La
vie de Che (2)
United
Fruit, bombes US et Fidel
L'Avenir,
14 avril 2005
"
Grâce à mon expérience au Guatemala, suite à
l'agression des États-Unis, je suis devenu conscient de ce
qu'il existait une condition importante pour pouvoir devenir un
médecin révolutionnaire, et il s'agissait de la révolution.
Les efforts isolés, individuels, les purs idéaux;
(...) ne servent à rien dans des pays où le gouvernement
et les rapports sociaux rendent toute possibilité de changement
impossible. "
Che
Guevara termine ses études au début de 1953. Le 7
juillet, il emprunte un tortillard pour se rendre à La Paz,
en Bolivie, 6000 km plus loin. Le 26 juillet 1953, à Cuba,
un groupe de révolutionnaires sous la direction de Fidel
Castro mène une attaque contre la caserne de Moncada, quartier
général de la garde du dictateur Batista. L.:attaque
échoue. De nombreux jeunes perdent la vie. Fidel est jeté
en prison.
Le
Che arrive à Panama fin octobre. Il est indigné par
le comportement servile des dirigeants panaméens vis-à-vis
des États-Unis. Au Costa Rica, il apprend à connaître
la domination de la United Fruit et l'exploitation et la misère
qui en découle. Dans une lettre à sa tante Beatriz,
il écrit: " A El Paso, j'ai traversé les
vastes domaines de la United Fruit. Une fois de plus, j'ai pu me
convaincre à quel point ces pieuvres capitalistes sont criminelles.
J'ai juré de ne m'accorder aucun répit tant que ces
pieuvres capitalistes ne seront pas détruites. Au Guatemala,
je veux me perfectionner afin de devenir un authentique révolutionnaire.
"
En
passant par le Nicaragua, le Honduras et le Salvador, le Che arrive
fin décembre au Guatemala, où Jacobo Arbenz dirige
un processus révolutionnaire pacifique. Dans une lettre à
sa mère, il écrit: " J'ai enfin atteint mon
but (..). Je pense que je vais rester ici environ deux ans, si tout
va bien. "
Au
Guatemala, le Che fait la connaissance d'une réfugiée
révolutionnaire du Pérou, Hilda Gadea. Ils se marient
et ont une fille, Hildita.
14-16 juin 1954. Le Che découvre comment les avions nord-
américains survolent le Guatemala et bombardent les installations
militaires et les quartiers pauvres. Le 18 juin, il assiste au putsch
que les États-Unis ont fomenté et organisé
contre le gouvernement Arbenz. Le 20 juin, dans une lettre à
sa mère, le Che écrit: " Ces attaques, au
même titre que les mensonges de la presse internationale,
ont réveillé les indifférents. Il règne
ici un climat combatif. Je me suis présenté comme
volontaire dans les services d'assistance médicale et je
me suis inscrit au sein de la brigade des jeunes afin de recevoir
une instruction militaire et de pouvoir aller là où
le besoin s'en fait sentir. "
Le
26 juillet, la radio annonce le renversement du président
Arbenz et l'exil de presque tous les dirigeants politiques et de
leurs familles. Cela provoque des troubles graves parmi le peuple
révolutionnaire. Le Che déclare: " Au Guatemala,
il était indispensable de combattre, et presque personne
ne l'a fait. Il fallait offrir une résistance et presque
personne ne l'a fait non plus. " La répression
se déclenche. Les ambassades latino-américaines se
remplissent de réfugiés politiques.
Le
Che est désigné comme un dangereux communiste argentin
et ne peut de ce fait rester au Guatemala: " J'ai pu m'enfuir
au Mexique lorsque les agents du FBI étaient déjà
occupés à arrêter tout le monde et à
assassiner ceux qui représentaient un danger pour le gouverne-
ment de la United Fruit " A Mexico, Che Guevara essaie
de gagner sa vie comme photographe dans les jardins publics.
Au
début de 1955, il trouve du travail comme médecin
dans "l'Hospital Central" de la ville. En juin, il rencontre
Raul Castro. Ils sympathisent et deviennent amis. Le 8 juillet,
Fidel débarque dans la capitale mexicaine. A propos de leur
première rencontre, le Che déclarera: " J'ai
appris à le connaître au cours d'une de ces nuits fraîches
de Mexico et je me souviens que notre première discussion
tournait autour de la politique internationale. Quelques heures
plus tard; au cours de cette même nuit -le matin approchait
-j'étais un des futurs participants à l'expédition
du Granma. "
Fidel
Castro dira de cette rencontre: " Il connaissait beaucoup
de choses sur le marxisme-léninisme, il était autodidacte,
très désireux d'apprendre, et c'était un convaincu.
Lorsque nous avons rencontré le Che pour la première
fois, c'était déjà un révolutionnaire
formé. "
Le
24 juin 1956, Che Guevara est arrêté par la police
mexicaine, en même temps que des camarades cubains. Le 3 juillet,
l'agence de presse U PI annonce : " Le médecin argentin
Guevara va être déporté vers son pays d'origine,
du fait de sa participation présumée à la conjuration
avortée contre le gouvernement cubain de Fulgencio Batista.
" L'ancien président du Mexique, Làzaro
Càrdenas, intervient afin de défendre les révolutionnaires
cubains. Fin juillet, les derniers, parmi lesquels Che Guevara,
sont libérés. Désormais, c'est dans la clandestinité
qu'ils poursuivent leurs activités révolutionnaires.
Faire
tomber la pomme à Cuba
"
J'ai déjà dit qu'on t'attribuera ce mérite
d'avoir prouvé que la lutte armée est possible en
Amérique avec le soutien du peuple. " (lettre à
Fidel, 6 janvier 1958)
"
La révolution n'est pas une pomme qui tombe de l'arbre lorsqu'elle
est mure. Il faut la faire tomber. Et c'était précisément
cela notre rôle historique... celui de Fidel surtout"
Interview, 17-23 mars 1965)
25
novembre 1956. Le yacht Granma, avec 82 hommes à bord, quitte
le Mexique par l'embouchure du fleuve Tuxpan. C'est une nuit de
tempête. Le Che fait partie de la direction de l'expédition.
Le 2 décembre, après que le yacht surchargé
d'hommes eut tourné en rond pendant plusieurs jours dans
une tempête effroyable, ils accostent à Los Cayelos,
sur la côte orientale de Cuba.
Leur
arrivée est découverte et on les pourchasse. Le groupe
éclate. Le 5 décembre, à Alegrfa del Pino,
Che Guevara tombe dans une embuscade. Avec l'aide des autres, il
peut s'enfuir dans les cannes à sucre.
Dans
ces circonstances, le Che a dû faire le choix tant décrit
déjà entre sa tâche comme médecin ou
son devoir comme soldat révolutionnaire. Pour fuir, il doit
choisir entre un sac à dos rempli de…
A
SUIVRE…
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