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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Discours du Président de la République
Kisangani
, le 16 octobre 2004

Je compatis avec la population de Kisangani à la suite de l’agression et de l’occupation de la Province Orientale. Je compatis avec elle pour les bombardements, les massacres, les atrocités qui se sont produits dans cette ville.

Même si nous étions loin de vous physiquement, nous avons cependant partagé avec vous les épreuves vécues. Aussi, jamais, mais alors plus jamais nous n’accepterons d’autres massacres, d’autres agressions et occupations à Kisangani ou dans n’importe quelle autre partie du territoire national.
J’adresse mes félicitations d’abord aux papas, aux mamans et à la jeunesse qui ont fait une véritable résistance à l’occupation et à l’agression de notre pays.

Je voudrais que cet esprit de patriotisme, cet esprit de nationalisme puisse demeurer en vous parce que même si nous disons que le pays est réunifié, nous devons avoir à l’esprit qu’il ne manque pas de gens, de pays qui pensent encore tenter une aventure comme ils l’ont fait dernièrement.

Aujourd’hui, je parlerai de deux choses seulement. Je ne fais pas un long discours comme celui du gouverneur. Premièrement, la situation politique; deuxièmement la situation économique et sociale de notre pays, et surtout de Kisangani et de la Province Orientale.

Primo, la situation politique. Depuis une année, nous sommes dans un processus qui est en cours. Nous avons un Gouvernement de Transition et nous avons d’autres Institutions de la Transition comme l’Assemblée, le Sénat et les Institutions d’appui à la démocratie.

Cette transition a ses objectifs précis. Je m’en vais vous les énumérer:

-premièrement, la réunification de notre pays. Nous étions en Afrique du Sud pour les négociations, et le grand objectif, c’était la réunification. Mon arrivée à Kisangani est un signal fort de la réunification. Je peux vous dire que notre pays est certainement réunifié. De l’Est à l’Ouest; du Sud au Nord. Nous avons les gouverneurs et les vice-gouverneurs qui sont en place; nous avons aussi les commandants des régions militaires qui sont en place avec leurs adjoints. Ce processus de réunification continue et va continuer comme je l’ai précisé.

-deuxièmement, la pacification.
Le pays a été en guerre depuis 1998 jusqu’à l’année passée. Ce processus de réunification va continuer jusqu’à ce que: tout le pays sera en paix. Les gens pourront circuler librement de Kisangani à Isiro, de Kisangani à Bunia, et même de Kisangani à Kinshasa, sans tracasseries.
Certes, dans la Province Orientale subsiste encore un problème, celui du district d’Ituri. Je peux vous rassurer qu’avec cet effort du Gouvernement, l’ituri; sera pacifié.

-troisièmement, la réconciliation.
Réconciliation pourquoi? C’est parce que le pays était en guerre depuis 1998; c’est parce que le pays était divisé depuis 1998. Nous avons mis en place la Commission Vérité et Réconciliation. Cette commission travaille depuis une année. La réconciliation est en train de se faire, mais nous voulons que cette réconciliation puisse aller de pair avec la justice.
Comme nous avons convenu pour la Justice pour que l’on sache qui a fait quoi et pourquoi, ainsi la Justice pourra faire son travail.

-quatrièmement, les élections. Le gouverneur s’y est étendu. Lorsque nous avons convenu du Partage des responsabilités, nous avons aussi convenu de donner cette fois le dernier mot au peuple pour qu’il se choisisse librement ses dirigeants. L’objectif des élections demeure.
Le gouverneur a rappelé que la Commission de rédaction du Projet de Constitution de la 3ème République siège ici à Kisangani. Nous avons la Commission électorale indépendante. Cette fois-ci, les élections seront organisées comme convenu dans l’Accord global et inclusif.

Population de Kisangani: vous avez l’obligation. le devoir d’insister pour la tenue des élections parce qu’on ne voudrait plus de cette transition de 1990 à 1997. Cette fois-ci, c’est pour le bon: il faut que les élections aient lieu, comme nous l’avons dit.

Le deuxième point concerne la situation sociale et économique. Le gouverneur a qualifié de mauvaise cette situation. Je le reconnais, et j’aimerais vous dire qu’elle est aussi mauvaise sur toute l’étendue du pays.

Je ne voudrais pas faire de la démagogie; je ne suis pas venu faire des promesses que je ne saurais tenir. Je suis venu cependant vous dire la vérité: nous sommes en train d’améliorer cette situation.

Les problèmes de Kisangani sont nombreux et multiples. Il y a le problème de la paie des fonctionnaires, le problème de transport en commun - je n’ai vu aucun bus, j’ai vu seulement un bus des Nations Unies, et ce pays n’appartient pas aux Nations Unies - il y a le problème de réhabilitation des infrastructures de base (routes, ponts, bacs). Il y a le problème d’électricité et bien entendu celui de l’eau. Il y a le problème de soins et d’autres que je ne saurais pas énumérer. L’essentiel, c’est de savoir que ces problèmes existent.

Mon arrivée ici est le début de la recherche des solutions à ces problèmes. Mais, vous avez le gouverneur et les vice-gouverneurs qui ont l’obligation de trouver des solutions à vos problèmes. Ne les laissez pas tranquilles.

Le problème de salaire auquel je viens de faire allusion aura de solution à court terme. Comme vous avez appris que le Gouvernement va se réunir ici, le gouvernement ne viendra pas en tourisme. L’objectif sera de trouver des solutions à tous les problèmes.Les autres problèmes seront résolus à moyen terme.

Si je vous disais aujourd’hui qu’on va réparer les routes, ce ne serait pas vrai; ce serait mentir. Mais déjà, les projets existent; les routes seront réaménagées; ça va prendre un peu de temps.

Avant de quitter Kisangani, je vais rencontrer différents groupes intéressés à ces problèmes, en commençant par l’administration, les syndicalistes. De toutes les façons avant mon départ, on va trouver solution à deux ou trois problèmes.

Enfin, avant de terminer, je voudrais rassurer la population que votre gouvernement est décidé d’organiser les élections. Le gouvernement est décidé de donner un début de solution à vos problèmes. Le gouvernement est décidé de faire régner la paix dans la province. Ce ne sera pas ma dernière fois de venir à Kisangani. J’y reviendrais.

En dépit de tout, je vais vous apporter le message de paix, le message de réunification, le message d’exhortation au travail pour développer le pays.

Que tout le monde se mette au travail:Président de la République, Gouvernement, Population.

Kisangani, merci!