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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Alison Des Forges, (HRW): « Il n’y aura pas un tribunal penal international pour le Congo!»

Alison Des Forges, (HRW) révèle: «Le TPIR ayant accaparé toutes les resources, toute la volonté politique et tous les moyens mis en disposition par la communauté internationale, il n’y aura pas par conséquent un tribunal penal international pour le Congo!»

De notre correspondant à Londres, Antoine Roger Lokongo 1.04.2004

A la veille de la commémoration du 10eme anniversaire du génocide de 1994 au Rwanda (le 7 avril 2004), une conférence internationale a été organisée le 27 Mars 2004 à Londres; par Never Again (Jamais Plus!), une organisation qui regroupe les étudiants de nationalités diverses, les experts internationaux et décideurs politiques; avec comme objectif: sensibiliser l’opionion internationale sur les conséquences du génocide de 1994 au Rwanda et provoquer un débat sur la prévention des conflicts et d’autres génocides à travers le monde.

Ce «Forum sur le Rwanda», comme le thème l’a indiqué, s’est déroulé dans salle de conférence de l’imposante Impérial War Museum (l’un des co-organisateurs); et a été réhaussé par la présence des personalités et des cadres internationaux liés de près ou de loin au déroulement du génocide de 1994 au Rwanda ou à travers leurs écrits sur le drame Rwandais.
Il faut citer ici , le Lieutenant Général Canadien Roméo Dallaire, qui commanda la Mission des Nations Unis au Rwanda (MINUAR) avant et pendant le génocide et le Général-Major Nigerian Henry Kwami Anyidoho son adjoint; Ibrahim Fall, Réprésentant Spécial du Sécrétaire Général de l’ONU Kofi Annan dans la Région des Grands Lacs; Alison Des Forges, directrice du Centre de Recherche de Human Rights Watch (HRW) pour l’Afrique Centrale; Patrick Mazimhaka, Commissionaire Adjoint de l’Union Africaine et ancien Réprésentant spécial du Président Paul Kagame dans la Région des Grands Lacs; Linda Mervern, journaliste britannique et auteur des livres «Genocide in Rwanda, A People Betrayed. The Role of the West in Rwanda’s Genocide» paru chez ZED, ainsi que «Conspiracy to Murder: The Rwandan Genocide», paru chez Verso;le Professeur Gregory Stanton, directeur de l’organisation Genocide Watch; le Dr Lillian Wong, premier, premier ambassadeur britannique auprès du Rwanda dès la prise du pouvoir par le FPR.

Au cours des débats, nous avions toujours cherché à tirer un trait d’union entre le génocide de 1994 au Rwanda et l’autre génocide qui est entrain d’être perpétré par les troupes de la coalition anglo-américano-rwando-ougando-burundaise qui ont occupé le Congo dépuis le 2 août 1998 avec la complicité des soit-disants rebelles Congolais et Rwando-Congolais; une invasion, une occupation et une agression à la suite de laquelle plus de 5 millions de Congolais viennent d’être massacrés, les resources naturelles et minérales de la République Démocratique du Congo systematiquement pillées.

Nous avions rappélé à l’assemblée qu’il était injuste pour le peuple Congolais qui n’est aucunement responsible du génocide de 1994 au Rwanda d’en payer un tel lourd prix au moment ou il est connu que l’Administration Clinton, l’ONU, toutes les autres superpuissances et le FPR ont tous laissé faire. Kagame a sacrifié ses frères et soeurs Tutsi pour s’accaparer du pouvoir monopolisé par les Hutu extremistes qui ont commandité le génocide – là nous avions cité le Général Dallaire, lui même présent dans la salle, dans une interview qu’il a accordée au quotidien français Le Monde le 10 Decembre 2003 - et que pour les dégats enormes causés par les troupes d’occupation au Congo et les crimes contre l’humanité qu’ils y ont commis, un tribunal penal international ad hoc pour le Congo, soit établis; pour que les injustices soient réparées et les coupables punis.

Notre intervetion nous a valu une réponse qui est tombée de la bouche de Alison Des Forges, directrice du Centre de Recherche de Human Rights Watch (HRW) pour l’Afrique Centrale, tel un fruit mur et qui doit nous pousser nous autres Congolais à ne plus se faire d’illusion sur cette affaire, mais à renforcer la capacité de notre justice au niveau national afin que ces crimes ne restent pas impunis, et à éradiquer la culture de l’impunité.

«Le TPIR ayant accaparé toutes les resources, toute la volonté politique et tous les moyens mis en disposition par la communauté internationale, il n’y aura pas par conséquent un tribunal penal international ad hoc pour le Congo!,» a déclaré la dame de fer de Human Rights Watch, ajoutant «qu’elle même a fait du lobbying auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU pour qu’une telle institution internationale voie le jour, mais en vain. Il faut donc renforcer les juridictions nationales pour s’occuper de ce drame».

Alison Des Forges a salué la création par le Sécrétaire Général de l’ONU Kofi Annan d’un poste d’un «Rapporteur Spécial» auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU, chargé d’alerter ce dernier des indices du génocide pour le prevenir dans n’importe quel coin du monde.
Ibrahim Fall, a, quant à lui, confirmé que l’ONU et l’Union Africaine sont entrain de travailler ensemble pour la tenue de la Conférence Régional sur les Pays des Grands Lacs, qui devra traiter des questions liées à la paix et à la sécurité, à l’éradication de la culture de l’impunité, à la bonne gouvernance, à la démocracie et au dévélopement économique, sociale, humanitaire (désarmement, répatriation et re-installation des réfusiés), au rôle des femmes, de la jeunesse, des ONGs locales et de la société civile dans le dévelopement et finalement à l’intégration régionale.
«Cette conférence,» a-t-il précisé, «va dresser un plan d’action concrèt à court et à long terme sur les questions évoquées ci-haut et sera tenue sur base des principes de «partenariat» entre les pays de la Région des Grands Lacs ainsi que le «principe de non-ingérence», c’est-à-dire que rien ne leur sera imposé de l’extérieur. Chaque pays participant (la RDC, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, la Tanzanie, le Kenya, et la Zambie) doit nommer un Coordinateur National pour accelerer le mechanisme de préparation et de la tenue de la conférence.»
Le Réprésentant Spécial du Sécrétaire Général de l’ONU a ajouté: «Je viens de citer les pays noyaux de la Région. Les autres pays comme le Congo Brazzavile, le Soudan, la République Centrafricaine, l’Angola, voire même le Gabon, sont entrain de frapper à la porte et les discussions continuent.»
Sur la question de savoir pourquoi l’embargo contre les armes demeure une leurre à l’est du Congo, Mr Ibrahim Fall a déclaré: «Le contrôle des frontières demeure encore quasi impossible au Congo. Les differentes factions gardent encore intacts leurs réseaux de procuration d’armes et nous [l’ONU, la MONUC]n’avons pas un mechanisme convenable en place pour surveiller et mettre fin à l’écoulement des armes dans la région et au Congo en particulier.»
Le Professeur Gregory Stanton, directeur de l’organisation Genocide Watch, nous a, quant à lui révélé que ses lettres auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU sont restés sans réponses. Il voulait savoir si la responsabilité des troupes de Kagame dans les massacres disons plutôt le nettoyage dans les camps de l’est du Congo lorsqu’elles ont accompagné l’AFDL constituait un génocide ou crimes contre l’humanité.
Notons que notre intervention nous a valu - en dehors de toutes normes diplomatiques d’ailleurs - des ménaces que nous devons prendre au sérieux de la part de Madame Rosemary Museminali, l’ambassadeur du Rwanda auprès du Royaume Uni qui nous a abordé pendant l’intervalle entre deux sessions quand nous distribuons notre journal le Panorama Congolais.
«Pourquoi vous les Congolais, vous ne vous organisez pas. Pourquoi vous voulez toujours perturber ce que font les Rwandais ou faire des Rwandais des boucs émissaires de tous les maux au Congo? Saches que ce que tu fait maintenant va se tourner contre toi tôt ou tard.»
Ce n’est donc pas une surprise lorsque, une fois la séance réconvenue - nous avions lévé notre main pour posez une autre question.
Le modérateur nous a tout simplement démandé de nous taire et de couper court avec ce qu’il a qualifié «d’activités propagandistes» pendant la conférence. Quid de la liberté d’expression dans un pays dit civilisé?
Quoi que l’on dise! Fergal Keane, un correspondant de la BBC qui a monté un documentaire sur le génocide de 1994 au Rwanda pendant qu’il se deroulait même n’a-t-il pas déclaré et je cite: «La haine ethnique, la culture de la violence, les décombres du génocide Rwandais de 1994, sont maintenant exportés au Congo avec des conséquences vraiment dévastatrices [pour le Congo et pour le peuple Congolais].» Comprenne qui veut!