14
août à 15h
D'une source sur place nous
avons les confirmations suivantes concernant le massacre au camp de
réfugié Gatumba:
"Hier soir entre
22h30 et minuit un groupe d’assaillants bien organisés
et bien armés ont attaqué le camp de réfugiés
à Gatumba au Burundi. Dans ce camp se trouvaient à ce
moment environ 3000 réfugiés Banyamulenge sans défense.
Les assassins ont tué par balle, machette mais surtout en mettant
le feu aux tentes des réfugiés. Au moins 169 personnes
ont été tuées, 143 personnes ont été
blessées. Ce bilan est provisoire puisque certains endroits ont
été tellement dévorés par le feu qu’il
est difficile de reconnaître des cadavres. Il faudra une recherche
par des spécialistes pour cela."
Toujours selon notre témoin,
l’armée burundaise n’était pas présent
au moment du massacre. Du côté des réfugiés,
il n’y avait pas de résistance puisque la majorité
dormait et ne détenaient pas d’armes.
Plusieurs survivants ont
entendu parler le dialecte Kifuliru, parlé dans les environs
d’Uvira, ainsi que le Kirundi et le Kinyrwanda.
Il est clair que pour le
moment il est trop tôt de tirer des conclusions. Il faut que la
justice fasse son travail et que la loi soit appliquée dans toute
sa rigueur pour que quiconque ayant effectivement participé à
ce crime soit puni. Joseph Kabila, président de la RDC a condamné
ces massacres et demandé la constitution d'une commission d'enquête
internationale pour établir les responsabilités. Il a
déclaré à l'AFP : "Il faut que les coupables
de ces actes criminels soient châtiés une fois connus"
Mais certains agents de l’intoxication
et spécialistes de la guerre psychologique n’attendent
pas les résultats de l’ enquête pour faire leur sale
besogne. Ainsi une source anonyme simplement identifié par l'AFP
comme «un dirigeant Munyamulenge responsable du camp »
a declare que «l'attaque aurait été perpétrée
par les soldats du Général Mbudja Mabe alliés avec
les Mai-Mai et les Interahamwe».
L'Obsac.com, un des sites
spécialisés dans l’intoxication et la guerre psychologique
- style CIA - pour sa part, n’a même pas hésité
à accuser « certains personnes dans l’entourage
de la présidence congolaise qui aimeraient bien que les réfugiés
Banyamulenge qui se trouvent en ce moment au Burundi y demeurent. »
Cette intoxication grotesque
démontre comment les criminels ont, consciemment ou inconsciemment,
joué le jeu de l'agresseur à Kigali qui depuis déjà
6 ans jour pour jour n'a raté aucune occasion de tirer profit
militairement et politiquement de la haine ethnique qu'il n'a pas lui-même
hésité d'attiser, de stimuler, d'organiser et d'entretenir
dans le passé; car cette haine ethnique lui convient tellement
dans ses desseins hégémoniques et économiques au
Congo.
complément
de dimanche le 15 août à 9h30
- Cette après-midi
auront lieu les obséques des victimes de l'odieux massacre
au camp Gatumba.
- "Tous les coupables
de cette barbarie doivent être déférer devant
les juridictions compétentes en vue d'un châtiment à
la mesure de leur forfait", a déclaré le ministre
de l'Information congolais après la réunion d'urgence
du conseil gouvernemental à Kinshasa.
M. Henri Mova Sakanyi a exprimé la peine du gouvernement congolais
face à ces massacres et son étonnement que ces réfugiés
placés sous la protection du Haut commissariat des Nations
unies pour les réfugiés (HCR) et du gouvernement burundais
"aient été impunément et sauvagement
assassinés". "Le gouvernement burundais
ne doit pas se soustraire de ses responsabilités de même
que le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés
(HCR)".
Il a rappelé que le chef de l'Etat, Joseph Kabila, informé
de la situation alors qu'il était en route pour le sommet du
SADC à Port-Louis (Ile Maurice) et en tant que "garant
de la Nation", a élevé "une énergique
condamnation de cet acte ignoble perpétré contre la
population civile congolaise".
-
Nous
venons d'apprendre qu'une délégation sous la direction
du ministre congolais de l'Intérieur arrive ce matin à
Bujumbura. Cette délégation amène de l'aide
humanitaire pour prendre soin des blessés et des morts et
discutera avec le gouvernement burundais entre autres sur la proposition
d'une commission d'enquête internationale.
-
Le
vice-président Ruberwa a été fortement ébranlé
lors de sa visite hier au camp de réfugiés. Des survivants
en pleurs lui ont crié en public "ceci ne serait
jamais passé si le RCD n'aurait pas eue cette politique d'avoir
une jambe à Kigali et une autre à Kinshasa."
Un autre: "On aurait du rentrer beaucoup plus tôt!
C'est le RCD et ces militaires qui nous en ont empêchés."
Il est rentré gravement abattu à Bujumbura.
-
En
contradiction avec le vice-président et le secrétaire
général de son mouvement, le RCD, le vice-président
Ruberwa n'as à aucun moment parlé ou même insinué
que des membres de l'armée congolaise auraient été
par mis les criminels qui ont commis ce massacre. Pour le moment
aucun élément pourrait d'ailleurs soutenir cette affirmation
qui est clairement faite par messieurs Bedi et Gamanda à
Kinshasa pour tirer profit de cet évènement horrible.
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