Le RCD s'accroche au militarisme
pour prolonger son agonie meurtrière dans la spirale du sang
Mani Junior Kisui,
le 26 février 2004
Impopulaire et lié
indisolublement à Kigali, le RCD ne peut pas survire à
une transition véritablement démocratique.
Le mouvement de Ruberwa ne
peut que s'appuyer sur les militaristes de Kigali pour rallonger sa
survie dans une folie de sang et de pillages. Voilà pourquoi
il multiplie des caches d'armes à travers la ville de Bukavu
et ne supporte pas que le commandant de la 10 ème région
militaire, le général Prosper Nabiolwa, déjoue
tout le temps son plan diabolique.
Des coups de feu nourris
ont été entendus dans la nuit de lundi à mardi
à Bukavu, capitale du Sud-Kivu (est de la RDCongo), près
de la résidence du général Prosper Nabyolwa,.commandant
de la 10ème région militaire
"Il y a eu des tirs
entre minuit et minuit et demi dans le quartier Nyawera, près
de la résidence du général", a déclaré
pour sa part un porte-parole de la MONUC à Bukavu, Sébastien
Lapierre
Ces affrontements ont opposé
les forces fidèles au général Prosper Nabiolwa
et celles de son adjoint, le colonel Mutebusi. Ce qui a fait que jusque
mardi matin, la ville de Bukavu était sous contrôle des
militaires du RCD-Goma et toutes les activités étaient
à l'arrêt.
Selon la déclaration
politique des parlementaires de la transition - lue mardi, 24 fevrier
2004 - le Colonel Mutebutsi, a recouru aux troupes rwandaises pour mettre
en péril la vie de son supérieur hiérarchique,
le Général Nabiolwa, et assiéger la ville de Bukavu
En plus de cela, la résidence
du général Nabiolwa, dont on était toujours sans
nouvelle jusqu'à mercrdi, a été sacagée
et est restée encerclée pendant longtemps encore dans
la journée par les hommes envoyés par son adjoint
Conformement à l'accord global et inclusif, le général
Prosper Nabyolwa, a été envoyé à Bukavu
par l'état-major de l'armée congolaise pour commander
la 10ème région militaire.
Selon la Monuc à Bukavu,
« cette situation serait provoquée par la décision
de transférer le major Kasongo à Kinshasa, à la
suite de son arrestation, samedi dernier, après que la 10 ème
Région militaire ait annoncé la découverte d'une
cache d'armes dans sa résidence ».
Les autorités du RCD,pour
expliquer cette situation, vont également dans le même
sens. "C'est uniquement pour réclamer la libération
du major Kasongo qu'il y a eu cette situation dans la ville de Bukavu",
a expliqué M. Moïse Nyarugabo, député du RCD-Goma
Pourtant le colonel Mutebusi
et les hommes du RCD font officiellement partie de la 10 ème
région militaire dont le commandant est le général
Nabiolwa. Le major Kasongo ne fait même pas partie de l'armée
congolaise. C'est à leur commandant que ces hommes doivent obéir.
Par son opération
de démantèlement d'autres caches d'armes, le général
Nabbyolwa déjouait toute tentative de déclencher une autre
guerre
Ce que le RCD refuse d'accepter, c'est le fait qu' une importante quantité
d'armes et de munitions avait été saisie samedi à
la résidence du major Kasongo à Bukavu
Rappelons que le major Kasongo,
sans fonction actuellement et condamné à mort -par contumace-
dans le procès des assassins du président Laurent-Désiré
Kabila, est un ancien Responsable adjoint des Renseignements Militaires
de l'ex-7ème Brigade de l'ex-Armée Nationale Congolaise
du RCD basée à Kisangani. On peut déjà se
demander le rôle qu'il a joué dans les massacres de Kisangani,
vu les fonctionns qu'il occupait dans les renseiglements militaires.
On a encore frais dans la
mémoire le cas de l'ex-gouverneur Ciribanya du Sud-Kivu qui a
été impliqué dernièrement dans une affaire
similaire de cache d'armes. Le gouverneur est actuellement suspendu.
En effet, le mardi, 3 février
2004, les services des renseignements de la région militaire
du Sud-Kivu avait porté à la connaissance du Commandement/Place
l'existence d'une cache d'armes et munitions de guerre dans un container
se trouvant dans une parcelle appartenant au Gouverneur Ciribanya dans
la ville de Bukavu.
Ayant décidé
de vérifier les faits, le général Prosper Nabyolwa
et ses hommes sont descendus sur les lieux après avoir prévenu
le Gouverneur de Province. Il a fallu 2 heures d'échange de coups
de feu nourris pour que le commandant de la 10 ème région
militaire et ses homme maîtrisent la situation. 65 caisses de
munitions ont été débarquées de ce container
se trouvant dans la parcelle du gouverneur.
Après ce coup de force,
le général Nabbyolwa a confié aux membres de la
société civile du Sud-Kivu que « la population est
en danger » et que « les faits de la guerre au Sud-Kivu
sont probants ».
Mais le RCD a démenti
après. "Le Rassemblement congolais pour la démocratie
(RCD-ex-rébellion) dément de la façon la plus catégorique
la nouvelle faisant état de la création d'un fantomatique
Front de libération de l'est du Congo (RDC) par quelques anciens
militaires ayant fait partie de son ancienne armée ", a
déclaré M. Kabassele Tshimanga, secrétaire national
aux relations internationales.
Malgré ce démenti, le général Nabbyolwa
a pris ses responsabilités de déjouer toute tentative
de déclencher une autre guerre que le RCD et le Rwanda préparent
avec la complicité de la MONUC.
Sous contrôle de Kigali,
les officiers du RCD - dont le commandant en second de la 10 ème
région militaire, le Colonel Mutebutsi - font tout le temps obstruction
à l'opération de la recherche et de démentèlement
d'autres caches d'armes dans la ville de Bukavu.
De Bukavu, on rapporte que
cette opération initiée par le commandant de la 10 ème
région militaire, le général Prosper Nablolwa,
commençait à porter des fruits dont entre autres le coup
porté contre des caches situées dans les résidences
privées de certains officiers supérieurs. En effet le
week end dernier, les équipes commandées par le général
Nabiolwa n'ont pas seulement découvert des caches d'armes de
guerre dans l'enceinte de la résidence du Major Jeef Kasongo
mais aussi dans celle du Colonel Mirindi, deux collaborateurs proches
du gouverneur suspendu Xavier Ciribanya.
Prenant ses responsabilités
avec tous les risques que cela comportait, le commandant de la 10ème
Région militaire a ordonné l'arrestation de ces deux hors
la loi armés et dangereux. Le colonel Mirindi est parvenu à
fuir tandis que le major Jeef Kasongo a été arrêté
et transféré à Kinshasa pour se justifier devant
la haute hiérarchie militaire.
Furieux de constater que
son supérieur hiérarchique déjoue leur plan diabolique,
le colonel Mutebusi a ordonné à ses hommes de procéder
à l'arrestation du général Nabiolwa, d'où
ces affrontements qui ont opposé les forces fidèles au
commandant de la 10ème région militaire et celles de son
adjoint avec un bilan macabre de 2 morts dont un civil et un des gardes
du corps du commandant de la 10 ème région militaire.
Il est clair que quand le
général Prosper Nabyolwa disait à la société
civile du Sud-Kivu que « la population est en danger »,
il avait raison. Mais une autre guerre ne menace pas seulement la population,
car les militaires nationalistes et courageux, qui doivent affronter
les agresseurs et leurs marionettes face à face, sont également
dangereusement exposés. La preuve en est que jusque mercredi
on était sans nouvelle du général Nabyola, qui
a perdu un de ses gardes du corps.
Qu'on se souvienne du sort
réservé aux officiers des Fac (Forces armées congolaises)
qui, au lendemain du déclenchement de la guerre d'agression du
2 août 1998, ont refusé de trahir la patrie comme Ondekande,
Mbuki et autres. Ils avaient tous été rassemblés
et fusillés à l'aéroport de Kavumu sur ordre de
Kigali