Accueil
Page P.E. Lumumba
Page P. Mulele
Page L.D. Kabila
Discours de J. Kabila
Crimes du Mobutisme
Briefing Actualité
Synthèse de la semaine
Liens
Communiqués
Qui sommes-nous?
Contact
Actualites internationales
Votre réaction sur ce site

Archive d'articles
Archive des réactions de 2003-2004


Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Somalisation du Burundi, condition pour la nouvelle guerre en RDC

Un observateur averti donne son opinion à deboutcongolais.info , 13 septembre

Notre interlocuteur est un observateur de la situation au Burundi et Rwanda. Il nous fait les remarques suivantes :

Je suis convaincu que l'UPRONA et les ex-FAB (Forces Armées Burundaises) n'ont aucun intéret à ce que la transition se termine le 31 octobre 2004, soit dans 50 jours, comme prévu. L'accord imposé par Prétoria et par le sommet des chefs d'Etats membres de " l'Initiative de Paix pour le Burundi " tenu dernièrement à Dar-es-salam est inacceptable à leurs yeux.

Pendant ce délai, il n'est ni politiquement ni techniquement possible d'obtenir un accord sur le contenu de la constitution post-transition et d'organiser le réferendum sur la constitution post-transition ainsi que les 7 élections découlant de la constitution (élections locales et générales).

Le massacre de Gatumba et la crise que le RCD-Goma a initié montrent qu'il y a un projet de reprise de la guerre en RDC.
Or, le gouvernement de transition du Burundi ne peut conduire la guerre. Il doit etre changé avant le déclenchement des hostilités, tout comme en 1996 lorsque la guerre a éclaté au Zaire. Ntibantunganya a été renversé d'abord et ensuite c'est le gouvernement Buyoya II qui a participé à la coalition rwando-ougando-burundaise qui a commencé la guerre. Kigali voulait détruire les camps de réfugiés et neutraliser les ex-FAR qui tentaient de se réorganiser dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Bujumbura voulait détruire les bases logistiques du CNDD de Léonard NYANGOMA.

Aujourd'hui, c'est pareil. Ndayizeye ne peut conduire le gouvernement du Burundi en temps de guerre. Le massacre de Gatumba "a montré" que le Sud-Kivu "est la base-arrière du FNL", un groupe déclaré "terroriste" par les chefs d'Etats membres de l'initiative sur le Burundi. ll faut donc détruire les bases logistiques des FNL, pour en finir avec ce groupe terroriste. Voilà pour les prétextes.

En fait, le but est la reprise du controle du Sud-Kivu par la coalition RDF-FAB (FPR-UPRONA). Pour relancer la guerre, il faut renverser Ndayizeye. Cela peut etre fait en provoquant un vide de pouvoir et une renégociation de fait de la transition par un militaire.

L'autre but visé est de couper le CNDD-FDD de sa base logistique qu'est le Sud-Kivu. En effet, en cas d'échec des discussions politiques au Burundi, le CNDD-FDD doit privé de ses bases de ravitaillement pour etre affaibli autant que possible, de manière à ce que l'UPRONA-ex-FAB négocient avec lui en position de force.

Le troisième but visé est le rétablissement du rapport de forces en faveur du RCD-Goma à travers la reprise du Sud-Kivu. C'est pour cette raison que le RCD-Goma réclame le retrait des FARDC déployées au Sud-Kivu, le remplacement du Général Buza Mabe que des efforts ont été déployés pour montrer que les Banyamulenge étaient menacés de génocide à partir du Sud-Kivu précisément.

Tout cela est lié. La transition en RDC et au Burundi menace les agents de Kagame. En RDC, les élections conduiront à la disparition politique de Ruberwa et du RCD-Goma. Cette perspective n'intéresse pas Kagame. Il ne peut donc "rester les bras croisés". Il doit agir préventivement. De meme, au Burundi, si les élections se tiennent comme prévu avant la fin ou après la fin de la transition actuelle, mais selon le partage du pouvoir prévu par l'accord de Prétoria, l'UPRONA sera relégué dans l'opposition pour de longues années. Il refuse de s'y résoudre après avoir dirigé le pays seule depuis l'indépendance en 1962.

L'UPRONA n'est pas le NP. Buyoya (ou Kadege) n'est pas Frederik DE KLERK. En face, le CNDD-FDD n'est pas l'ANC et Pierre NKURUNZIZA n'est pas Nelson Mandela. La solution sud-africaine que Thabo Mbeki et Jacob Zuma sont en train d'appliquer au Burundi ne peut pas marcher. Chaque partie a un agenda caché. Cela débouchera sur une somalisation du Burundi.

C'est très hasardeux de préciser les circonstances dans lesquelles le scenario d’un coup d’Etat au burundi pourrait se réaliser. Notre interlocuteur pense qu’il est possible que ce coup d'Etat soit pacifique, comme celui qui a mis Buyoya au pouvoir pour la deuxième fois, en 1996. Un arrangement peut ensuite etre trouvé avec le CNDD-FDD de Nkurunziza et le Frodebu de Minani. L'implication du FPR est avéré. Des agents du DMI et de l'ESO opèrent au grand jour à Bujumbura. Des unités des RDF (Rwanda Defence Forces) opèrent régulièrement sur le territoire burundais et se replient au Rwanda.