contrôlées par l'Ouganda ou le Rwanda.

Tous les témoignages dignes de foi venant de l'Est de la RD Congo attestent que les armées rwandaise et ougandaise n'ont jamais quitté le pays de Lumumba. Certains officiers de l'armée rwandaise sont même arrogants et la MONUC en est au courant. L'intelligent du 14 novembre 2003 signale que le général Mountaga Diallo, commandant en chef de la MONUC, leur confiait avec mille précautions oratoires en début novembre que: " Nous avons des informations et des indices qui semblent attester de la persistance de la présence rwandaise dans l'est de la RDC. Les populations locales nous disent que les Rwandais sont de retour. Nous avons dépêché sur place des patrouilles qui se sont souvent heurtées à des manoeuvres d'obstruction. ". Le même Intelligent du 14 novembre 2003 précise qu'une note confidentielle de l'ONU indique que, pour faire dans la discrétion, les soldats rwandais sont éparpillés au sein de plusieurs compagnies du 54e bataillon de l'ANC, considéré comme le bras armé du RCD-Goma et, au-delà, comme des supplétifs du régime de Kigali. Leur présence est aujourd'hui avérée dans des localités comme Rumangabo, Bukima, Nkonkwe.

Comme l'on peut le constater, la force des scélérats du RCD et des autres mouvements rebelles se repose sur les armées rwandaise et ougandaise qui n'ont jamais quitté le Congo. Kagame et Museveni, sur ordre de Londres et de Washington, pourraient en tout moment s'appuyer sur leurs créatures pour faire capoter la transition en RD Congo.

Pour réussir une bonne transition, il faut donc faire partir d'abord du Congo le Rwanda et l'Ouganda qui sont dangereusement liés, dans des mariages incestueux, aux scélérats des mouvements rebelles qu'ils ont créés pour maquiller le pillage du Congo par leurs troupes. Mais la Grande-Bretagne ne fait absolument rien dans ce sens. Elle dit qu'elle veut une transition réussie au Congo en même temps elle fait tout ce qu'il faut faire pour la dynamiter : elle cache l'agression et s'arrange avec son cousin américain pour falsifier monstrueusement le rapport de l'ONU sur le pillage au Congo.

Les faits nous montrent que le pays de Blair finance les rapines au Congo dont vivent Kagame, Museveni et leurs bandes: les Rwandais, les Ougandais et leurs guignols congolais massacrent et pillent aussi pour son compte. Alors il ne peut pas jouer le franc jeu. Il tient de belles paroles pour désarmer les congolais afin de mieux les écraser. Insistons encore une fois qu'en politique, c'est les faits qui comptent pas les intensions. Son argent sale apporté aux Congolais est un cadeau empoisonné. Il ne sert qu'à une chose:envoûter les esprits faibles congolais en obscurcissant et embrouillant le problème. Ces 38.000.000 de dollars ne signifient rien aux côtés des millions de morts congolais victimes de l'entreprise criminelle du pays de Blair. Ne soyez pas dupes,méfiez-vous des brigands financiers même quand ils vous apportent des offrandes.

[1] Afrique Express n° 233 du 31 octobre 2001