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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

La malédiction de Karel de Gucht

Leonard Kasimba, 18 fevrier 2005

La deuxième visite de Karel De Gucht au Congo s’est déroulée d’une façon tout à fait prévisible. En effet, comme De Gucht a décidé de casser la politique de Louis Michel envers le Congo , défendue encore aujourd’hui par Armand Dedecker, on savait de l’avance que l’homme allait glisser encore une fois une phrase d’acide dans un ou autre entretien avec la presse.

Cette fois-ci la phrase était une note ou plutôt un « dossier » distribué à tous les participants du voyage, du ministre, journalistes y compris. Ce « dossier » comprenait des biographies des principaux dirigeants congolais, qui s'apparentent plus à une collection de ragots.

Le Soir décrit : « On découvre en effet trois hypothèses concernant la filiation de Joseph Kabila, dont celle-ci : Né d'un premier mariage de sa mère avec un Tanzanien. Ces supputations ineptes représentent de vrais brûlots car le thème de la nationalité est l'un des points les plus en vue de la Constitution en débat, dont le texte exige que les candidats à la magistrature suprême soient de père et de mère congolais. »

Le ministre a été vite pour prendre distance du « dossier ». Il a déclaré : « Les CV du président et des vice-présidents sont arrivés là indépendamment de ma volonté. Je ne m'identifie pas à ces propos. Ce n'est pas ma vision ni celle du gouvernement. »

En effet, on peut s’imaginer ce qui pourrait se passer si des journalistes congolais accompagnant le président Joseph kabila recevraient un « dossier » semblable dans lequel on raconte des ragots du même niveau sur Verhofstadt, De Gucht ou le roi Albert.

Mais on ne peut que constater que ce « dossier » s’illustre par un degré de mépris pour les dirigeants congolais et d’une malhonnête intellectuel qui est tout à fait cohérent avec les différentes déclarations du ministre concernant le Congo dans le passé.

Il y avait dans le dossier les ragots colportés jour et nuit par un fou comme Mpuila, l’homme de Thsisekedi à Bruxelles, sur les origines du Président congolais. (Si le lecteur aurait des doutes sur le qualification de "fou", je conseille vivement de lire le dernier "communiqué de presse de l'UDPS section Benelux" rédigé par ce monsieur). Aussi Honoré Ngbanda, alias terminator, ancien conseiller à la sécurité de Mobutu a tout fait pour diffuser ces "renseignements". Pourtant dans un livre édité par le très officiel Centre d'Etudes Africaines à Tervueren, un scientifique belge, Erik Kenis, a réfuté en long et en large ces ragots en ne pas cachant tout au long de son livre son antipathie pour Laurent Désiré Kabila même. C’est pour dire qu’une source anti-kabiliste a mis fin définitivement aus histoires lançés par les mobutistes et autres colporteurs de rumeurs et spécialistes de l'intox. (Le soir d'aujourd'hui publie d'ailleurs un interview avec Kennes).

A côté de ces ragots habituels il y avait aussi des phrases haineuses dans le style « Il a suivi différentes formations militaires assez sommaires. … en Chine, durant 3 mois, en 1998. Formation à laquelle il a échoué. … Il est aussi amateur de belles voitures. » On peut se demander quelles sont les sources du membre du cabinet du ministre ou son assistant-stageaire sur le résultat de la formation du Président en Chine. Et on peut aussi se demander si l’auteur du « dossier » est au courant du fait que son propre ministre et son épouse sont des fanatiques de motos et de voitures sportives.

L’incident est une illustration de la petitesse et de la malhonnêteté envers la RDC de la part du cabinet du ministre des affaires étrangères belge.
Mais le problème est plus fondamentale : pour de Gucht les élections au Congo ne sont pas la solution ou même le début de solution aux problèmes du Congo. Pour lui ces élections ne font partie que du processus de la transition. C’est ce qu’il a dit et répété maintes fois après sa première visite.

Il l’a encore répété dans une tribune publié dans Le soir, titrée « la malédiction de Kurtz» quelques jours avant sa visite de cette semaine. On peut trouver ridicule le titre bon marché, qui réfère au livre de Conrad "Au coeur des ténèbres", car ce livre datant d'il y a un siecle incarne toutes les préjugés et les mythes sur le Congo et ne fait que nourrir un fataisme certain vis-à-vis les problèmes que la population congolaise a connu depuis 1885 jusqu'à aujourd'hui. Mais le message politique de cette tribune est carrément révoltant pour chaque démocrate.

De Gucht écrit : « Les élections clarifieront les rapports de forces politiques à l'intérieur du pays. Nous devons à cette occasion éviter que " les perdants " ne soient marginalisés. Si cela ne devait pas être le cas, alors le risque existe que les élections soient sabotées ou que certains groupes reprennent les armes. Bien que je ne puisse pas naturellement m'ingérer dans la composition future du gouvernement à Kinshasa, il me semble valoir la peine de réfléchir à l'opportunité, après les élections, d'une large équipe d'union nationale.»

En d’autres mots, Monsieur De Gucht veut prolonger la transition. Il emploit pour cela exactement les même prétextes que les américains et leurs amis ont employés à Pretoria et à Sun City. Des criminels comme Bemba et Ruberwa, qui ont été mis à la tête de l’Etat par la pression de la communauté internationale contre la volonté du peuple congolais, pourront encore rester dans cet appareil d’Etat après les élections, même s’ils ont perdu ces élections.

Ainsi monsieur de Gucht pourra continuer à rigoler avec « la classe dirigeante congolaise » et parler de « la malédiction de Kurtz ».

Mais le ministre se trompe, la politique en 2005 ne se fait plus avec des malédictions. Peut-être au Flandre profond, oui, mais pas au Congo. Le peuple congolais et les nationalistes congolais lui aideront à comprendre la leçon. Ils se battront pour l’élection du président Joseph Kabila et pour qu’une majorité de nationalistes et de non traîtres et non vendus soit élue dans les différents assemblées.