Voilà
la résistance populaire contre l'agression
A
Bukavu, des milliers de femmes en rouge demandent la paix
Plusieurs
milliers de femmes, vêtues de rouge, la couleur de la victoire,
sont en train de marcher depuis le centre de Bukavu jusqu'à
la frontière rwandaise pour protester contre la 'présumée'
intervention militaire de Kigali au Nord-Kivu (est de la République
Démocratique du Congo), dont on parle depuis des jours mais
dont on n'a pas encore de confirmation indépendante. La nouvelle
est référée par des sources de la MISNA sur
place.
Le
cortège, organisé par les principales associations
de femmes du chef-lieu du Sud-Kivu, est parti ce matin à
9 h 00 et arrivera vers 11 h 00 à Cyangugu, le poste de frontière
le plus proche. Des femmes d'avocats aux étudiantes, des
membres d'ONG aux femmes au foyer, toutes défilent au son
de fanfare en appelant à la paix.
Elles
portent des pancartes avec les inscriptions "nous voulons la
liberté", "assez de la guerre", "non
aux agressions rwandaises". Les seuls hommes présents,
en tête du cortège, sont le gouverneur et le vice-gouverneur
de Bukavu.
A
leur arrivée à Cyangugu, les manifestantes devraient
lire un document soulignant que les opérations rwandaises
dans le Nord-Kivu "représentent une violation des droits
de l'Homme et du droit international" et accusant le gouvernement
de Kigali de poursuivre des ambitions expansionnistes et de vouloir
contrôler les richesses naturelles de l'ex-Zaïre.
Les
femmes de Bukavu y affirment leur soutien des efforts de paix et
du gouvernement d'unité nationale de Kinshasa, auquel elles
demandent de mobiliser toutes les ressources pour préserver
la paix et l'intégrité. Elles demanderont enfin à
la communauté internationale de ne pas abandonner le pays
et de soutenir l'exécutif de transition.
Publié sur Misna 6/12/2004 10:34
Face
à la nouvelle agression rwandaise, les Maï-Maï
appellent les Kinois à la résistance
Publié
dans L'Avenir du 6 décembre 2004
Les
Maï-Maï ont décidé d’appliquer sans
faille le mot d’ordre de celui qu’ils reconnaissent
comme leur chef de file, à savoir, le général-major
Joseph Kabila, président de la République. La coordination
des Maï-Maï pour la ville de Kinshasa que dirige François
Kibwa Ngambo a sensibilisé sa base au cours s’une matinée
politique organisée dans la salle du Zoo dans la commune
de la Gombe.
La
rencontre a eu lieu au lendemain de la rencontre avec le général
Padiri, responsable du mouvement Maï-Maï qui a récemment
séjourné dans la capitale en mission officielle. A
cette occasion, le responsable des Maï-Maï Kinshasa a
appelé les Kinois à se montrer solidaires des compatriotes
du Nord-Kivu, victimes de l’agression rwandaise. Pour lui,
les Maï-Maï ont une réputation, celle de la résistance
contre les velléités annexionnistes du régime
dictatorial de Kigali. Il a appelé les Kinois à la
vigilance et à ne pas se tromper en pensant que l’ennemi
avait l’intention de ne s’arrêter qu’à
l’Est du pays.
Car,
a-t-il révélé, la guerre à l’Est
a comme finalité la prise de Kinshasa, siège de toutes
les institutions de la transition. Il a demandé aux Kinois
de se préparer à repousser les agresseurs comme l’avaient
fait lors de l’agression de 1998 les habitants des communes
de N’Djili, Masina et Kimbanseke. Il a exhorté les
Kinois à suivre l’exemple des peuples qui ont démontré
à la face du monde qu’ils peuvent résister à
n’importe quelle puissance. Il a cité le cas de la
Somalie, de la Côte d’Ivoire.
Le
responsable du mouvement Maï-Maï pour la ville de Kinshasa
a demandé à sa base de ne pas se laisser aller au
baratin de la communauté internationale qui soutient l’action
du Rwanda en faisant semblant de la dénoncer. Car, a-t-il
souligné, cette communauté internationale soutient
le Rwanda en reconnaissant que le gouvernement de Kinshasa mettait
du retard dans le désarmement des rebelles rwandais. La communauté
internationale donne également raison au Rwanda en reconnaissant
que les ex-Far et les Interahamwe constituaient un danger pour Kigali.
On a l’impression que le danger que Kigali constitue pour
le Congo ne préoccupe pas cette communauté internationale.
Il
a enfin fait savoir que grâce à l’action des
Maï-Maï encadrés par le général Padiri
Bulenda, l’avancée des troupes rwandaises est stoppée
malgré le surarmement de ces soldats.
Les
étudiants de l’Université de Kisangani protestent
contre l’agression rwandaise
Publié
le 6 décembre par L'Avenir
Comme
en juin 2004, le campus de l’Université de Kisangani
a donné le ton de la protestation bruyante samedi 04 décembre
2004. Le message transmis à l’autorité provinciale
est sans équivoque : « Des moyens pour bouter dehors
l’ennemi ».
Selon
les informations obtenues des sources boyomaises, les camarades
D sont partis du campus de l’Unikis pour l’Office du
commandant de la 8ème Région militaire, le général-major
Padiri Bulenda. C’est l’homme en qui les Congolais se
reconnaissent dans cette ville et dans la province Orientale depuis
la mise en route de la période de transition en 2003. Et
les effets sont perceptibles : la criminalité y a baissé
depuis qu’il a pris les commandes de cette région militaire.
Les
étudiant ont donc voulu entrer en contact avec le mythique
général dont la lutte héroïque contre
l’occupation rwandaise a fait école dans la province
du Sud-Kivu. Ils ne se sont pas arrêtés là puisqu’ils
ont voulu également transmettre un message sans équivoque
au chef de l’exécutif provincial, le gouverneur Théo
Baruti Amisi. Tout ce que ces étudiants voulaient, ce sont
« des moyens pour bouter dehors l’ennemi ».
Bukavu, calme, attend les Rwandais
Par
COLETTE BRAECKMAN, envoyée spéciale à Goma
et à Bukavu dans Le Soir, 03/12/2004
Pillé en mai dernier par des mutins - les soldats du général
rebelle Nkunda -, le marché de Kadutu, le quartier populaire
de Bukavu, a retrouvé son animation. Les jeunes qui s'y bousculent
suivent, transistor à l'oreille, les émissions de
Radio Okapi, la radio de la Monuc - Mission des Nations unies au
Congo - ainsi que les radios internationales qui répercutent
les bruits de bottes, de plus en plus assourdissants, en provenance
du Rwanda. (...)
Ils
nous trouveront dans la rue, dit Frank, un jeune journaliste, la
population les attend. Et les mamans d'approuver en choeur : Cette
fois, ils ne nous violeront pas dans nos maisons, sans défense.
Nous sortirons, et c'est dans la rue que nous les rencontrerons,
tous ensemble...
Les
esprits sont calmes, plus déterminés que résignés
et chacun participe aux efforts de vigilance : les passagers des
vedettes en provenance de la ville de Goma sont interrogés
et minutieusement fouillés à leur arrivée,
comme s'ils revenaient d'un pays étranger ; les policiers
examinent les coffres des voitures pour s'assurer qu'elles ne transportent
pas d'armes.
Le
vice-gouverneur du Sud-Kivu, Didace Kaningini, qui sans relâche,
de l'aube jusqu'à la nuit tombée, enchaîne les
réunions avec les responsables chargés de la sécurité,
nous confirme la résolution générale : S'ils
arrivent jusqu'ici, ce ne sera pas une promenade pour eux. Nous
ne nous laisserons plus envahir, imposer un système étranger,
nous sortirons nos machettes. Cela ne se voit pas, mais tout le
monde est mobilisé...
|