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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Le putsch manqué de Kinshasa en trois questions

Les Forces armées congolaises ont anéanti l'assaut des militaires putschistes venus de Brazzaville

Georges Alves, 29 mars 2004

Que s'est-il passé dimanche à Kinshasa ?
Kinshasa s'est réveillé en sursaut dimanche. A 2 heures du matin, des soldats venus de Brazzaville ont pris d'assaut à l'arme lourde la capitale de la République Démocratique du Congo. Quatre garnisons militaires situées au Nord de la ville étaient particulièrement visées. Il s'agit des camps Kokolo et Tatshi, de la garnison des Forces navales ainsi que de l'aérodrome de Ndolo.
A la fin de l'après-midi, le GSSP (groupe spécial pour la sécurité présidentielle) ainsi que la PIR (Police d'intervention rapide) maîtrisaient totalement la situation faisant une vingtaine de prisonniers parmi les agresseurs. Une petite vingtaine d'autres assaillants se seraient retranchés vers le beach Ngobila, non loin de la frontière avec le Congo-Brazzaville. Les autorités congolaises réclament la remise aux mains du gouvernement d'un des assaillants qui a trouvé refuge dans les installations de la Monuc (Mission onusienne au Congo).à Kinshasa.
Au cours d'une conférence de presse tenue dans l'après-midi, le ministre de l'Intérieur, Théophile Mbembe, et son collègue de l'Information, Vital Kamhere, ont fait état d'un mort et deux blessés, côté gouvernement. Le calme est revenu à Kinshasa où la population commence à nouveau de vaquer à ses préoccupations ordinaires.

Qui sont derrière ce putsch ?
L'enquête continue sur les mobiles de cette « tentative de déstabilisation ». Il s'agit vraisemblablement d'un putsch manqué. Les moyens étaient à la mesure des ambitions, au vu de l'arsenal militaire mis en disposition des assaillants. Côté officiel, on préfère ne pas se montrer bavard. Seule l'enquête pourra déterminer les commanditaires de cette attaque.
Cependant, selon un militaire congolais qui a requis l'anonymat, les assaillants seraient venus du Congo voisin profitant de la nuit pour traverser le fleuve. Ces soldats feraient partie de l'ancienne DSP (division spéciale présidentielle de feu le dictateur Mobutu).
Du coup, les observateurs avisés voient le MLC. Le parti de Jean-Pierre Bemba qui n'a jamais caché ses affinités avec la DSP. Le fait que le président de cette ancienne rébellion devenue partie politique à la faveur de la transition se soit rendu la veille chez son parrain, Omar Bongo du Gabon, accusé lui aussi de comploter contre Joseph Kabila, ne plaide pas en faveur de Jean-Pierre Bemba.
Les mêmes observateurs se s'interrogent également sur la nature du voyage improvisé d'Olivier Kamitatu, président du Parlement de transition, et son compère du MLC, Antoine Ghonda, ministre des Affaires étrangères, le même samedi à Luanda (Angola).
Par ailleurs, les médias congolais avaient quelques jours plus tôt dénoncé les préparatifs d'un complot visant à écarter le Président Joseph Kabila du pouvoir. Jean-Pierre Bemba et Azarias Ruberwa, le chef du RCD, sont cités comme étant les cerveaux de ce complot. Le dictateur rwandais, Paul Kagame, serait lui aussi mêlé de très près au même complot.

Quelle a été la réaction de la communauté internationale ?
Dans Demain le Congo, l'article n'est pas très tendre pour la Monuc . L'institution représentant la communauté internationale aurait eu pour tâche, en cas de réussite du complot, d'évacuer Joseph Kabila à l'étranger comme ce fut le cas avec le père Bertrand Aristide en Haiti.
Si on en juge par l'attitude des hommes de la Monuc, à qui M. William Swing a ordonné de « ne pas bouger » au moment où l'ennemi prenait d'assaut Kinshasa, on réalise à quel point la dénonciation du Demain le Congo collait à la réalité.
L'ambassadeur britannique, a, quant à lui, tenté de minimiser les faits en annonçant une mutinerie des soldats qui n'auraient pas reçu leur salaire. Par ces propros, le représentant de la Grande-Bretagne, l'un des protecteurs de Kagame, rejoint le mobutiste Kinkeyi Mulumba, le plus kagamiste des journalistes mobutistes. En effet, dans un article du 28 mars 2004 publié sur son site, le journal « Le Soft » de Kinkeyi Mulumba parle d'une "mutinerie" contre "un gouvernement pléthorique qui n'arrive pas à se mettre d'accord sur la poursuite du processus de normalisation du pays" ,
L'enquête déterminera sans doute les responsabilités des uns et des autres dans cette énième tentative de déstabiliser le Congo. Mais, faudra-t-il encore que cette dernière soit rendue publique.
Tout compte fait, les complots contre la nation congolaise ne sont pas terminés, loin de là . Sous une forme ou une autre, les mêmes acteurs poursuivent inlassablement leur entreprise criminelle avec l'appui tacite de la communauté internationale. Il appartient dès lors aux filles et fils de ce pays de comprendre qu'ils ne peuvent que compter sur leurs propres forces et savoir donner la chasse aux traîtres à la Nation pour que le Congo retrouve tant soit peu le respect