Reporters
sans frontières, organisation autoproclamée de défense
des journalistes, RSF est proche de la CIA
Jean-Guy
Allard, Granma, Havana 04-06-2003
Son
dirigeant Robert Ménard a récemment organisé
des actions contre le bureau du tourisme de Cuba à Paris
dans l’affaire des prétendus journalistes dissidents.
Agent breveté de la CIA, bénéficiaire des largesses
de la National Endowment for Democracy (NED) et de la United States
Agency for International Development (USAID), Robert Ménard
a la réputation de mener son organisation, Reporters sans
Frontières (RSF), avec une poigne de fer, une sorte de one-man-show
où il est le seul à donner les ordres. Il s’est
rendu compte, ces jours derniers, que l’organisme de l’ONU
qu’il était parvenu à pénêtrer,
avec un certain succès, n’était pas aussi docile
qu’il le croyait à l’heure où s’ajustent
les comptes.
Selon l’agence AFP, RSF pourrait bientôt perdre son
statut de membre consultatif à l’ONU, à la suite
de la décision du Comité des Nations unies chargé
des organisations non gouvernementales de proposer sa suspension
durant un an.
Le Comité «a pris la décision de solliciter
la suspension de RSF durant un an à la demande de Cuba»,
rapporte l’agence française, précisant que la
proposition a reçu l’appui de la Chine, de la Côte
d’Ivoire, de l’Iran, du Pakistan, de la Russie, du Soudan,
de la Turquie et du Zimbabwe.
Reportes
sans frontières reçoit le soutien à l’ONU
…des Etats-Unis
Dans ses commentaires, diffusés aussi par AFP, Ménard
mentionne l’opposition du Pérou et du Chili mais oublie,
un pur hasard, de mentionner les États-Unis.
Si le Conseil économique et social de l’ONU accepte
la demande, en juillet, RSF perdra son statut de membre consultatif.
La délégation cubaine a proposé l’exclusion
de RSF pour avoir causé des incidents à l’ouverture
de la 59e Commission des droits de l’homme, le 17 mars dernier
à Genève, tandis que parlait la représentante
de la Libye qui préside cette commission.
Dans son show violemment anti-cubain, dont les caractéristiques
correspondent aux orientations de la CIA, RSF a organisé
dernièrement, en plus des coûteuses campagnes de publicité
dans les journaux et à la télévision, plusieurs
opérations à Paris sur le thème de la détention
à Cuba de plusieurs collaborateurs salariés de la
Section des Intérêts des États-Unis (SINA) à
La Havane, dirigée par l’agent de la CIA James Cason.
Ces mercenaires, qui se qualifient de reporters, ont été
recrutés comme informateurs de la presse d’extrême-droite
de Miami et ont été ouvertement financés par
Ménard qui l’a reconnu dans une entrevue avec les journalistes
Hernando Calvo Ospina et Katlijn Declercq, auteurs du livre Dissidents
ou mercenaires? (Editions EPO)
Ménard
aux côtés de Voice of America
Les militants de Ménard, associés à la Fondation
internationale pour la liberté, de tendance fascisante, créée
au mois d’octobre dernier en Espagne, dirigée par l’écrivain
péruvien Mario Vargas Llosa et à laquelle appartient
le terroriste Carlos Alberto Montaner, digne fils d’un agent
au service du dictateur Fulgencio Batista, ont occupé au
début avril durant plusieurs heures le Bureau de Tourisme
de Cuba dans la capitale française et ont tenté, à
la fin de ce même mois, d’empêcher l’entrée
à l’ambassade cubaine.
Toutes les campagnes de RSF vont systématiquement de pair
avec les plans nord-américains exécutés contre
Cuba depuis Washington et Miami, où Ménard maintient
des liens étroits avec des personnages maffieux qui domine
la Floride par la terreur, le chantage et la corruption. De sorte
que les «journalistes indépendants» que défend
Ménard avec tant d’ardeur sont précisément
ceux qui alimentent les médias tels que le Diario de Las
Américas ou des organes gouvernementaux comme Radio Marti,
filiale de la Voice of América.
Outre ses commanditaires de Washington et de Langley (siège
de la CIA, ndlr), ainsi que ceux de secteurs de l’Union européenne
qu’il est arrivé à intoxiquer, ce «combattant
de la liberté» sui generis n’a pas hésité
à accepter les chèques de l’éditeur français
multi-millionnaire François Pinault.
Pinault,
Dassault, Lagardère, supporters milliardaires de Ménard
Et aussi de Jean-Guy Lagardère, récemment décédé,
grande fortune de France et négociant en missiles. Et de
Serge Dassault, marchand d’armes international.
De telle sorte que lorsque les missiles européens tombent
sur Belgrade et tuent 16 journalistes de la télévision
nationale, Ménard oublie de les comptabiliser dans son rapport
annuel.
Au Venezuela, la défense de la presse putschiste bourgeoise
qu’a menée Ménard en dénonçant
la révolution populaire de Hugo Chavez est passablement éloquente.
Et en Irak, où se trouvait Ménard lorsque les troupes
nord-américaines ouvraient le feu sur l’hôtel
Palestina où logeait la presse internationale?
On sait aussi comment Ménard est arrivé à défendre
la «liberté de presse» au point de cautionner
la presse néo-fasciste la plus rétrograde, comme il
l’a démontré scandaleusement le 8 janvier dernier
à l’émission Culture et dépendances de
la chaîne française de télévision France
3.
La
presse libre de Ménard est celle des cartels de la désinformation
La presse «libre» de Ménard est celle qui arrive
à justifier les massacres en Afghanistan et en Irak à
force de mensonges, qui refuse de voir les cadavres dans les conteneurs
de Kaboul, les cages d’extermination de Guantanamo et les
deux millions de prisonniers, en majorité noirs et latinos,
ainsi que les chiffres record d’exécutions dans les
prisons nord-américaines.
C’est aussi la presse qui appartient à un petit nombre
de multinationales de l’information qui maintient dans ses
organes l’auto-censure qui convient à ses intérêts
et qui arrive à convaincre le monde de ce que l’élection
de George W. Bush à la présidence des États-Unis
a été démocratique.
En réalité, Ménard, le prophète de la
désinformation globale, ne défend pas la liberté
de presse mais bien le concept absurde de la liberté capitaliste
d’acheter ce que l’on veut, la liberté des monopoles
de l’information d’acquérir tout ce qui bouge
dans le monde de la nouvelle, même si c’est pour réduire
la liberté du journaliste à être esclave de
ces monstres intercontinentaux de la pseudo-information.
Ménard se fait ingénu face au danger le plus grand
de la liberté de presse: la censure économique.
Détail révélateur, les campagnes de presse
de Ménard sont conçues «gratuitement»,
selon lui, par l’agence publicitaire new-yorkaise mondialement
connue Saatchi & Saatchi le géant global de la propagande
capitaliste, avec 7 000 employés et 138 bureaux dans 82 pays,
et avec 60 des 100 plus importants annonceurs corporatifs de la
planète. Rien de moins.
Après tout, RSF est, indiscutablement, la multinationale
du mensonge.
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