Message
du chef de l’Etat en rapport avec l’agression de la
Rdc par le Rwanda
Kinshasa,
2 décembre 2004
Mes chers
compatriotes,
Depuis quelques jours, les Forces Armées du Rwanda ont violé
notre territoire en traversant frontière commune par plusieurs
entrées, dans la province du Nord-Kivu.
Pour
justifier leur aventure criminelle, les responsables rwandais avancent
le prétexte de la chasse aux groupes armés rwandais
sur le territoire de la République Démocratique du
Congo.
Chers
Compatriotes,
Je
voudrais vous rappeler que ce problème des groupes armés,
qui n’a pas été créé par le Peuple
congolais, a servi de prétexte à la guerre que le
Rwanda a menée contre notre pays depuis 1998 et qui a contribué
à déstabiliser dangereusement la région des
Grands Lacs.
Il faut également relever que, depuis 1999, notre pays a
travaillé, en étroite collaboration avec la Communauté
internationale en vue d’apporter une réponse adéquate
aux préoccupations sécuritaires entre les deux pays.
En effet, outre l’Accord de Pretoria en 2002, nous avons signé,
le 26 octobre 2004, l’Accord Tripartite avec le Rwanda et
l’Ouganda, auquel s’est ajouté un mécanisme
de contrôle et de vérification aux frontières
élaboré et mis en place avec la participation de l’Union
Africaine et des Nations Unies.
Et, sur cette base, le Gouvernement a élaboré un plan
détaillé de règlement définitif de la
question de la présence des groupes armés rwandais
dans notre pays.
Cette tendance à l’apaisement et à l’assainissement
des relations entre nos deux pays, en particulier, et entre les
pays de la région des Grands Lacs, en général,
a été confirmée par la déclaration finale
du sommet des chefs d’Etat qui s’est tenu à Dar
e-Salaam, sur la sécurité, la paix, la démocratie
et le Développement dans la région des Grands Lacs.
C’est juste au moment où nous entrevoyions l’aboutissement
heureux d’une démarche initiée depuis 1999 que
le Rwanda rejette le prescrit de la résolution n° 1565
du 1er octobre 2004 du Conseil de sécurité des Nations
Unies, renie les engagements qu’il a pris dans le cadre du
récent accord tripartite du 26 octobre 2004 et méconnaît
le contenu de la Déclaration de Dar es-Salaam du 19 novembre
2004.
Ce comportement du Rwanda ne peut pas étonner ceux qui ont
suivi le processus de règlement de la question des groupes
armés dans la région des Grands Lacs et qui ont constaté
que, chaque fois que des avancées significatives étaient
sur le point d’être réalisées, le Rwanda
improvisait des initiatives qui, en définitive, avaient pour
résultat, de torpiller le processus.
En effet, de quelle logique procède la décision rwandaise
de prétendre résorber la menace que représentent
les groupes armés en deux semaines avec une armée
qui a occupé les provinces de l’Est de notre pays depuis
1998, sans apporter un début de solution à cette question?
Chers
Compatriotes,
En réalité, et si aujourd’hui le Rwanda a été
contraint d’étaler au grand jour sa mauvaise foi, c’est
parce que nous étions sur le point de vider complètement
le prétexte des groupes armés dont il s’est
toujours servi pour agresser notre pays.
Dès le départ, les responsables rwandais ont toujours
eu sur la République démocratique du Congo des visées
politiques de domination et même d’occupation et des
visées économiques d’exploitation et de prédation.
Or, ces objectifs ont été contrariés par la
conclusion de l’Accord global qui réunifie les Congolais,
leur restitue la prise en charge de leur pays, ouvre la porte aux
élections démocratiques et donc la renaissance de
notre pays aussi bien sur le plan tant politique, diplomatique qu’économique.
Depuis lors, ces responsables se sont employés à entretenir
l’insécurité et l’instabilité dans
les régions de l’Est de notre pays, en vue de perturber
le processus de transition et d’empêcher la tenue des
élections prévues pour l’année prochaine.
C’est dans ce cadre que s’inscrivent l’émergence
des milices et autres factions dissidentes armées et les
événements malheureux des mois de mai et juin 2004,
à Bukavu, qui ont endeuillé inutilement notre pays.
Chers
Compatriotes,
Depuis 1998, notre pays a connu différentes crises qu’il
a toujours réussi à surmonter, avec votre concours
et grâce à votre attachement à la Nation.
L’agression opérée aujourd’hui par le
Rwanda contre notre pays est un défi majeur, en ce qu’il
touche à ce qui nous est le plus cher et sur lequel nous
ne reculerons jamais, à savoir la souveraineté nationale,
l’unité et l’intégrité de notre
Pays.
J’en appelle donc à votre vigilance habituelle, à
la cohésion des citoyens face à cette nouvelle menace
contre les institutions de la Transition et, au-delà, contre
l’existence même de notre Pays. Evitons de tomber dans
le piège des ennemis qui espèrent prendre prétexte
sur nos divergences relatives à la politique interne pour
fissurer le bloc de défense nationaliste.
Serrons-nous les coudes et tenons-nous prêts à relever
le défi que nous pose aujourd’hui cette agression.
Notre armée est en alerte et ses unités sont en cours
de déploiement en vue de renforcer la défense du Territoire
à l’Est, de bouter les forces d’agression hors
de nos frontières, de faire face aux groupes armés
rwandais encore présents sur notre territoire et d’assurer
la sécurité des personnes et des biens.
Nous attendons que la Communauté Internationale tire toutes
les conséquences de la violation délibérée,
par le Rwanda, de la charte des Nations Unies et des résolutions
pertinentes du Conseil de Sécurité.
Nous rejetons la prétention des Dirigeants rwandais de croire
qu’ils peuvent imposer à notre peuple et à notre
pays leur volonté d’hégémonie et de domination
qui contrarie et perturbe la dynamique de paix, de stabilité
et de développement dans la région des Grands Lacs.
La justesse de notre cause nous mènera à la victoire
finale.
Que
Dieu bénisse la République Démocratique du
Congo.
Je
vous remercie.
Le
Président de la RDC, le Général-Major Joseph
Kabila
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