Washington
et Karel de Gucht préparent en coulisse un sale coup contre
le peuple congolais
Pilotage
par Washington de l’accord tripartite entre Kinshasa, Kigali
et Kampala ; voyage aux USA pour concertation de Karl de Gucht,
ministre belge des affaires étrangères ; les attaques
répétées de ce dernier contre la transition
congolaise ; rumeurs sur la démission de Swing, patron
de la Monuc. Tout ceci constitue la partie visible d’un
complot qui se prépare en secret.
Léonard
Kasimba, 17 mars 2005
Un accord
tripartite entre Kinshasa, Kigali et Kampala est parrainé
par les Etats-Unis depuis l’année passée.
Les Américains voudraient bien s'appuyer davantage sur
cet accord: étant donné que Kigali et Kampala sont
leurs vassaux. Ce serait la meilleure stratégie pour Washington
de garder la RDC et ses richesses sous son contrôle.
Conclu
à Kigali le 26 octobre de l’année passée,
cet accord a été évalué pour la première
fois le 2 février dernier à Washington sous l’égide
du gouvernement américain. Une réunion entre Kinshasa,
Kigali et Kampala – qui s’inscrit dans le cadre de
l’Accord – aurait du avoir lieu ce mois-ci. Elle a
est reportée à cause du déplacement du chef
de l'Etat congolais, Joseph Kabila, en Asie.
Apparemment,
la mise en application de cet accord nécessiterait un autre
accord à la fois secret, diabolique et scandaleux entre
Washington, Paris et Bruxelles . Notre
collègue Mikombe décrit dans le journal «
Le Communicateur » comment ces 3 capitales
le négocieraient à l’insu du peuple congolais.
Le voyage aux USA pour concertation de Karel de Gucht expliquerait
peut être cela.
Paralyser
le CIAT et mettre les élections au frigo ou les réduire
à une formalité
Pour
donner plus de poids à l’accord tripartite entre
les trois capitales de la région de Grand-Lac, les Yankees
travailleraient à réduire la marge de manœuvre
du CIAT (Comité international d’accompagnement de
la transition). C’est dans cette perspective que certains
à Washington commencent à mettre en doute l’efficacité
de la Monuc qui pilote le CIAT. Ils font courir des bruits sur
la démission de son chef, Swing. Pour certain, la décision
finale serait repoussée au 1° avril. Pour d'autres,
le contract de Swing qui se termine en juin ne serait pas prolongé.
D’autres
sources vont plus loin : Jusqu’à citer l’envoyé
spécial de l’Union Européenne pour les Grands
Lacs – Aldo Ajello – comme le prochain successeur
de Swing à la tête de la Monuc. Entre temps l'administration
Bush veut réduire le budget de cette même Monuc.
Ce qui constituerait peut-être le premier pas du retrait
de l'appui américain à la Monuc et au CIAT.
Ce n’est
pas pour rien qu’à Washington certains décideurs
envisagent de saper le CIAT : il est composé des cinq pays
membres permanents du Conseil de Sécurité (Chine,
Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie), de la Belgique,
du Canada, de l'Afrique du Sud, de l'Angola, du Gabon, du Mozambique,
de la Zambie, de l'Union Européenne, de la Commission Européenne,
de l'Union Africaine et de la MONUC. Washington juge que ce mélange
rend son contrôle du Congo trop difficile. Par ailleurs,
les USA, toujours dans leur stratégie de contrôler
la RDC et ses richesses, cherchent également à réduire
les futures élections à une affaire purement formelle,
sans réelle signification. Parce que si elles ont lieu,
elles doivent, selon la stratégie américaine, aboutir
à la formation d'un gouvernement d'union nationale. Autrement
dit : « avant les élections doit être égal
après les élections ». Karel De Gucht, pro-Americain,
l’a laissé entendre quand il expliquait qu'après
les élections, quels que soient les résultats, les
perdants devront avoir un quota dans le gouvernement pour qu'ils
ne reprennent pas la guerre. Autrement dit : les élections
ne peuvent pas résoudre le conflit congolais. On peut déjà
comprendre ce que visent toutes ses attaques contre la Transition
depuis octobre 2004.
Ce n’est
pas un hasard si les USA veulent réduire les futures élections
en RD Congo à une simple formalité : au fur et à
mesure que les élections se rapprochent, les Américains
et Karel De Gucht voient leur inquiétude grandir. En effet,
leurs marionnettes congolaises, dont le RCD, le MLC et d’autres
partis politiques sont des dépotoirs, ont largement démontré
leur inaptitude politique et leur infirmité organisationnelle.
Ce qui fait que les élections vraiment libres pourraient
bien aboutir à une victoire des nationalistes congolais.
C’est ce qui s’est passé lors des élections
organisées en 60 par la Belgique. On veut donc éviter
que l’Histoire se répète.
Le peuple
Congolais accepterait-il la mise sous tutelle américaine
par Kampala et Kigali interposés ? Laisseraient-ils traîner
cette transition et voir les élections réduites
à une simple formalité? On sait que les Etats-Unis
n’ont pas pu briser l’unité du peuple congolais
en téléguidant l’agression du Congo par leurs
vassaux rwandais et ougandais. Une guerre qui a fait 5 millions
de morts. Les Congolais savent que cette guerre est une guerre
américaine pour mettre le Congo à genoux et que
Kigali et Kampala ne sont que des sous-traitants. A Washington,
Paris et Bruxelles, on ferait mieux de ne pas se tromper.