Accueil
Page P.E. Lumumba
Page P. Mulele
Page L.D. Kabila
Discours de J. Kabila
Crimes du Mobutisme
Briefing Actualité
Synthèse de la semaine
Liens
Communiqués
Qui sommes-nous?
Contact
Actualites internationales
Votre réaction sur ce site

Archive d'articles
Archive des réactions de 2003-2004


Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Dossier : Côte d'Ivoire

Lors des manifestations massives de la population ivoirienne à Abidjan, les 8 et 9 novembre derniers, l'armée française tire dans la foule: 64 morts. Nous reprenon,s içi un dossier de Solidaire.

Solidaire, 24-11-2004

Quelques informations sur la crise en Côte d'Ivoire.

Superficie: 322 462 km (10,6 fois la Belgique). Frontières avec: le Liberia, le Guinée, le Mali, le Burkina Faso, le Ghana et la mer. Capitale: Yamassoukro. Grand port: Abidjan.

Moteur économique de la région d'Afrique de l'Ouest
Produit Intérieur Brut par habitant: 640 euros, le double des pays voisins. Premier producteur mondial de cacao (40% de la production mondiale) et dixième producteur de café. A lui seul ce pays représente près de 40% de l'activité économique de l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine.
Crise économique
En 1993, le prix du cacao était près de cinq fois inférieur au prix de 1984. Une autre grande chute des cours du cacao a eu lieu entre début 1998 et fin 1999 : -30%.
L'on a donc assisté à une dégradation des conditions de vie de la population : en 1990 le taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans était de 155 pour 1000. En 2002 ce taux atteignait 176 pour 1000.
La notion de l'Ivoirité ou «diviser pour régner»
Population: 16,9 millions d'habitants. 2,25 millions d'Ivoiriens (15% de la population) sont des descendants de travailleurs du Burkina Faso, «importés» pendant la colonisation.
Secouée par la crise, la classe dirigeante invente au début des années 90 la notion d'Ivoirité. Il s'agit de dresser les «autochtones» contre les «étrangers». Cela a mené plusieurs fois à des massacres contre des populations dites «étrangères», mais cela mène aussi à une démagogie de surenchère que chaque groupe de la bourgeoisie liée à l'impérialisme emploie en fonction d'un combat pour le pouvoir.
Ouatarra, premier ministre de l'ancien président Houphet Boigny (1989-1992), introduit une carte dite de séjour pour les «étrangers» afin d'obtenir des revenus pour l'Etat. En 1995 ce même Ouatarra se voit lui-même refuser la participation aux élections présidentielles à cause du fait que son père serait né au Burkina Faso L'actuel président Gbagbo gagne aussi les élections de 2000 grâce à cette agitation sur «l'Ivoirité».
Champs de bataille pour la rivalité franco-américaine
La Côte d'Ivoire est d'un intérêt stratégique prioritaire pour les capitalistes français. Le pays recevait en 2001 encore 41% des investissements directs de la France dans ses anciennes colonies africaines. Près de 210 filiales de multinationales et grandes entreprises françaises y sont implantées.
Du côté des Etats-Unis, l'ancien adjoint secrétaire d'Etat pour l'Afrique, Kansteiner déclarait en janvier 2002 : «Le pétrole ouest africain et du Golfe de Guinée est stratégique. Le terme stratégique implique que 15% à 20% de nos importations de pétrole viendront de cette région dans les 3 à 4 années à venir.» Le contrôle économique de la région passe par le Côte d'ivoire. Et effectivement la filière du cacao a été reprise par des multinationales américaines comme Cargyll dans les années 90.
Guerre
Depuis octobre 2002 une guerre ouverte a commencé. Des rebelles, soutenus par Ouatarra et le Burkina Faso, qui disent défendre la population «non ivoirienne» du nord, ont agressé l'armée et ont assez vite occupé la moitié nord du pays. La France s'est interposée et a imposé un accord entre les différentes ailes de la bourgeoisie liée à l'impérialisme qui se combattent. C'est l'accord de Marcoussis, janvier 2003.

Informez-vous sur le déroulement précis des évènements de ce début novembre sur le site www.pcof.net, page Côte d'Ivoire.

Position des communistes Ivoiriens
«Non à la guerre réactionnaire en Côte d'Ivoire»

Les troupes de l'armée ivoirienne, sous les ordres de Gbagbo, ont entrepris la reconquête de la partie nord du pays, tenue par les forces rebelles. La guerre a repris et les milices de Gbagbo ont incendié les journaux des partis d'opposition à Abidjan, faisant régner la terreur dans les rues.
La guerre se préparait sous les yeux des forces militaires françaises et des contingents internationaux censés garantir la paix. Mais cette fois, elles ont été elles-mêmes la cible d'attaques, tant de la part des forces armées de Gbagbo que de celle de manifestants. Les militaires français ont fait feu, faisant de nombreuses victimes. Chirac a ordonné le bombardement des avions et les troupes françaises déployées dans tous les endroits stratégiques de la ville attendent d'être renforcées de plusieurs centaines hommes. Les ressortissants français, pris à partie par les manifestants, réclament plus de protection.
Les dirigeants ivoiriens dénoncent le comportement colonial de la France (...). Ces accusations s'appuient sur la réalité du système de domination économique, politique et militaire que l'impérialisme français maintient sur le pays et sur toute la «zone franc». Cette réalité, c'est la «Françafrique», héritière du colonialisme et forme actuelle du néocolonialisme. Si nous la dénonçons et la combattons aux côtés des peuples d'Afrique, celui de Côte d'Ivoire comme celui du Burkina, du Bénin ou du Tchad, nous ne soutenons pas pour autant l'opération du régime de Gbagbo. La guerre qu'il a engagée n'a rien d'une guerre populaire de libération nationale car elle exclut de la nation ivoirienne une partie de la population, au nom du principe réactionnaire de l'ivoirité.

Quelles exigences poser qui soient dans l'intérêt du peuple ivoirien ?
Nous luttons pour la fin du système de domination et de pillage impérialiste, ce que, avec d'autres, nous appelons la «Françafrique». C'est une lutte qui s'inscrit dans la durée et qui doit s'accompagner d'une prise de conscience et d'une mobilisation anti-impérialiste des masses populaires dans notre propre pays. Face à la tragédie que vit aujourd'hui le peuple ivoirien :
· Nous dénonçons la guerre réactionnaire actuelle et pensons que l'intérêt du peuple ivoirien exige l'arrêt de tous les combats.
· Concernant l'impérialisme français, la preuve est faite que sa présence militaire est un facteur de déstabilisation. De par l'histoire, les intérêts économiques des monopoles français présents en Côte d'Ivoire, elle ne peut être neutre. C'est pourquoi, nous exigeons le retrait des troupes françaises de Côte d'Ivoire.
· Nous soutenons les forces ivoiriennes qui agissent dans le sens de la réconciliation nationale du peuple ivoirien. Cette réconciliation ne peut être obtenue qu'à travers une négociation politique incluant toutes les composantes de la société ivoirienne.
· Nous dénonçons les visées de toutes les puissances impérialistes qui sont à l'affût pour prendre la place de l'impérialisme français.

Le Parti Communiste des Ouvriers de France (*):
Paris, 7 novembre 2004

(*) Ce parti a des contacts intenses avec le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d'Ivoire (PCRCI).

Les preuves du massacre commis par les troupes françaises : photoreportage

Lundi et mardi 8 et 9 novembre, l'armée française tire sur une manifestation de civils. 64 personnes sont tuées. Dimanche la minsitre de défense française accuse Gbagbo de faire de l'agitation anti-française en parlant de fille décapitée par les balles françaises. Or la télévision ivoirienne était sur place. On peut voir les images du massacre, des victimes ainsi que et le comportement criminel des soldats français sur le site http://radioci.embaci.com/frenchdownload/

Nous publions ci-dessous quelques photos tirés de ces images