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Congo : La Chine est un allié de taille et un partenaire sûr pour se relever

Mani Junior Kisui, Bruxelles le 21 mars 2005

La Chine a l’honneur de boucler la visite du président congolais, Joseph Kabila, en Asie. Une visite qui a commencé par le Japon et s’est poursuivie en Corée du sud. Le Congo a vraiment intérêt à renforcer sa coopération avec la Chine. L’économie la plus dopée du monde, le plus grand marché du monde, une politique sociale formidable, c’est le moins que l’on puisse dire de la Chine.

«La direction empruntée par la Chine est inquiétante. Ce pays est en voie de devenir une superpuissance. Et il peut très bien le devenir au cours des 25 prochaines années. Cela ne veut pas dire que la Chine va nécessairement se muer en menace mais, si nous laissons tout faire, ce pourrait très bien être le cas.» , disait Paul Wolfowitz, à l’époque vice-ministre américain de la Défense.

Quant à lui, Richard Holbrooke, ancien ambassadeur américain à l'Onu et, en 2004, conseiller du candidat à la présidence John Kerry, est plus clair: «Tout comme le siècle dernier a été défini par la lutte contre les nazis et le fascisme et, plus tard, contre le communisme russe, les relations sino-américaines apposeront leur marque sur le millénaire à venir.» Les performances de la Chine inquiètent les grands de ce monde tout à leur imposant le respect pour le pays de Mao.

D’autre part, la Chine, en devenant à la fois une très grande puissance économique et un vaste marché mondial, a de plus en plus besoin des matières premières pour son industrie. Pour avoir accès à leurs sources, elle opte pour une politique intéressante pour les pays du sud : le plus grand pays du monde privilégie le commerce sur pied d'égalité avec les pays du tiers monde. Elle n’est pas si exigeante. Ayant une politique indépendante, elle respecte la souveraineté politique et l’indépendance économique de tous les pays. Parce qu’elle tient à ce que la sienne soit également respectée.

Malgré ses exploits, la Chine n’est pas arrogante ni brutale ni rusée vis-à-vis des pays faibles: pour elle, il n’y a pas de petit pays ni de grand pays. Sa coopération est toujours multisectorielle : aides sans exigence, construction des hôpitaux et des infrastructures modernes, transfère des technologies, ect... Bref : une coopération profitable aux populations. Le Congo pourra largement en profiter.

La Chine seule est pret à ne pas inclure certaines exigences que l’Occident pose toujours lors des négociations. La Chine seule veut vraiment aider la RD Congo et traîter sur pied d'égalité avec notre pays.

Des Etats-Unis à la France sans oublier la Belgique, les puissances occidentales aussi ont besoin des matières premières pour leurs industries. Mais elles ne procèdent pas comme la Chine : par différents mécanismes, elles aspirent les richesses du tiers monde et les protéger contre les populations. Pour maintenir les pays sous-développés dans leur sphère, ces puissances leur imposent des conditions inhumaines sous prétexte de la bonne gouvernance: réduction de la part de santé, de celle de l’éducation, de celle de salaire dans le budget national. Augmentation de la part du remboursement de la dette extérieure dans le même budget. Le tiers monde est donc étranglé par ces puissances sans pitié. La Chine ne pose pas de telles conditions

Mais avant la Chine, deux autres pays asiatiques ont déroulé leurs tapis rouges à Joseph Kabila: le Japon et la Corée du sud. Ceux-ci sont des oiseaux de même plumage. En effet, les décideurs de ces pays sont très liés à leurs cousins lointains de l’Occident. Leurs politiques économiques et leur attitude vis-à-vis du tiers monde ressemblent à celles de l’Occident comme des gouttes d’eau. Les nouveaux marchés pour leurs marchandises et les richesses du tiers monde qu’ils doivent aspirer pour leurs industries : voilà ce qui les intéresse.

De trois pays asiatiques visités par Joseph Kabila, donc seule la Chine peut vraiment aider le Congo sans exigence. Cela inquiète beaucoup les puissances occidentales.

Le journal kinois « Le Potentiel » l’a bien traduit : dans sa livraison du 14 mars, deux jours après le départ de Kabila pour l’Asie, le journal titre «Joseph Kabila à la quête des investisseurs Chinois ».
Il constate d’abord que Joseph Kabila n’a pratiquement rien obtenu de tout ce que l’Occident lui a promis. Pourtant il a fait d’énormes concessions : partage du pouvoir, contrôle de la politique économique par le FMI et la Banque Mondiale.

Après, Le Potentiel exprime, en porte-parole de l’Occident, les inquiétudes que le voyage de Kabila en Chine présente pour ceux qui veulent maintenir le Congo sous leur joug : « La Corée du sud (…) est l’un des élèves modèles des Etats-Unis d’Amérique et des institutions de Bretton Woods », note Le Potentiel qui signale également : « La logique des affaires qui régente l’Occident a déjà gagné à sa cause toutes les puissances financières de l’Asie. Le Japon, la Corée du sud en sont des pays porte-étendards. La Chine, elle, s’annonce sur ce terrain mais avec SES PROPRES PARAMETRES, MOINS EXIGEANTS POUR LES PAYS QUI LUI DEMANDENT SECOURS ( ndlr : souligné par nous) ».

Le Potentiel poursuit : « à la différence de Tokyo et de Séoul, Beijing, qui fait encore bande à part dans le train de la mondialisation, développe une politique indépendante vis-à-vis de la toute puissante Amérique et de l’Union Européenne. De ce fait, la Chine seule peut fermer les yeux sur certaines exigences de l’Occident et consentir des aides à la République Démocratique du Congo dans le contexte actuel. En retour et par compensation, continue le journal kinois, la Chine, qui devient à la fois une très grande puissance économique et un vaste marché mondial, a besoin d’accéder aux sources des matières premières pour son industrie(…) La Chine entend traiter directement avec la RDC sans passer par des intermédiaires. »

Le Potentiel a bien exprimé les inquiétudes de l’Occident sur le voyage du président congolais en Asie : Le Japon et la Corée du sud, liés économiquement à Washington et Bruxelles, dérangent moins. Mais la Chine constitue un double danger : Premièrement son économie monte en puissance et elle applique une politique d’indépendance vis-à-vis du vieil Occident. Celui-ci la considère donc comme une menace sérieuse pour son hégémonie. Deuxièmement, ayant de plus en plus besoin des matières premières, la Chine préconise une politique qui dérange le Nord. Celle-ci consiste à aider les pays du sud, qui disposent d’innombrables matières premières, à se développer.

Dans cette coopération sud-sud, la Chine a des paramètres moins exigeants. En échange, elle peut accéder aux sources de ces matières premières. Cela est inacceptable pour l’Occident : celui-ci veut maintenir le sud dans son orbite. Protéger ses richesses contre ses populations et les aspirer pour le compte des industries du nord.

Dans ces conditions, le Congo ruiné ne pourra pas s’en sortir sans aide. Le seul pays qui puisse lui apporter l’aide qui corresponde à sa dimension est la Chine qui consolide sa puissance. Par ailleurs, l’expérience du pays de Mao pourra également profiter au pays de Lumumba. Car la Chine a connu dans son histoire le malheur qui s’abat sur le Congo avec toutes leurs conséquences. En Chine, c’était encore pire.