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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Olivier Kamitatu: «Le gouvernement de transition qui réprésente les intérêts du peuple va tout faire pour mettre fin aux pillages des richesses de notre pays, la République Démocratique du Congo.»

Par A.R. Lokongo, 21.03. 2004

RAID (Rights & Accountability in Development = Droits et Résponsabilité dans le secteur du Dévelopement), une ONG britannique de development basée à Oxford, a présenté mardi 16 Mars 2004 à la «Royal Institute for International Affairs», un rapport accablant qui accuse tous les gouvernements occidentaux - dont les multinationales sont impliquées dans le pillage des richesses du Congo au sillage des troupes des pays agresseurs et leurs hommes de paille Congolais – d’avoir succombés aux lobbyings des dites multinationales qui ont sollicité une couverture de leur part; ce qui a poussé ces gouvernements à réfuser catégoriquement d’enquêter sur les violations des règles de l’OECD (l’Organisation pour la Coopération et le Dévelopement Économique) par les mêmes multinationales.

Presentant le rapport intitulé «Questions non-résolues, companies, conflit et la République Démocratique du Congo: Le travail du Panel de l’ONU et les directives de l’OECD pour les entreprises multinationales», Patricia Feeney, directrice du Raid, a déclaré: «Tous les pays industrialisés dont les multinationales sont citées dans ce rapport, sont tous coupables d’un manquement grave, celui d’avoir négligé expressement et sciemment les accusations portées par le Panel sur les violations de la loi internationale à la matière et les activités illégales [et criminelles] contre leurs multinationales pendant la guerre d’agression au Congo. Il n’y a eu presque pas de progrès dans les enquêtes qui s’imposent , telles que récommandées par le Panel de l’ONU. Jusqu’à ce jour, la plupart des gouvernements des pays industrialisés n’ont présenté que des excuses. Ils n’ont entrepri aucune action.»

La dame de fer du RAID a ajouté: «Une preuve certaine indique qu’il existe au moins six multinationales déclarées sérieusement coupables à premier dégré. Elles sont basées en Allemagne, en Grande Bretagne, aux États-Unis et en Belgique, toutes impliquées dans l’exploitation des minerais rares, la vente d’armes, le blanchissement d’argent, ce qui implique les réseaux banquiers occidentaux très sophistiqués.»
L’histoire donne donc raison à Mzee Laurent Désiré Kabila, visionaire qu’il était, lui qui nous a ouvert les yeux. Son message? «Sachons que la corruption c’est aussi l’appanage des occidentaux, la mondialisation une leurre. C’est l’intérêt national qui compte» Les Congolais doivent bien saisir ça, sinon nous n’allons progresser nul part et nous continuerons de ramper à quatre pattes!

Rappelons que le Rapport du Panel de l’ONU de 2002 cite 29 companies et 54 individus contre qui des restrictions financières et des interdictions de voyage ont été imposées. Le Rapport a aussi accusé 85 companies multinationales (dont 48 sont anglo-américaines mais basées en Afrique du Sud, 20 sont belges, 12 sont britanniques, 9 sont américaines et 5 sont canadiènnes) d’avoir violé les directives de l’OECD au Congo, sachant bien que leur gouvernements n’allaient entreprendre aucune action à leur encontre. Selon le rapport du Panel, onze cas seulement ont été superficiellement traités jusqu’alors, sans pourtant expliquer pourquoi.

L’intervention de Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le Soir et expert de la Région des Grands Lacs Africains a été très pertinente. Braeckman a critiqué l’equipe Kassem qui a constitué le Panel de l’ONU et qui a produit le tout dernier rapport, le qualifiant de «superficiel».
«Le but de ce dernier rapport c’était de mettre [à l’instigation des États-Unis et de la Grande Bretagne] tous les acteurs de la guerre du Congo sur le même pied d’égalité, plus spécialement Robert Mugabe que [les États-Unis et de la Grande Bretagne] n’ont pas pardonné pour avoir entrepris la réforme agraire dans son pays en plus de son intervention militaire au Congo. Étant donné ces raison politiques qui ont motivé le rapport Kassem, un autre rapport en profondeur sur l’exploitation illégale des richesses du Congo [qui bât encore son plein] s’impose, » a déclaré la journaliste belge.

Rappellons que le premier Panel de l’ONU constitué en 2001 sur demande du gouvernement de Laurent Désiré Kabila a été présidé par Madame Safiatou Ba N’Daw (de nationalité Ivoiriènne). Ce rapport a légitimé l’intervention du Zimbabwe au Congo, invité par le gouvernement du président Laurent Désiré Kabila, un gouvernement légal et internationallement reconnu, d’autant plus que le Congo fait membre de la SADC, et devait faire recours aux autres membres de la SADC (l’Angola, la Namibie et le Zimbabwe) quand sa souverainété nationale et son intégrité territoriale ont été ménacées par la guerre d’agression lui imposée par la coalition anglo-américano-rwando-ougando-burundaise.

Les États-Unis et la Grande Bretagne ont pésé de tout leur poid au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU pour que Madame Ba N’Daw soit demise de ses fonctions, un autre panel constitué et dirigé par une personne autre que Madame Ba N’Daw. Sir Jeremy Greenstock, aujourd’hui réprésentant spécial de Tony Blair en Irak, a entrepri une campagne virilente contre l’equipe Ba N’Daw. Ce n’est donc pas une surprise que Museveni a même insulté Madame Ba N’Daw, la qualifiant de «cette femme francophile!». La République du Bangladesh qui assumait la présidence du Conseil de Sécurité de l’ONU à l’époque s’est opposé à la reconstitution du panel, estimant que le rapport Ba N’Daw était conforme au mandat assigné au Panel, mais en vain.

Est ce pour verser les larmes de crocodile que le Premier Ministre Tony Blair a promi en février 2002 qu’il agirait sévèrement contre les companies multinationales qui fomentent des conflicts meurtriers en Afrique?

Une fois les réserves de pétrole enormes ayant été decouvertes sous le Lac Albert au nord-est de la République Démocratique du Congo, une firme britannique dénommée Héritage Oil, appartenant à Tony Buckingham (très lié à la monarchie britannique) s’est empressée d’y «investir» pour leur exploitation.
Colette Braeckman, dans son livre, Les Nouveaux Prédateurs, révèle que «L’Afrique du Sud qui approuvait l’entreprise [de l’agression de l’invasion, de la partition et du pillage des richesses du Congo] avait fourni un équipement militaire important, pour une valeur de $100 millions aux Rwandais et dont elle attendait [ou attend encore?] le remboursement.»

D’autre part Colette Braeckman révèle toujours dans cet ouvrage de référence que «si l’est du Congo, plus particulièrement l’Ituri, est dépeuplé par des guerres «ethniques» qui ressemblent étrangement aux guerres indiennes, et que si les populations congolaise de l’est sont en train d’être décimées, c’est pour faire place à de nouvelles implantations. Venues d’Ouganda, du Soudan, du Cameroun, du Tchad, du Rwanda, du Burundi, ou qui sait plus loin encore: le nord-est du Congo a déjà été présenté comme une terre d’accueil potentielle pour des fermiers blancs qui seront tôt ou tard chassés d’Afrique australe, sinon pour les Israéliens désireux de quitter la Palestine…».
Ce ne sont plus des hypothèses. Ce sont des réalités. Et donc les acteurs politiques et militaires Congolais, marionnettes à ce plan, en portent de très graves responsabilités. Ironie de l’histoire! L’un d’eux Olivier Kamitatu était là dans la salle.

Prenant la parole, Mr Kamitatu, président de l’ ASSEMBLEE NATIONALE DE TRANSITION issu de la composante MLC-Gbadolite, s’est adréssé au colloque de Chatham House en ces termes: «Je prends bonne note de tout ce qui a été dit ici [en ma qualité de président de l’Assemblée Nationale]. Le gouvernement de transition qui réprésentent les intérêts du peuple va tout faire pour mettre fin aux pillages des richesses de notre pays, la République Démocratique du Congo.»

Le modérateur lui ayant coupé la parole pendant le débat (il a posé des question sur l’implication directe du gouvernement de Tony Blair dans la guerre d’agression contre le Congo), Antoine Roger Lokongo, journaliste Congolais basé à Londres, telles les femmes de Kinshasa, a entrepri une manifestation spontanée à la solo, à la sortie pour dire à Monsieur Kamitatu face à face, que «le peuple Congolais en a marre des agendas cachés des acteurs politiques et militaires Congolais issus de la guerre d’agression. Il a cité les actes de cannibalisme en Ituri, les massacres, les viols, la vente des organes humains, les caches d’armes partout dans les territoires occupés, les pillages qui continuent encore à bâttre leur plein à l’est de notre pays, l’implantation des populations Rwandaises, Ougandaises, Soudanaises, Tchadiènnes… à l’est de notre pays… Trop c’est trop. Sans que le cri du peuple soit pris au sérieux, on remarque plutot au même moment, à Kinshasa, que comme en 1960, ce sont les salaires et les émoluments des députés qui sont à l’ordre du jour au parlement non élu. La perspective des élections n’emeut pas vraiment certains esprits caractérisés par la politique du ventre. S’ajoute à cela les tentatives d’assassinat contre le président Joseph Kabila par Olange, un mercenaire Brazzavillois à la solde de Bemba, les avions qui descendent encore à Gbadolite, bourrés d’armes, sinon le MLC n’interdirait pas à la MONUC d’enquêter sur leur contenu, les recettes en provenance des territoires soit-disant reunifiés qui prennent encore soit la direction de Kigali ou disparaissent dans des comptes privés, soit utilisées pour payer des dettes que vous avez contractées de la part des partenaires multiples pour faire la guerre… Tout cela prouve que la reunification financière et militaire est une leurre! Un Congo dirigé par des criminelles est une leurre! Mais le peuple n’a pas encore dit son dernier mot!»
Monsieur Kamitatu a affiché un silence qui interpelle.

Anneke Van Woudenberg, de Human Rights Watch, Section Afrique, n'a -t-elle pas presque corroboré la déclaration de Mr Lokongo quand elle a déclaré au cours de son intervention: «Au cours de ce colloque, nous n'avions évoqués que les pillages par les multinationales. Mais jamais leur complicité dans les crimes contre l'humanité commis au Congo à un échelle inimaginable, et qui nécessite une mobilisation tous azimuts de la communauté internationale pour qu'un tribunal pénal international pour le Congo soit constitué, les responsabilités établies, et les coupables punis»?

La République Démocratique du Congo, un pays à qui l’on doit tout, tu es devenu un pays où mêmes les règles les plus élémentaires de la bonne conscience, de la loi internationale, de la justice et de l’humanité ne s’appliquent plus!
Ainsi Colette Braeckman a raison de se demander dans son livre Les Nouveaux Prédateurs:
«Si la nécessité de rembourser la dette extérieure est toujours présentée comme un impératif, il n’est jamais question des sommes que le Congo pourrait lui-même reclamer. Qui évaluera jamais le bénéfice que la Belgique a rétiré de la ponction coloniale, le montant exact que réprésente le «contentieux belgo-congolais» ainsi nommé dépuis qu’à la veille de l’indépendance les sociétés belges répatrièrent tous leurs actifs qui se trouvaient dans la colonie. Qui établira la somme des dégâts en vies humaines, en biens matériels, qu’entraîna l’indépendance sabotée, l’impunité dont bénéficièrent Mobutu et les siens qui detournèrent pas moins de 8 milliards de dollars? Sans oublier les les destructions, les manques à gagner, les pillages engendrés par une guerre à laquelle la population est demeurée étrangère?»