VII) Une «classe politique» à la recherche du paradis perdu

La classe politique mobutiste a comme idéal démocratique le système néocolonial «normal», où les puissances qui dominent le Congo offrent aux différents politiciens la possibilité de bouffer à tour de rôle.

Depuis la chute de Mobutu, cette classe est éclaté en morceaux.

Quelques rares hommes et femmes de la Transition se sont rendus compte dans quel abîme le pays était plongé. Et ils ont compris que seul un régime nationaliste soucieux du sort du petit peuple, pouvait apporter le changement nécessaire.
Vincent-Robert M’Bwankiem, un des co-fondateurs de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social a exprimé la position de ces rares membres de l’opposition préoccupés par la reconstruction du Congo ravagé. Reçu le 2 décembre 1997 par le Président Laurent Kabila, M’Bwakiem déclara: «Avec le Président ... nous avons abouti à l’impérieuse nécessité d’œuvrer pour le rapprochement de nos deux familles politiques en vue d’unir nos efforts dans la noble mission de reconstruire notre pays sinistré par trente-deux ans de mégestion ... Les dirigeants acquis au dialogue ont déployé des efforts, sans succès hélas! en vue de persuader monsieur Tshisekedi de privilégier les contacts politiques à toute autre démarche. Ce mardi 2 décembre 1997, la délégation du parti que j’ai conduite, est allée confirmer au Chef de l’Etat la volonté de l’UDPS de prendre une part active à la reconstruction nationale.»

Mais la très grande majorité de cette classe n’as pas fini de se batter pour le plus grand morceau de la tarte, la place la plus importante à latable de la bourgeoisie compradore qui s’engraisse sur le dos du peuple congolais et en servant les intérêts des puissances néocoloniales. Ils ne s’arrêtent pas de se positionner et se repositionner en fonction des calculs et “opportunités” qu’ils pensent démêler dans la situation changeante en RDC.

Il y a d’abord le groupe de mobutistes qui se cachent dans un exil reel (les Kengo Wa dondo, les Ngbandas, les Baromoto) ou un exil politique (Tshisekedi) d’où ils attendent le moment opportune de lancer leur “offensif foudrayant”. Parfois ils entrent en action et font des grandes declarations, à d’autres moments ils retournent vers “la discretion” et continuent à "attendre leur moment".

Un deuxième groupe sont les très nombreux barons mobutistes qui ont colaboré avec les agresseurs rwandais et ougandais à fin de donner une couverture congolaise à l’agression qui a coûté la vie de 4 millions de congolais. Ce sont les Bembas, José Endundu, Omer Egwake, José Engwanda, Banza Mukalay, Joseph Mudumbi… Ce groupe a rejoint dans la “rébellion” un groupe de jeunes candidats au mobutisme tel que Ruberwa, Nyarugabo et autres.

Il y a ceux qui se sont cache dans la soi-disante opposition politique non-armée, comme les Diomi Ndongala et Catherine Nzuzi wa Mbomho,

Enfin il y a ceux qui se sont infiltrés dans le camp nationaliste en simulant qu’ils se sont convertit de leur passé mobutiste.

La confusion est grande pour le citoyen qui observe tout ce beau monde, car très souvent des gens changent de groupe, dès qu’ils jugent devoir changer de stratégie pour obtenir leur objectif central : le pouvoir à bouffer.
Souvent ils se combattent à vie et à mort et souvent aussi des ennemis déclarés de hier deviennent des alliés jusqu’à la mort demain et vice versa. Et tous, ils disent servir la démocratie, le peuple congolais, l’indépendance nationale etc…

Comment distinguer dans ces conditions les nationalistes autenhentique de ceux qui veulent le retour au système mobutiste et néocolonial?
Il y a 5 positions qui permettent de voire clair dans les intentions camouflés.

1) La position envers les idées et les experiences de ceux qui ont vraiment défendu l’indépendance nationale, la souverainité nationale et le bien-être des congolais, c’est à dire Lumumba, Mulele et kabila.

Tous les mobutistes camouflés ou ouverts, sont unis dans la haine et le mépris profonde envers la personne qui incarne le plus jusqu’à maintenant ce courant nationaliste et de démocratie populaire : Mzee Laurent Désiré Kabila.

2) L’attitude envers les puissances imperialistes et néocoloniales.

Tous les mobutistes camouflés ou ouverts, sont unis dans la ferme conviction que pour retourner à la normalité, il faut d’abord et avant tout avoir l’appui d’une ou plusieurs puissances qui jouent au vrai maîtres du monde et du Congo. Ils sont tous unis pour demander l’ingérence néocoloniales et se disent des adhérents des principes du libre marché. Ils sollicitent les faveurs des maîtres néocoloniales en leur promettant de restaurer le plus vite que possible le système d’exploitation neocolonial.

3) L’attitude envers les lutes populaires contre les aggressions extérieures

Tous les mobutistes ouverts ou camouflés tiennent des beaux discours sur la defense du Congo contre l’agression. Mais aucun d’entre eux n’a pas la moindre intention de se sacrifier, de travailler et de lutter pendant une longue période au service de la masse populaire. Parlant du bout des lèvres des luttes menées par les masses travailleuses, leur seul but est de capter la sympathie du peuple, de rafler des voix lors des élections à venir et de se propulser au gouvernement. Ils n’essayent pas de connaître les luttes héroïques que le peuple a mené durant la période coloniale, pas plus que les insurrections populaires de 1960-1961 et de 1963-1968 et ils veulent encore moins les prendre comme source d’inspiration. Falsifiant à dessein l’histoire du Congo, ils font commencer la dictaure mobutiste au 24 novembre 1965. Ainsi, ils veulent masquer le fait que la domination néocoloniale ait débuté par le coup d’Etat de Mobutu et ses petits Commissaires généraux en 1960. Leur intention est de blanchir les ignobles agents néocoloniaux qui ont organisé la terreur contre les nationalistes du 14 septembre 1960 jusqu’au 24 novembre 1965 ainsi que ceux qui ont collaborés à la guerre d’agresison 1998-2003. Leur but principal est d’arracher les page les plus importantes de l’histoire du Congo: celle où est écrite l’héroïque insurrection populaire qui atteignit son point culminant en 1964 et qui fut écrasée par une intervention massive de mercenaires sud-africains et de troupes belges et américaines et celle qui fut la guerre de liberation qui a aboutit dans une année de gouvernemnt nationaliste don’t l’élan a été cassé par la guerre d’agression et qui s’est ensuite transformée dans la guerre de résistanec à l’agression entre 98 et 2003. Ainsi ils mettent sur le meme pied : d’un côté la guerre de liberation de 96-97 qui a balayé le monbutisme et qui correspondait entièrement à la volonté populaire, de l’autre la guerre d’agression qui a commence le 2 août 1998 et qui a couté la vie à 4 millions de congolais.

4) L’avidité du pouvoir, la conquête des «postes».

Se moquant complètement des masses populaires, de leurs luttes et de leur organisation, les mobutistes camouflés ou ouverts, n’ont qu’une seule idée en tête: arriver vite au gouvernement, à la tête de grandes institutions. Pour cela ils s’opposent farouchement à ce qu’on pose les questions : "Qui est qui?" Et “Qui a fait quoi?”. Ils considérent tous l’arrogance et le mensonge comme faisant parti de l’arsenal de politicien. Ils trouvent que c’est leur droit naturel de se battre pour les postes en tenant n’importe quel discours démagogique et en réfusant en meme temps que l’on demande de juger leurs paroles et leurs actes de hier.

5) La réconciliation nationale.

Les mobutistes camouflées ou ouverts se préparent tous à rejouer la farce du Conclave de Lovanium qui a scellé, entre le 22 juillet et le 2 août 1961, le passage de la majorité des responsables lumumbistes dans le camp de Mobutu. Ils prônent la réconciliation nationale avec les pors criminels et la bourgeoisie bureaucratique. Adversaires du renversement par le peuple des structures étatiques du MPR et de la bourgeoisie compradore, ils veulent que le gouvernement qui sortira des elections réalise «la cohésion de tous les partenaires politiques sur la base des acquis de la Conférence Nationale Souveraine». Or, cette «cohésion» est un mythe créé de toute pièce, puisque toute l’histoire de la CNS est marquée par des guerres de clans et d’individus, par des retournements permanents d’alliances. Tous les agents du néocolonialisme réunis dans la CNS n’ont jamais réalisé la moindre cohésion, ou union nationale ou réconciliation, mots qu’ils avaient constamment à la bouche. Leur seul cohesion existe dans leur haine et leur mépris pour le nationalisme de Lumumba, Mulele et Kabila.

Les militants nationalistes ont le devoir d’être vigilant et de faire connaître la vérité au people pour emlpêcher le retour vers l’ordre “normal” du néocolonialisme et du système mobutiste.

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