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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Propos anti-congolais au Rwanda et à Bruxelles : Où Karel De Gucht veut-il en venir?

Le Congo a rappelé son ambassadeur vendredi pour une consultation à Kinshasa. La raison: les paroles hostiles du nouveau ministre des Affaires étrangères Karel de Gucht à l’égard du Congo. Pourquoi ces propos sont-ils si injustes??

Solidaire, dimanche, 24 octobre 2004

À l’issue de sa première visite en Afrique, Karel de Gucht a déclaré: «Au Congo, je n’ai pas rencontré beaucoup de personnes semblant en mesure de fournir une contribution décente à la gestion d’un pays.» À propos du gouvernement rwandais, responsable de cinq ans de guerre d’agression et de pillage au Congo, le même De Gucht a affirmé: «Il est clair qu’ici, quelqu’un tient le gouvernail en main. Il y a de l’ordre et de la rationalité dans la gestion de l’Etat et il y a peu de corruption.» 1 Protestations générales, surtout parce que De Gucht prenait ainsi parti pour le Rwanda, le pays déclencheur de la guerre d’agression contre le Congo. Au lendemain de ces propos, des porte-parole de la MONUC (troupes de l’ONU au Congo) à Bukavu ont informé De Gucht en détail sur la façon dont le Rwanda continue de piller le Congo et a, en mai et juin de cette année, soutenu une mutinerie dans cette ville frontalière.

Mais De Gucht n’en démordait toujours pas. Immédiatement après son voyage, il a déclaré devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre: «Le gouvernement de transition avance à grand-peine. Il est dirigé par un président et quatre vice-présidents et est composé de divers groupes. Au Congo, il n’existe plus d’Etat. La corruption rend impossible toute activité économique normale. Il est très difficile de s’imaginer comment cette période de transition va pouvoir déboucher sur une situation stable. Même s’il y a des élections, ce n’est pas encore une garantie. Aussi longtemps qu’il n’y a pas d’Etat qui veille à une levée régulière des impôts pour, par exemple, payer les soldats, il n’y aura pas de solution. Cela suppose un budget qui soit contrôlé et cela ne se peut que par une curatelle sévère sur le Congo dans de nombreux domaines. En tant que petit pays, la Belgique ne peut le faire seule, nous devons donc le faire en collaboration avec l’Afrique du Sud, les Etats-Unis et l’Europe.» 2

Un gouvernement de transition imposé par l’étranger

En juin 1998 la réforme monétarire jette les bases pour la reconstruction économique. Le peuple reprend de l'espoir. Quelques semaines plus tard, le Rwanda et l'Ouganda envahisseront le pays avec la complicité des Etats-Unis. Les autres pays occidentaux laissent faire. Les résultats d'une année de reconstruction sont anéantis.

La première assertion de De Gucht est extrêmement hypocrite. Avec l’aide de l’Afrique du Sud et le soutien de la France et de la Belgique, les Etats-Unis ont imposé la formule d’un président et de quatre vice-présidents, contre la volonté de la population et des nationalistes congolais. En mars-avril 2002, avec le soutien de la communauté internationale, le président sud-africain a imposé un «dialogue» aux Congolais. Le raisonnement était le suivant: la guerre n’est pas une guerre d’agression, mais une guerre civile et la paix ne peut donc se faire que si les Congolais s’y mettent entre eux. C’était déjà en soi une grande humiliation pour le Congo, qui était victime d’une agression très meurtrière. De plus, tout cela s’est passé de façon extrêmement paternaliste. Les participants ont été sélectionnés par des politiciens étrangers. Une majorité de mobutistes, de rebelles et d’opposants au gouvernement nationaliste de Kinshasa ont été réunis face à une minorité de nationalistes. Le «dialogue» a été organisé dans la ville-casino sud-africaine de Sun City, loin de la population congolaise. Les groupes de travail étaient dirigés par des étrangers. C’est ainsi qu’on est tombé sur un accord à Pretoria. L’Etat congolais était déjà très faible. Mais la formule d’un président flanqué de quatre vice-présidents, c’est une nouveauté absolue dans l’histoire politique de l’humanité. Elle a été imposée par l’Afrique du Sud et les Etats-Unis, avec le soutien de l’Union européenne, dans le but d’organiser une confusion totale au sommet de l’Etat congolais et de continuer à l’affaiblir. Tout le monde savait que les rebelles n’avaient presque pas de soutien parmi la population, mais ils ont reçu néanmoins deux fois plus de vice-présidents, de ministres et de parlementaires que les nationalistes. Et la Belgique était aux premières loges pour applaudir. Joseph Kabila pouvait choisir: être assassiné comme son père et laisser se désintégrer le pays ou plier et faire des concessions afin de sauvegarder l’unité et la souveraineté du Congo et obtenir la paix.

L’Occident a saboté la construction du nouvel Etat congolais

La situation complexe et difficile dans laquelle doit survivre aujourd’hui la population congolaise résulte du passé. Non seulement du passé colonial, de la dictature de Mobutu ou de la période de démocratisation de six ans qui s’est terminée par un génocide en 1994 et une guerre en 1996. Elle résulte également du passé tout récent. Sous la première année de présidence de Kabila, alors que la guerre d’agression n’avait pas encore débuté, les revenus de l’Etat provenant de la douane sont passés de 8 à 25 millions de dollars, triplant ainsi en 7 mois à peine. C’était le résultat d’un combat contre la corruption. L’inflation baissait, passant de 741% en 1996 à 6% fin 1997. 3

Mais la Belgique, la France et les Etats-Unis ont isolé le gouvernement qui avait obtenu ces résultats. Une véritable campagne de calomnie a fait passer Kabila pour le boucher des Hutu rwandais. Cinq ans plus tard, en pleine guerre d’agression, Aldo Ajello, délégué de l’Union européenne pour l’Afrique centrale, a reconnu que l’on avait toujours su que les massacres contre les Hutu étaient l’œuvre des soldats de Kagame, contre la volonté de Laurent Kabila. Mais celui-ci avait déjà été assassiné, soit dit en passant, sous les applaudissements sonores de la grande majorité de la presse et du monde politique belges.

Aujourd’hui, la lutte contre la corruption est un fil rouge dans la politique de Joseph Kabila. Pas seulement dans ses discours, mais également dans ses initiatives et propositions. Les propos désobligeants de De Gucht, vont précisément à l’encontre de ces efforts pour redresser l’Etat congolais.

Notes

1 De Standaard, 16 octobre 2004.

2 Audition, Karel De Gucht devant la Commission des Affaires étrangères de la Chambre.

3 The Financial Times, 22 nvembre 1997 et ACP, 27 décembre 1997.