Tshisekedi
n'a plus la quote auprès des masses congolaises (*)
Deux bonnes raisons pour
penser que la quote de popularité du leader de l'UDPS (Union
pour la démocratie et le progrès social), M. Etienne Tshisekedi,
est en chute libre ces derniers temps.
Georges Alves, Bruxelles,
18 décembre 2003
1. Une première
sortie manquée
Même si aucun chiffre n'a été avancé dans
la presse, on peut penser sans risque de se tromper que trop peu de
Kinois se sont donnés la peine d'aller écouter M. Etienne
Tshisekedi, samedi 13 décembre dans l'après-midi, au Palais
du Peuple où il devait recevoir son premier bain public, après
un long exil volontaire en Afrique du Sud.
C'est à peine si le journal congolais L'Observateur n'ose parler
d'échec: "La mobilisation des masses aurait pu être
totale si les moyens de transport étaient assurés".
L'opinion se rappelle qu'au debut des années 1990, à chaque
manifestation prévue de l'UDPS, Mobutu donnait l'ordre à
la société Sotraz (la plus grande société
de transport à l'époque) de ne pas circuler, mais cela
n'avait jamais empêché Tshisekedi d'avoir pour lui un stade
du 20 mai rempli de près de 100.000 personnes.
Le constat d'échec du dernier meeting du leader de l'UDPS se
lie aussi dans le même journal, lorsque l'article (Tshisekedi
s'est prononcé pour la tolérance politique paru dans www.digitalcongoa.net)
évoque la capacité d'accueil de la salle allouée
au parti pour la circonstance: 10 à 20.000 places dont on nous
fournit aucune explication sur l'utilisation.
Ce constat est renforcé par les impressions recueillies à
la fin de ce meeting auprès de certaines personnalités,
dirigeants du parti ou simples invités. Aucun d'eux n'a, en réalité,
fait allusion au rôle des masses à cette manifestation.
2. Totalement désavoué
à l'Est
Ce n'est pas seulement à Kinshasa que le "leader maximo"
peut se faire du souci pour sa popularité. Sa quote n'est pas
meilleure dans beaucoup d'autres régions du pays. Le Kivu et
le Maniema ont choisi de l'ignorer, totalement.
Le dernier sodange réalisé par l'institut Berci dans cette
région le présente en queue de peleton et même bien
après les personnalités qui passent pour de grands criminels
dans cette région comme Jean-Pierre Bemba, Azarias Ruberwa ou
Z'ahidi Ngoma.
Etienne Tshisekedi paie ainsi de sa turpitude politique: le chef de
fil de l'UDPS a toujours eu un usage cynique de la politique pour son
profit personnel. Flirtant la nuit avec son vrai maître Mobutu,
le jour il se faisait passer pour un authentique opposant au régime
du dictateur. Etienne Tshisekedi voulait jouer le même jeu dans
l'agression rwandaise et ougandaise au Congo, mais son nouveau maître,
Paul Kagame, ne lui a pas laissé la même opportunité.
Kigali lui a d'abord imposé de passer des troupes d'agression
rwandaise en revue à l'occasion d'une manifestation organisée
à l'honneur des anciennes FPR (Forces patriotiques rwandaises)
devenues FDR (Forces de défense rwandaise) avant de l'envoyer
faire une tournée pour le compte de la rébellion à
l'Est du Congo, en 2001.
(*) Cet article est publié
sur le site de notre section belge: www.deboutcongolais.be.tf