"Une nouvelle guerre
nous est imposée. La mobilisation des congolais est totale. Même
si la guerre est longue, nous finirons par la ramener d'où elle
est venue, à savoir au Rwanda !" Joseph
Kabila, Président de la RDC
Par LeonardKasimba,
3 juin 2004
Des correspondants à
Kinshasa nous rapportent que hier il y avait au moins un million de
kinois qui ont manifesté leur colère.
"Les
gens disent qu'ils veulent manifester pendant 7 jours. Il y a une minorité
d'intoxicateurs de l'UDPS qui essaient de lancer des slogans contre
Joseph Kabila, ils crient 'Joseph Kabila est Rwandais' et "Kabila,
Ruberwa démission', mais la très grande majorité
des gens sont surtout faché contre la Monuc et ils exigent la
démission de Swing. Ils disent qu'il collabore avec Kagame et
qu'il est responsable pour le sang de leurs frères qui coule
à Bukavu. Ils disent qu'ils veulent aider les Fac, la police
et Joseph à chasser les rwandais. La Monuc a tiré sur
les manifestants. Il y en a qui parlent de sept morts, d'autres de 3
morts. Les gens sont aller piller chez les quartiers générales
des Fonus, du MPR et du MLC. Nous entendons parfois des coups de feu,
mais c'est la police qui tire en l'air. Les gens réagissent en
applaudissant. Cela a été vraiment une journée
historique."
Des manifestations
semblables ont eu lieu à Kisangani et Kindu. Même à
Bukavu, la population exprime sa colère contre la Monuc et les
agresseurs rwandais et leurs collaborateurs.
Kabila
donne l'orientation pour la résistance
A 23 heures Kabila a parlé
à la télévision. Il a demandé à la
population de garder son sang froid et il a déploré les
morts innocents. Il comprend la colère des manifestants et les
souci qu’ils ont pour leurs frères à l’Est.
Il a inisité que la Monuc est là pour aider le gouvernement
à réaliser la transitionn mais il a appelé cette
Monuc à appuyer les efforts du gouvernement pour libérer
Bukavu. Il a dit qu’il a toujours été soucieux pour
le sort de la population et qu’il n’a jamais accepté
l’occupation du Congo. Il fera tout comme président et
chef de l’etat-major général de l’armée
pour libérer Bukavu et pour continuer le processus de transition
afin d’organiser des élections libres et transparentes.
Le Président a aussi
donné un interview au journal Le Monde. Il y a dit :
“L'histoire se répète. Une fois de plus, les
troupes rwandaises ont traversé la frontière. Elles contrôlent
déjà Bukavu et la tension est palpable dans les autres
villes de l'Est.
Une nouvelle guerre nous
est imposée. Par cette invasion, le Rwanda montre clairement
qu'il ne veut pas la paix, ni au Congo ni dans la région des
Grands Lacs. Le gouvernement de transition va prendre ses responsabilités.
Il est vrai que le pays
est à genoux et que la population vit dans la misère.
Mais nous n'avons pas d'autre choix que de défendre le territoire
national et l'indépendance de notre pays. J'ai lancé la
procédure pour proclamer l'état d'urgence. Le gouvernement
a d'ores et déjà décidé la mobilisation
générale pour défendre la patrie.
Ce
pays regorge de ressources et la mobilisation des Congolais est totale.
La capacité militaire se construit avec le temps, mais, même
si la guerre est longue, nous finirons par la ramener d'où elle
est venue, à savoir au Rwanda !
Pour cela, nous devons
nous organiser. Les guerres successives qui ont ravagé la RDC
nous enseignent que nous devons d'abord compter sur nous-mêmes.
Je suis déçu
de l'inaction et du manque de solidarité de la communauté
internationale et des Nations unies. Il faut qu'ils fassent plus. Malgré
son armement et son mandat, la mission de l'ONU n'a pas empêché
la chute de Bukavu. Elle se contente de procédures bureaucratiques.
Nous n'avons pas besoin de cela. Plus de 3 millions de Congolais sont
morts du fait des guerres qui nous ont été imposées.
Il faut que cela cesse !
Le gouvernement a adopté
une position commune et l'ancien mouvement rebelle RCD était
représenté à ce conseil extraordinaire. Mais les
développements dans l'est du Congo n'augurent rien de bon. La
confiance est entamée.
Il faut que les Congolais
réagissent ensemble. Il y a 300 ethnies chez nous. Les hommes
qui ont pris les armes dans l'Est disent le faire au nom de la communauté
banyamulenge, qui serait menacée. C'est faux. La communauté
banyamulenge n'est pas menacée et elle ne le sera jamais. Elle
compte parmi les 300 ethnies qui fondent la nation congolaise. J'ai
pour mission de protéger ces 300 ethnies, les 60 millions de
Congolais. Ils sont unis et, avec leur concours, je mènerai cette
mission à bien.”