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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Les dessous et les enjeux de la troisième guerre en Rdc

Kagame a déjà envoyé des signaux clairs en entonnant la chanson de l’insécurité à la frontière rwando-congolaise. Il croit ainsi influencer la mise en place dans la territoriale en Rdc. Quant aux anciens mouvements rebelles, les dettes contractées pendant la guerre les tiennent à la gorge

L’Avenir, 16 avril 2004

Plus d’une personne se demandent ce qu’il faut dire actuellement de la République démocratique du Congo. Le pays est-il sorti de la guerre, est-il encore en guerre ? Une chose est vraie que l’état de ni guerre ni paix devient de plus en plus dangereux. Il y a une année que les institutions de la transition ont été mises en place. Cela semble ne pas suffire pour décider les acteurs politiques congolais de faire la paix sincère et de permettre une réunification effective du pays. Cela, nous ne le comprenons pas. Mais ne nous étonne pas non plus. Nous n’avions jamais cessé de dire que n’ayant pas atteint leur but, à savoir conquérir le pouvoir, tout le pouvoir, en Rd. Congo, les anciens mouvements rebelles ne sont pas prêts à se débarrasser des territoires qui étaient hier leurs fiefs rebelles.

Si au Mouvement de libération du Congo (Mlc), le contrôle est essentiellement économique, au Rcd (Rassemblement congolais pour la démocratie), on continue à contrôler administrativement les territoires ex- rebelles. L’ombre de Paul Kagame continue à planer sur cette partie du territoire congolais. Outre les caches d’armes qui démontrent le destin caché de Kigali sur la Rd. Congo, il y a la reprise du discours qui précède toujours, comme par enchantement, l’engagement de l’armée rwandaise en Rd. Congo. Tout commence par une opération de charme de Kagame vers les Etats-Unis d’Amérique. Le président rwandais est allé en visite dernièrement aux Usa. Pendant ce temps, il a entonné le refrain sur l’insécurité à sa frontière.

Pas étonnant que l’on apprenne que les milices hutus venant de la Rdc, ont traversé la frontière rwandaise pendant ce mois d’avril pour attaquer une localité rwandaise. Quinze hutus auraient été tués à l’occasion. Apparemment, fatiguée des affabulations de Paul Kagame, l’opinion n’a pas fait de bruits sur cette affaire aux apparences d’un vrai mensonge d’Etat. Un échec pour Kigali qui voulait faire de cette nouvelle un détonateur afin de démontrer au monde - qui a été verser des larmes au mausolée des ossements des victimes du génocide - qu’il ne suffisait pas de verser des larmes, mais savoir que les génocidaires n’ont pas encore renoncé au génocide. Une façon pour le Rwanda de dire que les mêmes causes ne pouvaient que produire les mêmes effets.

Pendant que le Congo va bientôt nommer de nouveaux gouverneurs de provinces, ce geste n’est pas gratuit. Soit Kagame partira de cette allégation pour justifier la présence des ses troupes sur le territoire congolais, soit pour justifier une nouvelle attaque. Ceux qui parlent de la troisième guerre ne peuvent donc pas être considérés comme des affabulateurs. Bien au contraire, on doit s’inquiéter de ceux qui voient la bouteille pleine dans ce sens que pour eux, la guerre est totalement finie et que le Rwanda a déjà retiré toutes ses troupes.

Il est temps que l’on sache lire les signes de temps. Car, le fait que les mouvements rebelles devenus des partis politiques affichent des préférences pour la gestion de telle province que de telle autre, est une preuve que le Congo n’est pas encore un et indivisible dans la tête de certains. Le Rcd n’accepterait rien au monde, même l’existence du Congo comme Etat, s’il ne contrôlait pas le Nord-Kivu. Maintenant qu’il le contrôle, il veut que le Sud-Kivu, faute de lui revenir, puisse être sous la direction du parti politique qui lui est proche. Faute d’un proche, il donne le droit d’édicter les critères de choix d’un bon gouverneur de cette province. Le premier critère, ne nous en cachons pas, selon le Rcd, doit être pro-rwandais. Ainsi, Kigali et ses hommes de mains de Kinshasa battent campagne contre les extrémistes qui ne doivent pas diriger cette province. Sinon, ils connaîtront le sort de Nabyolwa.

Quelle honte à l’idée que ces individus sont des Congolais ! Il est temps que le gouvernement, mieux le chef de l’Etat, comprenne que les anciens mouvements rebelles n’ont pas encore renoncé à la force pour conquérir le pouvoir. Ils se comportent comme si la fin de la guerre, la réunification du pays, c’est plus une affaire de Joseph Kabila que la leur. Et certains pays africains, dignes d’Etats voyous, que nous avons toujours cités, sont prêts à les aider dans cette sale besogne.

Peut-on dormir en paix dans ce pays ? Certes que tout le monde, hypocritement, évoque l’Accord global et inclusif, pour démentir les accusations sur les intentions de prendre le pouvoir par les armes.Mais, ce qu’on ne dit pas, c’est que certains chefs rebelles ont contracté des dettes en prévision du pouvoir qu’ils étaient sûrs de prendre. Maintenant qu’ils ont été contraints aux négociations, la chance de gérer ce pays s’éloigne. Honnêtement, aucun des chefs rebelles n’est sûr de gagner les élections demain.
Alors comment payer les dettes contractées pendant la rébellion pour payer les armes et les mercenaires ? Le monde de la vente d’armes est souvent sans pardon envers ceux qui ne tiennent pas parole. Pour eux, les affaires sont les affaires. C’est dans cette exigence qu’il faut comprendre la folie de chercher à prendre le pouvoir par les armes à tout prix. Car, c’est une question de vie ou de mort. Les Congolais vont-ils se laisser vendre aux enchères pour la soif de pouvoir de certaines gens ?