Superficie:
322 462 km (10,6 fois la Belgique). Frontières avec: le
Liberia, le Guinée, le Mali, le Burkina Faso, le Ghana
et la mer. Capitale: Yamassoukro. Grand port: Abidjan.
Moteur
économique de la région d'Afrique de l'Ouest
Produit Intérieur Brut par habitant: 640 euros, le double
des pays voisins. Premier producteur mondial de cacao (40% de
la production mondiale) et dixième producteur de café.
A lui seul ce pays représente près de 40% de l'activité
économique de l'Union Économique et Monétaire
Ouest Africaine.
Crise économique
En 1993, le prix du cacao était près de cinq fois
inférieur au prix de 1984. Une autre grande chute des cours
du cacao a eu lieu entre début 1998 et fin 1999 : -30%.
L'on a donc assisté à une dégradation des
conditions de vie de la population : en 1990 le taux de mortalité
chez les enfants de moins de 5 ans était de 155 pour 1000.
En 2002 ce taux atteignait 176 pour 1000.
La notion de l'Ivoirité ou «diviser pour
régner»
Population: 16,9 millions d'habitants. 2,25 millions d'Ivoiriens
(15% de la population) sont des descendants de travailleurs du
Burkina Faso, «importés» pendant la colonisation.
Secouée par la crise, la classe dirigeante invente au début
des années 90 la notion d'Ivoirité. Il s'agit de
dresser les «autochtones» contre les «étrangers».
Cela a mené plusieurs fois à des massacres contre
des populations dites «étrangères»,
mais cela mène aussi à une démagogie de surenchère
que chaque groupe de la bourgeoisie liée à l'impérialisme
emploie en fonction d'un combat pour le pouvoir.
Ouatarra, premier ministre de l'ancien président Houphet
Boigny (1989-1992), introduit une carte dite de séjour
pour les «étrangers» afin d'obtenir des revenus
pour l'Etat. En 1995 ce même Ouatarra se voit lui-même
refuser la participation aux élections présidentielles
à cause du fait que son père serait né au
Burkina Faso L'actuel président Gbagbo gagne aussi les
élections de 2000 grâce à cette agitation
sur «l'Ivoirité».
Champs de bataille pour la rivalité franco-américaine
La Côte d'Ivoire est d'un intérêt stratégique
prioritaire pour les capitalistes français. Le pays recevait
en 2001 encore 41% des investissements directs de la France dans
ses anciennes colonies africaines. Près de 210 filiales
de multinationales et grandes entreprises françaises y
sont implantées.
Du côté des Etats-Unis, l'ancien adjoint secrétaire
d'Etat pour l'Afrique, Kansteiner déclarait en janvier
2002 : «Le pétrole ouest africain et du Golfe de
Guinée est stratégique. Le terme stratégique
implique que 15% à 20% de nos importations de pétrole
viendront de cette région dans les 3 à 4 années
à venir.» Le contrôle économique de
la région passe par le Côte d'ivoire. Et effectivement
la filière du cacao a été reprise par des
multinationales américaines comme Cargyll dans les années
90.
Guerre
Depuis octobre 2002 une guerre ouverte a commencé. Des
rebelles, soutenus par Ouatarra et le Burkina Faso, qui disent
défendre la population «non ivoirienne» du
nord, ont agressé l'armée et ont assez vite occupé
la moitié nord du pays. La France s'est interposée
et a imposé un accord entre les différentes ailes
de la bourgeoisie liée à l'impérialisme qui
se combattent. C'est l'accord de Marcoussis, janvier 2003.
Informez-vous
sur le déroulement précis des évènements
de ce début novembre sur le site www.pcof.net,
page Côte d'Ivoire.
Position
des communistes Ivoiriens
«Non à la guerre réactionnaire
en Côte d'Ivoire»
Les
troupes de l'armée ivoirienne, sous les ordres de Gbagbo,
ont entrepris la reconquête de la partie nord du pays, tenue
par les forces rebelles. La guerre a repris et les milices de
Gbagbo ont incendié les journaux des partis d'opposition
à Abidjan, faisant régner la terreur dans les rues.
La guerre se préparait sous les yeux des forces militaires
françaises et des contingents internationaux censés
garantir la paix. Mais cette fois, elles ont été
elles-mêmes la cible d'attaques, tant de la part des forces
armées de Gbagbo que de celle de manifestants. Les militaires
français ont fait feu, faisant de nombreuses victimes.
Chirac a ordonné le bombardement des avions et les troupes
françaises déployées dans tous les endroits
stratégiques de la ville attendent d'être renforcées
de plusieurs centaines hommes. Les ressortissants français,
pris à partie par les manifestants, réclament plus
de protection.
Les dirigeants ivoiriens dénoncent le comportement colonial
de la France (...). Ces accusations s'appuient sur la réalité
du système de domination économique, politique et
militaire que l'impérialisme français maintient
sur le pays et sur toute la «zone franc». Cette réalité,
c'est la «Françafrique», héritière
du colonialisme et forme actuelle du néocolonialisme. Si
nous la dénonçons et la combattons aux côtés
des peuples d'Afrique, celui de Côte d'Ivoire comme celui
du Burkina, du Bénin ou du Tchad, nous ne soutenons pas
pour autant l'opération du régime de Gbagbo. La
guerre qu'il a engagée n'a rien d'une guerre populaire
de libération nationale car elle exclut de la nation ivoirienne
une partie de la population, au nom du principe réactionnaire
de l'ivoirité.
Quelles
exigences poser qui soient dans l'intérêt du peuple
ivoirien ?
Nous luttons pour la fin du système de domination et de
pillage impérialiste, ce que, avec d'autres, nous appelons
la «Françafrique». C'est une lutte qui s'inscrit
dans la durée et qui doit s'accompagner d'une prise de
conscience et d'une mobilisation anti-impérialiste des
masses populaires dans notre propre pays. Face à la tragédie
que vit aujourd'hui le peuple ivoirien :
· Nous dénonçons la guerre réactionnaire
actuelle et pensons que l'intérêt du peuple ivoirien
exige l'arrêt de tous les combats.
· Concernant l'impérialisme français, la
preuve est faite que sa présence militaire est un facteur
de déstabilisation. De par l'histoire, les intérêts
économiques des monopoles français présents
en Côte d'Ivoire, elle ne peut être neutre. C'est
pourquoi, nous exigeons le retrait des troupes françaises
de Côte d'Ivoire.
· Nous soutenons les forces ivoiriennes qui agissent dans
le sens de la réconciliation nationale du peuple ivoirien.
Cette réconciliation ne peut être obtenue qu'à
travers une négociation politique incluant toutes les composantes
de la société ivoirienne.
· Nous dénonçons les visées de toutes
les puissances impérialistes qui sont à l'affût
pour prendre la place de l'impérialisme français.
Le Parti
Communiste des Ouvriers de France (*):
Paris, 7 novembre 2004
(*)
Ce parti a des contacts intenses avec le Parti Communiste
Révolutionnaire de Côte d'Ivoire (PCRCI).
Les
preuves du massacre commis par les troupes françaises :
photoreportage
Lundi
et mardi 8 et 9 novembre, l'armée française tire
sur une manifestation de civils. 64 personnes sont tuées.
Dimanche la minsitre de défense française accuse
Gbagbo de faire de l'agitation anti-française en parlant
de fille décapitée par les balles françaises.
Or la télévision ivoirienne était sur place.
On peut voir les images du massacre, des victimes ainsi que et
le comportement criminel des soldats français sur le site
http://radioci.embaci.com/frenchdownload/
Nous
publions ci-dessous quelques photos tirés de ces images










