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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Le film «Lumumba», une réalisation de l’Haitien Raoul Peck resurgit sur les écrans britanniques: Quelle leçon en tirer en ce moment precis de notre histoire?

Par A.R. Lokongo, 3 .04. 2004

Censuré aux États –Unis à la suite d’une ménace brandie contre Raoul Peck par Frank Carlucci, l’actuel directeur du groupe américain Carlyle qui vend les armes partout dans le monde (et qui compte parmis ses actionnaires, l’ancien président Américain George Bush le père), ancien agent de la CIA à Kinshasa qui était chargé d’empoisoner le Prémier Ministre Patrice Lumumba, le film «Lumumba» ces derniers temps refait des échos en Grande Bretagne. Il a été porté sur écran à Londres par «The Royal African Society» basé à la School of African and Oriental Studies (Institut d’Études Africaines et Orientales, le socle de la colonisation britannique à l’époque); ensuite par AFFORD, une ONG de Development Africain en collaboration avec Network Congo, un réseau des réfugiés Congolais à Londres.

La question que l’on se pose est celle de savoir pourquoi cette résurgence de l’intérêt britannique au Congo des années 1960 (mis en feu et en sang par les États –Unis et la Belgique qui tiraient les ficelles derrière les Kasa-Vubu, Mobutu, Kalondji, Tshombe et consorts), alors que la Grande Bretagne n’a pas seulement entériné la neutralisation de Patrice Lumumba (craignant la contagion du nationalisme Congolais en Rhodésie du Nord et Rhodésie du Sud (l’actuelle Zambie et le Zimabawe), mais elle est aussi un acteur à part entière de la coalition anglo-américano-rwando-ougando-burundaise qui a occupé le Congo dépuis le 2 août 1998 avec la complicité des soit-disants rebelles Congolais et Rwando-Congolais; une invasion, une occupation et une agression à la suite de laquelle plus de 5 millions de Congolais viennent d’être massacrés, les resources naturelles et minérales de la République Démocratique du Congo systematiquement pillées.

En plus, le gouvernement de sa Majesté la Reine Elizabeth II dirigé par le Prémier Ministre Tony Blair qui, par procuration, a investi £60 millions par an aux côtés de Museveni et de Kagame, vient de réfuser catégoriquement de mener une enquête quelconque sur l’implication des multinationales britanniques dans le pillage systématique des resources naturelles et minérales de la République Démocratique du Congo sur le sillage des troupes d’agression.
Les analystes estiment que la Grande Bretagne veut bien détourner l’attention de l’opinion publique nationale et internationale tout en cherchant à couvrir ses responsabilités du moment au Congo, evoquées ci-haut.

Chose curieuse! Peu avant le déclenchement de l’Opération “Pentecôte”, la BBC a dépêché son correspondant Arnaud Zajtman au Katanga – toujours estimé par la BBC comme étant le fief de Joseph Kabila comme si Joseph Kabila n’est pas le président de tout le Congo - qui dans un article publié le 17 mars 2004 dans le quotidien français Le Monde, a révélé qu’«au Congo, la renaissance de la province du Katanga profite aux «investisseurs» mais pas à la population - allusion à l’époque de Mobutu.»

«Des prospecteurs répresentant des grands groupes miniers, son prêts à investir au Katanga, où gissent 70% des réserves mondiales de cobalt (un contrat de 38 ans avec American Mineral Fields pour extraire le cobalt à Kolwezi est envisagé - selon le quotidien Kinois L’Avenir). Des aventuriers font tourner des fours où fondent le minerai extrait clandestinement – mais au vu de tous – du sol de cette province du sud-est de la République Démocratique du Congo, exporté ensuite via la Zambie,» a révélé Zajtman.

Zajtman a poursuivi: «Un vrai pillage», s’insurge l’homme d’affaires belge George Forrest. Le «Roi de la ville», comme on le surnomme, grand bâtisseur des usines à travers le monde a profité de la descente aux enfers de l’ex-Zaïre, en 1990, et de la faillite de l’entreprise publique Congolaise Gécamines (Générale des carrières de mines) pour investir dans le secteur minier. Il prône une privatisation complète et le déguerpissement des clandestins pour relancer le Katanga.

«A Kinshasa, d’anciens rebelles impliqués dans des crimes de guerre et de nombreuses atrocités sont désormais ministres. Ils ont accepté de déposer les armes [ce qui n’est pas vrai si l’on considère l’Opération “Pentecôte”, la decouverte des caches d’armes, l’Affaire Jeff Kasongo, l’Affaire Olange…] et répresentent à présent l’autorité. Au Katanga, des combattants suivent l’exemple de leurs aînés sur cette route jonchée de cadavres qui, en République Démocratique du Congo, mène au sommet de l’État,» a conclu Arnaud Zajtman.

L’on se demande aussi pouquoi Olivier Kamitatu, président de l’Assemblée nationale de transition est venu à Londres quelques semaines après la visite d’État du Président de la République, le Général Major Joseph Kabila pendant laquelle toutes les questions - on croit bien – ont été abordées, et pourquoi sa date d’arrivée n’a été annoncée par l’ambassadeur Henri Nswana que quelques jours plus tard après l’arrivée de Kamitatu à Londres. Dès son retour, Kinshasa devait faire face à un coup d’état manqué, annoncé le prémier par l’ambassadeur de la Grande Bretagne à Kinshasa. Vraiment le hasard est quelquefois miraculeux, car souvent certaines puissances qui tirent les ficelles derrière la scène dramatique congolaise trahissent parfois publiquement leur réfus à l’existence d’un Congo vraiment indépendant.

Alors qu’une commission d’enquête sur les dessous de l’Opération “Pentecôte” vient d’être constituée, Fergal Keane, un correspondant de la BBC qui revenait de Goma et de Bukavu et qui veut monter un documentaire sur le drame Congolais, a déclaré au cours d’une conférence sur le génocide de 1994 au Rwanda, organisée par le Royal Institute for International Affaires (RIIA), en collaboration avec la BBC et tenue à Chatham House le 31 mars 2004, et je cite: « Si le débâcle irakien devient de plus en plus une réalité, ça devra reduire notre appétit de toujours brandir la solution militaire, l’intervention armée, l’invasion [parfois par procuration] et dont les résultats ont été toujours catastrophiques, en commencant par le Congo, en passant par la Somalie, les Balkans, le Vietnam et maintenant l’Irak.»
Quit aux Congolais de lire entre les lignes.