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Briefing
sur les menaces de recommencer la guerre contre la RDC
Par
leonard Kasimba, 18 août 2004
Funérailles
politisées
Le Phare, 17.08.2004
Les funérailles étaient très politisées avec,
quelques minutes avant la cérémonie, des chants contre les
partis hutus faisant partie du gouvernement au Burundi. « Le
génocide des Tutsis est une réalité »,
pouvait-on lire sur une grande banderole tenue par des jeunes au dessus
de la fosse, voulant ainsi récupérer le drame à des
fins bassement politiciennes.
Une cinquantaine de personnes défilaient dans la fosse portant
chacune une petite pancarte disant notamment « ONUB, go home
(repartez chez vous) », visant la mission de l’ONU au
Burundi.
L’armée
burundaise menace d’envahir le Congo
Reuters, 18 August, Bujumbura:
The head of the army, General Germain Niyoyankana, said the military was
prepared to move into the Democratic Republic of Congo if the Kinshasa
government failed to disarm the force.
"We must avoid a new attack from Congo, so the Burundi army does
not rule out an offensive in the Democratic Republic of Congo," General
Niyoyankana said. "Everything depends on the Congolese Government."
Le
général Laurent Nkunda : "que ce gouvernement débarasse
le plancher"
Dans le Soft| 17 août 2004| Goma.
«Je n’ai plus rien de commun avec un pouvoir qui se conduit
en bourreau de son propre peuple (…) Les commentaires indignés
de notre gouvernement ne sont que larmes de crocodile et pure hypocrisie
(...) Ainsi, ma résolution est prise: les jours prochains, je démarrerai
le processus de me mettre en position d’accorder mes actes à
ma parole, c’est- à-dire, à faire en sorte que, par
tous les moyens, ce pouvoir débarrasse le plancher et que soit
mis en place un vrai Gouvernement inclusif, consensuel, non conflictuel
et qui vise à instaurer en RDC la paix des braves et non le silence
des cimetière».
Dans sa toute première déclaration (16 août) qu’il
signe depuis l’attaque du camp de Gatumba au Burundi, le général
de Brigade Laurent Nkunda désigne «les bourreaux»
(…) «de l’épuration ethnique systématique»
(…), «le génocide de Gatumba»: «des militaires
portant uniformes et drapeau de leur propre armée, de notre propre
armée, les FARD. Ceux-ci étaient commandés par des
officiers congolais agissant sur ordre; des officiers qui les avaient
déjà expulsés de leur patrie, principalement de Bukavu
et d’Uvira et qui, pour s’assurer qu’ils ne reviendront
plus jamais chez eux, les ont fait poursuivre jusque dans leur refuge,
en terre burundaise, où ils n’ont pas hésité
à leur appliquer la «solution finale».
«Lorsque fin mai-début juin 2004, je suis intervenu à
Bukavu avec le colonel Mutebutsi, a la tête d'un groupe de soldats
FARD, j'avais clairement indiqué que des actes de génocide
se déroulaient bel et bien (...); qu'ils ciblaient les Banayamulenge
en raison de leur appartenance ethnique, qu'ils étaient perpétrés
par nos frères d'armes de la 10ème région militaire,
sur instruction du général de brigade Mbudja Mabe, leur
commandant, et que mon seul but consistait a l'en empêcher. C'est
ce que je fis, sans honte, sans remords et sans regrets. La réaction
de ma hiérarchie, celle de mon Gouvernement, celle du commandant
suprême des FARD et même celle du président de la composante
dont je suis issu, c'est-à-dire le président du RCD, Vice-président
de la République (...) a été de condamner formellement
l'action que j'avais conduite et de nous traiter, mes compagnons et moi,
de mutins et d'insurgés, juste bons pour la Cour martiale»,
écrit Nkunda.
Ruberwa
dans le Soft | 17 août 2004| Bukavu.
Lors des funérailles des victimes de l’attaque du camp de
réfugiés, Me Azarias Ruberwa Maywa a, dans des mots à
peine voilés, désigné le chef de l’Etat congolais
Joseph Kabila comme le principal commanditaire de ce «génocide
des Tutsis Banyamulenge» commis par «un axe du mal»
(congolais Mai-Mai anti-Tutsis, Hutu rwandais Interahamwe et Hutu burundais
FNL).
«L’événement qui nous réunit ce jour
s’appelle «un génocide». Et le génocide,
il faut le nommer. En effet, tout génocide a un nom. Il s’agit
du génocide des Banyamulenge, du fait d’être Tutsis.
Il s’agit donc du génocide des Tutsis congolais».
«Il est clair que ce génocide ne va pas laisser indifférent
le processus (…) Les dommages risquent d’être majeurs
(….) Le processus de paix est en panne. Nous avons négocié.
Nous nous rendons compte aujourd’hui que nous nous sommes trompés»
«Les acteurs congolais du processus de paix doivent se retrouver
et analyser froidement la situation par rapport à l’échec
de la réconciliation, de la cohabitation, des crimes commis, de
la sécurité», a par ailleurs déclaré
l’un des vice-présidents de la R-dCongo qui s’est présenté
«représentant du gouvernement congolais e en même temps,
membre de cette communauté génocidée», ajoutant
qu’«un génocide, lorsqu’il se commet en plein
processus de paix, il faut réévaluer la situation et trouver
des remèdes».
Kagame
KIGALI, 17 août (AFP) - Le président rwandais, Paul Kagame,
a estimé mardi sur les ondes de la radio gouvernementale, Radio
Rwanda, que l'Onu "ne fait rien" pour ramener la paix dans
la région des Grands lacs africains, une des plus instables au
monde.
"Il est clair qu'ils ne font rien. Nous ne pouvons rester les bras
croisés”
"Nous devons rechercher d'autres voies pour résoudre la
question, surtout au niveau de l'Union africaine", a indiqué
Kagame en kinyarwanda, langue nationale.
dans une autre dépêche de l'AFP, 17 août
Le président rwandais Paul Kagame pour sa part a été
plus catégorique sur l'implication dans ce massacre des milices
rwandaises.
« Nous savions que des ex-FAR et des interahamwe étaient
impliqués », a-t-il déclaré, interrogé
par lAFP en marge dune cérémonie de départ des
troupes rwandaises déployées au Darfour.
« On les trouve à Bukavu, à Uvira (deux villes
du Sud-Kivu, province de la Rdc et ils sont intégrés dans
les rangs des forces gouvernementales », a-t-il poursuivi.
« Ça ne fait que prouver ce que nous disons depuis longtemps,
cest-à-dire quil y a des incidents que la communauté internationale
et lOnu font semblant de ne pas voir, et où on tue des gens »,
a-t-il encore poursuivi.
« Il incombe dabord à la communauté internationale
» de mettre fin à cette situation, a estimé le président
rwandais, ajoutant que tant que la communauté internationale ne
remplit pas son rôle, elle continue à laisser au gouvernement
rwandais la responsabilité dy mettre fin ».
Un officier supérieur de l'armée rwandaise, qui s’exprimait
sous couvert de l’anonymat, a pour sa part estimé que l’attaque
avait dû être « planifiée depuis Kinshasa
» dans le but de « faire l’effet dune gifle à
Azarias Ruberwa.»
Réponse
du gouvernement congolais
KINSHASA, 17 août (AFP) - La République démocratique
du Congo (RDC) se défendra contre toute attaque dirigée
contre elle par des armées étrangères, a déclaré
mardi soir à l'AFP le porte-parole du gouvernement de transition,
Henri Mova Sakanyi. "Ce n'est pas pour rien que nous avons une
armée. Une nouvelle aventure militaire des armées étrangères
sur notre territoire risque de ne pas connaître les gloires du passé",
a affirmé M. Mova, en réaction aux déclarations notamment
du chef d'état-major général de l'armée burundaise.
Contradiction
entre les USA et la France à l’ONU
NEW YORK (Nations unies), 17 août (AFP) - Dans un appel devant le
Conseil de sécurité lundi, M. Annan a demandé à
faire passer les effectifs de la Monuc de 10.500 à 23.900 hommes,
en considérant que cette force devait être plus importante
et plus mobile pour aider à préparer les élections
de l'an prochain en RDC.
"Etant donné les ressources de forces de la paix, et l'énorme
complexité de la situation au Congo, répondre par un simple
accroissement des troupes n'est pas la voie la plus (...) efficace",
a déclaré à l'AFP l'envoyé spécial
américain Stuart Halliday.
"Nous pensons que la proposition se base sur de nombreuses suppositions",
a ajouté M. Halliday.
"L'important est que la Monuc soit efficace. Il y a beaucoup
de façons d'y arriver", a-t-il dit.
Des sources diplomatiques françaises ont toutefois indiqué
que la France, un autre membre permanent du Conseil de sécurité,
soutiendrait la demande du renforcement de la Monuc adressée par
M. Annan, qui doit faire l'objet de consultations dans les jours prochains.
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