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Banque Mondiale : La bonne gestion au profit de qui ? *M. Onno Rühl, Représentant de la Banque Mondiale en RDC, a indiqué que les bailleurs des fonds tiennent à ce que la partie congolaise donne des preuves de sérieux dans ses engagements Mani Junior Kisui, le 03 février 2004 On se rappelle qu'en décembre 2003, la Haute Finance internationale a promis 4 milliards de dollars à la RD Congo. Cette simple promesse a suscité la joie de tous les parasites qui occupent dangereusement des fonctions importantes dans les institutions de la transition. Car cela constitue pour eux une nouvelle aubaine de s'enrichir sans la moindre effort qu'il ne faut pas louper. Jeudi, 29 janvier 2004, M. Onno Rühl, Représentant de la Banque Mondiale en RD Congo, s'est entretenu avec la presse de Kinshasa pour faire le point de la coopération entre cette institution financière et le Congo. A propos de 4 milliards $Us promis par les bailleurs des fonds à la RD Congo, il a précisé que ce ne sont que des promesses et non des engagements juridiques. Le grand défi, dira-t-il, est comment faire pour que ces promesses se concrétisent. Il va falloir utiliser l'argent déjà disponible pour convaincre les bailleurs de fonds de procéder à d'autres décaissements. Selon lui le mot clé pour la République démocratique du Congo doit être l'exécution des programmes en cours, et lesdits programmes doivent être bien exécutés Imposer au pays une impossibilité absolue de tout développement par la bonne gestion
De 1978 à 1989, le Zaïre de Mobutu a connu 4 programmes d'ajustement économique et financier conçus et dirigés par la Banque Mondiale et le FMI : Plan de relance économique et financière du Zaïre de 1977-1980, Nouveau programme d'ajustement économique et financier de 1981-1983 , Programme de stabilisation et de libéralisation de 1983-1985 et Nouveau plan de relance et d'ajustement structurel de 1985-1990. Rien qu'entre 1978 et 1983, on a organisé 3 conférences ad hoc à Bruxelles, 5 réunions du Club de Paris, et 4 réunions du Groupe Consultatif de la Banque Mondiale pour le Zaïre.[1] De 1984 à 1983, la Banque Mondiale a réalisé 16 études sur les sujets aussi vastes que : les investissements publics, les entreprises parastatales, le marché de crédit, le secteur agricole, l'industrie minière, l'industrie de transformation, etc.. [2] Ainsi, on pouvait lire en 1982 : " Avec le concours de la communauté internationale ( organisation internationales comprises), des progrès considérables ont déjà été accomplis en ce qui concerne la définition des mesures de politique générale nécessaires pour assurer la relance et le Zaïre a déjà annoncé un certain nombre de décisions appropriées. " [3] A quoi consistaient ces décisions appropriées ? A sacrifier de millions de Congolais pour bien gérer le budget de l'Etat, avec assistance des experts de la Banque Mondiale et du FMI, dans l'intérêt de l'impérialisme. C'est-à-dire : réduire le déficit budgétaire en diminuant les transferts sociaux, l'emploi et les salaires dans le secteur public. Le budget de l'état était donc devenu un instrument pour vider le Zaïre de son sang, une machine pour drainer les ressources zaïroises vers les coffres-forts des créanciers étrangers. Par exemple, le pourcentage des dépenses budgétaires destinées au service de la dette intérieure et extérieure, a évolué de 24,5 % en 1980 à 73 % en 1985. Mais celui des dépenses consacrées aux salaires payés par l'Etat a diminué de 41,4% en 1980 à 17,1% en 1985. Le plan de 1983 du FMI a conduit à des licenciements massifs dans le secteur public qui a perdu en une année 10% de salariés ( 441.121 en 1982 et 400.000 à la mi-1984). Le pourcentage de la part du budget destiné aux biens et services évoluait, quant à lui, de 25,6 % à 22,9 % sur la même période. Les investissements s'effondraient littéralement : partis de 6,7 % des dépenses budgétaires en 1980, ils étaient montés à 12 % en 1982 pour descendre à 5,3 % puis à 3,7 % et finalement en 1985 au chiffre dérisoire de 2,5 %. [4] Dans un tel contexte, il est impossible de parler de développement ; même la survie devient aléatoire. Service de la dette en % des dépenses budgétaires
Sources:
Il est clair que par la bonne gestion selon la Banque Mondiale, ce que Lumumba craignait en 1960 est arrivé : le Zaïre, dans un automatisme diabolique, est tombé sous la dépendance, de plus en plus meurtrière, du capital financier international, qu'il a engraissé par le transfert des capitaux. Le commissaire d'Etat au plan, Sambwa, déclara en 1987 : " Notre pays est devenu un exportateur net de capitaux car, au cours des 4 dernières années, il a déboursé 1,928 milliard de dollars contre 1,098 milliard d'apports extérieurs, soit un solde net négatif de 830 millions de dollars. " [5] 10 ans de bonne gestion, des preuves de sérieux dans ses engagements et de parfaite exécution des programmes ont donc imposé au Zaïre une impossibilité absolue de tout développement économique autonome. Ils ont permis à l'impérialisme de spolier le pays, par le mécanisme du service de la dette, de ses maigres capitaux qui auraient pu assurer un début de développement industriel national. Ils ont sacrifié des millions de vies en poussant la population dans la misère, la malnutrition, la maladie. Les autorités zaïroises se distinguaient par la manière très scrupuleuse d'appliquer les programmes des bailleurs des fonds.
Quand M. Onno Rühl déclare que " Les bailleurs des fonds adorent les pays où les projets marchent bien ", nous savons ce que cela cache en réalité. Car la Banque Mondiale qu'il représente écrivait déjà en 1985 : " Est-ce que le Zaïre peut être considéré comme un pays spécial ? La réponse est affirmative, non seulement parce que les réformes récentes sont allées plus loin que les actions prises par la plupart des pays africains, mais aussi parce que le redressement continu et éventuellement la restructuration réussie de l'économie auraient un effet démonstratif important. " [6] Monsieur Jacques de Groote, administrateur belge de la Banque Mondiale et du FMI en 1985, était aussi déjà ébloui par la manière dont l'Etat zaïrois appliquait à la lettre les directives des bailleurs des fonds internationaux : " Ce pays mérite encore plus de bons points qu'il y a un an (…) Le programme qui est appliqué au Zaïre se distingue par l'ampleur et le caractère radical des mesures qu'il comporte et par la manière très scrupuleuse dont il est appliqué par les autorités zaïroise "[7], disait-il. Notes: 1] Zaire Economic
Memoradum ; Economic change and External Assistance. Repport n°
5417- ZR, March 29, 1985, World Bank, p.65 * cet article est réalisé par notre section belge (www.deboutcongolais.be.tf) |
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