En
visite à La Havane au Cuba, Yerodia ému par le mémorial
des combattants cubains morts en Afrique
L'Avenir,
4 mai 2005
Le vice-président de la république Yerodia Abdoulaye
Ndombasi poursuit sa visite à Cuba. Arrive le jeudi dernier
par un régulier de Air France, il a été reçu
par le Vice président du Conseil d’Etat. Les deux
personnalités ont eu un entretien qui s’est transformé
en des émouvantes retrouvailles. La rencontre a eu lieu
au siège du parti. En effet, M. Esteban Lazo Hermandez
connaît le Congo, mais n’y est jamais arrivé.
Mais il connaît très bien Yerodia. Il lui a rappelé
les occasions que le vice-président congolais avait visité
le Cuba et sa rencontre avec Che Guevara.
M. Esteban
a visité le Congo Brazza et a dit n’avoir vu Kinshasa
qu’à partir de l’autre rive du fleuve. Il a
également visité des pays tout autour du Congo.
Il a souhaité voir le Congo sortir de ses difficultés
actuelles notamment en organisant les élections. Aussitôt
après cet entretien de plus d’une heure, Yerodia
Abdoulaye Ndombasi est allé déposer une gerbe de
fleur en l’honneur des combattants cubains tombés
sur-le-champ de bataille en Afrique. Un mémorial à
la mesure de la mission que ces combattants cubains s’étaient
confiée en allant mourir pour la justice loin de leur pays.
Une cérémonie très émouvante.
Le vice-président
Yerodia, très ému, n’a pu retenir ses larmes
devant la presse cubaine. Le vice-président est allé
ensuite visiter le musée de la ville de la Havane. Il s’est
fait expliquer différents vestiges dont le plan de
la ville de la Havane. Il a longuement reçu des informations
sur les bâtiments qui avaient servi pendant la colonisation
et l’usage qu’on en fait aujourd’hui. Plus d’une
heure de visite.
Tout
autour de la place du musée, des livres sur la révolution
cubaine, sur Che et sur le vrai et unique lider maximo du monde,
Fidel Castro. La délégation congolaise s’est
ruée sur les rares livres dont on pouvait trouver des versions
françaises. C’est le cas de la plaidoirie de Fidel
Castro, L’histoire m’acquittera. Tout le monde s’en
est procuré un exemplaire en reconnaissant, à travers
les progrès accomplis dans le pays, qu’effectivement
l’histoire a réellement acquitté Fidel Castro.
La bombe atomique cubaine
Le
clou de la visite du vice président Yerodia à La
Havane doit sans aucun doute être la participation à
la grande fête de travail à la place de la
Révolution. Il était 6 heures. La place de la révolution
était déjà noire de monde, mais en
réalité rouge, mieux, multicolore, des couleurs
nationales cubaines. Yerodia arrive sur les lieux de la manifestation.
Grande surprise. Il est accueilli par des cris en lingala.
On s’en
doutait, le Congo était présent à cette manifestation
par sa colonie de La Havane composée essentiellement des
étudiants, qui a vu la participation de beaucoup de peuples
progressistes du monde. Les ressortissants congolais étaient
au bord des larmes de voir leur vice-président faire son
entrée à la place de la révolution.
Avant même que la délégation congolaise s’installe,
Fidel Castro faisait son entrée dans un grand brouhaha
des drapelets et au cri Fidel, Fidel, Fidel.
Son
cortège n’est composé que de deux voitures.
Une Fiat et une Mercedes ancien modèle. Jamais un
leader politique n’a été adulé et n’a
été aussi proche de son peuple. Un accueil
spontané. Car, la veille aucune publicité pour appeler
le peuple à participer à cette manifestation. La
raison de cette vénération, on la saura en visitant
les provinces. La révolution cubaine est une réussite
qui confond tous ses détracteurs.
Selon
les estimations, plus d’un million de participants à
cette manifestation. Au cours de l’entretien que Yerodia
avait eu avec le camarade Esteban, ce dernier lui avait livré
le secret de la résistance du peuple cubain face à
la super puissance américaine. En effet avait-il dit, les
Américains n’ont peur que de la bombe atomique. Le
Cuba, avait-il annoncé sous un ton de confidence, avait
sa bombe atomique qui effraie les Américains. Il a promis
de montrer à son hôte cette bombe au cours de la
manifestation en l’honneur de la fête internationale
du travail.
Cette bombe était là. C’est le peuple cubain.
Chaque cubain était seul devant sa responsabilité
et sa conscience. Toutes les délégations des peuples
amis mettront l’accent sur la solidarité du peuple
cubain et sur le caractère internationaliste de la révolution
cubaine. Mais celui qui a tenu l’assistance en haleine,
c’est le délégué du Venezuela, pays
qui venait d’expérimenter la solidarité et
le sacrifice du peuple cubain.
Le
paradoxe américain
Dans
sa tenue traditionnelle vert citron, Fidel Castro, debout pendant
deux heures, sous les applaudissements nourris, a commencé
son discours par remercier tous les peuples du monde qui sont
venus s’associer au peuple cubain à l’occasion
de cette fête. Le Cuba, a dit le président, avait
condamné l’attaque du 11 septembre à New York
contre les innocents en utilisant des avions de ligne. Car, Cuba
ne recourt jamais à la violence aveugle, mais préfère
engager un combat d’idées.
Malheureusement,
a-t-il constaté, le gouvernement Bush qui a déclaré
la guerre contre le terrorisme, «recourt lui-même
au terrorisme». Non seulement il occupe une partie du territoire
cubain, mais il y a installé un lieu où se pratique
la torture contre des prisonniers. En plus de cela, le gouvernement
américain «protège et arme des terroristes,
des gens qui terrorisent le peuple cubain en plaçant des
bombes même dans des représentations diplomatiques».
Il a demandé au gouvernement américain, dans la
mesure où sa lutte contre le terrorisme était sincère
de soumettre les terroristes cubains à la justice
notamment vénézuélienne où ils ont
commis des crimes impardonnables.
Aussitôt après la manifestation, la délégation
du Vice-président Yerodia s’est envolée en
province, particulièrement à Varadero où
elle a visité le travail de la révolution cubaine
dans le domaine du tourisme.
De
notre envoyé spécial, J. Diana G.