Mulele Pierre
(*)
Sur des pentes
abruptes de notre route
quand tu poussais ton cri aigü, mains déliées
depuis le Kwilu, alors que tout dormait au Congo,
quel éveil fut dit, redit?
Ce déploiement de pas de marche sur des braises semées aux
campagnes du Congo,
personne n'y pensait...
Mais d'un seul vouloir indvis tu montras des balisages au large des nuits...
Mais d'un seul tenant tu réunissais des pas dispersés au
large des nuits, pour un seul et même terme.
Mais que n'as-tu fait, homme vêtu de nuit
toi qui n'annonçait point,
toi qui fus homme des temps nouveaux
et homme de l'ère nouvelle,
toi qui d'un seul geste réalisais ce qui pour d'autres était
présage :
le Congo en marche requalifié,
torpeur secouée parmi des ronces et des rances
des grandes hérésies de l'Histoire, et parmi des fanges
du faire, et des éclipses du dire...
On oublia Mulele pendant quelques temps ton projet
aux crépuscules des cités avariées d'Afrique...
Et n'étaient les bûches mal allumées des vandales
nouveaux du monde ancien
tu remettrais avec bonheur l'homme entre les mains de l'homme au Congo
quand l'ère du renouveau
eut renouvelé les rêves des hommes au siècle de l'atome...
Mais demain Mulele,
demain ta voix reconnue, d'autres tâcherons de l'Histoire et du
Congo,
fidèles à ton cri, reprendront la marche où tu la
laissas
sur des pentes abruptes de notre route
quand tu poussas ton cri aigü, mains déliées depuis
le Kwilu, alors que tout dormait au Congo où l'éveil fut
dit
et redit!...
(*) ce poème
est tiré du receuil "Les Amarres rompues" par François
- Médard MAYENGO KULONDA - T.M.
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