
Leonard Kasimba et Junior Kisui, 6 juillet 2005
Ses objectifs :L'interdiction en RDC du livre
"Kabila et la Révolution Congolaise"
1.500.000 dollars pour préjudices subis
L'arrestation immédiat de Ludo Martens
Le
Congo est un drôle de pays et Mzee Laurent Désiré Kabila
est décidément bien mort.
Une des vedettes de la rébellion - agression, Lambert Mende Omalanga,
vient intenter deux procès à Ludo Martens.
L'intention de Mende est de faire interdire le livre "Kabila et
la Révolution Congolaise" en RDC !
Mende est un de ces chefs rebelles dont Mzee disait : "Ce sont
des traîtres à leur patrie, des collaborateurs des Rwandais
et des Ougandais, ce ne sont pas vos frères, ce sont vos ennemis."
Mais aujourd'hui, les traîtres et collaborateurs avec les troupes
d'occupation rwandaises,
parlent haut et fort… On dirait que leurs maîtres rwandais ont
gagné la guerre…
Ou pour reprendre les paroles du vice-Président Yerodia : "Ces
gens-là, ils reviennent, ils marchent dans nos rues, les mains dans
les poches, en sifflotant des airs joyeux, comme s'ils n'ont rien fait !"
1. Mende se lance dans l'aventure d'un procès politique
Voici
en quels termes Mende a engagé le procès. Citation
directe R.P. 4780/I 24 décembre 2004
« Attendu que Ludo Martens est sujet belge, engagé dans
la politique congolaise;
que pour des raisons politiques, le cité Ludo Martens voue une aversion
injustifiée contre le requérant;
qu'exprimant cette aversion injustifiée, le cité Ludo Martens
n'a trouvé mieux que de diffamer le requérant dans son ouvrage
"Kabila et la révolution congolaise"…en falsifiant
les faits tout au long de ses analyses , truffées de passions et
de contre-vérité, pour le présenter comme membre du
groupe politique du défunt Président Mobutu;
qu'ainsi, … le cité Ludo Martens écrit ce qui suit dans
son ouvrage précité:
"
Le 28 février 1991, à N'Sele, 53 partis de l'opposition avaient
engagé un « dialogue » avec Mobutu dans le but d'arriver
à « un consensus et à un gouvernement d'Union nationale
».
Le porte-parole du groupe des 53, Lambert Mende Omalanga, avait écrit
le 15 février à Mobutu: « les députés
du MNC-L auront à soutenir votre candidature si les élections
présidentielles sont indirectes ».
Et c'est ce même Mende qui annonce le 8 avril, au nom de Mobutu,
la convocation de la Conférence Nationale!
Après quoi le Directoire provisoire du MNC-L, dont Mende est jusqu'alors
le Président, dénonce « l'esprit destructeur »
et les « ambitions personnelles » de Mende qui s'est conduit
« en véritable agent à la solde du pouvoir ».
(1)
Attendu que la lettre vantée par le cité LUDO est un faux ; que son usage constitue l'infraction d'usage de faux; »
La
citatation directe R.P. 4780/I commence donc ainsi:
"Monsieur Ludo Martens est sujet belge engagé dans la politique
congolaise; …".
Ceci est une calomnie produite par un sujet congolais qui a été
engagé dans la politique d'agression rwandaise en RDC.
Ludo Martens n'est pas engagé dans la politique congolaise, il écrit
sur le Congo comme historien et analyste politique du Congo.
Dix-sept ans avant de mettre pour la première fois les pieds au Congo, Ludo Martens a commencé la rédaction du livre "Pierre Mulele ou la seconde vie de Patrice Lumumba", livre qui fut publié en 1985.
Au cours des années quatre-vingt, il a publié chaque mois un numéro spécial Solidaire Congo-Kinshasa qui informait la diaspora sur l'opposition au régime dictatorial de Mobutu et faisait connaître les analyses des différents courants de l'opposition, y compris l'UDPS.
Entre 1989 et 1994, il a travaillé sur la biographie de Léonie Abo, la femme de Pierre Mulele et son livre "Une Femme du Congo" parût en 1995.
Le 30 juin 1990, il a rédigé une étude intitulée: "L'après-Mobutu : continuité néocoloniale ou révolution populaire?" C'est à notre connaissance le seul écrit qui trace la voie de la révolution populaire, qui formule ses revendications et définit ses formes de lutte principales, pratiquement dans les mêmes termes que Laurent-Désiré Kabila le fit dans son l'exil… Ce document est repris à la page 50-63 dans le livre que l'ancien porte-parole du RCD-Rwanda, Lambert Mende, veut faire interdire au Congo…
Mende
prétend que Ludo Martens manifeste dans son livre une "antipathie
acharnée et une aversion injustifié" contre lui,
Mende.
Devant le tribunal, l'auteur du livre "Kabila et la Révolution
Congolaise" a déclaré qu'il n'en est rien, qu'il
ne considérait pas Mende comme un acteur clé de la politique
zaïroise et qu'il a seulement parlé de cet individu pour illustrer
certains mœurs dans la classe politique zaïroise.
Si Ludo Martens avait une antipathie et aversion acharnées pour Mende, il aurait au moins "creusé" l'exploit politique le plus extraordinaire de ce curieux "lumumbiste" : à côté du premier ministre Kengo wa Dondo, l'homme de la droite musclée, Mende était devenu en 1996 vice-premier ministre lors de la guerre à outrance contre l'armée de libération de Kabila! Or, dans son livre, Ludo Martens n'a fait aucun développement sur ce fait capital.
1.1."Falsifier les faits tout au long de ses analyses, truffées de passions et de contre-vérités".
Puis Mende accuse l'auteur de Kabila et la Révolution Congolaise de "falsifier les faits tout au long de ses analyses, truffées de passions et de contre-vérités".
Ce sont des accusations farfelues et des calomnies et l'auteur du livre "Kabila et la Révolution Congolaise" peut trouver ici ample matière pour intenter un procès à Mende et revendiquer à son tour et "à titre de dommages et intérêts" 1.000.000 dollars…
Le livre "Kabila et la Révolution Congolaise" traite de la lutte politique au Congo de 1990 à 2000. En tant qu'analyste de la scène politique zaïroise et congolaise, Ludo Martens rapporte les actes et les paroles porte des uns et des autres. Il porte des jugements dans un cadre de références où l'opposition à toute forme de domination néocoloniale et l'opposition à l'exploitation et à la marginalisation des masses populaires prennent la place centrale.
Le livre "Kabila et la Révolution Congolaise" juge les différentes forces politiques sur leur position envers les principes fondamentaux du lumumbisme, mulelisme et kabilisme. Le pouvoir populaire, le patriotisme et l'anti-impérialisme, la conscientisation des masses, leur organisation et leur auto-prise en charge sont parmi ces principes fondamentaux.
Monsieur Mende, ancien porte-parole du RCD, a parfaitement le droit de contester tout ce que Ludo Martens écrit. Les classes sociales qui ont des intérêts opposés, expriment nécessairement en politique des conceptions radicalement différentes. Mende a la droit de revendiquer avec passion son passé mobutiste et rebelle pro-rwandais.
C'est par le débat, l'analyse et la lutte politique que les différentes couches du peuple se fontune opinion nette et prennent position.
La justice n'a strictement rien à voir là-dedans.
Le procès que Mende a intenté à Ludo Martens est donc un procès politique. Mende veut forcer la justice a déclarer que lui, Monsieur Mende, n'a pas été membre du groupe politique du défunt président Mobutu, qu'il est bel et bien lumumbiste.
Ce n'est pas à la justice de faire ce genre d'analyses et de jugements.
1.2. A propos de l'accusation "l'infraction d'usage de faux. »
Les
quatre citations mentionnés par l'accusation, proviennent de Elima
1-2 avril 1991 et Elima 12 avril 1991.
Elles disent pour l'essentiel la même chose : il faut un «
dialogue avec Mobutu dans le but d'arriver à un consensus et à
un gouvernement d'Union nationale ».
La défense de Mende s'est jeté sur la lettre de Mende du 15 février, qui serait un faux.
Cette lettre a été publiée dans Elima, dont la rédaction a estimé qu'elle était authentique. La même édition d'Elima contenait trois articles qui formulaient les mêmes accusations à l'adresse de Mende. En ce qui concerne le lettre mentionnée, qu'elle soit un faux, ne change rien à l'histoire : au Zaïre-Congo on a souvent recours à des faux pour dire et accentuer une vérité…
Un faux sur une vérité, ne transforme pas cette vérité en mensonge…
Les trois autres citations ne sont pas contestées.
La première dit que Mende veut un dialogue avec Mobutu pour arriver à un consensus et un gouvernement d'Union nationale.
La troisième dit que Mende a annoncé le 8 avril la Conférence Nationale. Et c'est là le fait majeur : Mobutu, pour annoncer une nouvelle capitale à la nation, passe par Lambert Mende Omalanga.
La quatrième dit que le Directoire du MNC-L a dénoncé Mende comme un agent du pouvoir.
Il est donc bel et bien établi que Mende travaillait dès les premiers mois de 1991 pour Mobutu.
Quant à "soutenir la candidature de Mobutu aux élections présidentielles indirectes", Mende a fait mieux: sans qu'il y ait eu des élections, Mende est devenu en 1996 vice-premier ministre dans le Gouvernement de la Contre-offensive foudroyante qui visait à écraser les forces révolutionnaires nationalistes de Kabila !
Finalement, signalons encore que le grand titre de Elima de ce vendredi 12 avril 1991 dit ceci : "En marge de l'acceptation de la conférence nationale - L'UDPS : Aucun Zaïrois sérieux ne peut porter foi à la mascarade du dictateur Mobutu". Ainsi, l'annonce par Lambert Mende Omalanaga de la conférence nationale a été qualifiée par l'UDPS de "mascarade du dictateur Mobutu" … dont Mende était le pantin…
Lors d'une réunion extraordinaire convoquée le jour même où Mende reçut sa "promotion", le lundi 8 avril 1991, les membres du Directoire provisoire du MNC/L déclaraient ceci :
"stigmatisent
l'esprit destructeur qui anime monsieur Mende à noyauter le MNC/L.
originel au profit de ses ambitions personnelles.
Ils condamnent son comportement vicieux en se conduisant en véritable
agent à la solde du pouvoir, en prenant des engagements préjudiciable
pour le Parti au nom du Comité national.
Ils désapprouvent les déclarations faites par monsieur Mende
notamment au sujet de le Conférence constitutionnelle, alors que
le Comité national réclame la Conférence Nationale.
Ils invitent les cadres du Parti à considérer Mende comme
démis de ses fonctions, ne faisant plus parti du Comité national
du MNC/L originel.
Signé
M. Mangwanda Gifudu, 1er vice-président
M. Sockony Louis, 2e vice-président
M. Lukaso Ndjate, 3e vice-président
M. Kasongo Olivier
M. Fataki Hamadi
M. Ayu Mudinga
Membres du Comité".
Un des signataires de cette déclaration vit toujours à Kinshasa et a déclaré que lui-même et ses compagnons de lutte ont effectivement signé cette dénonciation des agissements de Mende et son exclusion du parti. En 1991, toute l'opposition lumumbiste et aussi l'UDPS, ont dénoncé Mende comme un agent de Mobutu. Mende veut utiliser la justice pour altérer cette vérité historique. C'est une aventure condamné à l'échec.
1.3. A propos de l'accusation "l'intention de porter atteinte à l'honneur et à la réputation (de Lambert Mende)"
La Citation directe R.P. 4780/I 24 décembre 2004 porte une deuxième accusation.
"Que de même, le cité LUDO MARTENS affirma ce qui suit dans son ouvrage précité, toujours dans l'intention de nuire à l'honneur et à la réputation du requérant :
" La nouvelle élection d'un Premier ministre fait éclater l'Union Sacrée de l'Opposition Radicale et Alliés. Le Bureau du HCR-PT compte 7 dossiers recevables, introduits par Tshisekedi, Kengo, Kamanda wa Kamanda, Lunda Bululu, Mulumba Lukoji, Malumba Mbangula et Beyeye Djema. Tous ces « opposants » ont été de grands mobutistes. Beyeye était si proche de Mobutu qu'il fut appelé son « fils adoptif ». Sa candidature est soutenue par le Collectif Progressiste Radical présidé par Lambert Mende..."
Attendu
que cette dernière affirmation est non seulement fausse, mais aussi
et surtout faite dans l'intention de porter atteinte à l'honneur
et à la réputation du requérant;
qu'il est notoirement connu que le requérant n'a jamais été
président d'un groupe dénommé Collectif Progressiste
Radical…;
qu'en réalité, Collectif Progressiste Radical est une dissidence
du groupe du groupe Collectif Progressiste;
que le cité LUDO ne l'ignore pas et c'est dans l'intention de nuire
qu'il attribue au requérant le soutien au candidat mobutiste au poste
de Premier Ministre".
L'auteur a introduit les notes du Chapitre 2 de son livre "Kabila et la Révolution Congolaise" en ces termes : "Ce chapitre est basé pour l'essentiel sur l'excellent ouvrage de Gauthier de Villers, "Zaïre. La Transition manquée 1990-1997".
Le texte incriminé par Mende est pratiquement une reprise intégral d'un paragraphe du livre écrit par Gauthier de Villers et Omasomba. Mende, en lançant son procès, c'est donc trompé d'adresse.
Mende est maintenant dans l'obligation morale d'entamer un procès contre de Villers et Jean Omasomba. En effet, si l'honneur et la réputation de ce monsieur ont été souillées par la simple reprise du texte de Omasomba et de Villers par Ludo Martens, alors Mende est obligé de faire un procès à ceux qui sont les auteurs conscients du mensonge "monstrueux". C'est donc à cette adresse que Mende doit chercher ses 500.000 dollars!
Les avocats de Mende pourront argumenter que ces deux grands historiens, qui ont une longue carrière académique derrière le dos, qui sont parmi les plus grands spécialistes de l'histoire congolaise, ont manifestement publié cette information complètement fausse dans "l'intention de porter atteinte à l'honneur et à la réputation du requérant", monsieur Mende.
En réalité, ni Ludo Martens, ni de Villers et Omasomba ne pouvaient suivre les intrigues et les luttes mesquines entre politiciens zaïrois dans leurs moindres détails. Qui peut sérieusement affirmer que confondre le Collectif Progressiste et le Collectif Progressiste Radical, c'est manifester "l'intention de nuire" à monsieur Mende?
Si Mende n'entame pas un procès à de Villers, la preuve aura été faite que cette affaire n'a rien à voir avec l'honneur et la réputation de Mende, mais tout avait la volonté de Mende de voir interdire en République Démocratique du Congo le livre le mieux documenté sur la période de l'histoire congolaise qui va de 1990 à l'année 2000.
Le
livre dont l'actuel vice-président Abdoulaye Yerodia Ndombasi a dit
dans sa préface :
"Ludo Martens s'est trouvé à tous les carrefours
de l'itinéraire de Laurent-Désiré Kabila, à
tous les tournants de la troisième saison qu'a incarnée Kabila
après la saison de Lumumba et celle de Mulele.
Cette troisième saison de la lutte du peuple congolais pour son indépendance,
sa souveraineté, son intégrité et pour le pouvoir populaire,
constitue pour le lecteur, et grâce à la plume de Ludo Martens,
une référence historique et une orientation politique importante."
1.4. "Des contre-vérités pour présenter M. Mende comme membre du groupe politique du défunt président Mobutu" ?
Mende prétend que le livre "Kabila et la révolution congolaise"… "falsifie les faits tout au long de ses analyses, truffées de passions et de contre-vérité, pour présenter (Lambert Mende) comme membre du groupe politique du défunt Président Mobutu."
Le peuple congolais et particulièrement le peuple du Sankuru, connaît très bien Mende, son appartenance à la J-MPR, ses nombreux liens avec le MPR et les grands mobutistes, son engagement dans la guerre "foudroyante" des FAZ contre l'armée de libération de Kabila...
Comme étudiant, Mende était en 1976 un fervent mobutiste, un cadre très en vue du JMPPR. Le journaliste Opula Odiho Lambert, qui fit une interview remarquable avec Mende, note e.a.: "Lorsque nous retrouvons l'étudiant de l’Université de Kinshasa, résidant à Lemba en 1976, il était déjà une vedette prisée de la radio, pour le compte du Quartier Général de la Jeunesse du Mouvement Populaire de la Révolution (J.M.P.R.)" (2)
Mende part en Belgique en 1980 et s'engage en 1981 dans le MLC-L dirigé par François Lumumba.
A
Bruxelles et en Europe en général, une grande partie des opposants
le considéraient comme un infiltré. Il y a au moins deux hauts
responsables de la mouvance présidentielle qui ont vécu cette
période et qui peuvent en témoigner.
A son retour à Kinshasa, le 7 octobre 1990, après dix ans
passés en Belgique et en Ouganda, Mende est accueilli à l'aéroport
même par des hommes de la présidence qui le conduisent directement
chez Mobutu pour un entretient avec le président du MPR !
Mende prétend qu'il a conduit été chez Mobutu contre sa volonté.
Mende se moque des Congolais. En effet, notre fameux opposant avait les moyens de REFUSER d'être conduit, contre son gré, chez le dictateur! C'est lui-même, Mende, qui nous en donne, sans doute par imprudence, les preuves… Il affirme : "La Belgique m'avait "prêté" un passeport pendant deux mois, pour qu'en cas de pépin, l'Ambassade (belge) de Kinshasa soit en mesure d'intervenir."
Mende
pouvait donc parfaitement refuser de suivre les hommes de la sécurité
mobutiste, parce que la Belgique lui avait accorder un passeport belge justement
pour pouvoir intervenir dans le cas où il avait un problème
avec Mobutu!
Comment expliquer que Mende, à la date du 7 octobre 1990, "lumumbiste"
dur et pur, fasse six mois plus tard, le 8 avril 1991, office de porte parole
de Mobutu en annonçant, la nuit, une décision capitale : le
président a décidé de convoquer la Conférence
Nationale? Personne
ne peut croire cette fable.
Ensuite, entre 1991 et 1994, une partie des anciens MPR se regroupe dans la famille de Mobutu, une partie dans l'Union Sacrée, mais il y a des vas-et-viens d'un camp à l'autre, selon les intérêts immédiats des uns et des autres. D'ailleurs, dans son conclave du 12 au 23 mars 1992 à St-Anne, l'Union Sacrée de l'Opposition Radicale prend l'option du dialogue et affirme que "le concensus doit être le mode de gestion pendant la Transition.".N'Singa Udjuu, Kamanda wa Kamamda et Mende Omalanga se trouvent dans l'Opposition "radicale…" Quatre années plus tard, Kamanda et Mende seront vice-premier ministre dans le cabinet de guerre de Mobutu !
Opula Odiho Lambert pose la question à Mende: "Profitant de la CNS, vous devenez Ministre de l'Information du Gouvernement Tshisekedi II, vous menez une campagne contre la dictature du Maréchal Mobutu au sommet de l'OUA au Caire en 1994. Dès lors, on s'explique très mal que vous intégrez le gouvernement pro-Mobutu de Kengo en 1996".
Mende donne une réponse qui est caractéristique pour l'opportunisme et le carriérisme débridés qui animent cet homme. Mende dit : "Kengo wa Dondo était bien représenté à travers son parti, l’Udi, dans le gouvernement Tshisekedi de 1993. Pour quelles raisons nous aurait-il été interdit de participer en 1996 à une coalition dirigée par Kengo ?"
Autant dire : dans le gouvernement de Tshisekedi de 1993, il y avait des représentants d'un grand salaud politique, d'un mobutiste dur entre les durs, dès lors, rien ne m'interdisait de travailler avec ce grand salaud lui-même…
Effectivement,
Mende s'est rapproche fin 1995 de Kengo wa Dondo.
Et le 26 février 1996, Mende réussit à placer son dircab
et neveu, Onyagandji Dimandja, comme vice-ministre des Mines dans le gouvernement
Kendo…
Le 24 décembre 1996, Kengo constitue un cabinet de combat chargé
de mener une "contre-offensive foudroyante" contre les
troupes révolutionnaires de Laurent Désiré Kabila qui
avancent à partir du Kivu.
Mende lui-même devient troisième vice-premier ministre chargé
de deux ministères militarisés, le transport et les communications
! Ces ministères ont une importance stratégique dans la guerre
de Mobutu contre l'insurrection populaire. Mende devance le quatrième
vice-premier ministre, Banza Mukalay, poids lourd du mobutisme…
Cela
veut dire que Mobutu, au moment où il doit livrer son dernier combat
qui décidera de la vie ou de la mort, a une confiance total en Mende,
ce fameux "lumumbiste radical" !
Si ce monsieur était un vrai lumumbiste, Mobutu ne l'aurait jamais
donné une responsabilité cruciale dans la contre-offensive
foudroyante ! Mobutu, ne pouvait pas prendre le moindre risque qu'un membre
de son équipe de la "contre-offensive " transmette des
informations secrètes à ce véritable lumumbiste radical
qui était Laurent-Désiré Kabila.
Il est évident qu'au moment de la "lutte finale",
Mobutu a sélectionné un noyau de durs entre les durs !
Mais même un fidèle comme le général Mahele a
compris que la fin de Mobutu était proche et il est clandestinement
entré en contact avec Kabila.
Ce que Mende, le "lumumbiste", n'a jamais fait !
Mende était plus fidèle à Mobutu que le général
Mayele…
Pour
illustrer l'opportunisme de Mende que certains caractérisent comme
démentiel, relevons ce fait typique. Peu après la chute du
gouvernement Kengo, celui de la contre-offensive foudroyante, les troupes
de Kabila ont pris Kinshasa sans grande peine. Alors, très vite,
Mende, l'ancien vice-premier ministre de la guerre contre les troupes de
l'Alliance des Forces Démocratiques de la Libération, a contacté
l'abbé Buyulu, responsable de l'AFDL Masina. Il lui disait qu'il
voulait rencontrer le nouveau Président.
Kabila lui a répondu : "Pas avec les grands mobutistes !"
1. 5. Les peines que Mende veut voir infligées…
L'ancien
porte-parole du RCD-Goma a instruit ses avocats d'écrire :
"Plaise au Tribunal, …
Condamner le cité à payer au requérant, à titre
de dommages et intérêts, un montant d'un million de dollars
pour tous les préjudices subis;
Ordonner le retrait du livre de la vente en République Démocratique
du Congo;
Condamner le cité à payer une somme de 100 dollars pour toute
vente réalisée en violation de l'interdiction ci-dessus. "
Nous
faisons remarquer que Ludo Martens est écrivain, mais qu'il n'exerce
pas la profession de vendeur de livres. Le livre est distribué et
vendu en République Démocratique du Congo par la Fondation
Mzee Laurent Désiré Kabila que dirige la fille aînée
de Mzee, Jaynet Kabila. La dernière "revendication" doit
donc être adressée à la Fondation Mzee Laurent Désiré
Kabila.
Bon combat et bonne chance, monsieur Mende.
2. Mende revendique son droit d'être traître et collaborateur des Rwandais.
Au
moment où Mende entamait son procès pour faire interdire le
livre "Kabila et la Révolution Congolaise" en RDC, il était
en pleines démarches pour entrer dans la famille politique du Chef
de l'Etat…
Il s'est sans doute aperçu qu'il avait mal coordonné ses mouvements
et il a voulu sortir de la contradiction dans laquelle il s'était
enfermé.
Le samedi 26 février 2005, il a envoyé un "intermédiaire" chez Ludo Martens. L'homme, qui est un ami de l'auteur, a transmit le message suivant.
"Mende
m'a demandé de te communiquer sa position. Il a dit ceci.
Ludo ne me porte pas dans son cœur. Il fait tout pour me détruire,
et cela depuis l'Europe.
Elima a publié un rectificatif, je demande à Ludo qu'il rectifie.
Je ne cherche pas de l'argent.
Que Ludo regarde la cour de Kabila père et de Kabila fils. Est-ce
que je suis le seul mobutiste? Mais les autres, il ne les attaque pas.
Tout ce que je demande, c'est une réhabilitation dans la forme qu'il
veut.
Dans ce cas, je retire ma plainte."
Ludo
Martens lui a répondu : "Ce n'est pas moi qui suis l'initiateur
de ce procès. Si Mende veut l'arrêter, qu'il le fasse."
Et Mende a décidé de continuer son procès… et
d'en rajouter.
Mende n'a pas voulu se contenter de son million de dollars et de l'interdiction
en RDC de la vente du livre KABILA et la Révolution Congolaise, réclamés
dans ce premier procès.
Mende a pris prétexte d'une interview accordée par maître
Eley et par Ludo Martens à la chaîne CBS, pour exiger 500.000
dollars en plus…
Citation
directe R.P. 4861/I 12 mai 2005
"Le 21 février 2005, profitant de l'antenne et de la diffusion
à grande échelle de la Chaîne de télévision
CEBS de 19h00, le cité imputa avec publicité au requérant
et dans l'intention de porter atteinte à son honneur et à
sa considération, le fait d'avoir organisé l'entrée
des rebelles à Lodga, devenu de ce fait la première ville
du Congo en termes de séroprévalence, et ce en déclarant
ce qui suit : "Mende a fait entrer les génocidaires et violeurs
au Sankuru. Il faut savoir que le taux de sida le plus haut aujourd'hui
au Congo, c'est justement dans la ville d'où vient Mende. C'est chez
lui qu'il a fait entrer les Rwandais." "Ce Monsieur qui était
chef-rebelle demande un million de dollars pour ces quelques pages de papier.
C'est la mentalité qui existe chez ces gens, les grands mobutistes
et les grands rebelles".
Mende demande au tribunal pour ces "imputations dommageables et injures publiques" la somme de "500.000 dollars".
Ajoutons que le 27 juin 2005, après sa plaidoirie, l'avocat de Mende a demandé l'arrestation immédiate de Ludo Martens au moment où tribunal prononce son verdict…
Il
serait donc interdit en RDC de rappeler à au chef "rebelle"
Lambert Mende Omalanga qu'il a rejoint le camp des agresseurs rwandais pour
leur faciliter l'entrée au Sankuru et l'occupation du district et
qu'il est politiquement et juridiquement responsable pour les conséquences
désastreuses de ses actes de trahison ?
Le 2 août 1998, le Congo avait un gouvernement légitime, reconnu
par tous les pays du monde. L'insurrection populaire contre Mobutu, dirigée
par Kabila, a exprimé mieux la véritable volonté des
masses populaire que ne peut le faire n'importe quelles élections.
La trahison en cas d'agression et d'occupation étrangère,
est un crime capital.
2.1. MZEE : Le Congo est agressé et nous avons une poignée de traîtres et de collaborateurs.
Dès
les tout premiers jours, le Président de la République Démocratique
du Congo a été très clair. Au moment du plus grand
danger pour la Patrie, ses directives devenaient une règle de conduite
obligatoire pour tous les patriotes. Mzee a dit : «Il
n’y a pas de rebelles au Congo. C’est le Rwanda qui agresse
le Congo." "Les soi-disant rebelles, sont des traîtres à
leur patrie, des collaborateurs des Rwandais et des Ougandais." «Les
rebelles, s’il y en a, ne sont pas vos frères, ce sont vos
ennemis."
Voilà en résumé la position de Mzee Laurent Désiré
Kabila.
Le
cinquième jour de l'agression rwandaise, le Président déclare
: «Il n’y a pas de rebelles au Congo. Il n’y a pas
de soi-disant insurrection des Banyamulenge. C’est le Rwanda qui agresse
la République Démocratique du Congo». (3)
Le 8 décembre 1998, à la cité de l’OUA, le Chef
de l'Etat parle "des soi-disant rebelles, les traites de leur patrie,
considérés comme des collaborateurs des Rwandais et des Ougandais."
(4)
Le Chef de l’Etat a affirmé le 21 février 1999 : «Les
rebelles, s’il y en a, ne sont pas vos frères, ce sont vos
ennemis. S’ils étaient vos frères, ils ne seraient pas
des agents des Rwandais et des Ougandais. Le peuple congolais est contre
l’esclavage des Rwandais». Puis le Président a pris à
témoin Z’Ahidi Ngoma, dissident du RCD, qui a déclaré
: «Tous ceux qui sont là, ne sont pas autre chose que des jouets,
des marionnettes des Rwandais et des Ougandais». (5)
Pour
bien situer l'œuvre criminel de trahison à la Patrie congolaise
de Lambert Mende, il faut se rappeler que fin 1998, les forces stratégiques
de l'armée rwandaise se trouvaient à Kindu et que leur objectif
principal était l'attaque et la prise de Mbuji Mayi.
A Kindu, les agresseurs subissaient les bombardements aériens de
l’aviation gouvernementale basée à Lodja. Ces bombardements
visaient à détruire les concentrations de troupes rwandaises
qui devaient marcher sur Mbuji-Mayi pour s’emparer de cette ville
stratégique.
Les diamants de la Miba aux mains de Kagame, ce dernier pouvait payer sa
guerre de conquête jusqu'à Kinshasa…
La prise de Lodga était donc d'une importance cruciale pour les agresseurs.
Elle ouvrait la voie pour l'attaque finale contre Mbuji Mayi. Lodga fermement
aux mains du gouvernement nationaliste, Mbuji Mayi restait sécurisé
et Mzee Kabila n'aurait jamais dû accepter l'Accord de Lusaka, accord
injuste et anti-congolais…
Mende Lambert a été recruté par les hommes de Kagame parce qu'il était un des politiciens les plus en vue du Sankuru. Mende, devenu un responsable national du RCD, prenait ipso facto la responsabilité pour l'entrée des troupes rwandaises et rebelles chez lui, au Sankuru. Les agresseurs avaient besoins d'hommes couvertures, de dirigeants congolais d'une certaine renommée, pour présenter la conquête des différents régions qu'ils convoitaient, comme une affaire d'hommes politiques congolais qui se "rebellaient" contre Kabila. C'est pour utiliser la supposée popularité de Mende à Lodga, qu'ils ont placé cet individu bien en vue de la hiérarchie du RCD-Rwanda.
Dans
un ouvrage manuscrit sur l'occupation rwandaise de Lodga, WEKO Sami, administrateur
de territoire adjoint, écrit ceci.
"Pour la conquête du Sankuru par les troupes rwandaises
et celles du RCD, ses propres fils ont été mis à contribution.
Ceux-ci ont promis monts et merveilles, une fois le Sankuru "libéré".
Mais on a eu le pillage des biens de la population et des ressources naturelles
de la région, les réquisitions de vivres et de porteurs, les
violations massives des droits de l'homme.
La présence étrangère rwandaise et celle de Blancs
anglophones sur le sol sankurien, a constitué une profonde humiliation
et un fardeau. La population était décidée à
lutter contre cette humiliation.
L'abbé de la paroisse Saint Edouard disait devant ses ouailles :
"Le Sankuru a été vendu aux étrangers
par ses propres fils que vous voyez défiler devant vous et qui ne
voient que leurs propres intérêts. Voilà
le portrait moral de personnes qui prétendent piloter demain notre
destin commun. Ils sont pires que Lucifer".
Il prenait bien de risques, cet abbé courageux, qui osait dire devant
les croyants que les hommes comme Lambert Mende Omalanga sont pire que Lucifer.
Mende
a aidé les agresseurs rwandais à occuper sa propre ville,
Lodga. Mais un autre natif de Lodga a sauvé l'honneur de sa ville…
en sauvant la ville stratégique de Mbuji Mayi !
L'administrateur de territoire adjoint WEKO Sami témoigne :
"A la même époque, Jean-Claude Okoto Lolakombe, le
bouillant gouverneur du Kasaï oriental, originaire comme Mende de Lodga,
déclara: "Tant que je serai à la tête de la province
du Kasaï oriental, les rebelles et leurs maîtres rwandais et
ougandais, seront désillusionnés et Mbuji Mayi ne tombera
pas !"
Déclaration de très haute portée politique et qui mérité
d'être inscrite dans les annales du nationalisme et du courage politique".
Le
même témoin, monsieur WEKO Sami, écrit :
"Un samedi, une forte délégation rebelle du RCD,
conduite par le chef du département Information et Presse, (M. Lambert
Mende) s'adressa à la population de Lodga au Stade Lumumba. La population
était apparemment acquise à sa cause.
Mais alors un adolescent, élève à l'Institut Esemula
de Lodga, prit la parole. Il dit à Mende devant un stade plein de
monde : "Votre inconsistance fait beaucoup de mécontents parmi
nous. On vous a vu hier à côté de Mobutu, puis dans
l'opposition aux côtés de Tshisekedi, avant de faire volte-face
en rentant au bercail. Vous êtes venus nous recommander de consommer
des billets de banque refusés par l'ensemble de notre population.
Aujourd'hui, vous combattez dans la rébellion armée contre
Kabila. Pouvons-nous croire, excellence, que votre course s'arrêtera
cette fois-ci dans le RCD-Goma et que vous ne nous tiendrez pas un discours
différent de celui d'aujourd'hui ?"
Des acclamations assourdissantes suivaient l'intervention courageuse du
fascinant adolescent.
Ensuite un notable et homme d'affaires de Lutchungu prit la parole : "Le
premier acte posé par les "venants" a été
de piller systématiquement nos biens et nos richesses et de les expédier
à Goma par avion."
Le protocole d'Etat du RCD levait alors la séance au milieu du chahut
et des cris de révolte d'une assistance indignée."
2.2. "Mende : "J'ai pris part à un soulèvement contre l'ordre autocratique de Kabila".
Mende
Omalanga : "J’avais décidé en 1998 d’encourager
et de prendre part à un soulèvement contre un ordre politique
dont je n’acceptais pas le caractère autocratique et non inclusif."
(7)
A quel "soulèvement" ce monsieur à-t-il part?
Quelles forces monsieur Mende a-t-il soulevé contre Mzee Kabila ?
Dans quel coin du Congo?
Les combats des "rebelles" du RCD étaient pour
l'essentiel livrés par les… Rwandais!
Mais ces Rwandais avaient absolument besoin de quelques personnalités
congolaises qui pouvaient donner l'illusion que le "soulèvement"
était essentiellement l'œuvre des hommes politique congolais!
Le
"lumumbiste" Mende Omalanga n'a jamais participé
à une quelconque insurrection contre la dictature mobutiste qu'il
prétendait combattre. Et lorsque le grand lumumbiste Laurent-Désiré
Kabila a déclenché la guerre de libération, Mende dirigeait
deux ministères chargés de tâches stratégiques
dans la guerre contre le soulèvement populaire !
Mais mi-1998, le "nationaliste" Mende s'engage résolument
dans une "insurrection" contre le plus grand lumumbiste
révolutionnaire de l'histoire congolaise, celui qui a lutte sans
jamais faillir, pendant 37 ans, du 4 septembre 1960 au 17 mai 1997, contre
la dictature néocoloniale mobutiste !
En réalité, Mende n'a participé en 1998 à aucun
soulèvement, nulle part. Il a simplement accepté de fonctionner
comme "drapeau congolais" à une opération
de conquête et d'occupation rwandaise.
Et le véritable ordre autocratique a été établi
au Sankuru lorsque le district est tombé sous la tyrannie des hommes
de Kagame.
Mende a déclaré ceci : "Les acteurs politiques du Sankuru membres de l’insurrection ne pouvaient pas être crédités de la décision de l’Armée Patriotique Rwandaise / Anc de marcher sur notre district, laquelle relevait de la simple logique militaire." "Le fait de se réclamer de ma présence dans le mouvement rebelle, a certainement facilité les choses aux éléments avancés de l’Armée Patriotique Rwandaise/Anc. Les gens pouvaient se dire 'Ils ne peuvent pas être mauvais parce que tel des nôtres est avec eux'. Il s’agit donc d’une ascendance purement morale." (8)
C'est
le mécanisme de défense qu'utilisent tous les collaborateurs
avec l'ennemi dans tous les pays et à toutes les époques:
ils n'ont pas tué, violé, pillé, ils ont seulement
eu "une ascendance purement morale"… qui a rendu
les tueries, viols et pillages possibles.
Mende prétend donc que les gens de Lodga disaient que les militaires
de l'Armée Patriotique Rwandaise "ne peuvent pas être
mauvais, parce que Lambert Mende Omalanga est avec eux"!
Ce monsieur a décidément une très grande idée
de lui-même et beaucoup de mépris pour les Sankuriens qui,
rien qu'à voir la tête de Mende dans la mouvance des agresseurs,
diraient : "Ces militaires rwandais ne peuvent pas être mauvais,
puisque notre cher Lambert Mende Omalanga est avec eux…"
Notons aussi que "faciliter les choses aux éléments
de l’Armée Patriotique Rwandaise /Anc", c'est-à-dire
aux agresseurs et occupants rwandais, cela s'appelle dans tout Etat normal
: "collaboration avec l'ennemi, trahison" et cela est
passible de la peine de mort !
Mende
pense qu'il se disculpe en clamant que lui et les autres "acteurs politiques
du Sankuru", autrement dit :"originaires du Sankuru devenus collaborateurs
de l'ennemi", ne peuvent pas être "crédités"
de la décision de l'Armée de Kagame de marcher sur
Katako Kombe et Lodga.
Mais c'est un argument qui ridiculise monsieur Mende.
En effet, rappelons lui qu'au moment où il passait publiquement du
côté des agresseurs rwandais, le Président Laurent-Désiré
Kabila répétait ce qu'il avait affirmé le premier jour
de l'agression : "Les soi-disant rebelles sont des traîtres
de leur patrie, des collaborateurs des Rwandais".
(9) Des traîtres et des collaborateurs sont justement des individus
qui ne prennent AUCUNE décision, puisqu'ils sont engagés pour
"couvrir" les décisions des agresseurs !
Kagame a engagé Mende pour "blanchir" les agresseurs,
pour amener la population du Sankuru à dire : ces militaires rwandais
qui se promènent à Lodga et Katako Kombe "ne peuvent
être mauvais parce que Lambert Mende Omalanga est avec eux" !
Opula
Odiho Lambert de Sankuru Forum demande à Mende : "Votre
ascendance sur ''l'opération colonisation du Sankuru'' aurait été
confirmée par un certain nombre d'autres faits. Vous y seriez allé
en véritable pouvoir régnant, pour y nommer les autorités
de la territoriale et de tous les services fonctionnels de l'État
sur l'ensemble du District."
Mende répond : "La mise en place des autorités territoriales
était une réponse urgente face à la nécessité
de normaliser la vie sociale. L’autre alternative était de
laisser nos populations clochardisées livrées à l’arbitraire
de petits officiers. C’est Socrate je crois qui nous a appris à
choisir entre deux maux le moindre. J’ai pris l’initiative
de désigner à la tête du District et des 6 Territoires,
après concertation avec les forces vives et les groupes d’intérêts
locaux, des cadres territoriaux qui avaient été trouvés
sur place."
Mzee
disait "Les soi-disant rebelles sont des traîtres
à leur patrie". Et il faut bien avouer que la
réponse de Lambert Mende Omalanga est la réponse d'un traître
! Mende répond également comme un homme qui ignore tout de
l'histoire des occupations et des résistances !
En effet, il utilise des mots qui ont été souillés
en 1939-45, lors de l' occupation fasciste en France, Belgique, etc…
Après que la guerre d'agression allemande avait éliminer le
gros des forces de la résistance armée, les nazis parlaient
de "la normalisation de la vie économique
et sociale" - c'est-à-dire : la vie reprenait comme si
de rien n'était ! L'occupation devenait une donnée "acceptée".
Et
Mende dit dans sa réponse à Sankuru Forum : "La mise
en place des autorités territoriales était une réponse
urgente face à la nécessité de normaliser
la vie économique et sociale".
L'ignorant Mende va jusqu'à reprendre un autre "classique"
du registre des collabos : "C’est Socrate qui nous a appris
à choisir entre deux maux le moindre." Le même principe
de la collaboration-trahison est également exprimé par Mende
en ces termes : "Les hommes et les femmes qui vivent chez nous
ont été les témoins de mes efforts pour alléger
la chape de l’occupation."
Mais monsieur, ces hommes et ces femmes ont avant tout été
témoins de vos efforts pour faire tomber la chape
de l'occupation sur le Sankuru et sur la moitié du Congo !
Vous faites accepter le crime, l'agression et l'occupation, et vous vous
vantez ensuite de votre intention louable d' "alléger tant soit
peu la lourde chape de l'occupation"!
Mende, veut faire croire à la population congolaise qu'il n'y avait
que deux alternatives : ou bien "laisser nos populations clochardisées
livrées à l’arbitraire de petits officiers (rwandais)
ou bien désigner des cadres territoriaux trouvés sur place."
Pour un traître comme Mende, il n'y a que ces deux alternatives :
laisser les Rwandais eux-mêmes gérer leurs territoires conquis,
ou donner la gestion à des Congolais engagés dans la collaboration
avec les occupants.
Pour un traître, l'alternative de la résistance armée
n'existe simplement pas.
Or, dans n'importe quel pays occupé, la résistance armée
est la principale forme de lutte et les résistances civiles - sabotages,
diffusion d'informations sur la défense militaire, sur les crimes
des agresseurs, - soutiennent cette résistance armée.
Mende
justifie sa collaboration avec les occupants : "Pour moi c’était
une question de responsabilité."
Trahir et collaborer, une question de responsabilité ?
Responsabilité envers qui ? Envers Kagame?
Mais que dites-vous, monsieur Mende, des mai mai du Kivu et du Sankuru,
qui, eux, ont réellement pris leur responsabilité de patriotes
et qui ont combattu les agresseurs, les occupants, les pilleurs et les violeurs
par les armes ?
Mais vous n'êtes pas un simple traître, monsieur Mende ! Vous
êtes allés jusqu'à prôner l'élimination
des plus vaillants parmi les patriotes, ceux qui dirigeaient, les armes
en main, la résistance à l'agresseur et l'occupant.
Le 7 septembre 1999, vous, Lambert Mende, avez déclaré : «
Lwetsha et Sikatende sont encore dans les montagnes du Sud-Kivu où
ils encadrent les maquis des Interahamwe. Si Kabila ne retire pas ces deux
hommes, les hostilités pourraient reprendre. L’Accord de Lusaka
prévoit la neutralisation de ces milices. » (10)
Notons la perfidie de Mende qui affirme que la résistance patriotique
des kivutiens, était en fait l'œuvre des Interahamwe. Mende
reprend mot par mot l'intox vulgaire de Kagame.
En pleine guerre de résistance, la "neutralisation"
de Lwetscha et Sikatende signifiait leur MORT !
D'ailleurs, le 9 September 1999 Lambert Mende Omalanga jubilait, parce que,
enfin, Lwetscha était mort!
Mende a déclaré ce jour à l'Agence d'Informations Rwandaise
(RNA) : "Lwetcha is mort il y a neuf jours - avant que sa nomination
comme chef de l'Etat-Major soit annoncée. Il est mort à Njonja
dans l'Itombwe." (11)
2.3. L'agression-rébellion était dès le début une affaire criminelle, une violation flagrante du droit international.
Mende
a offert ses services à l'agresseur et l'occupant rwandais dès
le mois d'octobre 1998.
Il savait qu'il s'engageait dans la trahison, dans une affaire criminelle.
Justifiant la "rébellion", il déclara: "Quand
il s'agit d'une guerre de libération, on ne devrait pas parler de
popularité ou impopularité. C'est une décision qui
est prise par une minorité de gens conscients qui décident
qu'un problème a atteint un niveau de blocage que seules les armes,
seul la lutte, peuvent résoudre." (12)
Mende a décidé de rejoindre l'agression-rébellion en
sachant parfaitement qu'il n'existaient pas de forces populaires prêtes
à s'engager dans une insurrection. Mende savait que l'agression-rébellion
était, comme il le dit, "impopulaire" ! Le peuple
était ravi des réalisations accomplies en un an et trois mois
par Kabila. Il ne voulait certainement pas voir l'armée rwandaise
semer la terreur à Kisangani, à Matadi, à Kindu, à
Kinshasa…
Contrairement au faux lumumbiste Mende, Mzee a toujours été un révolutionnaire responsable. Il a lancé sa guerre de libération à un moment où la transition interminable avait ruiné complètement le pays : le revenu par tête a chuté de 1990 à 1996 de 295 dollars à 135 dollars ! Kabila a attendu que le peuple se détourne complètement de cette comédie de "Transition démocratique", pour faire comprendre que la dictature néocoloniale ne pourra être renversée que par la lutte armée populaire. La Référence Plus a pu écrire en mars 1997 « La guerre actuelle a injustement été appelée guerre de l'Est. Elle est une guerre de toute la nation contre la classe politique."
Mende s'est engagé fin octobre 1998 dans l'aventure criminelle de la "rébellion" - agression; à ce moment celle-ci avait déjà amplement démontré son caractère étranger et anti-populaire.
Mende n'ignorait pas que les premiers jours de l'agression, à l'aéroport de Bukavu, les Rwandais ont rassemblé une centaine d'officiers congolais prisonniers, désarmés. Ces prisonniers de guerre ont été fusillés sur place. Un crime de guerre qui doit amener les autorités rwandaises responsables devant le tribunal.
Mende savait que Inga avait été occupée le 15 août par les troupes rwandaises et ougandaise et que la coupure de l'électricité à Kinshasa a causé des centaines de morts parmi la population civile.
Mende a suivi les journées de l'entrée de troupes rwandaises et ougandaises à Mikondo, Masina, Ndjili, Kimbanseke, Kisenzo et la résistance populaire héroïque de la population de ces communes les 25-30 août 1998.
Après ces jours d'héroïsme populaire, personne pouvait ignorer les enjeux : soit se battre, même au prix de sa vie, pour l'indépendance du Congo et pour la défaite des agresseurs rwando-ougandais, soit trahir et collaborer avec les agresseurs et occupants.
Au même moment, le 23 août 1998, les Rwandais ont commis leur premier massacre à Kasika : 207 Congolais ont été assassinés, parmi eux le mwami François Nakasika et sa femme Yvette, qui était enceinte et a été éventrée… Mende ne l'ignorait pas.
Lorsque fin octobre 1998, après trois mois d'agression, d'occupation et de terreur rwando-ougandaise, Mende choisit de rejoindre les agresseurs, il le fait en toute connaissance de cause. Il estimait que Laurent Désiré Kabila n'avait aucune chance de tenir contre les armées rwandaise et ougandaise dans une opération montée par les Etats-Unis. Mende choisit le camp de ceux qui devaient gagner cette guerre inégale…
Puis il y a aura Makobola où le 30, 31 décembre 1998 - 1 janvier 99, les Rwandais et leur RCD massacrent 1.000 Congolais. Le père Guilio Albanese témoigna : "Le massacre a été très long, très méticuleux, à la machette et par balles. Ils ont tué beaucoup d'enfants, de nombreuses femmes, des vieillards". Mais Mende, devenu alors le chef de l'information du RCD, n'était nullement ébranlé par cet acte de barbarie extrême.
Chef
du Departement de l'Information et la Presse du RCD, Mende s'est dépensé
pour museler ou éliminer toutes les sources d'information patriotiques.
Le 21 juillet 1999, Mende signe la suspension de la licence de la radio
Maendeleo de Bukavu. Le matériel d'émission de Radio Maendeleo
a été saisi par le Commandement de la 6e brigade de Bukavu.
Le 7 Août, le journal La Croissance Plus est interdit dans
tous les territoires contrôlés par le RCD. La décision
a été prise par Lambert Mende, à la suite de la publication
d'un article intitulé «Kivu: des intérêts
et de la suspicion" qui affirmait que «la guerre garantit
le triomphe de régimes despotiques". Le journal était
également interdit pour "insultes à un Chef d'Etat
étranger", ce qui visait particulièrement le monsieur
Kagame. (14)
Le
COJESKI, du Sud-Kivu, a déclaré le 14 décembre 1999
avoir appris de sources dignes de foi que plus de 15 femmes paysannes ont
été enterrées vivantes. Cela s'est passé dans
les groupements paysans de Bulinzi, de Mungombe et de Ngando dans le Territoire
de Mwenga, province du Sud-Kivu. Les crimes ont eu été commis
dans la période du 15 au 22 novembre 1999. (15) S'adressant à
Lambert Mende Omalanga, porte-parole du RCD-Goma, le Collectif écrit
le 23 décembre 1999: "Nous avons été surpris
de vos déclarations de ce mercredi 22 décembre 1999 sur les
ondes de la RFI, dans lesquelles vous voulez démentir ce récent
massacre qui vient d’être perpétré par les Militaires
de l’Armée patriotique Rwandaise travaillant au solde de votre
mouvement le R.C.D. … Nous continuons à confirmer l’effectivité
de l'enterrement vivant de plus de 15 femmes à MWENGA, le 17ème
massacre de populations innocentes dans le KIVU enregistrés depuis
le 02 août 1998."
Ainsi nous pouvons constater que Mende, complice engagé des agresseurs,
a mis tout en œuvre pour cacher les crimes abominables commis par l'armée
rwandaise et leurs auxiliaires de la "rébellion".
Il
ne peut y avoir de réconciliation au Congo sans que le peuple sache,
comme le dit Yerodia, "Qui est qui et qui a fait quoi?"
Mende a été engagé par les troupes rwandaises pour
leur faciliter la conquête du Sankuru.
Il revient au patriotes du Sankuru de témoigner pour l'histoire des
crimes commis par les agreseurs-occupants et leurs rebelles, à l'instar
de Sami Welo, déjà cité.
Au
Sankuru de nombreux civils ont été tués par des Rwandais
et des "rebelles". Une liste de 21 personnes a été
dressée pour le secteur Nambelo-Lohembe, Lodga. Dans le même
secteur, 138 personnes ont été enregistrées à
qui les agresseurs et rebelles ont volé leurs biens. (16)
Mgr MARINI BODHO, président national de l'Eglise du Christ au Congo,
a écrit une lettre au Président Joseph Kabila en date du 22
octobre 2004, où il évoque l'assassinat de Mlle Bijou LUTUNU
OYOKO.
Il écrit que, selon le père de la victime, "ce crime
était commis en guise de représailles pour le fait qu'il a
hébergé et nourri des éléments de l'Armée
régulière pendant l'invasion de Lodga par les rebelles."
Le ministre des Droits Humains Ntumba Luaba Lumu a écrit au père
de la victime : "Ce triste cas de votre fille sera versé dans
le dossier réparation et indemnisation à charge des agresseurs
et de leurs complices qui sont à la base de son ignoble assassinat
et d'autres méfaits." (17)
De nombreux Batetela venus de Lodga à Kinshasa, ont témoigné
que le sida est devenu un véritable fléau à Lodga.
Voici
un autre témoignage, celui de mademoiselle Jacquie Dambo de Katako
Kombe.
"Depuis l'occupation de Katako par l'armée rwandaise et
les rebelles du RCD en 1999, la situation des droits de l'homme est catastrophique
et peut être résumée comme suit:
D'innombrables actes de vandalisme, de viols, de vols, de pillages, d'extorsion
ont été enregistrés.
A titre illustratif on peut citer :
* Le pillages et l’incendie de plusieurs villages, entre autre :
DIKOKA, OMEONGA, KAHUDI, YOSENGE, OMESO, LONDEKE, etc.
* Des viols des femmes et jeunes filles. Nous ne citons qu'un seul cas :
8 jeunes filles de 9 à 14 ans ont été violées
par les agresseurs-rebelles dans la vallée qui sépare les
villages OMESO et LOTAHE. Il s'agit de Okota-Kandjekonda, Weshema-Tambu
et Okota-Lukundo (9 ans), de Esambo-Koho et Olenga-Kimbolo, 10 ans, de Walo-Omendjadi,
12 ans, de Wande-Lokundo, 13 ans et de Oleko-Omendjadi, 14 ans…
* Au village Opedi, les agresseurs-rebelles ont enterré vivant le
fils de M. Oseke, professeur à l'Institut de Katako
* En 2000 des commerçants de KATAKO-KOMBE en route vers KINDU ont
été dépouillés de leurs vélos et de 1.500
$ , ils ont été tortures et tués pour être jetés
ensuite au bord du chemin… Ce massacre a eu lieu dans la forêt
qui sépare les villages Omesende et Ngomba.
* En 2001, il y a eu des massacres dans les villages Yosenge et Itshuna.
Yosenge fût aussi incendié.
* Cannibalisme : nous connaissons deux cas, celui d’un enseignant
de l’école primaire pilote de KATAKO et d’un chef de
groupement MUKANDO."
2.4. Mende : La rébellion contre le pouvoir autocratique de Kabila était justifiée.
Mende
continue à défendre le pire crime de l'histoire du Congo indépendant
: l'agression-rébellion rwando-ougandaise.
Mende déclare : "Ma décision de rejoindre la rébellion
était fondée sur la conviction qu’il fallait bousculer
l’immobilisme autocratique qui prenait racine dans le pays. N’oublions
pas que l’Afdl de Kabila en prenant les armes à l’Est
contre Mobutu en 1996 souleva aussi la colère de certaines couches
de notre population qui souhaitait un changement non conflictuel de l’ordre
politique." (19)
Mende
parle comme un ennemi acharné de Mzee Laurent-Désiré
Kabila, comme un véritable réactionnaire de l'école
Mobutu et Tshisekedi.
Où était "l'autocratie" de Mzee Kabila
en octobre 1998, en pleine guerre de résistance patriotique contre
l'agression rwando-ougandaise? Est-ce que les masses populaires se seraient
spontanément mobilisées pour défendre le pouvoir de
Kabila, si celui était un autocrate ?
Et pourquoi n'avait-t-on pas vu une portion du peuple soutenir l'autocrate
Mobutu contre les Forces de Libération?
Dénigrant "l'autocrate" Laurent-Désiré
Kabila, Mende prend aussi la défense du mobutisme en affirmant que
la guerre de libération de Mzee "souleva la colère
de certaines couches de notre population qui souhaitait un changement non
conflictuel de l’ordre politique".
D'abord, l'interminable Transition de la Conférence Nationale Souveraine
- HCR-PT avait justement promis un changement "non conflictuel".
Et Mobutu, son pouvoir, son armée, ses services de renseignement
ont continué à régner et à sévir!
C'est vrai qu'une mince couche de Zaïrois se sont dressées contre
la guerre de libération. C'était essentiellement la couche
privilégiée qui avait intérêt au maintien de
la domination néocoloniale sous les apparence d'une démocratie
purement formelle. Cette bourgeoisie bureaucratique et compradore était
une force qui disposait de beaucoup de moyens. Au début de la guerre
de libération, elle a pu dresser quelques fractions de la population
contre Kabila. Mais très vite on a vu l'écrasante majorité
de la population acclamer chaque victoire des forces nationalistes contre
l'armée mobutiste. Des villes comme Kikwit et Mbandaka ont été
libérées sans combat, les FAZ ayant pris la fuite et la population
jubilait dans les rues…
2.5. Mende : "Aussi bien Mobutu que Kabila et les rebelles voulaient le pouvoir par la force"
Véritable
réactionnaire qui manipule la population, Mende déclare:
"Des opérations visant la prise du pouvoir par la force,
il y en a eu plein dans ce pays. Mobutu y a recouru en 1965, Laurent-Désiré
Kabila en 1997 et les mouvements rebelles
s’inscrivent aussi dans cette tendance."
Dans cette tirade, le "lumumbiste" Mende place la violence
justifiée et révolutionnaire du peuple qui veut la libération
de la domination impérialiste, sur le même pied que la violence
réactionnaire du régime néocoloniale mobutiste et la
violence criminelle des agresseurs-rebelles!
Mais dans la réalité, Mende a soutenu la violence du régime
dictatorial de Mobutu jusqu'à en devenir le vice-premier ministre!
Et Mende a soutenu la violence barbare des agresseurs rwando-ougandaises
au point d'n devenir le propagandiste en tant que porte parole du RCD-Rwanda
!
Mende,
le faux lumumbiste, semble ignorer que Lumumba, en tant que grand révolutionnaire,
a toujours fait une nette distinction entre la violence révolutionnaire
et la violence contre-révolutionnaire.
Pour combattre en juin-juillet l'agression belge et la "rébellion"
tshombiste et kalonjiste, Lumumba disait : "Nous préférons
mourir pour notre liberté plutôt que de vivre encore dans l'escavage.
Toutes les forces vives de ce pays sont mobilisées pour sauver l'honneur
de la Patrie et défendre courageusement l'indépendance de
leur pays". (20) Et c'est ce que Mzee répétait en
août 1998 contre les agresseurs rwandais et leurs rebelles.
Le 5 septembre 1960, lors du coup d'état de Kasavubu, Lumumba déclara:
"Le gouvernement rend hommage aux troupes de l'ANC pour le patriotisme
et l'héroïsme avec lesquels ils sont défendu jusqu'ici
la nation contre l'agression et les mouvements de sédition colportées
par les impérialistes belges. … Pour Kasavubu, le fait de vouloir
réintégrer le Katanga pour libérer nos frères,
est une guerre atroce. Parce que Kasavubu est déjà en contact
avec Tshombe. Alors que la victoire du gouvernement central au Katanga est
une victoire sur l'impérialisme." (21) Le 15 septembre
1960, Lumumba écrit de sa main : "Le colonel Mobutu, chef
d'état-major des forces armées, a été corrompu
par les impérialistes pour jouer un coup d'Etat contre le gouvernement
légal et populaire."
Finalement, Lumumba et le mouvement nationaliste ont été vaincus
par la force supérieure de l'impérialisme belge et de l'impérialisme
américain qui opérait au Congo via les troupes de l'ONU dirigé
par un général suédois, Von Horn, agent des Américains…
Mais
après l'assassinat de Lumumba, la colère du peuple et des
soldats patriotes éclatait dans une vague révolutionnaire
qui a libéré la moitié du pays par les armes. C'est
l'opportunisme et l'esprit de capitulation de Gizenga, qui dirigeait alors
les forces nationalistes, qui ont permis aux partisans du néocolonialisme,
Kasavubu, Mobutu, Bomboko, Ileo, Adoula, Ndele, de s'imposer.
Le grand lumumbiste Pierre Mulele a tiré les leçons de cet
échec et il a préparé la grande insurrection populaire
de 1964. Il a fallu la violence contre-révolutionnaire des armées
d'intervention belge et américaine appuyées par des mercenaires
sud-africains et rhodésiens, pour vaincre cette première tentative
de révolution populaire.
Les réactionnaires comme Lambert Mende doivent toujours semer la confusion dans les esprits pour réussir leurs complots ! Mende place la violence réactionnaire et pro-impérialiste de Mobutu et de l'agression - rébellion lancée par le Rwanda, sur un pied d'égalité avec la véritable révolution populaire déclenchée par Laurent Kabila et Kissasse Ngandu en septembre 1996. Cette guerre de libération a reçu le soutient énergique de toutes les masses populaires congolaises, qui haïssaient la dictature néocoloniale installée depuis le 4 septembre 1960.
Aussi longtemps que l'impérialisme domine le monde, les peuples ne peuvent se libérer qu'en organisant une force militaire populaire capable de vaincre leurs ennemis. C'est la leçon magistrale de la guerre de libération de 1997. C'est aussi la leçon de la résistance armée héroïque organisée par les Forces Armées Congolaises et les combattants Mai Mai qui ont mis en échec le plan américano-rwando-ougandais pour dominer le Congo.
2.6. Mende : "C'est grâce aux Rwandais qu'il y a un nouvel ordre au Congo"
Mende déclare : "Nous avons rencontré un sérieux problème avec l’agenda prédateur et hégémonique du Rwanda, mais en même temps il faut reconnaître que c’est grâce à cette action (des Rwandais) qu’un dialogue entre Congolais pour construire le nouvel ordre politique est envisagée aujourd’hui de manière crédible." (22)
Mende reconnaît ici publiquement que c'est grâce à l'agression et l'occupation rwandaise qu'un "dialogue" a pu être imposé par les puissances étrangères et leur gendarme dans la région : le Rwanda de Kagame. Le Dialogue intercongolais a été le produit directe de l'agression-occupation. Le Dialogue a été imposé dans le but de détruire le pouvoir nationaliste populaire de Mzee Kabila et de le remplacer par un pouvoir sous tutelle des puissances impérialistes, un pouvoir avec une majorité de "rebelles", de mobutistes et d'opposants favorables au néocolonialisme.
Le
"Dialogue" partait de l'affirmation fausse que le Congo
était déchiré par un "conflit interne".
Le dialogue a été imposé principalement par l'impérialisme
américain et cela en violation des résolutions 1234 et 1304
de l'ONU qui avaient affirmé, en 1999 et en 2000 déjà,
que le Rwanda et l'Ouganda ont agressé et occupé le Congo
en violation des principes de la Charte de l'ONU et qu'ils devaient
immédiatement prendre des mesures pour retirer toutes leurs troupes
de la R.D.C.
A
propos des fameux Accords de Lusaka si chers à Mende, le International
Crisis Groupe a fait cet aveu. « Le Président congolais,
Laurent-Désiré Kabila, a été contraint
de signer l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka qui avait comme but
de réaliser son écartement du pouvoir ».
(23)
« La configuration des discussions tracée dans l’Accord
de Lusaka a été dessinée expressément
pour renverser le régime de Laurent Kabila, le Président
de l’époque, en le forçant de négocier sur une
base d’égalité avec ses nombreux opposants. Le même
sort attend son fils Joseph, s’il entre dans le Dialogue. »
(24)
En
août 2000, l’Assemblée Constituante et Législative
– Parlement de Transition, en session à Lubumbashi,
a dénoncé les clauses de l’Accord de Lusaka qui sont
contraires à la Charte de l’ONU et violent la souveraineté
et l'indépendance du Congo.
La Résolution de l'ACL-PT souligne mi-août 2000, lors de la
rencontre des signataires de l’Accord de Lusaka, les Etats-Unis, le
Rwanda, l’Ouganda, l’Afrique du Sud, la Zambie et les trois
groupes de rebelles ont refusé de discuter la question du retrait
des forces d’agression et d’occupation, exigé le 9 avril
1999 par la résolution 1234 du Conseil de Sécurité.
La
Résolution 001, adoptée mi-août 2000 par l’Assemblée
Constituante et Législative, affirme que «l’agression
contre la République Démocratique du Congo est devenue un
fait juridique non-discutable par des décisions du Conseil de Sécurité
et de la Cour Internationale de Justice ».
Elle déclare « la caducité de l’Accord de
Lusaka, fondé sur la thèse d’une rébellion »
et dénoncé par un nombre croissant de rebelles qui ont quitté
les agresseurs.
La Résolution qualifie les restes des trois groupes rebelles comme
des « factions de la trahison nationale ».
Dans ses conclusions, l’Assemblée « dénonce
l’Accord de cessez-le-feu signé à Lusaka le 10 juillet
1999 parce que dépassé ; demande au Conseil de Sécurité
la stricte application de la Résolution 1234 ordonnant le retrait
immédiat du sol congolais de toutes les forces étrangères
non-invitées.».
Mzee
Kabila allait faire triompher la juste cause de la République Démocratique
du Congo. Il avait annoncé un Débat national où tous
ceux qui tiennent à l'indépendance et la souveraineté
du pays, y compris des compatriotes qui étaient engagés dans
l'aventure criminelle des Rwandais et Ougandais, auraient la parole. Mzee
disait aussi que la configuration du gouvernement changerait à la
fin de ce débat et que le gouvernement prendrait un caractère
plus inclusif.
Mzee était en train d'échapper aux impositions et dictats
des Américains et de réaliser un compromis entre toutes les
forces politiques jalouses de l'indépendance de leur pays.
Il ne restait à ceux qui sont habitués à régenter
le Congo, qu'une seule solution. Il leur fallait recourir à la méthode
qu'ils avaient déjà dû utiliser pour débarrasser
le Congo de cet autre "indésirable" : Patrice
Lumumba. Et ce fut l'assassinat du 16 janvier 2001…
2.7. Lorsque l'ambassadeur américain à l'ONU dénonce les traîtres congolais…
Même certains fractions du pouvoir américain - le parrain de la guerre d'agression rwando-ougandais - se sont rendu compte que l'agression - rébellion à été une entreprise criminelle. Devant le Conseil de sécurité du 7 juillet 2003, l'ambassadeur des Etats-Unis, Richard Williamson, a fait une déclaration tonitruante jamais entendu de la bouche d'un diplomatique américain parlent sur la Congo! Il a dit ceci.
"Le
conflit sanglant au Congo est tragique. Les pires
actes imaginables, comme le cannibalisme, y ont
été commis. Plus de trois millions de personnes sont
mortes à cause de cette guerre. Le mépris
de la vie est révoltant, les histoires de décapitations répugnantes.
Nous avons écouté les descriptions d'actes de torture, de
viols, de tueries et de cannibalisme de la part du MLC avec dégoût.
Ces actes cruels faisaient partie d'une campagne systématique
et horrifiante d'atrocités contre les civils. Le gouvernement
des E.U. est très déçu de la façon
inappropriée avec laquelle Jean-Pierre Bemba et
le MLC ont traité les procès des suspects.
Il y a eu un mépris pour la nature grave de ces crimes,
personne n'a été accusée de crimes contre l'humanité
et de crimes de guerre."
Jean-Pierre Bemba et le MLC sont donc accusés de crimes contre l'humanité
et de crimes de guerre!
Et tout le monde sait que les atrocités les plus horribles ont été
commises dans les territoires sous la domination l'armée rwandaise
et des troupes du RCD-Goma, chères à Lambert Mende…
Ed
Marek, ancien membre des services secrets militaires des Etats-Unis, était
un des premiers à prôner une intervention militaire rwando-ougandaise
pour renverser Mzee Kabila. C'était le 19 mai 1998. Il écrit
alors : « Si on soutient quelqu'un d'autre que Kabila pour devenir
Président, alors on doit automatiquement soutenir une intervention
armée pour renverser Kabila et pour le remplacer ».
Cinq années plus tard, le Congo compte 4.000.000 morts, des pertes
chiffrées à des dizaines de milliards de dollars. Alors, le
6 janvier 2003, le même Ed Marek accuse !
Ses paroles pertinentes et virulentes à la fois, constituent une
accusation directe de Lambert Mende et des autres chefs du RCD.
Ed Marek dit : "L'Accord de Lusaka et celui de Prétoria
de 2002 sont mauvais pour le peuple congolais. J'aurais
souhaité le gouvernement congolais ne les avait pas signé.
Ces Accords légitiment l'invasion rwandaise et ougandaise
et l'occupation et je trouve cela inacceptable. Les soi-disant
rebelles congolais sont des bureaucrates cooptés
par les gouvernements de l'Ouganda et du Rwanda et utilisés comme
des marionnettes. Ils n'ont pas de base populaire. Ce sont, à
mes yeux, des traîtres et leurs activités traîtresses
ont provoqué l'agonie, la mort, le déplacement de millions
de Congolais. Je suis choqué qu'ils ont trouvé des
postes de responsabilité dans le gouvernement de transition."
Monsieur Mende, vous avez bien suivi cet ancien agent des services de renseignements
américain? Il vous dit que vous êtes un de ces traîtres
dont les activités traîtresse ont provoqué le déplacement,
l'agonie et la mort de millions de Congolais…
Notes :