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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Non à la privatisation des richesses du Congo

Par A.R. Lokongo, 24.09.2004

Si l’Ituri, le Nord Kivu, le Sud Kivu et le Nord du Katanga sont encore en ébullition, ce n’est pas seulement à cause des ambitions hégémoniques et annexionnistes du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi avec la complicité des soi-disant mouvements rebelles Congolais, agissant toujours comme Cheval de Troie à ces ambitions. C’est aussi parce que l’est du Congo renferme des réserves gigantesques de pierres précieuses quasiment inexploitées que les multinationales anglo-américaines se sont appropriées pendant le règne prédateur de Mobutu et veulent se les re-approprier aujourd’hui.

C’est ainsi que des concessions aurifères de Kilo-Moto et de Mongwalu ont été littéralement vendues par Mobutu à l’ancien Président américain George Bush le père, son collègue et ami lorsqu’ils étaient tous agents de la CIA. George Bush a confié l’exploitation de l’or de Kilo-Moto et de Mongwalu à Ashanti Goldfields et Mbusa Nyamwisi était l’un des directeurs locaux.

De même au Sud Kivu, Mobutu a vendu les concessions aurifères de Twangiza, Kamituga, Lugushwa et Namoya à Banro, une compagnie minière Canadiènne appartenant à l’ancien Premier Ministre Canadien Jean Chrétien. Banro ne pouvait pas commencer les explorations et les exploitations de l’or de Twangiza, Kamituga, Lugushwa et Namoya parce que ces concessions étaient alors occupées par les camps de réfugiés Rwandais à la suite du génocide de 1994.

C’est pourquoi, quand en 1996, le FPR de Kagame a accompagné l’AFDL dirigé par Laurent Désiré Kabila pour chasser Mobutu, la première chose c’était d’évacuer – il faut plutôt dire de massacrer - les réfugiés qui occupaient ces sites pour que les travaux commencent.

Mzee Laurent Désiré Kabila s’est catégoriquement opposé aux massacres des réfugiés Hutu (simples civiles non armés comprenant des enfants, des femmes et des personnes âgés). Il a déclaré: «Les Hutu ne sont pas tous génocidaires. Et pourtant tous les Hutu, femmes, enfants, vieillards, on les appelle génocidaires. Tout un peuple, 85% de la population rwandaise Hutu ne sont que des génocidaires? Et nous on les a vus être massacrés chez nous. Quand on a dit à Kagame «STOP». Il ne faut pas…! Il a cru que nous avons viré les alliances. Je lui ai dit qu’il ne faut pas tuer des gens qui ne se défendent pas!»

Une fois au pouvoir. Mzee Kabila, tout nationaliste qu’il était, a refusé de reconnaître les soi-disant «droits privés» de Bush et de Jean Chrétien au Congo. Ces gens, si riches qu’ils soient, ne pouvaient plus se vanter d’être en possession d’une partie de territoire Congolais leur spoliée par Mobutu. Il devaient appliquer les principes du libre marché, qu'ils propagent eux-mêmes, et ils devaient renégocier les accords signés avec leur ami Mobutu, en lançant des offertes à côté d'autres sociétés auprès de l'Etat congolais. Ainsi l'Etat congolais aurait la possibilité de choisir l'offre meilleur et les conditions qui seraient les plus favorables pour le peuple congolais.

C’est ainsi qu’il s’est attiré le courroux des multinationales anglo-américaines et leurs possesseurs. Eux, ils lui avaient demandé de continuer comme avant avec Mobutu. Kabila leur avait répondu: «Je veux bien, mais où reste le peuple congolais dans tout ça?»

Et depuis l'été 98, une guerre d’agression, d’usures et de rapines nous a été imposée par le biais des armées Rwandaises, Ougandaises et Burundaises avec la complicité de leur valets locaux Congolais. Une guerre, qui vient de coûter la vie à plus de 5 millions de congolais et le pillage crapuleux de nos richesses naturelles et minérales. Mzee Kabila a été assassiné d’une façon ignoble le 16 janvier 2001, juste au 40° anniversaire de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba.

Et maintenant, après la mort de Mzee Kabila, ces mêmes multinationales se comportent comme si elles appliquent l’adage qui dit: «Le chat part, les souris dansent». Et si les Congolais disent «NON» à leur dictat comme Mzee Kabila a pu courageusement le faire, alors elles brandissent le sceptre de la partition, de la balkanisation du Congo. Elles savent bien que les Rwandais, les Ougandais, les Burundais et leurs laquins Congolais sont prêts à n’importe quel moment pour exécuter la sale besogne. D’où la nécessité au Congo d’une armée forte et vraiment nationaliste.

C’est ainsi que Ashanti Goldfields est revenu de force en Ituri, théâtre des troubles ethniques fomentés par l’Ouganda et la sécurisation de cette partie du Congo par la MONUC est dictée par les intérêts de cette géante compagnie et non pas pour sauvegarder l’intégrité territoriale du Congo.

De même au Sud Kivu, selon une dépêche de Stockwatch datant du 20 septembre dernier, Banro va bientôt lancé une exploration agressive dans ses «concessions privées» de Twangiza, Kamituga, Lugushwa et Namoya au Sud Kivu qui contiennent les plus grandes réserves d’or au monde.

Banro a déjà mis en place un programme d’exploration satellitaire, aérienne et géologique de $10 millions qui commence en octobre 2004. Banro dispose des machines modernes capables de creuser l’or jusqu’à 28,000 mètres au fond de la terre.

Banro détient 100% d’intérêts dans ses propriétés privées non encore exploitées de Twangiza (930 kilomètre carrés), Kamituga, Lugushwa et Namoya. Ce qui veut dire que l’état Congo détient 0% d’intérêts. Mugabe au moins exige 50% à l’État Zimbabwéen!

Le PDG de la Banro, Peter Cowley, vient d’inaugurer le quartier général de sa compagnie à Bukavu et le recrutement du personnel va bon train.
Le groupe d’exploration est dirigé par Mike Skead, l’ancien PDG de Ashanti Goldfields. La dépêche de Stockwatch parle bien de «propriétés privées de Twangiza, Kamituga, Lugushwa et Namoya» appartenant à Banro. Quand, comment et par quel biais Banro a-t-elle acquis ces propriétés privées et une convention minière favorable de 25 ans, renouvelable jusqu’à 2027 ?

Un contrat similaire de 40 ans a été signé l’année dernière au profit d’American Minéral Fields pour exploiter le cobalt de Kolwezi, selon l’Avenir, un quotidien de Kinshasa. Les diamants Congolais une fois creusés à Mbuji Mayi sont chargés dans des avions et directement vendus aussi loin qu’à Tel-Aviv, en Israël.

Après 75 années de colonialisme, 37 années de dictature néo-coloniale et 5 années de guerre d’agression, le peuple congolais vit comme un des peuples les plus pauvres du monde dans un pays des plus riche du monde! Ce peuple a souffert et se bat pour l’unité et la souveraineté et l’indépendance de son pays. Nous avons besoin d’infrastructures, du développement de l’agriculture, d’un enseignement payable pour tout enfant congolais, etc…

Le peuple congolais a besoin et a le droit à gérer les richesses du Congo pour que ces richesses servent enfin la reconstruction du Congo et le bien-être des Congolais. C’est ça que voulait dire Lumumba quand il disait que l’indépendance politique ne suffit pas, qu’il faut aussi avoir l’indépendance économique. Les travailleurs de l’OCPT sont pour le moment en grève à Kinshasa parce qu’ils n’acceptent pas la privatisation effrénée de leur entreprise. Nous devons les appuyer dans leur lutte. Nous devons prendre un exemple à ces travailleurs et nous devons refuser la privatisation effrénée des richesses minières de notre pays.