L’Udps
exclu du processus électoral ?
Association
Mémoire Verte (Amv), Kinshasa, 22 juin 2005
Personnages
étranges ? Ils le sont bien, ces conseillers SDF qui encadrer
Etienne Tshisekedi. Pendant qu’ils décrètent
la liquidation du schéma du Dialogue intercongolais duquel,
pourtant, sont issues toutes les lois jusque-là adoptées
par le Sénat et l’Assemblée nationale et promulguées
par le Président de la République - dont justement
la loi n°041 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement
des partis politiques - ils se réclament en même
temps de celle-ci et accusent le Gouvernement et la Cei de vouloir
les exclure du processus électoral.
Et,
comme d’habitude, ils manipulent la rue en recourant à
leurs organes de presse plutôt mafieux…Les lecteurs
du journal « Le Potentiel » ont certainement été
attirés par la manchette de l’édition de ce
mercredi 22 juin 2005. « Selon Me Mukendi, conseiller
politique d’Etienne Tshisekedi », y lit-on en
avant-titre, « L’Udps se sent exclue du processus
électoral », indique le titre. Le quotidien
du patron de la Haute autorité des médias introduit
cet article avec les propos suivantes : « Pourquoi l’Udps
a-t-elle choisi d’être seule contre tous en ce moment
précis? La réponse résiderait peut-être
dans la déclaration faite mardi au Potentiel par le conseiller
politique d’Etienne Tshisekedi, Me Mukendi wa Mulumba. Déclaration
selon laquelle son parti serait victime d’une tentative
d’exclusion du processus électoral de la part des
tenants du pouvoir. Ce qui justifierait la décision de
l’Udps de boycotter les opérations pré-électorales
en cours en invitant ses membres à dire non au projet de
constitution de la troisième République lors du
référendum »..
La
lecture de cet article relève que le 10 juin 2005 le ministère
de l’Intérieur a transmis à la Cei la liste
des 221 partis en règle par rapport à la loi n°01/002
du 15 mars 2004, partis classés identifiés.
«
La lecture analytique du document renseigne que l’Udps se
trouve à la 189ème position selon l’ordre
alphabétique. Si pour les deux premières rubriques,
tout a l’air normal, les choses paraissent se compliquer
à la 3ème rubrique. Le n°189 reprend l’
Union pour la démocratie et le progrès social comme
sigle mais avec trois arrêtés d’enregistrement,
trois lettres d’autorisation,, trois adresses de siège
et trois, dirigeants », signale « Le Potentiel
» qui précise que « Le tableau synthétique
fait correspondre l’arrêté d’enregistrement
n°013/2000 du 23/09/2000 à la lettre d’autorisation
n° 1741/2004 du 15/09/2004, avec comme adresse du siège
99 bis avenue Maduda C/Bandalungwa et dirigeant du parti Edmond
Moukendy. Le deuxième arrêté d’enregistrement
a pour dénomination Accord global et inclusif et va avec
la lettre d’autorisation n°1682/2004 du 14/09/2004 ;
10è Rue, Avenue Cannas C/Limete comme adresse du siège
et Etienne Tshisekedi comme dirigeant du parti. Enfin, toujours
sous le label de l’Udps, il est aligné un arrêté
d’enregistrement n°91-049, sans date, mais qui correspond
à la lettre d’autorisation n°1741/2004 du 15/09/2004
; adresse 617, Bld Lumumba, 12è Rue C/Limete ; dirigeant
: Augustin Kibassa ».
Sa
déduction, sincère il faut bien le souligner, est
que la similitude des dénominations et des signes distinctifs
met tous ces trois partis en contradiction avec la loi en son
article 7, lequel dispose que « Aucun parti politique
ne peut adopter la dénomination, , le sigle, les symboles
et autres signes distinctifs d’un autre parti politique
déjà enregistré par l’autorité
publique compétente sous peine de sanctions prévues
par la présente loi ».
Et « Le Potentiel » de citer l’article 35 stipulant
que « les partis politiques et les ex-mouvements rebelles
signataires de l’Accord global et inclusif pour la transition
en Rdc ayant déclaré leur existence au ministère
de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité
conformément à la décision du Conseil des
ministres du 19 septembre 2003, jouissent de la personnalité
juridique et continuent à fonctionner dans le cadre la
présente loi ».
«
Tout ce que cette disposition demande au ministère ayant
les affaires intérieures dans ses attributions, c’est
de délivrer aux signataires de l’Accord global et
inclusif un arrêté d’enregistrement ou un récépissé
de leur dossier, sans plus », relève le journal
de Modeste Mutinga qui conclut carrément que le ministre
de l’Intérieur « va au-delà de ses
compétences ».
Pour
ce faire, le journal s’appuie sur le porte-parole Bomanza
qui rappelle que la légalité de l’Udps a été
reconnue lors de la tenue du Dialogue intercongolais auquel Kibassa
n’avait pas pris part. La suite est connue, le parti de
Kibassa n’est pas partie prenante des institutions de la
transition.
Pourtant, avec un peu d’effort, le journal du président
de la Haute autorité des médias aurait dû
évoquer aussi l’article 33 de la même loi.
« Les partis politiques enregistrés sous les régimes
successifs de la loi N°90-007 du 18 juillet 1990 telle que
modifiée et complétée par la loi n°90-009
du 18 décembre 1990, du décret-loi n°194 du
29 janvier 1999 et de la loi n°001/2001 du 17 mai 2001 continuent
à jouir de leur personnalité juridique et à
fonctionner dans le cadre de la présente loi »,
dit cette disposition.
Cela
signifie que tous les partis agréés par ces trois
lois précédentes continuent d’exister et de
fonctionner, exactement comme ceux agréés à
l’article 35.
Un
petit clin d’œil dans la genèse des partis politiques
connue d’ailleurs de toute la Presse rouge renseigne que
l’Udps a chaque fois obtenu son agrément de l’une
ou l’autre. Et la personne qui a su s’organiser de
façon à rendre l’Udps légale vis-à-vis
de toutes ces lois s’appelle Frédéric Kibassa
Maliba.
Les
sources crédibles indiquent même qu’en 1990,
Etienne Tshisekedi ne voulait pas de l’agrément du
parti simplement parce que la loi portait la griffe de Mobutu
! C’est plutôt sous la pression de Kibassa, Lihau
et Mbwankiem que l’Udps a dû se plier. D’où
la désignation du premier en qualité de président
national du parti. Ce fait est indéniable étant
donné qu’il peut être constaté sur l’acte
d’agrément délivré en 1991.
A
l’avènement de Laurent-Désiré Kabila
(Afdl), c’est encore Frédéric Kibassa Maliba
qui a fait agréer le parti conformément au décret-loi
n°194 du 29 janvier 1999 pendant qu’Etienne Tshisekedi,
soutenu par la Presse rouge, ne voulait pas de ce texte qu’il
qualifiait de liberticide.
A
l’avènement de Joseph Kabila, c’est toujours
Frédéric Kibassa qui a fait agréer le parti
conformément à la loi n°001/2001 du 17 mai 2001,
contestée elle aussi par Etienne Tshisekedi, toujours soutenu
par la Presse rouge.
C’est cette foi de Kibassa en la loi – quel que soit
le régime – qui fait que l’Udps soit concernée
aussi par l’article 34 de la loi en cours, article tout
aussi ignoré par « Le Potentiel ». Il stipule
que « Sans préjudice des dispositions de l'article
33, les partis politiques visés à cet article sont
tenus de faire connaître, dans le délai de six mois,
au Ministère ayant les Affaires Intérieures dans
ses attributions leur existence par le dépôt à
ses services compétents, contre récépissé,
des copies légalisées de leurs arrêtés
d'enregistrement, des listes actualisées de leurs dirigeants
nationaux respectifs et d'une déclaration légalisée
de toutes modifications de leurs statuts intervenues depuis l'enregistrement.
A l'expiration de ce délai, le parti politique qui ne se
serait pas conformé aux dispositions ci-dessus est réputé
dissous de plein droit ».
L’Udps
s’y est conformée.
Si le ridicule pouvait donc tuer, les tshisekedistes - qui décrètent
la fin de la Transition le 30 juin 2005 et disqualifient en même
temps l’Accord global et inclusif ainsi que la Constitution
de la Transition émanant du Dialogue intercongolais –
auraient dû réaliser combien ils scient eux-mêmes
la branche sur laquelle ils sont assis !
En
effet, la disqualification du schéma du Dialogue intercongolais
a pour conséquence première la disqualification
des lois qui en sont issues. Au nombre desquels la loi n°004/002
du 15 mars 2005.
On
ne peut alors comprendre cette logique consistant à insulter
le Dialogue intercongolais jusqu’à en réclamer
la liquidation de ses acquis et s’accrocher en même
temps à l’un deux, au nom de l’article 35 !
C’est
la preuve que chez Tshisekedi comme chez ses hommes, on agit avant
de réfléchir. Et après, on cherche des bouc-émissaires.
Pourtant, dans le cas d’espèce, ni le Gouvernement,
ni la Cei ne peuvent être rendus responsables de ce que
l’Udps/Tshisekedi tente de présenter comme étant
un fait d’exclusion pendant qu’il s’agit d’un
effet normal d’autoexclusion avérée.
Les
Tshisekedistes doivent assumer, et avec eux les journaux qui,
en réalité, n’aident pas Etienne Tshisekedi
à agir en véritable homme d’Etat.