Accueil
Page P.E. Lumumba
Page P. Mulele
Page L.D. Kabila
Discours de J. Kabila
Crimes du Mobutisme
Briefing Actualité
Synthèse de la semaine
Liens
Communiqués
Qui sommes-nous?
Contact
Actualites internationales
Votre réaction sur ce site

Archive d'articles
Archive des réactions de 2003-2004


Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Qui veut deplumer Joseph Kabila?

Par A.R. Lokongo, 26.05.2004

Les Congolais aiment beaucoup les postes et dès qu’ils sont là le pays n’avance pas. Il récule encore davantage. Mais quand Laurent Désiré Kabila a pri le pouvoir, malgré les pressions de ses alliés d’hier, les superpuissances et les gens de sa propre tribu - il y avait une guerre ouverte entre les Lunda et les Balubakat – il n’a pas cédé au chantage.
Mzee Kabila a déclaré lors de son passage à Bruxelles même en 1998: «Nous voulons le renouvellement de la classe politique. Il faut des personnes intègres. Il faut des jeunes conscient que le Congo doit être un pays moderne, un pays qui se construit comme les autres. Dans notre pays tout riche qu’il est, dans l’arrière pays, le paysan, toute sa richesse c’est une machette, une houe et une natte. Il n’a pas de lit. Il a vecu comme ça pendant les trois décennies du Mobutisme. Mobutu les a laissés completement isolés. Pas de routes, pas d’infrastructures de communication avec le reste du pays et du monde. Le peuple était completement abandonné à lui-même. C’était vraiment de la misère. Voilà comment on peut punir tout un peuple et ce sont ces mêmes gens, rencheris par les occidentaux - surtout les missions diplomatiques des pays occidentaux chez nous parceque ce sont elles qui dirigeaient notre pays - qu’ils veulent nous voir les associer à notre oeuvre libératrice.
Ils nous disent: «Président, vous êtes tellement pressé d’aller aux élections. Si vous prenez tel ou tel aujourd’hui, vous aurez encore cinq ans avant d’aller aux élections.» Cinq ans de transition, est-ce que notre peuple en a besoin? Non! Notre peuple a besoin des élections. Il veut faire respecter qu’il ait la source de légitimation du pouvoir, c’est-à-dire que c’est par les urnes que vous aurez le mandat. Vous connaissez l’histoire, vous êtes des intellectuels. Le premier gouvernement de Patrice Lumumba, c’était un gouvernement d’union nationale, mais tous avaiebt des mandants, ils étaient élus. Quand on n’a pas de mandat, on veut faire un gouvernement soit-disant d’union nationale. Ce sont des combinards qui se trouvent autour d’une table, qui ont peur de leur peuple et qui veulent assumer le destin du pays sans mandat du peuple. Et quand on nous propose d’accepter un tel gouvernement pour que nous puissions aller encore pendant cinq ans comme «président mobutisé», nous disons non!. Ils ont encerclé Mobutu, ils lui ont dit: «Soyez président, restez président. Et nous, nous continuerons. Et ils ont continué. Mobutu n’avait plus de mandat, plus de légalité, mais ils gravitaient toujours autour de lui: Président! Président! Ils veulent aussi que je devienne…(…). Je pense qu’ils n’ont absolument pas de chance, parceque, nous, nous avons une mission de démocratiser notre pays. Nous ne sommes pas malades de présidentiables. Nous ne sommes pas ça. Le peuple attend de nous qui sommes ses soldats que nous défendions ses intérêts. Qu’on ne nous impressione pas. Notre pays a été impressionné pendant plusieures décennies. Et le resultat? La misère, la pauvrété. Nous, nous sommes partis du peuple. On nous accuse d’être arrogant. Mais le peuple ne serait pas derrière nous si nous étions arrogants. Le peuple n’aime pas des gens arrogants.»

Il a ajouté: «Nous ne sommes pas anti-démocratiques parceque nous avions réfusé de faire un gouvernement d’union nationale comme on nous disait. Nous avons dit que notre pays a connu pas mal des gouvernements d’union nationale. Même de large union nationale. Vous connaissez que pendant sept ans, il y a eu une transition dans notre pays. Et cette transition de sept ans a connu dix gouvernements d’union nationale. Mais pourquoi ça n’a pas débouché sur la démocratisation de notre pays? Tout simplement parceque c’étaient des gouvernements des combinards, des cartels, des gens qui disaient, vous là bas , tel portefeuille, moi donnez-moi ceci, celui là donnez-lui tel portefeuille… Ils étaient contents parceque s’ils allaient devant le peuple, le résultat serait catastrophique. Ils ont voulu continuer avec cette vie de tricherie avec le peuple. Ils l’ont ménée jusqu’à ce que nous sommes venu mettre fin à ce genre d’amusement.»

Aujourd’hui, il y a très peu de gens autour de Joseph Kabila qui partagent encore cette façon de voir les choses. Le président Joseph Kabila est obligé à maintes fois de revenir sur ses décrèts parcequ’après les avoir promulgués, il arrive souvent que ses collaborateurs ont insérré des closes ou des noms qui suscitent des contestations parfois légitimes par la suite – référence à la nomination des gouverneurs des provinces. Et chaque fois, le Chef de l’État sort toujours un peu déplumé. On ne sait pas si c’est calculé pour le couper de la base populaire. AU CONGO, DISONS, DANS UNE SOCIETE COMME LA NOTRE, AVANT DE SIGNER OU DE PROMULGUER, IL FAUT TOUJOURS FAIRE DE LA CONFRONTATION. Et il en sera toujours ainsi (les ambassadeurs et les PDG des entreprises publiques n’ont pas encore été nommés), parceque, pour les Congolais, même ceux qui se disent de la «famille politique» du Chef de l’État, ce sont les postes qui comptent.

C’est la politique du ventre qui prime.

Il faut crier plus fort pour se faire entendre, se faire remarquer pour se faire arracher un poste. Le poste, c’est une fin à elle même. Il faut tenir un discours nationaliste pour se faire arracher un poste. Et des gens ont été nommés dans des postes clés parcequ’ils étaient plus habiles dans ce genre de trick que les autres. Le cas de l’ambassadeur sortant de la RDC en Belgique en dit volume. Les Congolais aiment beaucoup les postes et dès qu’ils sont là, le pays n’avance pas, il récule, Chacun déploie toute son ingéniosité se faire arracher un poste afin de bouffer vite parcequ’il sait que demain il ne sera peut être pas là. Résultat, la ruine du pays.

Avec de telles mentalités, Joseph Kabila risque d’être élu, non avec une large majorité et il risque d'être obligé de faire face à un parlement à majorité mobutiste et forces rebelles (si les élections auront bel et bien lieu).
Mais eux, qu’est ce qu’ils ont à offrir au peuple? Ils ont rejoint les agresseurs, ils ont pillé et massacré, ils ont pri les armes pour soit-disant combattre «la dictature de Kabila». Et maintenant? Ils sont entrain de prouver le jour au jour que disciples de Mobutu, ils le resteront jusqu’au bout -adhérants à la kléptocratie, à la corruption, aux détournements des fonds, aux combinards, au népotisme, aux concussions et commissions illicites, octroi des contrats miniers démesurés et illicites, aux complots d’assassinat, même des déchirements internes et des detournements d’alliance au sein de leurs propres composantes.

L’histoire donne enfin raison à Mzee Laurent Désiré Kabila. Le peuple congolais a urgement besoin d'un parti politique qui s'inspire des vrais idées de Mzee, qui les discute, les digère, qui forme des jeunes cadres dans ces idées-mà et qui sait les mettre en pratique.