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Pourquoi Ruberwa parle-t-il des viols sur les femmes en général sans aucune précision ?

"Nous devons réparer et obtenir la condamnation des coupables de viols et autres crimes commis contre les femmes pendant les guerres que le pays a connues", a déclaré cyniquement Azarias Ruberwa.

Mani Junior Kisui, le 27 janvier 2004

A l'ouverture à Kinshasa d'un forum de deux jours qui devra aboutir à la création d'un réseau des femmes ministres et parlementaires du Congo, M. Ruberwa - vice-président en charge de la commission politique, de défense et de la sécurité de la RDC - a souligné que la femme avait été "chosifiée" pendant ces périodes de conflit et assuré que le gouvernement ne laisserait pas ces actes impunis.

Tour observateur bien expérimenté ne pouvait constaté, à cette occasion, que le chef de file du RCD-Goma parle des viols qui ont chosifié les femmes et leurs auteurs en général. Il ne donne aucune précision, ni sur les auteurs, ni sur les lieux où ces crimes on été commis ; ni sur la part de responsabilité de son mouvement dans ces horreurs qui ont sensiblement déchiré la RD Congo. Il ne définit pas non plus les mesures que la commission de sécurité, qu'il préside, compte prendre pour punir les auteurs de ces viols. Pourtant c'est ces mesures et leur application qui sont essentielles. Pour quelle raison, peut-on se demander, Ruberwa parle-t-il en général sans être précis ?

De Makobola à Kisangani le RCD de Ruberwa est noyé dans le sang congolais
Il suffit d'analyser les rôles que le RCD a joué dans d'innombrables crimes de sang commis depuis le 02 août 1998 - date qui a marqué le début du génocide congolais - pour déceler les intentions du président du RCD et de sa bande, et comprendre pourquoi ils sont toujours évasifs quand ils parlent des crimes commis pendant le conflit armé.

Le mouvement lié au Rwanda est pratiquement impliqué dans tous les crimes commis à l'est du Congo. Il a largement servi de couverture à l'armée rwandaise dans plusieurs crimes de sang à l'Est du Congo dont les tueries de Makobola, où il y a eu plus de 500 morts, et celles de Kasika, avec plus de 1.000 morts.

Dans la nuit du 29 au 30 et le 31 décembre 1998, plusieurs centaines de familles et autres personnes, y compris les femmes, les enfants et les vieillards, ont été lâchement massacrées par les troupes rwandaises, sous couverture du RCD, à Makobola dans la Zone de Fizi, à quelques 15 km au Sud d'Uvira. Certaines victimes ont même été identifiées. Le massacre a été dirigé par un commandant rwandais très connu à Uvira sous le sobriquet de Shetani (Diable ).
Par ailleurs, plusieurs maisons ont été incendiées, des personnes à l'intérieur. Le secteur, occupé par l'armée rwandaise avec la complicité du RCD, a été pendant un moment fermé et interdit à toute circulation pour effacer toutes les traces

Kisangani, ville contrôlée par le RCD-Goma depuis 1998, n'a pas non plus échappé aux orgies de sang des agresseurs avec qui le RCD complote toujours contre le peuple congolais.

Premièrement, les habitants de Kisangani, estimés à un million, se sont fait pilonner, avec une précision diabolique, à 3 reprises par les armées rwandaise et ougandaise.

Deuxièmement, dans la ville martyre, une foule de civils, de soldats du RCD et de policiers fatigués de continuer à vivre sous l'occupation rwandaise, est sortie dans la rue en mai 2002 pour manifester son indignation. Le RCD les a qualifiés de mutins et les a accusés d'être en connivence avec l'ex-composante gouvernementale de Kinshasa afin de bien le mater et allonger ainsi la liste de ses horreurs sanglantes.

C'est ainsi que des troupes rwandaises, appuyées par celles du RCD, ont été dépêchées à Kisangani pour perpétrer des exécutions sommaires et tortures de prisonniers en mai 2002: Pendant deux jours, près du pont sur la rivière Tchopo, des civils, policiers ou officiels y ont été méthodiquement égorgés, mutilés et jetés à l'eau par les hommes du RCD, avait affirmé à l'AFP un riverain, réquisitionné par les rebelles [1] .

Quant à elle, Mme Jahangir, expert de l'ONU, mandatée pour enquêter sur ces massacres, avait affirmé à la presse que "des personnes ont été abattues par balles, mais aussi tuées à la machette. Certains cadavres ont été ouverts et lestés de pierres pour qu'ils coulent dans le fleuve (…) J'ai aussi rencontré des gens en prison et j'ai vu les marques de tortures sur leurs corps "[2]

Ce carnage humain avait fait au moins 200 victime selon un rapport de l'ONU qui avait également établi d'une manière claire la responsabilité du RCD dans cette barbarie.
Mais le RCD, par la bouche de Ruberwa, avait qualifié de "fantaisiste" ce bilan

"Nous rejetons les conclusions de l'enquête présentée par Mary Robinson, et nous exigeons une contre-enquête indépendante pour rétablir la vérité sur les événements", avait déclaré Azarias Ruberwa avant d'enchaîner que "l'expert de l'ONU n'est restée à Kisangani que 48 heures pour son enquête, ce qui est insuffisant pour établir qu'il y a eu massacres, qu'il y a eu 200 morts et que les autorités du RCD sont directement responsables".[3]

Azarias Ruberwa a toujours nié la folie sanglante de son mouvement et de son mentor Kagame au Congo. Aujourd'hui il nous balance vaguement sans précision que la femme avait été "chosifiée" pendant ces périodes de conflit et assuré que le gouvernement ne laisserait pas ces actes impunis.

La rédaction de Debout Congolais et les proches des victimes de tous ces crimes sont impatients de connaître la recette miracle de la commission de sécurité pour ne pas laisser impunis toutes ces horreurs sanglantes quand le RCD - dont le chef n'est autre que le président de cette commission, c-à-d Ruberwa - est complètement submergé dans le sang que ces massacres ont fait couler.

Nous sommes convaincus que la justice ne viendra pas de ces criminels qui veulent à la fois être juges et parti, mais du peuple congolais organisé en force invincible et mobilisé pour se prendre seul en charge.
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Notes:
[1] Afrique Express n° 251 du 18/06/2002 : Exécutions sommaires après une "mutinerie" à Kisangani, Les rebelles du RCD sur la sellette
[2] Afrique Expresse n° 252 du 02/07/2002 : Massacre de Kisangani, Polémique entre l'ONU et le RCD-Goma
[3] Afrique Expresse n° 253 du 30/07/2002 : Massacre de Kisangani en mai, Au moins 200 tués, selon l'ONU, Le RCD "exige une contre-enquête" de l'ONU

 

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