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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Karel De Gucht un oiseau de mauvaise augure

L'agenda caché de De Gucht

L’Avenir, Kinshasa , 23.10.2004

Trop, c’est trop. Le ministre belge des Affaires étrangères a, comme le ferait n’importe quel délinquant politique, choisi de brouiller les cartes dans les relations entre son pays et la République Démocratique du Congo. Il a cherché des applaudissements, mais il a fait preuve de manque de culture. On ne dirait pas politique, mais générale.
L’impression que tout le monde a, c’est qu’on a affaire à un ministre qui a étudié le Congo et ses institutions dans une certaine presse.

Il serait simpliste de dire que le ministre belge n’a pas tourné sa langue deux fois avant de parler. On dirait plutôt qu’il est porteur d’un agenda. Ses dernières déclarations aussi bien Kigali qu’à Bruxelles donnent les grandes lignes de cet agenda qui n’est pas du tout caché. Que Karel De Gucht fasse sa déclaration à Kigali, n’est pas un fait du hasard. Qu’à cette occasion, qu’il encense le régime mono ethnique de Kigali, cela n’a fait que démontrer davantage le caractère hasardeux de ses propos et, par conséquent, leur manque de sérieux.

Personne ne dit que tout va bien au Congo. Personne ne dit que le système de gouvernement mis en place en Rdc fait le bonheur du peuple congolais et du Congo. On l’avait dit. Et tous ceux qui le disaient étaient accusés de faire des manœuvres de conservation du pouvoir.

Tous les pays du monde, tous les hommes d’Etat, qui plus que Karel De Gucht, sont au chevet du Congo, savent que ce pays souffre de grands maux. La différence avec Karel De Gucht, c’est qu’eux, ils connaissent la cause de cette situation et ne demandent pas au Congo d’en faire plus que ne le permet son mode de fonctionnement, son système de gouvernement qui a déterminé le choix des animateurs de la transition. Karel De Gucht est, lui, tombé dans le processus congolais comme un cheveu dans la soupe.

Appelé par ses fonctions à s’intéresser à la Rdc, il n’a pas eu le temps de compenser son ignorance du Congo et de ses problèmes par l’apprentissage des diplomatiques élémentaires. Les autres hommes d’Etat tant congolais qu’étrangers, ont, face à l’ampleur du mal congolais et des pièges du système de gouvernement, complexe qu’il fallait aider ce pays à aller à l’essentiel, à savoir, organiser les élections afin de permettre un jour l’alternance démocratique au pouvoir. Il n’y a pas autre solution pour sortir du cercle vicieux des composantes que de voir la transition se terminer par l’organisation des élections.

Voilà que le ministre belge des Affaires étrangères, se voulant un oiseau de mauvais augure, prédit l’échec de la transition. Il ne propose aucune solution. Il s’arrête au constat selon lequel il n’y aurait ni Etat ni dirigeants au Congo. La solution - aidons-le à le dire parce qu’il n’a pas fait preuve qu’il avait le courage de le dire - c’est que les colons belges reviennent, que le vaste territoire congolais, bien sans maître, redevienne colonie belge.

Dans le cas contraire, la race la plus « racée » de la sous-région est obligée de régenter ce pays. C’es la passe faite à Kagame, qui selon De Gucht, a mis en place un Etat en éliminant toute opposition et en faisant de « l’ethnicisme » son idéologie.

Aussi curieux que cela puisse paraître, le ministre belge des Affaires étrangères a été à Kinshasa. Il n’a pas dit ce qu’il croit être la vérité puisqu’il ajoute que les Congolais n’aiment pas qu’on leur dise la vérité. Raisons par l’absurde, si telle était vraiment la vérité, pourquoi, diantre, Karel De Gucht ne l’a-t-elle pas crachée aux Congolais en face ? Cela prouve que c’est une demi-vérité, - une vérité fabriquée pour le besoin de la cause et qu’il fallait absolument larguer à partir du Rwanda.

Tollé même parmi les Belges
Si Karel De Gucht n’est pas allé jusqu’au bout de sa logique, c’est tout simplement : parce qu’il sait que l’opinion belge n’est pas prête à le suivre dans son archaïsme. Le tollé provoqué par ses propos irresponsables dans les milieux politiques belges est une preuve que Karel De Gucht ne détient pas le monopole de la contestation.

Ces propos malencontreux ont certainement mis mal à l’aise le premier ministre Guy Verhofstadt. Il s’est vu dans l’obligation de minimiser ces propos pour ne pas endosser les propos irresponsables de nature à jeter le froid entre les deux pays.

En ce qui le concerne, le ministre des Relations internationales de la Communauté française de Belgique et de la Région Wallonne, Mme Marie-Dominique Simonet, a qualifié ces propos de hasardeux. « Ce n’est pas en clouant au pilori l’ensemble des hommes et des femmes politiques congolais que Karel De Gucht aidera le Congo à restaurer un Etat de droit et un cadre politique qui permettent d’organiser de manière sereine les élections ». Et tutti quanti.

Agenda cache
Pour revenir à l’agenda caché de Karel De Gucht, ce dernier mise sur l’échec de la transition et sensibilise Kigali afin de rééditer son exploit en occupant le Congo. Kagame peut considérer cela comme une permission de continuer à exploiter les ressources naturelles de ce pays. Et devant le fait qu’il n’y aurait ni dirigeant ni Etat au Congo, le Rwanda n’aurait donc aucun autre choix que de faire prévaloir sa politique qui consiste à venir personnellement régler le problème de sa sécurité en occupant l’Est du Congo.

La déclaration de Karel De Gucht prépare donc les Congolais à la crise. Le cheval de Troie de Kigali à Kinshasa ne pouvait attendre meilleur discours que celui-là. Tous les couacs possibles, prévisibles ou montés de toutes pièces trouveront explication dans cette prophétie du prophète Karel De Gucht.

Mais, il faut dire que c’est en vain qu’à Kigali comme ailleurs dans certains milieux au Congo, on se frotte les mains. Car, les Congolais sont déterminés à se défendre, même sans la Belgique de Karel De Gucht. Ce ministre belge n’est pas le premier prophète des malheurs pour le Congo, malheurs toujours démentis par le miracle congolais.
Au diable donc le faux prophète Karel De Gucht. Qu’il soit anathème !