Pourquoi
Reporters sans frontières s'acharne sur Cuba?
Un
Livre sur l'éthique d'une certaine ong au service de la
CIA
Vinciane
Convens, Solidaire 13-10-2004
Reporters
sans frontières de Robert Ménard défendrait
la liberté de la presse partout dans le monde. Particulièrement
à Cuba. Alors, info ou intox ? Enquête avec deux
journalistes francophones habitant à Cuba.
Jean-Guy
Allard, journaliste canadien à Granma et Marie-Dominique
Bertuccioli de Radio La Havane ont enquêté sur l'envers
du décor dans leur livre «Le dossier Ménard.
Pourquoi reporters sans frontières s'acharne sur Cuba».
Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Jean-Guy Allard. Selon Reporters sans Frontières
(RSF), «Cuba est la plus grande prison de journalistes au
monde». Une affirmation à couper le souffle quand
on sait que, durant les quarante dernières années,
791 journalistes ont été tués en Amérique
Latine dont zéro à Cuba. Les attaques de Reporters
Sans Frontières contre Cuba sont tellement systématiques
qu'elles en deviennent suspectes. Marie-Dominique Bertuccioli
et moi, nous voulons créer une brèche dans le mur
érigé par Ménard (secrétaire général
de RSF) en Europe contre Cuba.
Pourquoi vous attaquer à une association qui défend
la liberté de la presse ?
Jean-Guy Allard. A priori, les buts de Robert Ménard
et de son association sont louables: défendre les droits
de l'homme et la liberté de la presse dans le monde. Mais,
lorsqu'on s'intéresse d'un peu plus près au personnage,
l'on découvre une sorte de dédoublement de la personnalité:
d'un côté, à Paris, le journaliste progressiste
qui défend la liberté d'expression et, de l'autre,
à Miami, le compagnon de route de la mafia anticastriste
et terroriste d'extrême droite. Ménard était
à Miami en février 2004. Il y a été
reçu en grandes pompes par toute la presse anti-cubaine.
De retour à Paris, pas un mot sur ce voyage
Qu'y a-t-il de mal à se rendre à Miami ?
Jean-Guy Allard. En Floride, le petit-fils de Batista
(dictateur cubain aux bottes des USA, renversé par Fidel
Castro et le peuple cubain en 1959) est juge à la cour
suprême de l'Etat. Jeb Bush, frère de Georges W,
est gouverneur. La Floride a également libéré
Orlando Bosh, identifié par le FBI comme l'un des plus
dangereux terroristes de l'hémisphère. L'Etat est
littéralement cadenassé par un réseau d'individus
qui veut renverser Fidel Castro et annexer Cuba. Ce sont les mêmes
personnes qui ont porté Bush à la Maison-Blanche
en trafiquant les élections en Floride du Sud. Rien d'innocent
dans les visites amicales de Ménard donc
Dans votre livre, l'on retrouve une interview de Nestor
Baguer, premier représentant de RSF à Cuba. Il y
explique comment le comportement de Ménard est calqué
sur celui des agents de services secrets. Avez-vous des preuves
pour appuyer cette affirmation ?
Jean-Guy Allard. Quand vous apercevez un animal blanc
avec des taches noires dans un pré, qu'il mange de l'herbe,
fait meuh et fabrique du lait, vous n'avez pas forcément
besoin d'un vétérinaire pour vous assurer qu'il
s'agit d'une vache. Notre livre consiste à faire l'inventaire
des taches sur la vache Ménard, secrétaire général
de RSF.
En quoi aurait-il intérêt à attaquer
Cuba ?
Jean-Guy Allard. Les USA veulent attaquer Cuba. Dans
le rapport de Bush du 4 mai dernier, 5 chapitres sont consacrés
à la «réorganisation de Cuba». Il y
est entre autres question de réorganisation des valeurs
de la liberté et du libre marché ainsi que de placer
des conseillers US dans tous les ministères. Inapplicable
: même si Fidel Castro meurt, le peuple cubain ne laissera
jamais faire cela. Les USA interviendront alors militairement.
Or, une telle intervention soulèverait bien des voix, notamment
en Europe. Une campagne acharnée comme celle de RSF permet
de préparer l'opinion publique européenne.
Vous qui travaillez comme journalistes pour la presse
cubaine, vous considérez-vous comme des journalistes indépendants
?
Jean-Guy Allard. Nous n'avons en tout cas pas de grandes
fortunes qui nous poussent à faire ce que nous faisons.
Quant à RSF, ils prétendent survivre avec la vente
de cartes à un euro et de livres de photos. La réalité
est tout autre. Le site de Reporters sans Frontières a
été fait par Saatchi & Saatchi, filiale de Publicis.
Publicis n'a pas vraiment l'habitude de perdre son temps à
soutenir des projets ou des associations à simple but humanitaire.
Les clients habituels du groupe n'ont pas non plus la réputation
de donner dans l'uvre humanitaire : Coca-Cola, Mc Donalds, General
Motors, Walt Disney, US Army Publicis est la troisième
agence de pub au niveau mondial et la première en France.
Un média qui veut survivre en France n'a pas la possibilité
de refuser quoi que ce soit à Publicis. Voilà pourquoi
on voit Ménard partout et voilà pourquoi il est
d'autant plus nécessaire d'informer les gens sur le vrai
Ménard et de renforcer la solidarité avec Cuba.
«Le
dossier Robert Ménard. Pourquoi Reporters sans frontières
s'acharne sur Cuba», de Jean-Guy Allard
avec la collaboration de Marie-Dominique Bertuccioli, ed. Lanctôt,
Canada 2004, 12,50 euros.
A commander au Shop, 171 bd Lemonnier, 1000 Bruxelles 00 32 2
50 40 112