| Une
foule de Congolais est descendue mardi, 4 janvier, dans les rues de Bruxelles.
La manifestation initiée par des associations « Poto Moïndo
» de Cheik Fita, « Les Artisans de la Paix » de Marcel
Nzundu, « Les Bana Congo », l’Observatoire Bayaya ainsi
qu’un groupe des femmes congolaises avaient pour but de commémorer
les martyrs de l’Indépendance du Congo et de sensibiliser
l’opinion internationale sur le génocide actuellement en
cours dans ce pays.
Près
de 5.000 000 Congolais sont morts de conséquence de la guerre que
Kagame et ses maîtres ont imposée au Congo depuis le 2 août
1998.
Parti
de Matonge, dans la commune d’Ixelles, vers 14 heures, les manifestants
ont sillonné Bruxelles en passant par la rue du Trône, la
rue de Commerce, la rue des Deux Eglises avant de se retrouver finalement
en plein cœur du quartier européen, dans les alentours de
Schuman, à 1000 Bruxelles.
Aux
cris de : « Kagame assassin ! Kagame génocidaire ! Monuc
[NDLR : Mission de l’Onu au Congo] complice ! Nous voulons la paix
!… », les manifestants sont arrivés à la rue
Belliard où ils ont improvisé un sit- in.
Arrivés
au croisement de la rue du Commerce et de l’avenue Belliard, un
jeune homme s’est couché sur la chaussée simulant
le mort. Aussi tôt, un groupe de manifestants est venu poser sur
son corps un calicot qui rappelle les atrocités dont nos compatriotes
de l’Est sont victimes, au quotidien.
Sourds
aux injonctions de la Police qui voulait empêcher les embouteillages,
les manifestants assis à même la chaussée, ont fait
le piquet pendant près de 5 minutes. Il a fallu l’intervention
de Henri Muke [Bana Congo] et Cheick Fita [Poto Moïndo] pour que
cette foule de près de deux cents personnes se décide enfin
à laisser la libre circulation aux véhicules.
Pour
l 'UDPS : « tout
est la faute à Joseph Kabila »
Les
organisateurs de la manifestation avaient prévenu contre toute
tentative de récupération politicienne de la manifestation.
Mais ce fut sans compter avec l’opportunisme de certains politiciens
congolais. Des tshisekedistes excités ont cru que le moment était
venu pour faire leur propagande. Certains ont commencé à
lancer des slogans hostiles au Chef de l’Etat congolais.
«
Si aujourd’hui rien ne va plus au Congo, c’est la faute à
Kabila », nous confie le président de l’UDPS-Verviers.
« C’est Joseph Kabila qui a fait nommer des Rwandais à
la tête de ce pays, des gens comme Azarias Ruberwa » [NDLR
: le Vice-président RCD en charge des questions politiques et de
la Sécurité].
Un
peu plus tard, nous aurons l’occasion de nous rendre compte que
cette version faisait l’unanimité dans les rangs de quelques
militants du parti de Tshisekedi présents à cette manifestation.
Nous
avons rappelé à nos interlocuteurs les négociations
inter-congolaises et essayé de leur faire comprendre que ce sont
ces accords signés à Pretoria en 2002 qui ont imposé,
non seulement la mouture institutionnelle actuelle, mais aussi les animateurs
de ces institutions.
Nous
avons évoqué la tournée du président national
de leur parti au Rwanda et dans les territoires occupés à
l’époque par l’armée de Kagame.
Nous
avons finalement démontré que c’est Tshisekedi en
personne qui, avec son ASD [Alliance pour la sauvegarde du dialogue inter-congolais],
qui a tenu à associer génocidaires et agents de Kigali dans
la gestion actuelle du Congo.
Tout
compte fait, notre argumentation n’a apparemment trouvé aucun
écho favorable auprès de nos interlocuteurs de l’UDPS.
Mauvaise foi manifeste ou ignorance ? Laquestion reste posée…
Un
militant kabiliste échappe au lynchage des militants de l’UDPS
Pendant
que ses partisans hurlaient à tue-tête des insultes contre
le Chef de l’Etat, Mpuila Tshipamba (Représentant de l’UDPS
au Benelux) allait et revenait au milieu de la foule comme pour se rassurer
que la propagande au profit de tshisekedi, son gourou et maître
passait très bien.
Vers
16 heures, alors que la manifestation tendait à sa fin, nous avons
failli assister au lynchage d’un kabiliste de la part des tshisekedistes
surexcités.
Ces
derniers lui reprochaient de distribuer un tract du site www.deboutcongolais.info
aux effigies de Lumumba, Mulele et Kabila. Pour ces adversaires du nationalisme
congolais, ce militant ne pouvait être qu’un Rwandais.
Certains
ont même tenté de faire avaler à l’infortuné
des morceaux du tract qu’il distribuait.
Des
témoignages recueillis après cette manifestation font état
de la présence des partisans de Jean-Pierre Bemba parmi les gens
qui ont menacé le militant kabiliste.
C’est
grâce à l’intervention de Marcel Nzundu, co-organisateur
de la manifestation et président de l’association «
Partisans de la Paix » que le compatriote a échappé
au lynchage et quitté le lieu dans la Combi qui ramenait le matériel
de sonorisation.
Ce
malheureux incident qui démontre les méthodes d’une
certaine classe politique congolaise habituée à museler
et à criminaliser tous ceux qui ne partagent pas leur vision, ne
risquent-elles pas de nous ramener aux pratiques mobutistes de triste
mémoire?
Quand
à la manifestation, elle s’est dispersée sur la Place
Jean Rey après un forcing manqué face à une Police
de Bruxelles déterminée à empêcher la foule
d’accéder au Berlimont [le siège du Parlement européen]. |