Bukavu : opération
ville morte
Aperçu basée
sur les sources: Misna, héritiers de la justice, paix et démocratie,
Fomeka-news du 1 mars.
Leonard Kasimba, 2 mars 2004-03-02
Ce lundi 1er mars 2004, il
s’observe une ville morte accompagnée des crépitements
des balles à Bukavu
Les magasins, les écoles et les bureaux sont fermés, "les
rues sont quasiment désertes.
Les agents et fonctionnaires des services publics restent perplexes.
10 heures, des jeunes gens armés des bâtons descendent
presque de toutes les rues, scandant : «Libérez,
libérez Nabiolwa!» et envahissent la ville.
On ne voit que des groupes de jeunes garçons (certains ont à
peine 12 ans) qui brûlent des pneus et amassent des pierres"
raconte une source locale. "Ils disent que s'ils voient passer
des véhicules de la MONUC ou des militaires rwandais, ils leur
lanceront des pierres" poursuit-elle. La majeure partie de la population
de Bukavu a choisi d'adhérer à la "ville morte"
en signe de protestation contre l'attaque subie la semaine dernière
par le général Prosper Nabyolwa.
La place Nyawera est sous haute tension. Les militaires prépositionnés
ont beau réprimer pacifiquement l’avancée des enfants.
Mais en vain. Deux auto-blindées de la MONUC passent et reçoivent
une pluie des coups de pierres. Des balles sifflent. La foule des manifestants
se disperse.
Intérrogés sur les raisons de leur manifestation, certains
parmi ces derniers avancent qu’ils pleurent les morts tombés
lors de l’attaque meurtrière de la résidence du
Général Nabiolwa dans la nuit du 23 au 24 février
2004. D’autres disent qu’ils reclament le retour de Nabiolwa.
D’autres, enfin, cherchent à traduire la déception
de la population au regard de la lenteur des autorités politiques
et militaires quant à la recherche des solutions durables et
efficaces à la crise qui persiste à Bukavu.
A partir de 11 heures, circulation rarissime des civils en ville.
Témoignages
La population de Bukavu tient à se faire entendre et veut voir
ses exigences prises en considération par les hautes autorités
du pays. Un interlocuteur d’une ONG des droits de l’homme
déclare: "Une grande partie de la société
civile soutient Nabyolwa parce que c'est un homme respecté, originaire
de la zone de Bukavu, qui parle la langue des gens et qui connaît
bien le territoire" "Il incarne en quelque sorte la partie
la plus 'propre' du gouvernement de transition parce qu'il n'a jamais
fait partie des groupes rebelles". Les promoteurs de la ville morte
"demandent que la sécurité de Nabyolwa, réfugié
dans une localité inconnue, soit assurée et qu'il puisse
continuer son travail. Ils veulent aussi que son agresseur soit jugé
par une cour martiale pour mutinerie". Ce même interlocuteur
ajoute noter un fort "mécontentement populaire envers la
MONUC, qui patrouille généralement les rues mais qui n'est
pas intervenue le jour de l'agression de Nabyolwa, bien que trouvant
à 1 kilomètre seulement. La MONUC est taxée d'indifférence
face à la tension qui règne à Bukavu. Les organisateurs
de la ville morte ont fait savoir que si quelque chose arrive au général
Nabyolwa, la MONUC sera considérée comme co-responsable".
Mise en question
de la MONUC
les enfants du sud Kivu viennent de prendre position en lapidant les
véhicules de la patrouille de la MONUC, il s'agit ici des chars
blindés et jeeps ces derniers se contentent de faire des echanges
des balles pour disperser la foule qui aussitot se réorganise
et récommance dans d'autres coins, le bilan n'est pas encore
connu puisque la situation reste d'actualité rétenez aussi
qu'il y'a de cela trois jours que dans des quartiers populaires tel
que KADUTU ,BAGIRA... les agents de la MONUC sont dévénus
sujets des ménaces verbales et de fois des bousculades de la
part des aigrus.
Cet échange des cartouches et pierres a commencé dépuis
dix héures 30 de ce lundi 1/mars/04 .
La complicité de la MONUC est établie au niveau du sommet
à partir William SWING et de SHAROU SHARIF à Bukavu qui
a eu du mal à convaincre la population Bukavienne de sa passivité
lors de l'attaque de la résidence de Nabiolwa.
Il conviendrai pour la crédibilité de l'institution ainsi
que du role des NATIONS UNIES de procèder àu remplacememt
de ces unités implantées en R.D.Congo si non le processus
de paix risque d'en souffrir et la population s'eprendre tout le temps
à la MONUC de par ses actes.
Elle veut aussi rappeler à la MONUC son devoir...: appliquer
le Chapitre 7... selon son nouveau mandat.
Déjà au sein de la MONUC-Bukavu, les esprits se surchauffent.
Le Numéro UN de la MONUC-Bukavu ne sait plus où mettre
de la tête. Accusé de n'avoir pas répondu positivement
à l'appel au secours du général Nabiolwa- fait
qu'il reconnait lui-même-, il est aujourd'hui à la base
du mécontement qu'a la population contre la MONUC. Aucun véhicule
de la MONUC n'a circulé dans la ville. Tous les véhicules
sont garés et le personnel appelé à "une quasi
clandestinité".
La MONUC est sommée de présenter ses excuses non seulement
à la population bukavienne, mais aussi au Gl Nabiolwa. Elle doit
aussi condamner en des TERMES CLAIRS la MUTINERIE de la semaine dernière
L’appel du
Général Buki contesté
L’organisation de la ville morte et l’intifadah des jeunes
de Bukavu est une réponse cinglante à l’appel du
Général Sylvain Buki, lancé le jour avant.
Sur demande du Général Sylvain Buki et de Mr Sharouh Sharif,
chef du bureau de la MONUC à Bukavu, une rencontre regroupant
les représentants de la société civile a eu lieu
ce dimanche 29 février 2004. des conclusions concertées
issues de cette réunion sont diffusées plusieurs fois
sur les radios locales et se résument ainsi :
1. «La
population est invitée au calme et à la paix comme elle
l’a fait jusqu’à ce jour.
2. La mission militaire du Général s’investit à
retrouver les corps des victimes tombées lors des événements
survenus la nuit du 23 au 24 février 2004. Elle promet des obsèques
dignes.
3. une journée de recueillement sera observée ultérieurment
en leur mémoire.
4. interdiction formelle à toute personne de perquisitionner
où que ce soit ou de chercher qui que ce soit sans mandat de
l’autorité compétente.
5. La population est invitée à relancer la confiance en
la MONUC dans sa mission en R.D. Congo en général et au
Sud-Kivu en particulier. La MONUC rassure la population de son engagement
à poursuivre son mandat de maintien de la paix ».
La mission conduite par le
Chef d’Etat Major des forces terrestres devrait quitter Bukavu
aujourd’hui, 1 mars.
Présence du
Rwanda et mise à prix de la tête du general Nabyolwa
Dans sa lettre ouverte, les organisateurs de la ville morte avaient
denounces que “la nuit où le Général a été
attaqué, la MONUC n'a pas fait sa patrouille. Est-ce un fait
de pur hasard ? De sources fiables ont révélé que
trois camions pleins de militaires et de munitions en provenance du
Rwanda ont traversé vers 23 h et certains sont rentrés
au Rwanda vers 3 h du matin. Ce sont ces militaires rwandais qui, conduits
par le Commandant second de la 10ème région militaire,
le colonel Jules MUTEBUSI, qui ont attaqué le Général
NABYOLWA”.
Lundi soir l'on apprend que le Rwanda a massé des troupes hyper-armées
le long de la frontière. La population se demande pourquoi un
tel déploiement.
Depuis la semaine dernière des perquisitions sans mandat sont
effectuées chez des particuliers". Le mercredi 25 février
2004, le couvant des sœurs de la congrégation de St Joseph
de Turin situe sur l’avenue Kasongo, près de l’hôtel
de poste de Bukavu, en commune d’Ibanda "a fait l’objet
d’une visite matinale indésirable des militaires identifies
comme rwandais, a la recherche du général Nyabiolwa. Cette
chasse à l’homme s’est poursuivie à l’économat
général de l’archidiocèse de Bukavu, au cours
de la même journée".
Selon certaines sources, "le colonel nie avoir ordonne ces perquisitions.
Cela a été confirme par la radio Okapi captée ce
matin a Bukavu. L’opinion se demande alors d’où émanerait
cet ordre".
Par ailleurs, il a été observe "ce matin une entrée
par le poste frontalier de la Ruzizi 1er, de près d’une
dizaine d’officiers Rwandais bien connus portant des tenues de
la police nationale congolaise (PNC). Cette entrée serait liée
au même incident".
Une rumeur de plus en plus persistante fait état "de la
mise a prix de la tête de Nyabiolwa: 10.000 $US serait propose
a quiconque localiserait le général et 25.000 $US a celui
qui le descendrait".