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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Grève aux l'OCPTà Kinshasa

Les travailleurs de l'Office congolais des postes, télégraphes et téléphones (OCPT) sont en grève depuis le 12août dans la capitale. Pour exiger le paiement de 56 mois de salaires en retard, mais aussi contre la privatisation de l'entreprise publique.

Robert Tshsishimbi Nsenda*, 22-09-2004

Cela fait plus de cinq semaines que les travailleurs de l'Office congolais des postes, télégraphes et téléphones sont en grève. Chaque jour, ils manifestent devant le bâtiment central de l'Office, à Gombé, au centre de Kinshasa.

La première revendication porte sur le non-paiement de 56 mois des salaires de tout le personnel de l'OCPT, cadres et agents. Suite à cette grève, la direction a payé un seul mois. Mais les travailleurs en réclament au moins quatre mois, car les moyens sont disponibles. L'Etat congolais doit à l'OCPT 16 millions de dollars (quelque 13 millions d'euros) qu'il paie au compte-goutte.
Depuis que l'actuel ministre des Finances est à la tête de ce ministère, on nous dit qu'il ne veut pas payer la dette due à notre société. En plus, l'Etat congolais perçoit aussi les redevances dues par les exploitants privés de la téléphonie cellulaire et de la messagerie postale. Avec ces moyens, il pourrait aider son entreprise à payer régulièrement les salaires du personnel.
En fait les agents et cadres de l'OCPT, encadrés par leurs syndicats représentatifs, demandent au gouvernement d'union nationale dirigé par le Général-Major Joseph Kabila Kabange de donner des instructions claires au ministre des Finances pourqu'il paye régulièrement 150.000.000 francs congolais (environ 300.000 euros) pour chaque paie mensuelle et, ce sur les 16 millions de dollars de dette certifiée due à son entreprise.


La deuxième revendication concerne la rétrocession des 50% des recettes des redevances perçues sur les concessionnaires de la téléphonie cellulaire et des messageries postales privées. A l'époque, le gouvernement disait qu'il ne pouvait pas satisfaire notre demande du fait que les recettes du Trésor public étaient orientées principalement vers l'effort de guerre. Aujourd'hui que la guerre d'agression est finie, ne peut-il pas revenir sur sa décision? Car l'Office en a vraiment besoin pour sa reconstruction.
Au lieu de brader à vil prix nos entreprises publiques pour faire plaisir aux institutions financières dominées par l'impérialisme américain. Celui-là même qui a financé et équipé les agresseurs rwandais, ougandais et burundais pour occuper l'Est et le Nord-Est de notre pays, où ils ont pillé des richesses et tué 3,5 millions de Congolais, femmes, hommes, enfants et vieux.

Les entreprises publiques pourraient offrir des services à bas prix à la population
Avec ces 50% des redevances et le paiement de sa créance de 16 millions de dollars, l'OCPT pourra lui-même acheter les nouveaux équipements qui lui manquent (comme les centraux téléphoniques ou le réseau-câble) et installer à meilleur prix ses cabines publiques sur toute l'étendue du territoire national, à la satisfaction de toute la population.


La troisième revendication est relative à la protection des entreprises publiques, menacées aujourd'hui par le libéralisme sauvage et les privatisations initiées par la haute finance internationale. Les travailleurs du Congo démocratique soutiennent que seule la politique des grands ensembles industriels appartenant à l'Etat - comme l'Onatra (transports), la Gecamines (mines), la Miba (diamants), l'OCPT, etc. - peut contribuer à donner des millions d'emplois aux jeunes aujourd'hui condamnés au chômage et la misère, à assurer les bas prix des biens et services à la population en même temps qu'à renforcer l'indépendance du pays sur tous les plans.
Pourquoi ne pas le faire aujourd'hui que le Congo dispose des cadres compétents appréciés partout dans le monde et de nombreuses richesses du sol et du sous-sol? N'est-il pas temps de nous prendre en charge pour entamer notre révolution industrielle?

La quatrième demande porte sur l'interdiction faite à l'entreprise publique d'exploiter le téléphone cellulaire. C'est ce qui fait que les partenaires étrangers qui viennent pour travailler en partenariat arrivent facilement à l'abandonner pour finalement s'installer comme société privée concurrente à l'OCPT. Les travailleurs demandent que cette loi barbare soit supprimée.
Enfin la dernière revendication concerne les audits et contrôles opérés au niveau des organes de gestion de l'OCPT. Ces audits n'ont jamais abouti à des sanctions effectives. Les travailleurs pensent que c'est là la cause de leurs maux. Parce que l'Etat donne l'impression que ses mandataires sont de bons gestionnaires alors qu'ils participent en toute impunité à la prédation du bien public. Les détournements ont changé de philosophie. Maintenant, les vols des biens de l'Etat s'opèrent par des voyages intempestifs à l'étranger, des réunions en cascade ou des commissions fantaisistes.

Ce sont là les revendications des travailleurs. En gros, si l'employeur payait au moins quatre mois des salaires, la grève sera arrêtée et les négociations sur les autres matières de leur cahier de charges pourront être envisagées. Sinon la grève durera longtemps. Car les travailleurs unis autour leurs syndicats sont déterminés à aller jusqu'au bout de leur souffle.
(*) L'auteur est syndicaliste à l'OCPT.