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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Bob Geldof rémue le couteau dans la plaie Congolaise

L’artiste musicien Irlandais Bob Geldof, fondateur du Band Aid (la musique au service de l’assitance humanitaire), officiellement devenue une charité, propose une deuxième Conférence de Berlin – Nouvelle formule en 2005 «pour dresser un Plan Total à l’instar du Plan Marshall qui repond aux réalités de l’Afrique du 21eme siècle» et «pour rectifier la viabilité de certains états [comme la RDC] judgés trop grands par simple accident de l’histoire!»

Par A.R. Lokongo, 26.04.2004

Bob Geldof jouit d’une très grande popularité au sein de l’opionion internationale, dépuis qu’il organisa en 1985 un grand concert très médiatisé et sous le thème Live Aid (l’aide en directe) qui a généré $150,000,000 au profit des victimes de la famine en Éthiopie, ce qui lui a valu une chevalerie en Grande Bretagne et trois nominations pour le Prix Nobel de la Paix.

A la veille de la commémoration des 20 ans d’existence de la charité Band Aid l’année prochaine, Bob Geldof a animé une conférence (organisée par Bar Human Rights Committee of England and Wales) à St Paul, la Cathédrale Anglicane de Londres, au cours de laquelle il a évoqué les changements qui se sont opérés en Afrique, pendant les 20 dernières années. Il a donné un bilan quasi négatif.

«Pendant les 20 dernières années, l’Afrique est devenue plus pauvre qu’avant, sa croissance économique ayant chuté au-dessous de 25%. Aujourd’hui, un pays Africain donné a un PNB comparable à celui d’une ville de 20,000 habitants en Grande Bretagne. La moitié de la population subsiste avec un revenu moyen de 65 penny par jour. Pendant ce temps l’ONU est entrain de dépenser $1,3 milliards par an rien que pour les opérations de maintien de la paix car un cinquième des Africains vivent dans des pays ravagés par les guerres (civiles?) . Cette déstabilisation facilite la propagation du Sida, une pandémie qui n’était pas connue en 1984 mais qui décime les populations africaines au rythme de 6,000 morts par jour. Seul un sur 400 victimes ont accès aux anti-retroviraux. Les morts ne peuvent pas cultiver la terre, alors les gens meurent en plus de la faim. L’investissement net en Afrique Sub-Sahariènne remonte à $3,9 milliards seulement, plus pire que pendant les dernières six années. N’est ce pas pathétique?! Mais pourquoi ça? Lesconditions que j’ai rencontrées en Afrique il y a 20 ans étaient dues à la Guerre Froide. Nos régimes par procuration à travers l’Afrique tuaient pour notre compte. Si, eux ils avaient leur Mengistu, nous, nous avions notre Mobutu; mais l’engrenage sans issue de la faim, de la pauvrété et de la déstabilisation demeurent encore leur lot quotidien,» a déclaré Bob Geldof.

A la question de savoir quelle est donc l’importance de l’aide humanitaire qui a afflué en Afrique au cours des 20 dernières années et quelle difference a-t-elle fait sinon de masquer l’indifference et les echecs des payss riches, Bob Geldof a repondu: «Je ne peux penser à aucune ONG dont le projet a duré plus de 10 ans en Afrique, ni à aucun exemple parmis les pays Africains qui ont bénéficié des rémèdes leurs imposés par le FMI ou de la Banque Mondiale et dont le niveau de vie de la population a positivement changé!»

Alors, qu’est ce que Bob Geldof propose comme solution au gâchis africain? La musique seule ne suffit pas! Et bien le star Irlandais prône un changement radical des rapports de force entre le Nord et le Sud.

Il a déclaré: «Nous vivons dans une autre époque [post-Guerre Froide] qui démande de nouvelles définitions et de nouvelles idées. Les fléaux de la faim, de la pauvrété, du sida, des dettes et de la déstabilisation constituent les symptômes d’un monde unipolaire où les pétits sont piétinés par les grands. Nous saluons pourtant toutes les campagnes et toutes les initiatives héroiques au niveau locale entreprises par les agences humanitaires, telle que la Croix Rouge Internationale, pour venir en aide aux populations locales sinistrées dès qu’une tragédie après une autre se déclare. Nous leurs assurons de notre soutien dans le cadre du Band Aid. Et peut être que les grosses légumes du FMI et de la Banque Mondiale ont aussi leur place dans la recherche des solutions. Mais ce sont les causes et non pas les symptômes qui doivent être explicitement et totalement définies pour qu’une solution massive et cohérente soit apportée à chaque horreur qui épouvante l’Afrique.»

Bob Geldof a souligné que malgré toutes les coopérations multilatérales et bilatérales, RIEN NE MARCHE EN AFRIQUE, estimant que «si aujourd’hui on annonce des pétites concessions pour suprimer les dettes au profit des pays pauvres par les pays du G8, demain on insistera sur la bonne gouvernance, la transparence, un état de droit, la libéralisation de l’économie, le droit à la propriété privée, des institutions d’appui à la démocracie, une presse libre…comme préalables à l’octroi de l’aide financière… »

Il admet qu’il y a quand même des pétits progrès qui se réalisent à compte goutte. Mais, y a-t-il vraiment une volonté politique de la part des pays riches pour éxécuter des changements fondamentaux qui s’imposent? Non absolument pas! Il ne le croit pas!

«La vérité c’est que pendant toute l’histoire économique, ceux qui ont rencontré du succès, économiquement, en atteignant le sommet de la montagne du development, ont coupé les cordes pour que les autres ne montent pas jusque là où ils sont arrivés. C’est pourquoi, nous, nous imposons aujourd’hui des conditions impossibles aux pays pauvres, sous forme d’ingérence même bénigne, pour les empêcher à se developer comme nous. Un exemple concret c’est le supposant généreux Plan Marshall par lequel les États-Unis après la Deuxième Guerre Mondiale ont contribué massivement à la reconstruction de l’Éurope. Mais le Plan Marshall avait comme but de favoriser, avancer et servir davantage les intérêts personels et la sécurité économique et militaire des États-Unis, aujourd’hui, l’unique superpuissance. Une Europe économiquement ruinée par la guerre devint un parténaire économique incontournable dépendant uniquement des États-Unis, ce qui a renforcé la prospérité économique, de l'Amérique, la mettant en position de force face à l’Union Soviétique. Ça a marché!»

Bob Geldof propose une deuxième Conférence de Berlin – Nouvelle formule en 2005 pour dresser un «Plan Total» à l’instar du Plan Marshall qui repond aux réalités de l’Afrique du 21eme siècle.

« La Grande Bretagne va assumer en même temps, et la présidence de l’Union Européenne, et le chairmanship des Pays du G8 en 2005, ce qui sera une année de coincidance politique, car c’est aussi en 2005 que Band Aid va célébrer ses 20 ans d’existence.

A cause de leur passion et leur engagement vis-à-vis de l’Afrique pendant ces dernières années en termes d’aide financière et militaire accrue à l’Afrique [quid de la vente des armes qui ensanglante l'Afrique?], j’ai démandé au Prémier Ministre Tony Blair et le Chancellier (ministre de l’économie) Gordon Brown qu’ils puissent en 2005, transformer Londres à une capitale intellectuelle du monde: En convoquant une conférence qui reunira à Londres, les réprésentants politiques et de la société civile des pays Africains – L’AFRIQUE DOIT FAIRE ENTENDRE SAVOIX. DEMANDEZ AUX AFRICAINS CE QU’ILS PENSENT - et les intellectuels, écrivains, sociologues, experts en culture et dévelopement, économistes, anthropologistes, réprésentants des gouvernements des pays riches, pour définir les nouvelles termes du parténariat ou de la coopération Nord-Sud, et constituer une commission qui faira un rapport directe (sur base d’une nouvelle comprehension de ces dilèmmes historiques qui assaillent l’Afrique et proposer des solutions concretes) aux 7 pays les plus riches du monde (ici Bob Geldof ommet la Russie).

Ce rapport devra aussi être soumis à notre organisation Band Aid qui a battu un record inoubliable dépuis 1985 dans la vie de presque deux générations. En acceptant cette idée, Tony Blair mettrait l’Afrique en vedette et au devant de la scène politique, humanitaire, mediatique et des organisations de dévelopment, durant toute l’année de 2005.»

Bob Geldof a fait savoir que le Prémier Ministre Tony Blair et son Chancelier (ministre de l’économie) Gordon Brown n’ont pas été si impressionnés par son idée, mais ils l’ont accepté à condition que la vérité soit établie pour tous les deux côtés (L’Afrique et l’Occident); à condition que «la douleur soit sentie par tous les deux parténaires».

Ceci dit Bob Geldof estime que les problèmes de l’Afrique ne sont pas uniquement exogènes. Il faut d’abord tenir compte de l’unique géographie, de l’unique topographie et de l’unique environement de l’Afrique, avant d’évoquer la litanie de la traite des esclaves, de la colonisation et ses institutions étrangères, des indépendances ratées et des gouvernements défaillants, avec des leaders prêts à participer à la spoliation de leur propre continent, dépuis la traite des esclaves jusqu’à nos jours, une attitude qui a impreignée toute l’éthique sociale et culturelle, des manières de penser qui sont difficiles à éradiquer après quatre siècles d’esclavage, deux siècle de colonisation et la néo-colonisation dont nous sommes tous contemporains. On raconte encore jusqu’à nos jours l’histoire de cette femme Ghanéenne qui, au 18eme siècle, marchait le long du beach, s’empara d’un garçon qui jouait à la plage et le vendut aux Portugais.

«Le mantra répété par les experts au dévelopement selon lequel, l’Afrique pourrait se déveloper si elle adoptait les principes de l’économie du marché ne suffit pas. La plus part des pays tropicaux Africains n’ont pas accès à la mer (et connaissent des problèmes liés à cette manque d’accès, à la sécurité, à la stabilité économique qui sont directement attribuables aux frontières heritées de la colonisation); ce qui entrave non seulement leur accessibilité aux marchés cotières et à de nouvelles technologies (agricoles entre autres), mais aussi leur croissance économique même dans une époque dite de la mondialisation.

Si la politique et la géographie sont intimement liés dans le cas de l’Afrique, ne faut-il pas rectifier la viabilité de certains états [comme la RDC] judgés trop grands et ainsi topographiés par simple accident de l’histoire [comment cela doit se faire sans amorcer une bombe à retardement, on ne sait pas!].

Quand l’Afrique a été colonisée par les Européens, ces derniers ne l’ont pas seulement pillée, mais ils ont imposé le système d’état-nation comme facteur primaire et determinant du processus de l’histoire, un processus qui a pris des siècles pour se consolider chez eux. Ils se sont constitués en maîtres qui s’occupaient non seulement de la production des resources en Afrique, mais aussi de leur vente.

Entre les nouveaux maîtres et leaders Africains, culturellement et intellectuellement, il n’y avait pas un terrain d’entente commun, ni une langue commune par laquelle les deux parties pouvaient négotier les termes de l’échange, qui, comme aujourd’hui, ont été imposés aux Africains. Convaincus que l’homme Africain n’avait pas d’histoire avant sa rencontre avec l’homme blanc, ils ont établis des strictures économiques qui ont détruit les systèmes économiques par lesquelles les Africains produisaient, échangeaient et vivaient, et ont imposés les produits européens comme c’est le cas aujourd’hui. Ceci est à la base de tous les désastres que connait l’Afrique. Les méthodes de production agricole traditionelle Africaine ont été liquidées au profit des grandes plantations des cultures non-indigènes qui étaient dévelopées, toujours avec le but de satisfaire les besoins de l’industrie manufacturière européenne en tête.

Pour faciliter ce tranfert global, les minerais ont été exploités d’une manière inintérrompue et les plantes étrangères à l’environement africain ont été introduites – le thé, le caféer, le cocotier, l’hévea…entrainant par conséquent l’erosion du sol, signe avant coureur de la désertification évidente que connait le continent aujourd’hui. L’érosion du sol a entraîné la dimunition des quantités de denrées locales déjà précaires, produit à partir des terres marginales à côté des grandes plantations des cultures industrielles, d’où sont employés les indigènes chassés de leurs terres fertiles et travaillant pour des salaires dérisoires [n’est ce pas cela le bien-fondé de la lutte de Robert Mugabe?]. La concentration sur quelques cultures vivrières et l’extraction de quelque resources minières ont laissés les pays Africains après l’indépendance, vraiment vulnerables aux fluctuations dramatiques des prix de ces commodités sur le marché mondial. Nous imposons un tarrif de 9% aux pays du Tiers Monde qui veulent vendre leurs fruits frais à L’Union Européenne, 32% pour les ananas mis en boîtes de conserve et 42% pour les jus d’ananas – plantant ainsi la sémence de la disparité entre les économies du Nord et celles du Sud.»

«Les occidentaux», estime Bob Geldof, «presument que l’histoire de l’Afrique commence avec la colonisation. Ils se sont arrogés le droit de créer de nouvelles traditions juridiques (y compris les droits fonciers), sociales, politiques et économiques africaines pour les Africains, mais à leur image, croyant qu’ils respectaient par là les anciènnes coutûmes claniques et tribales africaines qu’ils devaient tout simplement codifier. C’était une sorte de reconstruction du passé, faisant de l’Afrique un vaste site classé. Comme l’Européen qui était citoyen d’une nation donnée, l’Africain devait lui aussi appartenir à un tribu, à une unité culturelle commune avec une langue commune, un système social et juridique commun et determiné. Ainsi, par exemple, le concept d’une ethnie Soli en Zambie n’a emergé qu’en 1937 et celui de l’ethnie Zulu en Afrique du Sud en 1870. Une nouvelle géographie politique a été imposée à l’Afrique par les Européens sur bases de quoi ces derniers ont «divisé pour mieux règner». Une fois mis en marche, ce système a été renforcé par les Africains eux-mêmes et avec quelle enthousiasme!»

Selon Bob Geldof, les Britanniques se sont basés sur sur ces hierarchies locales, suivant un processus par lesquel des chefs locaux traditionels ou des ambitieux ont été confirmés, choisis ou nommés comme tels, parcequ’ils étaient les plus manipulables, les plus coopératifs, les plus corrompus. Ils ont été consciemment ou inconsciemment promus aux postes de pouvoir les plus élévés et jouissaient de toutes les avantages matérielles dont ils ne rêvaient pas dorénavant. Pour contrecarrer le tribalisme, certains leaders Africains ont instauré des partis uniques, monopolisant ainsi le pouvoir et ses avantages, supprimant la compétitivité pour le sommet de l’état, masquant ainsi l’oppression, l’éthnocracie et la kléptocracie.

«Parmis les 107 leaders Africains renversés de 1960 – 2003, 2/3 ont été massacrés, incarcérés ou envoyé en exile. De 1960-1979, 59 chefs d’état Africains ont été renversés ou assassinés. Trois seulement ont paisiblement pris leur retraite, et aucun président Africain n’a quitté le pouvoir par la voie des urnes. Aucun président en exercise n’a jamais perdu les élections jusqu’à 1982. Pour certains électeurs acquis à la corruption, ce qui compte c’est echanger leur voix à une part du gateau, l’argent ou la protection de la part d’un seigneur de guerre donné. Le soutien politique est échangé avec une aide concrète de la part de celui qui est élu. Ce dernier est souvent membre d’une même tribu et il est présumé qu’une fois élu, il pourra facilement partager l’argent qu’il va soutirer du trésor publique avec les siens (les électeurs de sa tribu). C’est la politique du ventre qui règne suprême en Afrique.»

Selon Bob Geldof, les Occidenatux ont facilement choisi de fermer leurs yeux face à la corruption qui ronge l’Afrique comme un cancer et en même temps ils deviennent des voleurs qui crient au voleur.

« La corruption en Afrique ne nous affecte pas, en dépit de nos dénonciations et de nos appels à la transparence, à la bonne gouvernance. C’est là qu’elle tue, c’est là qu’elle accentue la pauvreté.

Après les indépendances, les leaders Africains - souvent des dictateurs au service des Occidentaux pendant la Guerre Froide, tirés de l’ombre par les mêmes occidentaux, gardés au pouvoir pendant des décennies aussi longtemps qu’ils guarantissaient la paix au niveau locale et gardaient le status quo leur dicté par les Occidentaux et se faisaient octroyés des dettes de la part du FMI - ont adoptés les symboles occidentaux comme mesure de leur prospérité. Des éléphants blancs qui demandent des investissements inappropriés ont été érigés partout: les barrages hydro-electriques, des universités non servies par un bon réseau d’écoles primaires et secondaires.

Tous ces éléphants blancs ont été imposés par le FMI et la Banque Mondiale et les experts en dévelopement de l’époque (les projets dictés par les forces aveugles du marché démunies d’une vraie volonté politique ne pourront jamais tirer l’Afrique du gouffre de la pauvrété), sans tenir compte les conditions spécifiques à l’Afrique. [Le Congo est riche en energie, mais la population manque de l’électricité qui doit être exportée en dehors du pays. Les élèves Congolais s’assoient sur le sol alors que le Congo est riche en bois qui est soit pillé par les multinationales au sillage des troupes d’agression, ou exporté en dehors du pays. Les paysans manquent des outils pour travailler la terre, alors que le Congo est riche en minerais plutôt exploités par les multinationales sur base des contrats allant jusqu’à 38 ans!].

Les coopérants étrangers qui veulent profiter d’une Afrique appauvrie de fond à comble n’ont pas le souci d’ouvrir le continent à l’économie libre du marché comme ile le prétendent. Ce qui comptent pour eux, c’est de négotier des contrats exclusifs et des concessions minières et pétrolières, ou d’échanger des armes avec des paquets de diamant, comme les Portugais échangeaient des armes avec de l’or, il y a à peine 500 ans. Pour ces Africains qui ont une portion de pouvoir, il leur est très difficile de resister aux tentations de la mondialisation. Toute notre politique étrangère vis-à-vis l’Afrique vise à cimenter notre suprémacie politique, technologique et économique. C’est tout. C’est pourquoi nous voulons parachuter les mechanismes «capitalistes» et «démocratiques» en Afrique où la population est en majorité paysanne et rurale. Nous oublions que la bonne gouvernance, la transparence, un état de droit, la libéralisation de l’économie, le droit à la propriété privée, des institutions d’appui à la démocracie, une presse libre…ce sont des valeurs qui ont pris des siècles pour se consolider chez nous. Nous ne devons pas oublier que notre prospérité économique a précédé nos institutions démocratiques. Il doit y avoir d’abord une économie forte et une culture démocratique pour soutenir ces mechanismes. C’est là ou nous devons nous faire violence et faire preuve d’une volonté politique si nous voulons vraiment aider l’Afrique à se developer.»

Etant donné que les fléaux du Sida et du terrorisme ne tiennent pas compte des frontières des états-nations, Bob Geldof estime que l’état-nation est devenue une exigence politique dinosaure qui n’est plus le cadre propice pour resoudre les problèmes de l’Afrique.

«Même si la Grande Bretagne donnait tout son PNB sous forme d’aide à l’Afrique, ça ne mettrait pas fin à la misère en Afrique. Les millions de dollars envoyé en Afrique par la Diaspora ne peuvent pas non plus mettre fin à la misère en Afrique. La Diaspora Irlandaise, Israéliènne,et Italiènne l’ont fait pendant des siècles à partir de l’Amérique sans générer une croissance économique quelconque dans leurs mere patries. Nous devons nous rendre compte que la Grande Bretagne tout comme les États-Unis ne peuvent plus fonctionner en isolement. L’Afrique non plus. Car elle ne peut plus retourner totalement à ses methodes traditionelles pour survivre. Nous sommes condamnés à vivre dans l’interdépendance et la mutualité à cause de nos liens historiques que nous ne pouvons plus effacer.»

Toujours selon Bob, l’avenir du monde repose sur le nouveau continent qu’est l’Afrique, car la moitié de sa population compte des jeunes agés de moins de 16 ans et les 70% de cette population sont nés après l’indépendance. Dans les décennies à venir, 25% du pétrole seront extraits à partir du Nigeria et de l’Angola. Les matières prémières deviennent de plus en plus rares dans d’autres parties du monde.

Mais il avertit: «Indésirables dans les pays d’outre-mer, les Africains pourraient un jour chercher à rentrer chez eux, fuyant notre monde, un monde sourd à leur musique et indifferent à leur avenir tout comme à leur souffrance et aux crimes qu’ils subissent et dont nous sommes parfois les co-auteurs. C’est dommage. Nous ne devons plus assister indifferent devant les écrans de nos télévisons à la mort de tout un continent et de tout un peuple, ou face à l’effacement de toute une histoire, à la mort de toute une culture»

Bob Geldof déplore le fait que l’Afrique est encore dirigée par ceux qu’il qualifie de «vieux leaders au bout de leur souffle». Il cite explicitement un Robert Mugabe qui, selon lui, doit partir.

«Qu’il parte, le mieux le plus tôt que possible, » martèle-t-il. «Tout les moyens sont necessaires pour le faire partir sauf par la violence. Mais ça dépend des Zimbabwéens eux-mêmes. Nous soutiendrons toute opposition au régime du Président Mugabe. C’est un despot qui a ruiné son pays. Au début, il était un génie politique et leader de la guerilla. Mais à la fin des comptes, il n’a pas mi cela au service de son peuple. Il l’a opprimé au contraire. Il a sauvagement massacré des milliers de gens à Matabeleland. A l’instar de Fidel Castro et de Sam Nujoma, Mugabe est devenu un dinosaure, une balafre dans la conscience de l’Afrique, comme l’a dit le Premier Ministre Tony Blair. Thabo Mbeki qui prône la renaissance africaine basée sur la bonne gouvernance doit tout faire pour l’isoler politiquement et économiquement et pour le faire partir.»

Et pourtant c’est le même Mugabe qui vient de convoquer une conférence internationale à laquelle participent tous les anciens mouvements de libération noires et africaines pour en découdre une fois pour toutes avec les vestiges du colonialisme. C’est aussi le même Fidel Castro qui demande à ce que les États-Unis et la Grande Bretagne appliquent d’abord «les droits de l’homme» à Guantanamo, juste aux portes du Cuba.

Bob Geldof est pourtant convaincu que la nouvelle génération d’Africains est prête à élire des leaders plus pragmatiques, car se dit-elle, l’Afrique ne doit pas porter indéfiniment le fardeau de la prospérité du Nord. Les Africains sont capables de developer leur propres modèles de démocratie et de dévelopement car l’Afrique jouit d’enormes capitaux intellectuels, humains et culturels.»

«Pour vraiment aider l’Afrique à se developer, nous devons nous faire violence et faire preuve d’une volonté politique qui demande de nous que nous nous divorcions avec la pensée unique version occidentale, avec une mondialisation en sens unique, donc avec l’unilatéralisme. Je ne veux pas inventer un autre monde. Je ne fais pas appel aux reformes non plus, mais tout simplement à un re-ajustement qui conduit à l’équité et un re-alignement des mechanismes de parténariat au profit des marginalisés, des dépossédés, des affameux et des pauvres, en d’autres termes, des mechanismes d’intervention rapide qui sousentendent une volonté politique pour non seulement agir à temps, mais aussi pour prévenir. Ce qui demande de nouvelles institutions et des nouveaux mechanismes bien définies et bien testées. Il nous faut «un plan total» pour l’Afrique, comme le fameux «Plan Marshall». Ce plan est facilement réalisable et il peut s’averer moins couteux pour les pays riches s’il y a une volonté politique. Je crois à l’avenir de l’Afrique!, » a conclu Bob Geldof.

Helas! En tant que Congolais, Bob Geldof nous a donné l’impression de vivre dans un autre monde. Après lui avoir remis notre magazine, Le Panorama Congolais, nous lui avions posé la question de savoir s’il considerait la guerre qui a été soumise au peuple Congolais dépuis le 2 août 1998 comme une simple guerre civile, avant de lui rappeler que malgré ses louanges au dévouement que manifeste Tony Blair à la cause africaine apparemment, il ne devrait pas oublier expressement que, selon des faits bien établis, la Grande Bretagne est bel et bien membre de la coalition anglo-americano-rwando-ougando-burundaise qui, dépuis le 2 août 1998, a agressé le Congo, commis un génocide de plus de 5 millions de Congolais, et pillé systematiquement les resources naturelles et minérales du Congo dont le coltan à partir duquel on fabrique les satellites, les ordinateurs et les téléphones portables, bref toute la technologie de pointe; et que sans l’intervention militaire Zimbwéenne, Namibiènne et Angolaise, les agresseurs qui étaient aux portes de Kinshasa même regneraient aujourd’hui en maîtres absolus à Kinshasa. La Grande Bretagne octroie £60 millions par an à Kagame et à Museveni sous forme «d’aide biltérale», mais à vrais dire ce sont des moyens mis à leur disposition pour agresser le Congo, l’envahir, l’occuper, annexer ces territories à leurs pays respectifs et le piller (on appelle Museveni et Kagame, les nouveaux Bismarks de l’Afrique). Actuellement, la fameuse Royal African Society, basée à Londres a des plans précis pour les forêts du Congo.

En guise de réponse, Bob Geldof a reconnu que la guerre qui a affligé le Congo dépuis le 2 août 1998, était «une guerre internationale du 21eme siècle», en d’autres termes, la prémière guerre mondiale d’Afrique, comme l’a déclaré Madeleine Albright, l’anciènne Sécrétaire d’État Américaine.

Il nous a d’abord interpellé cyniquement de «sortir de notre agenda personnel» et de voir que le Congo est au gâchis. «Plusieurs états et acteurs rapaces sont entrain de piller le Congo à la fois. Le Congo est trop grand et n’est plus viable comme état. Chacun de ces acteurs, que ça soit Museveni, Kagame ou Kabila, veut sa part du gâteau. Le peuple Congolais a trop souffert. Peus-tu vraiment jetter un régard sur l’histoire du Congo et remarquer un moment de répis, de paix, d’apogée ou de prospérité? Il n’y en a pas! Tu evoques un génocide de plus de 5 millions de Congolais. Moi je tiens à trois millions. Ce que vous autres Congolais doivent faire c’est de se servir des institutions de la transition actuelle comme un tremplin à une paix durable. La guerre qui a affligé le Congo [dépuis le 2 août 1998] était «une guerre internationale du 21eme siècle». Ce que l’on peut esperer positivement pour le Congo c’est qu’il y est moins d’ingérence externe dans l’avenir.»

En nous rappelant le plan américain pour diviser le Congo sous prétexte qu’il n’y a plus d’état au Congo, que le Congo a déjà perdu sa viabilité comme un état à cause de sa grandeur et de sa position géo-stratégique et politique, Bob Geldof a rémué le couteau dans notre plaie. Aucun Congolais digne de ce nom, n’ose lui croire. Nous croyons à l’avenir du Grand Congo Démocratique d’où partira le salut de toute l’Afrique, comme l’ont prophétisé nos héros Patrice Lumumba, Pierre Mulele et Laurent Désiré Kabila.