Leçons
à tirer des événements de Mbuji-Mayi après
ceux de Lubumbashi
Par
l'Association Mémoire Verte, Kinshasa,
document reçu le 25 mai 2005
30
juin 2005, enfin libre !
Si vous ne savez réfléchir que par le
ventre avec la haine sur les lèvres, ne lisez pas ce document
réservé exclusivement à ceux qui réfléchissent
par la tête et se savent capables de très bien analyser
les matières expressément sélectionnées
dans ce document. Ces matières démontrent l’ampleur
de la manipulation dont sont l’objet le peuple congolais
et une certaine opinion étrangère. Les auteurs mettent
au défi les parties citées de prouver le contraire.
Les auteurs sont convaincus de faire œuvre utile par rapport
à l’échéance du 30 juin 2005 que certaines
forces politiques et sociales veulent rendre fatidique. Pour avoir
longtemps suivi jour après jour le processus démocratique
enclenché le 24 avril 1990, les auteurs réalisent
que c’est aux approches de chaque échéance
d’une phase donnée de la transition que des incidents
surgissent pour provoquer soit par les négociations politiques
soit par les guerres une nouvelle transition. Or, jamais le Congo,
au cours de ces 15 dernières années, n’aura
été aussi proche des élections que maintenant.
Il faut alors maintenir le cap...
Voici les matières faisant l’objet de manipulation
et de désinformation avec comme victimes l’opinion
nationale et l’opinion internationale :
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1.
Déclaration du Chef de l’Etat relative à la
démission au cas de non tenue des élections avant
la fin de la transition
En
date du 7 octobre 2004, le Président de la République
a tenu un point de presse au Palais de la nation à l’attention
de la presse privée. Ont été sélectionnés
parmi les journaux congolais Le Potentiel, le Palmarès,
le Phare, L’Avenir, L’Observateur, Forum des As, La
Référence plus, Uhuru, Demain le Congo, Liberté,
Libération, Le Passeport africain, Nouvel Elan et The Post.
Parmi les organes de presse étrangers, il y a eu Voa et
Rfi.
La matière relative aux élections proprement a fait
l’objet de trois questions posées la première
par « The Post », la deuxième par « Rfi
» et la troisième par « Liberté ».
Voici chacune de ces questions et chacune des réponses
données par le Chef de l’Etat.
Première question : Monsieur, il y a une certaine
opinion qui pense que finalement les gouvernants ne disent pas
vrai sur la question des élections parce que quand on regarde
les difficultés, notamment les moyens que vous avez évoqués,
et lorsqu’on regarde le temps qui nous reste, on se rend
compte qu’il ne sera pas possible dans ce délai.
Est-ce qu’il n’y a pas une certaine hypocrisie que
le gouvernement affiche ; personne ne voulant prendre la responsabilité
de la non-tenue des élections prévues ?
Première réponse :
Ce sera effectivement une illusion de faire croire au peuple congolais
que les élections, c’est la solution aux problèmes
qui se posent aujourd’hui. C’était aussi, je
crois bien, une illusion parce qu’il y a ceux qui ont cru
qu’avec la mise en place des Institutions de la Transition
en cours, les problèmes qui se posaient à l’époque
et surtout les problèmes qui se posent maintenant seraient
résolus comme par magie.
Après les élections, ce sera bien entendu le travail,
la reconstruction et le renforcement même de la démocratie.
Je ne crois pas qu’il y a une hypocrisie quand ont dit que
les élections seront organisées. Je vous ai dit
que c’est ça, la mission principale du gouvernement
et des Institutions de la Transition qui sont en place.
Si on n’arrive pas à organiser ces élections,
la logique sera de faire en sorte que c’est nous qui puissions
démissionner.
Ce n’est pas le gouvernement qui organise les élections
; c’est plutôt la Commission électorale indépendante.
Le moment venu, la Commission – le président Malu-Malu
lui-même – sera obligée d’informer le
peuple congolais et de nous informer nous-mêmes sur la possibilité
ou non de l’organisation des élections dans le délai
prévu par la Constitution.
Ce n’est pas le président qui, aujourd’hui,
va dire que les élections ne vont pas être organisées.
C’est depuis 2001 que je me suis prononcé là-dessus.
Pour moi, l’objectif de la mission, c’est de faire
en sorte que nous puissions organiser les élections dans
ce pays.
C’était primo l’organisation de ce dialogue
en Afrique du Sud. Nous avons réussi à l’organiser.
Aujourd’hui, il y a les Institutions qui sont en place,
il y a la pacification du pays en cours et demain la tenue des
élections.
Alors, Messieurs, je ne suis pas un menteur. Les élections
seront bel et bien organisées.
Deuxième
question : Vous disiez tout à l’heure, pour revenir
sur les élections, qu’elles auraient lieu d’ici
la fin de la Transition en juin 2005 si les moyens étaient
réunis. Donc, c’est la seule condition ?
Deuxième réponse :
C’était la seule condition parce qu’avant,
c’était la réunification du pays. On ne pouvait
pas organiser les élections dans un pays divisé.
Secundo, c’était la pacification. Progressivement
et surtout à l’Est du pays, la paix devient une réalité.
Et puis, il y a l’intégration et la démobilisation
au niveau de l’armée. Je vous ai dit que le gouvernement
a déjà approuvé un programme et qu’il
y a des structures qui sont à pied d’œuvre.
Le gouvernement a transmis à l’Assemblée nationale
les deux ou trois textes de loi, notamment la loi sur la nationalité,
la loi sur le recensement. Nous n’avons plus de projet de
loi à transmettre. On attend seulement le vote au niveau
de l’Assemblée nationale et la promulgation.
En ce qui concerne le projet de Constitution, il y a un comité
de rédaction qui se trouve à Kisangani. Nous pensons
que d’ici au mois de décembre, on aura l’avant-projet
de Constitution de la 3ème République.
Sur le plan de l’administration, sur le plan de la sécurité
et sur le plan législatif, nous sommes sur la bonne voie.
Pour les élections qui doivent être organisées,
je vous ai dit que nous avons un petit problème, et c’est
le problème des moyens. Jusque-là, il y a seulement
la moitié de ce budget pour les élections qui peuvent
être organisées d’ici juin 2005 ou non. Mais
la volonté, la détermination et la mission principale
du gouvernement, c’est de faire en sorte que ces élections
soient organisées. C’est assez clair.
Troisième
question : A supposer que l’argent arrive au mois de décembre,
n’y aura-t-il pas une prolongation de la Transition ?
Troisième réponse :
Ecoutez : en ce qui concerne les élections, je vous ai
tout dit. Le tout dépend de la Commission électorale
indépendante. Je crois bien que le président de
la Commission est mieux placé pour vous donner une réponse
à propos de la prolongation.
Chaque jour, quand je me réveille, je dis : Merci le Bon
Dieu ; il ne reste que neuf mois ! Alors, je n’aimerais
pas qu’il y ait une prolongation de la transition : ça,
c’est clair ; c’est mon point de vue. Mais, il ne
faut pas seulement organiser les élections pour les élections.
Il faut que ça soit les vraies élections, bien organisées.
Il faut qu’il y ait une bonne coordination. Alors, il faut
éviter la précipitation.
Observations
:
Pour peu que l’on soit honnête avec soi-même,
on réalise que l’allusion à la date du 30
juin 2005 est dans la question de Rfi et non dans la réponse
donnée par le Chef de l’Etat à celle du journal
« The Post ». Or, c’est dans la réponse
à ce journal qu’il est fait allusion à la
démission des animateurs des institutions. En termes clairs,
si Rfi n’avait pas posé sa question, cette date du
30 juin 2005 n’aurait même pas apparu.
Au moins une chose est sûre : le Chef de l’Etat s’est
dit opposé à la prolongation de la Transition. Mais
il a aussi soulevé la question de financement des élections.
La Déclaration de la Cei du 15 avril 2005 faite par l’abbé
Apollinaire Malu-Malu, la Déclaration de l’Union
européenne du 30 avril courant faite par Louis Michel et
la dernière Déclaration du Gouvernement allemand
relatifs aux contributions supplémentaires au financement
du processus électoral prouvent à suffisance, si
besoin est, que jusqu’en cette fin du mois de mai 2005 le
budget n’est pas encore entièrement disponibilisé.
A dire vrai, ceux des politiciens et des journalistes qui ont
déformé délibérément les propos
du Chef de l’Etat se sont bien moqués des Congolais
qu’ils continuent de prendre pour une masse inculte, immature,
prête à consommer n’importe quel mensonge pour
peu qu’il profite à leur Cause !
Résultat : des Congolais sont morts à Mbuji-Mayi
et des sièges des partis politiques détruits parce
qu’ils ont été mentis, désinformés,
intoxiqués puis manipulés.
Aussi, le 30 juin 2005, le peuple enfin libéré de
la manipulation doit leur exiger de la preuve de ce que le Chef
de l’Etat a réellement dit au cours de ce point de
presse.
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2.
Chronogrammes de la Cei, du Chef de l’Etat et du Ciat
En
mars 2004, la Commission électorale indépendante
a eu à proposer un chronogramme dans lequel la campagne
et l’élection présidentielles sont prévues
pour les mois de juillet et août 2005. Soit après
le 30 juin 2005. Donc pendant la période de prolongation
;
En avril 2004, le Chef de l’Etat a eu à proposer
un chronogramme dans lequel la campagne et l’élection
présidentielles sont prévues entre juillet et septembre
2005. Soit après le 30 juin 2005. Donc pendant la période
de prolongation ; et
En mai 2004, le Ciat a eu à proposer un chronogramme dans
lequel la campagne et l’élection présidentielles
sont prévues entre juillet et septembre 2005. Soit après
le 30 juin 2005. Donc pendant la période de prolongation.
D’ailleurs, ce chronogramme situe entre octobre, novembre
et décembre 2005 l’établissement des institutions
issues des élections libres, démocratiques et transparentes.
Comment expliquer alors que le peuple mûr n’ait attendu
que l’interview accordée par le président
de la Cei, l’abbé Apollinaire Malu Malu à
Rfi le 6 janvier 2005 pour réagir contre la prolongation
?
Déjà, quand certains politiciens disent que cette
réaction a été spontanée, ils mentent
de façon éhontée. Car, par réaction
spontanée s’entend une réaction directe à
une action donnée. L’exemple d’une réaction
spontanée nous avait été donné le
22 juillet 1991 lorsque M. Mobutu avait nommé M. Tshisekedi
Premier ministre une semaine avant l’ouverture de la Cns.
Les combattants de l’Udps étaient descendus dans
la rue aussitôt le discours du maréchal terminé.
Ils n’avaient pas attendu un seul jour de plus pour manifester
leur désaccord.
Dans le cas présent, la fameuse réaction spontanée
contre l’interview de l’abbé Malu-Malu a attendu
4 jours. Elle a, en effet, eu lieu le 10 janvier 2005 après
qu’un acteur politique bien connu ait jeté
des tracts.
La question est de savoir pourquoi cet acteur n’avait-il
pas désavoué la Cei en mars 2004, ni le Chef de
l’Etat en avril 2004, encore moins le Ciat en mai 2004 ?
Réponse simple à une question simple : il venait
d’être relevé de ses fonctions puisque cité
dans le Rapport d’audit de la Commission dite Bakandeja.
En réalité, il voulait se venger, et c’est
le peuple qu’il a utilisé à ses fins égoïstes.
Preuve, si besoin est, qu’il n’a que mépris
envers le peuple congolais.
Aussi, le 30 juin 2005, le peuple enfin libéré de
l’intoxication doit demander à ces politiciens pourquoi,
alors qu’ils sont signataires de l’Accord global et
inclusif ainsi que de l’Acte final du Dialogue intercongolais
fixant le délai de la Transition à 24 mois avec
possibilité d’une prolongation de 6 mois renouvelable
une seule fois n’avaient pas dénoncé le 17
décembre 2002, le 2 avril 2003, le 4 avril 2003 et le 30
avril 2003 cette disposition.
Pour la petite histoire, le politicien qui s’est proclamé
initiateur de la journée ville-morte du 10 janvier 2005
est celui-là même qui organisait les fameuses «
journée ville-morte » au cours desquelles bien des
gens sont mortes notamment faute de possibilité d’accéder
aux soins de santé. Bien des opérateurs économiques
ont été mis en faillite pour avoir perdu qui un
magasin, qui un bus, qui un atelier. Il est de ceux qui avaient
préconisé la suspension de la coopération
structurelle, accentuant ainsi le chômage et la crise. C’est
du reste à cause de cette suspension que l’on connaît
le phénomène dit « délestage »
en ce qui concerne l’électricité, la destruction
fort avancée du réseau routier, ferroviaire, fluvial,
la dégradation des infrastructures sociales comme les écoles,
les centres médicaux...
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3.
Tous les objectifs de la Transition sont liés aux élections
Selon
l’Accord global et inclusif dans son chapitre II, la Transition
a cinq objectifs, à savoir
-
la
réunification, la pacification, la reconstruction du
pays, la restauration de l’intégrité territoriale
et le rétablissement de l’autorité de l’état
sur l’ensemble du territoire national ;
-
la
réconciliation nationale ;
-
la
formation d’une armée nationale, restructurée
et intégrée ;
-
l’organisation
d’élections libres à tous les niveaux permettant
la mise en place d’un régime constitutionnel démocratique
-
la
mise en place des structures devant aboutir à un nouvel
ordre politique
Observations
Les
préalables électoraux liés à l’article
196 relatif à la durée de la transition ne se limitent
pas qu’à l’Avant-projet de Constitution de
la IIIème République et aux lois référendaire
et électorale, comme tente de l’accréditer
une certaine classe politique.
En effet sans, par exemple, la réunification, la pacification,
la restauration de l’intégrité territoriale
et le rétablissement de l’Autorité de l’Etat,
on ne peut raisonnablement envisager les élections dans
les délais constitutionnels même si tous ces textes
de loi sont apprêtés…
Sans une armée ou une police nationale réellement
opérationnelle, on ne peut avoir de bonnes élections
même si tous les textes de lois sont prêts…
De même, sans la disponibilité du financement total
du processus électoral, on peut pas avoir de bonnes élections
même si tous les textes de lois sont prêts.
Tous ces préalables (textes, sécurité, financement)
vont ensemble. Isoler l’un des autres ou les autres de l’un
revient à se moquer non pas que des délégués
au Dialogue intercongolais et de la Communauté internationale,
mais aussi du peuple congolais qui y a adhéré.
Aussi, le 30 juin 2005, le peuple enfin libéré de
la désinformation doit absolument interpeller ceux des
acteurs politiques qui soutiennent la thèse contraire.
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4.
Armée congolaise
Il
est de notoriété publique que depuis le 30 juin
1960, l’armée nationale n’a jamais remporté
seule une seule guerre contre un mouvement sécessionniste,
un mouvement rebelle ou un mouvement d’agression.
Paradoxalement, cette même armée – du moins
sous Mobutu – réalisait de grands exploits militaires,
notamment au Tchad et au Rwanda, lorsqu’il s’agissait
de voler au secours des amis du maréchal dont le pouvoir
était ébranlé souvent par des mouvements
rebelles. Cas du Fpr d’un certain Paul Kagame !
C’est cette armée qu’une classe politique encore
active qualifiait de soldatesque mobutienne au cours des 7 premières
années de la transition (1990 – 1997).
Livrée à elle-même après avoir été
fractionnée avec, d’un côté, la piétaille
négligée par Mobutu et de l’autre la Division
spéciale présidentielle (Dsp) et la Garde civile
(Gaci) soignées plutôt aux petits oignons par le
maréchal, cette armée verra son autorité
sérieusement entamée à l’instigation
des partis politiques dits changementalistes. Que de fois, par
exemple, ne voyait-on pas des membres d’un certain parti
se permettre de tenir au collet, en pleine rue, des éléments
ex-Faz ?
A l’avènement de l’Afdl, bon nombre de ces
ex-Faz feront ce qu’aucun militaire dans n’importe
quel pays au monde n’a eu à faire : obéir
à l’injonction des politiciens opposants de ne pas
combattre les forces du mouvement rebelle !
En fait, ce que ces politiciens avaient fait, c’est d’exposer
le militaire coupable d’une telle reddition à la
sanction la plus grave qui soit : à savoir la révocation
de l’armée ou le passage devant le peloton d’exécution.
Car aucun gouvernant ne peut compter sur un militaire qui baisse
son arme non pas sur ordre de son chef direct, mais à l’instigation
d’un politicien qui, de surcroît, est un opposant
autoproclamé !
Laurent-Désiré Kabila ne l’a pas fait ; il
n’a renvoyé de l’armée aucun militaire
ex-Faz ; il n’en a fait non plus exécuter aucun.
Au contraire, il les a regroupés avec les « Kadogo
» venus dans les rangs de l’Afdl. Il faut d’ailleurs
noter qu’à son avènement au Pouvoir, il n’avait
fait exécuté aucun politicien non plus, même
parmi ceux qui le méritaient. C’était ça,
sa Révolution pardon.
Joseph Kabila, quant à lui, a plutôt promu les ex-Faz.
Cas de l’amiral Liwanga et du général Kisempia
nommés tour à tour chef d’Etat-major général
des Fac. Cas du général Kalume et du général
Mbudja Mabe. Cas même de l’actuel général
Didier Etumba. Il se dit d’ailleurs qu’à l’avènement
de l’Afdl le 17 mai 1997, Joseph Kabila s’était
fait le protecteur des ex-Faz devant les Rwandais.
Certes, il y a eu les tristes événements de Kitona
où les Rwandais chargés d’aider la RDC à
se doter d’une nouvelle armée dénommée
Fac ont fait le contraire de ce qui devrait être fait. Ils
ont eu à humilier les ex-Faz. L’histoire au moins
retiendra pour la postérité la vérité
suivante : mis au courant de ces événements, L.-D.
Kabila avait décidé de suspendre la coopération
militaire informelle rwandaise. C’était le 27 juillet
1998.
Cinq jours après, soit le 2 août 1998, le Rwanda
agressait carrément la RDC, conscient de l’incapacité
dans laquelle se trouvait l’armée congolaise de défendre
le territoire national. Le peuple congolais s’était
levé comme un seul homme pour barrer la route de Kinshasa
aux agresseurs.
Mais déjà, l’histoire de l’armée
en RDC depuis 1960 renseigne que les réunifications intervenues
au lendemain des sécessions, des rébellions et même
des mutineries n’ont jamais été réalisées
en moins de 2 ans, voire 5 ! C’est un programme qui s’étale
sur au moins une dizaine d’années.
Or, le brassage actuel a ceci de particulier qu’il faut
commencer par démobiliser les militaires volontaires, les
militaires retraités (dont certains attendent leurs indemnités
de sortie depuis une vingtaine d’années exactement
comme certains fonctionnaires), les militaires invalides et blessés
de guerre, et les enfants soldats.
C’est une opération qui nécessite énormément
d’argent dans le cadre de la réinsertion. Si l’on
peut envisager d’octroyer une indemnité de sortie
forfaitaire de Usd 2.000 par militaire – ce qui est des
plus dérisoires – il faut disponibiliser au moins
Usd 200 millions pour 100 mille candidats au départ, soit
le tiers même de la part de l’Etat congolais au Budget.
Cet argent, la RDC n’en a pas aujourd’hui compte tenu
de l’état de destruction de son tissu économique
qui n’est pas l’œuvre de l’Afdl mais bien
du régime de la 1ère République (1960 –
1965), de la 2ème République (1965 – 1990),
du régime de la 1ère phase de la transition (1990
– 1997) et de la 2ème guerre (1998 – 2003).
Et la guerre de l’Afdl, dirait-on ? Elle est généralement
qualifiée par les politiciens de Kinshasa de « promenade
de santé », c’est-à-dire de conflit
auquel on ne peut attribuer ni mort d’hommes, ni pillages
en masse !
Le même brassage fait dire aux mêmes politiciens qu’il
suffit de regrouper les effectifs des Fac avec les ex-branches
armées du Rcd, du Mlc, du Rcd-kml, du Rcd-n et les Maï-Maï
auxquels on peut maintenant ajouter les ex-Dsp et Gaci de Mobutu
ainsi que les Tigres en provenance d’Angola pour que la
sommation fasse les Forces armées de la République
Démocratique du Congo.
Cela ne suffit par parce qu’il faut, en même temps,
appliquer à cette réforme l’article 180 de
la Constitution de la transition consacrant la participation équitable
et équilibrée de toutes les provinces.
Bref, depuis l’accession du Congo à l’indépendance,
c’est la première fois qu’une réforme,
mieux une refonde aussi profonde de l’armée nationale
est en train de s’opérer.
En levant alors l’option de former d’ici au mois d’octobre
2005 les 15 brigades en mesure de sécuriser non pas que
les élections, mais surtout les institutions issues de
ces dernières, le pouvoir actuel est en train de faire
d’une pierre deux coups : garantir la tenue des élections
et garantir à la 3ème République une bonne
naissance.
S’il se trouve donc des acteurs politiques qui réclament
les élections aujourd’hui, c’est qu’ils
reconnaissent la réalisation de tous les autres objectifs
de la transition.
Dans ce cas, ils ne peuvent raisonnablement parler de bilan négatif…
Aussi, le 30 juin 2005, le peuple enfin libéré de
l’intoxication doit le leur signifier en disant NON à
toute tentative de substituer une autre Transition à la
Transition issue du Dialogue intercongolais.
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5.
Guerres de 1996 et 1998
La
guerre de l’Afdl avait pour objectif de combattre la dictature
mobutienne. Elle ne visait pas, comme certains mauvais esprits
sont en train de le laisser entendre, la liquidation du schéma
de la Cns. Simplement parce que la guerre de l’Afdl avait
commencé en octobre 1997. Or, le schéma de la Cns
avait été enterré en avril 1994 à
la signature des Accords du Palais du Peuple.
On ne peut pas faire alors à l’Afdl le reproche de
la non-application ou de la mauvaise application :
a) des Accords du Palais de marbre 1 et 2 en 1991
b) du schéma de la Cns en 1992
c) du schéma du Conclave politique de Kinshasa en 1993
d) de la 3ème voie consacrée par les Accords du
Palais du peuple en 1994.
Ce n’est, de toutes les façons, pas l’Afdl
qui a été à la base :
a) du raturage du texte de serment constitutionnel en 1991
b) de la décision de fermeture de la Cns en 1992
c) de la répression sanglante de la Marche des Chrétiens
en 1992
d) de la crise institutionnelle née de l’élection
du Premier ministre à la Cns
e) des événements du Shaba avec le refoulement des
Kasaiens
f) de l’arrêt brutal des travaux de la Cns en 1992
g) des pillages de 1991 et 1993
h) de la suspension de la coopération structurelle entre
1990 et 1993
i) de la crise née de l’interprétation de
l’article 78 de l’acte constitutionnel de la transition
j) de la dollarisation de la monnaie nationale
k) de la thésaurisation de la monnaie nationale
l) de l’étranglement du système bancaire
m) des affaires Khanaffer avec la contrefaçon de la monnaie
n) de la défenestration de Mgr Laurent Monsengwo de son
poste de président du Hcr-pt
o) de l’agrément de près de 450 partis politiques
en 7 ans de transition,
p) de l’atomisation de bon nombre de partis politiques de
l’Opposition
q) de la promulgation d’une demi-douzaine de Constitutions,
de l’institutionnalisation d’une demi-dizaine de Parlements
et d’une quinzaine de Gouvernements en 7 ans de transition
r) etc.
Avec
un peu d’honnêteté, on reconnaîtra que
ce n’est pas l’Afdl qui a rendu le pays ingouvernable
tel qu’elle l’a trouvé un certain 17 mai 1997.
On n’a tendance à faire à l’Afdl le
reproche d’avoir bénéficié lors de
la guerre de libération de l’aide du Rwanda. Soit.
Mais pourquoi ne parle-t-on que du Rwanda ? Est-on sûr que
sans la caution de la Communauté internationale et celle
des autres pays comme l’Ouganda, l’Erythrée,
l’Ethiopie et l’Angola, le Rwanda à lui seul
aurait soutenu l’Afdl jusqu’au bout ?
On ne peut d’ailleurs pas comparer la guerre de 1996 avec
celle de 1998, ne serait-ce qu’au travers de la réaction
du peuple souverain.
La guerre de 1996 avait été saluée par l’ensemble
du peuple congolais, tandis que celle de 1998 l’a révolté.
Dans tous les cas, le peuple retient qu’il s’est trouvé
à Kinshasa des acteurs politiques et des organes de presse
pour saluer en L.D Kabila un digne fils du pays.
A l’occasion du 30 juin 2005, le peuple a le droit de demander
à ces acteurs et ces organes de presse devenus très
critiques envers L-D Kabila puis Joseph Kabila de lui expliquer
le sens des propos flatteurs qu’ils tenaient à l’endroit
de l’Afdl pendant la guerre de libération.
Ils diront certainement qu’ils se sont trompés. Dès
lors, le peuple constatera avec nous que :
a) ils avaient tenu envers Mobutu des propos flatteurs avant de
commencer à le ridiculiser,
b) ils avaient tenu envers Nguz des propos flatteurs avant de
commencer à le ridiculiser,
c) ils avaient tenu envers Kengo des propos flatteurs avant de
commencer à le ridiculiser,
d) ils avaient tenu des propos flatteurs envers Lihau avant de
commencer à le ridiculiser ,
e) ils avaient tenu envers Monsengwo des propos flatteurs avant
de commencer à le ridiculiser,
f) ils avaient tenu envers Gizenga des propos flatteurs avant
de commencer à le ridiculiser,
g) ils avaient tenu envers Kibassa des propos flatteurs avant
de commencer à le ridiculiser.
h)
Et, ce n’est pas fini. En ce qui concerne les partenaires
extérieurs, on sait que :
a) ils avaient tenu envers Wade des propos flatteurs avant de
commencer à le ridiculiser
b) ils avaient tenu envers Brahimi des propos flatteurs avant
de commencer à le ridiculiser
c) ils avaient tenu envers Ketumile Masire des propos flatteurs
avant de commencer à le ridiculiser
d) ils avaient tenu envers Louis Michel des propos flatteurs avant
de commencer à le ridiculiser,
e) ils avaient tenu envers William L. Swing des propos flatteurs
avant de commencer à le ridiculiser,
f) et maintenant, après avoir tenu envers Thabo Mbeki des
propos flatteurs, ils commencent à le ridiculiser.
Quel crédit peut-on alors donner à des gens et des
mouvements qui se trompent de partenaire tout le temps ? Faut-il
vraiment continuer à soutenir le 30 juin 2005 des gens
et des mouvements qui se trompent depuis 15 ans, ou plutôt
45 ans ?
En outre, il est intéressant de rappeler ici que ceux qui
font à l’Afdl le reproche d’avoir bénéficié
du concours du Rwanda avaient, eux-mêmes, salué les
premiers l’avènement du Fpr au pouvoir en 1994 déjà,
soit deux ans avant la création même de l’Afdl.
S’agissant
de la guerre de 1998, la vérité est bien établie
aujourd’hui : le pouvoir rwandais a fini par reconnaître
la présence de ses troupes en RDC sans l’accord du
gouvernement congolais. En droit international, il a commis une
agression.
Que fait un pays normal en cas d’agression, de sécession
ou de rébellion ou encore de mutinerie ? La Constitution
et le Droit international l’autorisent de se défendre
et, au besoin, de recourir aux moyens à sa portée.
Les annales du Congo renseignent que pour la contre-offensive,
Mobutu ne s’empêchait pas de recourir aux pays amis
(comme les Etats-Unis, la France, la Belgique et le Maroc), aux
mouvements rebelles étrangers (comme l’Unita) et
aux mercenaires (comme Jean Schramme et Bob Denard).
Le Rwanda soutient continuellement qu’il a exercé
un droit de poursuite contre les ex-Far et les Interahamwe qu’il
ne cesse de qualifier de génocidaires.
Il est bon de rappeler que ces rebelles hutu sont entrés
dans notre pays depuis 1994. Soit deux ans avant la naissance
de l’Afdl, cela à l’époque de Mobutu.
D’ailleurs, tous les mouvements rebelles cités dans
l’Accord de Lusaka et qui se servaient du territoire congolais
comme base arrière, en l’occurrence les ex-Far, l’Adf,
le Lra, l’Unrf II, les Interahamwe, le Funa, le Fdd, le
Wndf, le Nalu et l’Unita, avaient été créés
avant l’avènement de l’Afdl ! Mobutu s’en
servait pour déstabiliser leurs pays d’origine, précisément
l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et l’Angola. C’était
ça, sa politique de bon voisinage dont se vantent ses affidés,
comme s’ils ne savaient pas que les régimes dont
leur chef voulait la chute pouvaient un jour prendre leur revanche…
Ayant gardé ses troupes en RDC après la prise du
pouvoir par l’Afdl le 17 mai 1997 alors que les forces des
autres pays – à l’exception de celles de l’Ouganda
– sont rentrées, le Rwanda a exercé une mainmise
totale sur la sécurité et l’armée congolaises.
Partant, il était censé disposer de toutes les informations
sur une éventuelle coalition « L-D Kabila –
rebelles hutu ».
Or, cette coalition ne pouvait être possible surtout
quand on sait que certains politiciens et certaines ong alimentaient
la communauté internationale en informations pour faire
passer L-D Kabila pour le génocidaire des réfugiés
hutu ! On se souvient que pendant les 14 mois du Pouvoir
Kabila avant la guerre du 2 août 1998, on parlait d’allégations
des massacres des réfugiés hutu, sans distinguer
les civils des militaires. On se souvient que pendant les 14 mois,
la RDC avait été mise sous pression ; la reprise
de la coopération structurelle suspendue sous Mobutu à
la demande des Opposants ayant été soumise à
une enquête internationale.
On se souviendra surtout qu’en juillet 1998, lors de sa
session spécialement consacrée au Rapport de la
Commission Kofi Amega, le Conseil de sécurité a
eu à dédouaner Laurent-Désiré Kabila
pour les massacres des réfugiés hutu perpétrés
à Mbandaka ; les auteurs étant les officiers et
les soldats de l’Apr. Le Conseil de sécurité
a chargé les présidents congolais et rwandais de
procéder à l’arrestation de ces militaires.
Il a déclaré attendre d’eux la réponse
à la session ordinaire d’octobre 1998.
Le 2 août 1998 la guerre va commencer, et en octobre 1998
le Conseil de sécurité de l’Onu oubliera de
traiter de la question. Depuis, plus personne n’en parle.
Même les Opposants, les activistes des Droits de l’homme
et les médias congolais se sont abonnés à
l’amnésie.
Pourtant, le mal fait au peuple congolais perdure.
On retiendra au moins, pour la postérité, que si
Paul Kagame a attendu mars 1999 pour dénoncer pour la première
fois la présence des ex-Far et Interahamwe aux côtés
des Fac, c’est que L-D Kabila n’a jamais tué
ces réfugiés !
Les observateurs avisés noteront, par ailleurs, que pendant
les 14 mois de son implication directe dans la gestion de la sécurité
et de l’armée congolaises, le Rwanda s’est
révélé incapable de prendre un seul rebelle
hutu et de le présenter à l’opinion internationale
comme preuve de la présence des ex-Far et des Interahamwe
en territoire congolais. Par contre, c’est vers mars 1999
– soit près de 9 mois après le déclenchement
de l’agression – que Paul Kagame a justifié
la présence de ses troupes par la présence des ex-Far
et Interhamwe.
C’est la preuve qu’au 2 août 1998, il n’avait
pas d’argument pour l’agression ! Au demeurant, les
premières raisons qu’il donnera seront le massacre
de la minorité tutsi congolaise, la dictature, le népotisme
et la corruption mis sur le compte du régime Kabila comme
s’il s’agissait d’une affaire rwandaise...
De toutes les façons, la question pertinente est de savoir
comment des Opposants congolais, appelés à devenir
gouvernants, ont-ils pu faire au gouvernement Kabila à
l’époque le reproche d’avoir appelé
l’armée nationale, le peuple congolais, les pays
étrangers et même les rebelles hutu à la résistance
pour sauver le pays d’une agression avérée
!
Devrait-on en déduire que lorsqu’ils seront aux affaires,
ils empêcheront principalement l’armée nationale
et le peuple de bouter l’ennemi dehors, une fois la RDC
attaquée ?
Puisque c’est bien le cas, on ne peut que se demander pourquoi
en appellent-ils à la formation d’une nouvelle armée
nationale, restructurée et intégrée !
Voilà pourquoi, le 30 juin 2005, le peuple enfin libéré
de la manipulation doit absolument empêcher le pays de tomber
entre les mains de ces gens qui, vraisemblablement, ne savent
pas ce qu’ils cherchent ou cherchent ce qu’ils ne
savent pas.
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6.
Accords de Lemera !
Les Accords de Lemera sont comme le monstre de Lock Ness en Ecosse.
Tout le monde en parle, mais personne ne les voit, sauf sur Internet.
Leur quintessence serait la cession d’une partie du territoire
congolais faite par feu L-D. Kabila aux Rwandais, une fois au
pouvoir à Kinshasa en cas de victoire de l’Afdl.
Pourtant, avec le nationalisme et le patriotisme purs et durs
galvanisés par Kabila dans le chef du peuple congolais,
la seule façon pour le Rwanda ou pour les dirigeants du
Rcd de disqualifier sans coup férir M’Zee était
justement de produire ce document.
Si, quatre ans après la mort de L-D. Kabila, ni Paul Kagame,
ni Bizima Karahamuweto, ni Laurent Nkundabatware ne l’ont
jamais fait, c’est pour éviter de se couvrir de ridicule.
Car, quel crédit peut-on donner à un accord d’aliénation
d’une partie du territoire national conclu avec un homme
qui, somme toute, n’était encore qu’un rebelle
?
Voilà pourquoi même les acteurs politiques congolais
qui brandissent lesdits accords se moquent éperdument du
peuple congolais qu’ils prennent pour une masse inculte.
Dès le 30 juin 2005, le peuple libre enfin libéré
du mensonge doit commencer à s’occuper sérieusement
de tels troubadours.
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7.Révision
constitutionnelle
La
« révision constitutionnelle » est maintenant
dans toutes les bouches. On voit les porte-voix de certains partis
politiques (qui n’hésitent pourtant pas à
laisser leurs combattants traiter Joseph Kabila d’étranger,
et cela même devant la résidence de leur président
national), se mettre soudain à flatter le Chef de l’Etat
dans le sens du poil, simplement parce qu’ils se rendent
compte que cette révision de laquelle ils espèrent
l’entrée de leur leader dans les institutions de
la transition implique aussi le Président de la République
! En effet, l’article 201 dispose que « L’initiative
de la révision de la Constitution de la transition appartient
concurremment au Président de la République sur
proposition du gouvernement et à la moitié des députés
et des sénateurs. Le projet ou la proposition de révision
de la Constitution de la transition est adopté par consensus
dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale
et le Sénat. Le Président de la République
promulgue le texte adopté, conformément à
l’article 129 de la présente Constitution ».
Certes, au sein de l’espace dit présidentiel, des
voix discordantes ont été enregistrées au
sujet du retour au schéma de la Cns proclamé par
Etienne Tshisekedi au cas où les élections n’ont
pas lieu au plus tard le 30 juin 2005.
Le Vice-Président de la République Azarias Ruberwa
s’est prononcé ouvertement pour la révision
de la Constitution, question de prendre en compte la position
de l’Udps et même celle des partis comme le Palu.
S’y est opposée celle du Vice-Président de
la République Jean-Pierre Bemba qui considère la
proclamation de Tshisekedi comme étant un coup d’Etat
constitutionnel.
On se souviendra que début juin 2004, alors qu’on
s’approchait du 30 juin 2004 constituant l’An 1 de
la Transition, le Chef de l’Etat avait initié des
concertations politiques avec les acteurs étatiques et
non étatiques. A l’issue de ces contacts, le collège
des fondateurs du Rcd réunis en session extraordinaire
du 13 au 16 juin 2004 au siège du parti avait, au point
3 de son communiqué final, dit qu’il « réaffirme
l’engagement du rassemblement congolais pour la démocratie
à soutenir le processus de la transition en République
Démocratique du Congo ainsi que l’Accord Global et
Inclusif et exclut toute initiative tendant à la révision
de la Constitution de la transition ».
Que s’est-il passé dans le chef du Rcd pour que la
révision rejetée hier soit préconisée
aujourd’hui ?
Voilà pourquoi, le 30 juin 2005, le peuple enfin libéré
de la manipulation doit demander des explications au Rcd.
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8.
Participation aux Institutions de la Transition
Sait-on
qu’à l’Assemblée nationale, 15 mandats
dont 4 pour l’Udps/Tshisekedi sont encore disponibles ?
Pourquoi l’Udps ne les prend pas alors que le Palu administre
les siens ?
Les dirigeants de l’Udps qui proclament la fin de la Transition
le 30 juin 2005 parce que cela est conforme à l’Accord
global et inclusif ainsi qu’à la Constitution de
la Transition s’abstiennent, curieusement, de relever dans
les Dispositions finales de l’Accord global et inclusif
le point e ainsi libellé : « Les Parties s’engagent
à exécuter le présent Accord de bonne foi,
à respecter ses disposions, à prendre part à
toutes les Institutions, structures et commissions qui seront
créées conformément à ses dispositions.
Elles s’engagent à tout mettre en œuvre pour
veiller au respect et à l’application du présent
Accord ».
Pourquoi alors l’Udps ne fait partie ni des Institutions,
ni des Structures, ni des Commissions mises en place ? De deux
choses l’une : ou c’est pour en avoir été
exclue ; ou c’est parce qu’elle s’est auto-exclut.
Or, si c’est pour avoir été exclue, elle aurait
dû recourir soit au Ciat, soit aux Instances judiciaires
en appuyant sa requête sur cette disposition.
Aussi, le 30 juin 2005, le peuple enfin libéré de
l’intoxication doit réclamer de l’Udps des
précisions à cet effet.
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9.
Relations « Kabila – Tshisekedi »
Ce
sujet extrêmement important, car il semble installer dans
les relations entre le Chef de l’Etat et le président
national de l’Udps une méprise qu’il faut rapidement
évacuer.
Joseph Kabila est né en 1971. Il a 34 ans. Etienne Tshisekedi
est né en 1932. Il a cette année 73 ans. Entre le
premier et le second, il y a presque 40 ans de différence.
Sans l’Afdl, probablement qu’ils ne se seront pas
connus.
Or l’Afdl n’est rien d’autre, au départ,
que la conséquence de la mauvaise gestion de la 1ère
phase de la transition (1990 – 1997) par Mobutu et Tshisekedi.
En d’autres termes, si Mobutu et Tshisekedi avaient bien
géré la transition, l’Afdl ne serait pas née,
et certainement Laurent-Désiré Kabila ne serait
pas devenu président de la République en 1997 et,
par ricochet, Joseph Kabila non plus en 2001….
Pourquoi alors Etienne Tshisekedi en veut si tant à Joseph
Kabila qui, lui, n’est lié ni de près ni de
loin au schéma de la Cns, à l’instar du reste
de Laurent-Désiré Kabila ?
A Sun City, on sait comment l’Udps avait déployé
toutes ses batteries pour faire passer Joseph Kabila pour un étranger.
Etienne Tshisekedi était, du reste, le seul des délégués
au Dic, à part Gérard Kamanda, à poser sa
candidature au poste de président de la République
pour remplacer justement Joseph Kabila. C’était en
avril 2002.
Durant les travaux de la commission de suivi qui devait entre
autres mission régler la question de désignation
des vice-présidents de la république, l’Udps
a développé entre mars et juin 2003 un discours
dans le sens de passer Joseph Kabila et même le Ciat pour
ceux qui s’opposaient à candidature d’Etienne
Tshisekedi. On apprendra plus tard du pasteur Ngoy Mulunda que
le Chef de l’Etat l’avait personnellement envoyé
en Afrique du Sud chercher le président national de l’Udps,
mais en vain. L’avion est resté quatre jours durant
à l’aéroport.
La vérité se trouve dans une interview accordée
à « Rfi-L’Express » par Etienne Tshisekedi
un mois après l’investiture de Joseph Kabila en qualité
de Président de la République. Plusieurs questions
lui ont été posées parmi lesquelles les trois
reprises ci-dessous :
Q. :« Etes-vous prêt à discuter avec lui ?
» (ndlr : Joseph Kabila)
R. : Non. Quand nous parlons du dialogue intercongolais, stade
final des Accords de Lusaka, il est évident que nous sommes
prêts à discuter. Je ne vois pas pourquoi M. Kabila
ne serait pas à la table des négociations.
Q. : quant à travailler à son côté,
au nom de l’union nationale ?
R. : Non. En vérité, le petit Kabila dirige chez
nous un régime militaire, installé par les armes,
ce que récuse l’OUA. Il est lui-même militaire,
et bénéficie du soutien des armées de l’Angola
et du Zimbabwe.
Q. : revendiquez-vous encore le titre de premier ministre légitime
?
R. : Sur le plan du droit, je le reste. Le peuple qui m’a
investi alors ne m’a jamais retiré sa confiance.
Ce qui caractérise Etienne Tshisekedi, c’est la constance
; dit-on. A partir du moment où il a exclu dès le
départ toute possibilité de collaboration avec Joseph
Kabila, il ne faut rien attendre de lui dans le sens de fléchissement
de position.
En clair, ce n’est pas Joseph Kabila qui le récuse,
mais c’est plutôt lui qui récuse Joseph Kabila.
C’est la preuve que depuis 2003, on le force à une
cohabitation dont il ne veut pas.
Aussi, le 30 juin 2005, le peuple enfin libéré de
la manipulation n’a pas à se tromper de l’homme
qui bloque la réconciliation nationale.
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10.
Origines de Joseph KABILA
La
vie de Laurent-Désiré Kabila, père de Joseph
Kabila, a été celle pratiquement de la plupart des
Lumumbistes acculés sous Mobutu à l’exil ou
aux maquis. Les Lumumbistes qui ont préféré
le maquis à l’exil n’ont pas, à proprement
parler, eu une vie de famille aisée, obligés qu’ils
étaient de se préoccuper d’abord de leur survie.
S’il se trouve donc un mauvais service que les Mobutistes
de la décennie « 60-70 » ont rendu aux acteurs
politiques congolais, c’est bien celui-là.
A la suite de tout ce qui se dit sur les origines de Joseph Kabila,
d’éminents historiens et sociologues congolais et
étrangers sont parvenus à dresser son arbre généalogique,
lequel place le fils de Laurent-Désiré Kabila et
Sifa dans la lignée du Grand Peuple Luba présent
au Katanga (Balubakat) et aux Kasaï (Balubakas appelés
tout court Baluba).
Il va sans dire que Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi, par exemple,
sont du Grand Peuple Luba. D’ailleurs, l’opinion constatera
que depuis la publication de cet arbre généalogique,
on n’a pas entendu un seul chef coutumier luba le contester.
Pourquoi alors le mépris ?
Ceux qui connaissent l’Histoire de ce peuple savent que
les Baluba des Kasaï ont toujours eu des relations difficiles
avec les Baluba du Katanga. Depuis, ces relations ne se sont jamais
améliorées. D’où la propension à
mettre en insécurité tout le Congo et tout son peuple
à cause d’un ségrégationnisme atavique
!
On notera en passant qu’il n’y a qu’un parti
politique à mettre à doute les origines de nos chefs
d’Etat. Il l’avait fait avec Mobutu ; il le refait
avec Kabila. C’est sûr que si ce parti avait été
créé avant 1960 comme le Mnc, le Cerea, le Psa,
le Puna et autres Abako, il aurait trouvé des origines
étrangères à Joseph Kasa-Vubu.
Voilà pourquoi le 30 juin 2005, peuple enfin libéré
de la désinformation devra interpeller ce parti et ses
dirigeants pour leur demander s’ils ont le monopole d’être
congolais et les autres non !
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11.
Conférence nationale souveraine
La
Conférence nationale souveraine (Cns) avait été
convoquée pour trois objectifs :
a) la relecture de l’histoire de la nation depuis le 30
juin 1960
b) la réconciliation nationale et
c) la mise en place d’un nouvel ordre institutionnel
Concrètement, la relecture était une confession
publique (qui a fait quoi et à qui) ; la réconciliation
nationale un repentir public et le nouvel ordre institutionnel
réparation publique.
Or, à la Cns, la relecture avait été faussée
; tous les péchés d’Israël retombant
sur Mobutu seul. Ceux qui avaient pourtant participé à
ses côtés à la liquidation de la légalité
constitutionnelle de 1960 et de la légalité constitutionnelle
de 1965 avaient refusé d’assumer leur part de responsabilité.
Au contraire, certains se sont vantés d’avoir préconisé
à la création du cadre juridique devant régir
la 2ème République en prévoyant deux partis
politiques, dont le Mpr. Ils le présentent comme la preuve
de leur esprit démocratique. Mais ils n’ont jamais
dit au peuple comment ils sont devenus eux-mêmes et restés
plusieurs années durant membres du Mpr et pourquoi ils
avaient ordonné à la police d’user de la bastonnade
pour chasser du Parc de la Révolution les Lumumbistes,
réunis en ce lieu pour se constituer justement en second
parti.
Membres du Mnc/Kalonji – à l’origine de la
sécession kasaîenne – ils se sont découvert
pour vocation la chasse aux sorcières à l’endroit
de tous les Lumumbistes et tous ceux qui s’y assimilaient,
tels les nationalistes.
Ainsi, en pleine Conférence nationale souveraine, on assistera
à une occultation satanique de l’histoire lorsqu’on
présentera, par exemple, le candidat concurrent Thomas
Kanza en mobutiste alors que tout le monde savait que depuis le
30 juin 1960, cet homme n’a jamais collaboré avec
Mobutu tandis que son adversaire si, et cela de 1960 à
1982, soit près de 22 ans durant.
Ainsi faussée au départ, la relecture de l’histoire
de la nation n’avait pas permis la vraie réconciliation
nationale tant recherchée, c’est-à-dire la
réconciliation entre, d’une part, les Lumumbistes
(victimes) et, d’autre part, les Mobutistes de 1960 et 1965
(bourreaux). Cela aura de terribles effets mêmes sur l’avènement
de l’Afdl à Kinshasa ; Laurent-Désiré
Kabila étant parmi les victimes de 1964 !
On contraire, on a voulu substituer à cette réconciliation
véritable une fausse réconciliation entre Mobutistes
restés Mobutistes et Mobutistes devenus Opposants. Une
réconciliation entre enfants du Mpr de 1967.
Conséquence : le monument de réconciliation érigé
au croisement du boulevard Triomphal et de l’avenue Assossa
n’a jamais été réellement inauguré
; les premiers ayant boudé les seconds.
Autre conséquence : le nouvel ordre institutionnel issu
de la Cns n’a jamais été mis en place.
En prévision du 30 juin 2005, le peuple enfin libéré
du mensonge doit exiger toute la vérité sur le schéma
de la Cns formé en 1992.
Pour la petite Histoire, c’est à ces accords que
l’on doit l’Acte constitutionnel de la transition
dont l’article 78 avait justifié en 1995 la saisine
de la Cour suprême de justice par l’Udps ; ce parti
réclamant la primature pour son président national.
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12. Réconciliation nationale
Une
autre preuve que la réconciliation nationale n’a
jamais eu lieu, c’est que celle-ci a réapparu dans
l’Accord de Lusaka signé en 1999, soit 7 ans après
la clôture en catastrophe de la Cns. Mieux, elle va figurer
dans l’Accord global et inclusif signé en 2002, soit
10 ans après la Cns.
C’est qu’en relançant le schéma de la
Cns à partir du 30 juin 2005 à minuit, l’Udps
aura confirmé que c’est depuis 13 ans que l’on
court encore après la réconciliation nationale.
Dès lors, on comprend que la réconciliation nationale
à laquelle Etienne Tshisekedi fait allusion n’est
pas celle dont parle, par exemple, Azarias Ruberwa quand ce dernier
parle de la communauté tutsi ou rwandophone. C’est
la réconciliation entre, d’un côté,
tous les autres et, de l’autre, Etienne Tshisekedi seul.
Voilà pourquoi, le 30 juin 2005, le peuple enfin libéré
de l’intoxication devra exiger la signification exacte de
la réconciliation nationale dont on lui parle tant…
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13.
Journée « ville morte »
Par
nature, une journée « ville morte » est la
négation même de la démocratie dans la mesure
où elle empêche un citoyen donné de jouir
de ses libertés fondamentales. Il l’empêche
d’aller à son travail ou de rentrer à son
domicile ; il l’empêche de se promener ou de rendre
visite à une connaissance. Il l’empêche même
d’organiser les funérailles d’un être
qui lui est cher.
Il s’en suit par moments des situations paradoxales. Par
exemple : le 10 janvier 2005, il a été organisé
une « journée ville morte » quatre jours après
l’interview de l’abbé Malu-Malu à Rfi.
Il a été déploré mort d’hommes
et casse. Qu’est-ce qui cependant explique la plainte de
l’Udps à charge du gouvernement actuel pour les incidents
du 10 janvier 2005 alors que ce parti n’avait même
porté aucune plainte à charge du gouvernement Mobutu-Nguz
qui avait pourtant réprimé dans le sang la marche
des Chrétiens du 16 février 1992 ?
Autres
exemples :
-
a-t-on
déjà vu une seule fois Etienne Tshisekedi rendre
visite aux personnes emprisonnées ou blessées
à la suite des incidents qui surgissent au cours de ces
journées ?
-
a-t-on
déjà vu une seule fois Etienne Tshisekedi assister
à un deuil même d’un combattant mort pendant
une de ces journées ?
-
a-t-on
déjà vu une seule fois Etienne Tshisekedi rendre
visite à un opérateur économique dont les
biens ont été saccagés au cours de ces
journées ?
-
a-t-on
déjà entendu une seule fois Etienne Tshisekedi
condamner les actes de violence commis par les combattants de
l’Udps contre les autres acteurs politiques, même
ceux de son parti ?
C’est
la preuve que ce parti et son président national n’ont
aucune considération pour les victimes des violences que
subissent les citoyens qui usent de leur droit de penser ou d’agir
autrement...
Maintenant que l’on sait tout cela, on ne peut que se sentir
libre.
Oui, ce 30 juin 2005, le peuple enfin libre devra constater à
quel point il a été jusque-là manipulé,
désinformé, intoxiqué par les forces qui
se disent changementalistes mais qui, en usant du mensonge dont
le père est le Diable en personne, sont en réalité
des instruments du Mal.
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Recommandations
au Peuple Congolais
Avant
d’être une échéance politique, le 30
juin est d’abord la Fête de l’Indépendance.
Sous le Mpr puis le Mpr Parti-Etat, cette date avait été
réduite à « une journée morte »
sous prétexte de la consacrer à la méditation,
alors que les 20 mai et 24 novembre étaient fêtés
avec faste.
C’est sous M’Zee Laurent-Désiré Kabila
et Joseph Kabila que cette date a recouvré tous ses honneurs.
C’est déjà assez significatif que ceux qui
menacent de troubler la date du 30 juin aient pris comme base
justificative de leur action politique et même de leur existence
en tant que parti politique le … Manifeste de la N’Sele
! Comme si l’Histoire de la RDC n’a commencé
qu’en 1967. Il suffit de lire leurs statuts pour constater
ce fait authentique.
Ainsi, dans leur entendement, Kasa-Vubu ne représente rien,
Lumumba rien, Tshombé rien, Bolikango rien, Kasahamura
rien ! Peut-être parce qu’ils n’avaient pas
personnellement participé à la table ronde de Bruxelles
où l’Indépendance avait été
négociée.
Voilà pourquoi le 30 juin 2005 qui symbolise aussi le dernier
de la longue Transition commencée en 1960 appelle le maintien
du cap des élections et non l’occasion de substituer
à la Transition qui s’achève dans 13 mois
une nouvelle Transition prévue pour 5 ans !
N’est-ce pas surprenant que ceux qui sont vainqueurs aux
élections selon les sondages soient les premiers à
adhérer au schéma non de la prolongation mais de
la nouvelle Transition ?
Ce 30 juin 2005, nous ferons plus que nos grand-parents, nos parents
et nos aînés un certain 30 juin 1960 : nous fêterons
l’Indépendance certes, mais l’œil rivé
sur le calendrier électoral.
Kinshasa,
le 15 mai 2005
« Association Mémoire Verte »
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