Sur
la visite du Président Joseph Kabila en Chine
Mani
Junior Kisui, Bruxelles le 21 mars 2005
Ministres
qui gèrent les secteurs économique et social, conseillers
à la présidence ainsi que dirigeants d’entreprises
publiques : Société nationale d’électricité,
Regideso, Gécamines, Office des routes et Agence nationale
pour la promotion des investissements. Le cortège qui accompagne
le président congolais, Joseph Kabila, dans sa visite officielle
en Asie, est impressionnant. C’est le moins que l’on
puisse dire.
Font
également partie de la délégation présidentielle,
les responsables de la Fédération des entreprises
du Congo (Fec). L’importance de cette délégation
illustre que le numéro un congolais accorde un intérêt
particulier à cette partie du monde : le sud-est asiatique.
Signalons que ce voyage a commencé le 12 mars dernier et
prendra fin le 24 mars prochain
Le Japon, la Corée du sud enfin la Chine populaire. C’est
dans cet ordre que le président congolais a fixé
l’agenda de son voyage en Asie du sud-est. De tous les trois
pays visités, c’est la Chine qui est plus proche
de la RD Congo. En effet, le pays de Mao partage certains points
avec le Congo : elle est d’abord un pays du tiers monde
comme le pays de Kabila. Aujourd’hui, le Congo est humilié,
ses populations sont parmi les plus démunies: plus de 90%
des Congolais survivent avec moins d’un dollars selon l’ONU.
Elles sont vulnérables et exposées à des
maladies stupides : la malaria, la fièvre typhoïde,
la diarrhée rouge, la tuberculose la lèpre et autres.
L’espérance de vie est de 45 ans seulement. Le Congolais
consomme en moyenne 1000 kilocalorie par jour de moins que la
quantité requise, qui est par jour de l’ordre de
2300 kcal. Bef : l’enfer du peuple congolais est largement
poussé au-delà des limites. Pourtant le pays dispose
de potentialités illimitées pour que son peuple
vive dans le bonheur.
C’était
aussi le cas de la Chine avant l’avènement de la
République populaire. Quand Mao proclame la victoire de
la révolution le premier octobre 1949, la Chine se retrouve
pratiquement dans les mêmes conditions que le Congo actuel.
Elle est à l’époque plus malheureuse que l’Afrique.
La misère y est populaire : 80% des gens ne mangent pas
assez. Presque tous les ans, des dizaines voire des centaines
de milliers de gens meurent de faim. Rien qu’en 1946, on
a compté 10 millions de morts de faim dans l'ensemble du
pays. En 1947, 100 millions de Chinois souffraient de la faim,
soit 22% de la population nationale de l'époque . L’espérance
de vie est limitée à 34 ans seulement. Les Chinois
meurent donc comme des mouches.
Sans
l'indépendance économique, la vie du peuple ne saurait
être garantie.
L'existence
du peuple chinois était pratiquement menacée par
les mêmes causes qui ont plongé le peuple congolais
dans la misère infernale. On sait que le mobutisme a détruit
le Congo pendant plus de 30 ans. Mais ce mobutisme, avec toute
sa complexité, n’était qu’un système
néocolonial au service des intérêts de l’Occident
: sous le mobutisme, les financiers occidentaux ont aspiré,
comme des vampires, des capitaux colossaux. Des mécanismes
sophistiqués ont été mis en place pour le
rendre possible : services de la dette, détérioration
des termes de l’échange, des projets de prédation
dont la non-rentabilité était connue. Quant à
lui, l’enrichissement scandaleux de Mobutu et ses copains
n’était que le prix que l’Occident devait payer
pour saigner le Zaïre à blanc.
La Chine
aussi a connu cette domination économique. C’est
également elle qui était à la base des malheurs
du peuple chinois avant la révolution : Plus de 1 100 traités
inégaux permettaient aux impérialistes – Grande-Bretagne,
France, Japon, Etats-Unis et Russie – de piller de grandes
richesses en Chine.
Pour
imposer aux Chinois cette domination économique, les impérialistes
ont livré plusieurs guerres d’agression contre la
Chine. Par exemple : la guerre de l'Opium en 1840, la guerre déclenchée
par le Japon en 1937. Durant ces guerres, les impérialistes
se sont livrés à des massacres d'envergure. Dans
la guerre d'agression déclenchée par les impérialistes
japonais en 1937, plus de 21 millions de Chinois ont été
tués ou blessés et plus de 10 millions d'autres
ont été persécutés jusqu'à
la mort.
C’est
le cas du Congo actuellement : ce grand pays au cœur de l’Afrique
est ravagé par une guerre d’agression. Une guerre
qui a fait plus de 5 millions de morts. Il est connu de tous que
la guerre contre le Congo de Kabila a été téléguidée
et financée par l’Occident. Le Rwanda et l’Ouganda
n’étaient que des sous-traitants.
La
Chine honore l’humanité
De 34
ans avant la révolution, l'espérance de vie moyenne
est passée en Chine à 80 ans ces dernières
années. Aux USA, elle est de 75 ans. De 320 millions en
1978, le nombre de pauvres en Chine a été ramené
à 60 millions en 2001 . Et en une seule décennie
(1990-2000), 150 millions de Chinois ont été tirés
de la pauvreté. C’est l’ONU qui l’affirme.
C’est vraiment un record et un exploit. Signalons que dans
la même décennie, le nombre d'habitants extrêmement
pauvres (moins d’un dollar par jour) dans le monde augmentait
de 28 millions, alors qu'en Chine, dans le même temps, il
diminuait de 150 millions . En d'autres termes, la diminution
de l'extrême pauvreté dans le monde peut être
attribuée presqu'exclusivement à la Chine.
Le pays
de Mao a donc une politique sociale formidable. La différence
entre elle et le Congo est donc dans le temps : le peuple congolais
est jusqu’aujourd’hui humilié intolérablement.
Le peuple chinois ne l’est plus. L’année 1949
a marqué un tournant décisif dans l’Histoire
du plus grand pays du monde. Celui-ci a arraché cette année
son indépendance réelle pour construire une existence
agréable pour son peuple. Aujourd’hui la Chine honore
l’humanité. Cela doit intéresser le Congo.
L’économie
la plus dynamique du monde
Le pays
de Mao ne pouvait pas tirer autant de personnes de la pauvreté
sans développer son économie. 9,5%, c’est
le taux de croissance annuelle de l’économie chinoise
depuis 1975. C'est plus de trois fois que celui du reste du monde,
où la croissance a été en moyenne de 2,9%.
Cela ne suffit pas : le produit intérieur brut (PIB) de
la Chine maintiendra une croissance annuelle de 8 % durant son
11ème plan quinquennal (2006-1010), selon un rapport rendu
public par le Centre de Recherche sur le Développement
du Conseil des Affaires d'Etat chinois . En plus de cela, le gouvernement
chinois est déterminé à multiplier le PIB
par 4 d’ici 2020. Signalons qu’en 2003 le PIB chinois
était de 1300 milliards de dollars.
Il est
clair que la Chine se transforme à la vitesse d’une
épidémie. Cela lui permet également de garantir
son indépendance et de forcer le respect. Pour avoir une
idée sur ce grand bouleversement, prenons l’exemple
de l’aviation civile. Dans ce secteur, le développement
du marché chinois est le plus rapide au monde, nous apprend
Xinhuanet, l’agence de presse officielle de la Chine. Six
compagnies aériennes chinoises ont décidé
d’acheter cette année 60 avions Boeing pour un montant
de 7,2 milliards de dollars, soit la plus lourde commande jamais
prise par la Chine. « Avec le développement économique,
la Chine va devenir le plus grand marché économique
d’aviation civile » , explique, pour sa part, Laurence
Barron, président d’Airbus Chine. Pour un pays qui
était humilié et méprisé il y a 50
ans, cela est sensationnel.
La Chine
a donc l’économie la plus dopée du monde.
Elle bat tous les records et connaît une croissance économique
spectaculaire. Le plus intéressant est que ce développement
économique spectaculaire se traduit par une politique sociale
formidable : le peuple est placé au centre. Le Congo peut
beaucoup apprendre de la grande Chine.