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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Le tsunami et le raz-de-marée de solidarité

Dr Bert De Belder, coordinateur de Médecine pour le Tiers Monde, Bruxelles 30-12-2004

Ce 26 décembre, des régions entières de l’Indonésie, de l’Inde, de Thaïlande, du Sri Lanka et d’autres pays ont été dévastées par un tremblement de terre et un raz-de-marée. Une catastrophe jamais vue: au moins 100.000 morts et pour déjà 10 milliards d’euros de dégâts.

Heureusement, un raz-de-marée de solidarité déferle après le tsunami dévastateur. Tout d’abord, par les populations des pays touchés. Les organisations populaires, les ONG et les autorités locales, les associations apportent tous les jours leur contribution aux opérations de sauvetage, l’accueil des réfugiés, la distribution des vivres et la reconstruction.

L’indignation des gens se traduit par une solidarité massive au niveau international. Les appels se multiplient sur internet et les télévisions répercutent les demandes de fonds. L’argent afflue de partout. Les pays et les organisations internationales envoient des couvertures, des tentes, des médicaments et de la nourriture vers les régions sinistrées. En Belgique, 5 grandes organisations rassemblent leurs forces dans l’action ‘Tsunami 12-12’.

Médecine pour le Tiers Monde lance également un appel à la solidarité avec les victimes. Nous avons des contacts avec différentes régions grâce au réseau d’organisations de santé du People’s Health Movement (PHM). Nous voulons soutenir une initiative à petite échelle mais de longue durée pour aider les populations locales à prendre leur sort et leur santé en main. Après une catastrophe comme celle du Tsunami, ces organisations mettent sur pied des aides qui reposent sur la communauté locale (communiy-based) et les volontaires. Pour les personnes vivant en belgique : votre soutien est le bienvenu au Cpte 001-1951388-18 de M3M avec la mention «tsunami» ou «261204».

Une double catastrophe

Le tsunami est une catastrophe épouvantable, mais elle l’est d’autant plus dans le cadre du fossé nord-sud. Cela nous mène à des constatations implacables.
Un système de protection pour prévenir les tsunamis est parfaitement possible et existe aux Etats-Unis et au Japon. Mais les pays pauvres n’ont pas d’argent pour s’en équiper. Ce système, pourtant, ne coûte qu’demi-million de dollars. 3000 fois moins que le budget quotidien des Etats-Unis pour l’armement, la guerre et l’occupation! Les Etats-Unis avaient détecté beaucoup plus tôt le tremblement de terre et les raz-de-marée. Ils ont immédiatement alerté leur flotte militaire sur l’île de Diego Garcia, mais pas, ou beaucoup trop tard, les autorités des pays environnants. Les Etats-Unis sont particulièrement parcimonieux dans leur aide humanitaire: 35 millions de dollars, soit un cinquième de ce que coûte quotidiennement l’occupation de l’Irak!
Une catastrophe naturelle touche tout le monde sans distinction: les riches, les touristes occidentaux des hôtels de luxe comme les pauvres pêcheurs dans leurs misérables cabanes. Mais les pauvres sont trois fois victimes. Leur situation socio-économique difficile les rend beaucoup plus vulnérables face à la mort, la maladie les traumatismes et la misère. L’Unicef rapporte que plus d’un tiers des victimes sont des enfants. Ces enfants doivent souvent aider leur père à pêcher, ou accompagner leur mère comme vendeur de rue ou dans l’industrie touristique (ou pire encore). Ces enfants n’ont jamais eu la chance de vivre comme des enfants. Suite à la catastrophe, les pauvres osent à peine espérer avoir une aide et un soutien important. Sûrement pas à long terme, quand un travail, une maison, un salaire, la sécurité sociale, les soins de santé et l’enseignement seront beaucoup plus importants qu’une tente, des couvertures, un vaccin et un paquet de nourriture. Les pauvres seront de nouveau les premières victimes des épidémies de choléra, de diarrhée et de typhus. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ces épidémies feront encore deux fois plus de victimes que le tsunami.
Le Dr David Nabarro, de l’OMS, met en garde: la terreur du tsunami pourra finalement être moins grande que les souffrances à long terme des pays touchés. Car cette catastrophe naturelle épouvantable s’ajoute à la pauvreté structurelle et à l’injustice que la mondialisation impose au Sud. Elle s’ajoute au pillage des matières premières, à la gigantesque dette extérieure, aux relations commerciales inéquitables, aux privatisations et à la libéralisation, à l’exploitation effrénée des côtes, à la destruction des écosystèmes,… Elle s’ajoute à la crise asiatique qui a touché la région en 1997-98. L’économie spéculative s’est effondrée, ce qui, rien qu’en Indonésie, a condamné 40 millions de gens supplémentaires à la pauvreté.
Tout cela ne peut que nous inciter à encore plus de solidarité, dans le cadre de notre lutte pour un autre monde, un monde de justice et de paix.