Discours
du Président de la République
Kisangani, le 16 octobre 2004

Je
compatis avec la population de Kisangani à la suite de
l’agression et de l’occupation de la Province Orientale.
Je compatis avec elle pour les bombardements, les massacres, les
atrocités qui se sont produits dans cette ville.
Même
si nous étions loin de vous physiquement, nous avons cependant
partagé avec vous les épreuves vécues. Aussi,
jamais, mais alors plus jamais nous n’accepterons d’autres
massacres, d’autres agressions et occupations à Kisangani
ou dans n’importe quelle autre partie du territoire national.
J’adresse mes félicitations d’abord aux papas,
aux mamans et à la jeunesse qui ont fait une véritable
résistance à l’occupation et à l’agression
de notre pays.
Je
voudrais que cet esprit de patriotisme, cet esprit de nationalisme
puisse demeurer en vous parce que même si nous disons que
le pays est réunifié, nous devons avoir à
l’esprit qu’il ne manque pas de gens, de pays qui
pensent encore tenter une aventure comme ils l’ont fait
dernièrement.
Aujourd’hui,
je parlerai de deux choses seulement. Je ne fais pas un long discours
comme celui du gouverneur. Premièrement, la situation politique;
deuxièmement la situation économique et sociale
de notre pays, et surtout de Kisangani et de la Province Orientale.
Primo, la situation politique. Depuis une année, nous sommes
dans un processus qui est en cours. Nous avons un Gouvernement
de Transition et nous avons d’autres Institutions de la
Transition comme l’Assemblée, le Sénat et
les Institutions d’appui à la démocratie.
Cette
transition a ses objectifs précis. Je m’en vais vous
les énumérer:
-premièrement,
la réunification de notre pays. Nous étions en Afrique
du Sud pour les négociations, et le grand objectif, c’était
la réunification. Mon arrivée à Kisangani
est un signal fort de la réunification. Je peux vous dire
que notre pays est certainement réunifié. De l’Est
à l’Ouest; du Sud au Nord. Nous avons les gouverneurs
et les vice-gouverneurs qui sont en place; nous avons aussi les
commandants des régions militaires qui sont en place avec
leurs adjoints. Ce processus de réunification continue
et va continuer comme je l’ai précisé.
-deuxièmement,
la pacification.
Le pays a été en guerre depuis 1998 jusqu’à
l’année passée. Ce processus de réunification
va continuer jusqu’à ce que: tout le pays sera en
paix. Les gens pourront circuler librement de Kisangani à
Isiro, de Kisangani à Bunia, et même de Kisangani
à Kinshasa, sans tracasseries.
Certes, dans la Province Orientale subsiste encore un problème,
celui du district d’Ituri. Je peux vous rassurer qu’avec
cet effort du Gouvernement, l’ituri; sera pacifié.
-troisièmement,
la réconciliation.
Réconciliation pourquoi? C’est parce que le pays
était en guerre depuis 1998; c’est parce que le pays
était divisé depuis 1998. Nous avons mis en place
la Commission Vérité et Réconciliation. Cette
commission travaille depuis une année. La réconciliation
est en train de se faire, mais nous voulons que cette réconciliation
puisse aller de pair avec la justice. Comme
nous avons convenu pour la Justice pour que l’on sache qui
a fait quoi et pourquoi, ainsi la Justice pourra faire son travail.
-quatrièmement,
les élections. Le gouverneur s’y est étendu.
Lorsque nous avons convenu du Partage des responsabilités,
nous avons aussi convenu de donner cette fois le dernier mot au
peuple pour qu’il se choisisse librement ses dirigeants.
L’objectif des élections demeure.
Le gouverneur a rappelé que la Commission de rédaction
du Projet de Constitution de la 3ème République
siège ici à Kisangani. Nous avons la Commission
électorale indépendante. Cette fois-ci, les élections
seront organisées comme convenu dans l’Accord global
et inclusif.
Population
de Kisangani: vous avez l’obligation. le devoir d’insister
pour la tenue des élections parce qu’on ne voudrait
plus de cette transition de 1990 à 1997. Cette fois-ci,
c’est pour le bon: il faut que les élections aient
lieu, comme nous l’avons dit.
Le
deuxième point concerne la situation sociale et économique.
Le gouverneur a qualifié de mauvaise cette situation. Je
le reconnais, et j’aimerais vous dire qu’elle est
aussi mauvaise sur toute l’étendue du pays.
Je
ne voudrais pas faire de la démagogie; je ne suis pas venu
faire des promesses que je ne saurais tenir. Je suis venu cependant
vous dire la vérité: nous sommes en train d’améliorer
cette situation.
Les
problèmes de Kisangani sont nombreux et multiples. Il y
a le problème de la paie des fonctionnaires, le problème
de transport en commun - je n’ai vu aucun bus, j’ai
vu seulement un bus des Nations Unies, et ce pays n’appartient
pas aux Nations Unies - il y a le problème de réhabilitation
des infrastructures de base (routes, ponts, bacs). Il y a le problème
d’électricité et bien entendu celui de l’eau.
Il y a le problème de soins et d’autres que je ne
saurais pas énumérer. L’essentiel,
c’est de savoir que ces problèmes existent.
Mon
arrivée ici est le début de la recherche des solutions
à ces problèmes. Mais, vous avez le gouverneur et
les vice-gouverneurs qui ont l’obligation de trouver des
solutions à vos problèmes. Ne les laissez pas tranquilles.
Le
problème de salaire auquel je viens de faire allusion aura
de solution à court terme. Comme vous avez appris que le
Gouvernement va se réunir ici, le gouvernement ne viendra
pas en tourisme. L’objectif sera de trouver des solutions
à tous les problèmes.Les autres problèmes
seront résolus à moyen terme.
Si
je vous disais aujourd’hui qu’on va réparer
les routes, ce ne serait pas vrai; ce serait mentir. Mais déjà,
les projets existent; les routes seront réaménagées;
ça va prendre un peu de temps.
Avant
de quitter Kisangani, je vais rencontrer différents groupes
intéressés à ces problèmes, en commençant
par l’administration, les syndicalistes. De toutes les façons
avant mon départ, on va trouver solution à deux
ou trois problèmes.
Enfin,
avant de terminer, je voudrais rassurer la population que votre
gouvernement est décidé d’organiser les élections.
Le gouvernement est décidé de donner un début
de solution à vos problèmes. Le gouvernement est
décidé de faire régner la paix dans la province.
Ce ne sera pas ma dernière fois de venir à Kisangani.
J’y reviendrais.
En
dépit de tout, je vais vous apporter le message de paix,
le message de réunification, le message d’exhortation
au travail pour développer le pays.
Que
tout le monde se mette au travail:Président de la République,
Gouvernement, Population.
Kisangani,
merci!