Manifestation au cœur
de la capitale européenne
Les étudiants
congolais réclament le retour de la paix dans leur pays
Reportage réalisé
par Georges Alves
Bruxelles, 25 avril 2004
Près de 250 manifestants
sont descendus dans les rues de Bruxelles, samedi, 24 avril, pour réclamer
le retour de la paix en République Démocratique du Congo.

La manif initiée conjointement
par un groupe d’étudiants congolais de l’ULB (université
libre de Bruxelles), d’UCL (université catholique de Louvain)
et un certain nombre d’étudiants de hautes écoles
de Bruxelles est partie du quartier Matonge, à la hauteur de
la galerie d’Ixelles sur la chassée de Wavre, vers 15H30,
pour se diriger à l’ambassade du Congo.
« Nous sommes venus exprimer notre ras-le-bol face à
cette volonté de la communauté internationale et de certains
politiciens du gouvernement de transition qui refusent le retour à
la normalité dans notre pays », a déclaré
Arlette, une étudiante de l’UCL.
« Je suis en Belgique depuis 16 ans, je ne sais pas retourner
chez-moi malgré mes diplômes et ici personne ne veut me
donner du travail ! », a affirmé un autre étudiant
qui a préféré garder l’anonymat.
Les étudiants congolais ne se sont pas fait prier pour dénoncer
l’attitude de la communauté internationale qui, selon un
bon nombre d’entre eux, constitue une entrave à un retour
à la normalité dans leur pays. En effet, pour ces jeunes
congolais, la paix est loin d’être acquise malgré
la signature de l’accord de Pretoria et la mise sur pieds d’un
« gouvernement de transition », depuis le 30 juin
2003.
Le tract (lire le tract
des organisateurs) qu’ils ont largement diffusé
parmi les manifestants et qui appelle les Africains à «
lutter contre l’impérialisme et le néo-colonialisme
» explique bien l’ambiguïté de la situation
en RDC. Le document appelle également à « l’unité
indispensable de tous les africains dans ce contexte de mondialisation
largement défavorable aux pays en voie de développement
».
Les étudiants congolais qui se demandent à qui profite
finalement les crimes de guerre commis dans leur pays, tentent néanmoins
de rassurer l’Occident en affirmant : « la construction
[du nouvel] Etat congolais est organisée sur base du modèle
occidental ». Un message qui ressemble bien à un appel
du pied comme pour dire au maître occidental qu’il ne doit
pas s’inquiéter de voir la paix revenir en RDC, car le
modèle congolais restera celui qu’il voudra bien voir.

Le rassemblement
s’est déroulé dans une ambiance bon enfant ponctuée
aux rythmes de tam-tam et soutenue par la chansonnette. La foule est
arrivée après un peu plus d’une heure de marche
devant l’immeuble de l’ambassade. L’équipe
des organisateurs s’est présentée à M. Kasongo,
le Chargé d’Affaire faisant actuellement fonction de l’Ambassadeur,
à qui ils ont transmis leur message au gouvernement de transition.
Vers 18 heures, les manifestants se sont dispersés sans doute
satisfaits d’avoir dit leur ras-le-bol à qui voulait bien
les entendre …
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Le tract diffusé par les organisateurs
Pour la Paix en RDC
Ce conflit nous concerne tous
Occidentaux :
Car la construction de l’Etat congolais est organisée sur
la base du modèle occidental. Et, d’autre part, ce conflit
est devenu la guerre des minerais. Il faut se demander qui utilise le
coltan, le cobalt ou l’uranium ? Et à qui profite le crime
?
Africains :
Car, pour avoir du poids et lutter efficacement contre l’impérialisme
et le néo-colonialisme, l’unité de tous les Africains
et indispensable. Dans ce contexte de mondialisation largement défavorable
aux pays en voie de développement, seul la paix et la stabilité
peuvent relancer l’économie.
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