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Le vice-président congolais Jean-Pierre Bemba trempe à nouveau dans des affaires sales

Jean-Pierre Bemba est, une fois de plus, impliqué dans des affaires sales. L’ancien rebelle congolais, accusé de canibalisme par le groupe rebelle MLC en 2002, aurait blanchi des millions de dollars pour l’ancien président du Libéria, Charles Taylor. En 2003, Bemba a été condamné à un an de prison pour trafic humain. D’autres pratiques frauduleuses apparaissent à la lumière maintenant que la République Centre Africaine (RCA) l’a traduit en justice devant le Tribunal pénal international pour crimes de guerre.

Bemba est actuellement vice-président au Congo-Kinshasa. Il s’est porté candidat pour les élections présidentielles congolaises qui doivent avoir lieu cet été. D’après des sources congolaises, il a investi 22 millions de dollars pour sa campagne électorale. Cette somme folle est bien trop élevée étant donné la détresse totale dans laquelle se trouve le Congo sur le plan économique et social et la pauvreté noire dans laquelle doit vivre la population. D’aucuns continuent à se demander d’où lui vient cette fortune. Même la justice internationale s’en interroge.

Le 14 avril, la Cour de cassation de la RCA, un pays limitrophe du Congo, a décidé de citer Jean-Pierre Bemba en justice devant le Tribunal pénal international pour le rôle qu’il a joué dans les événements sanglants qui se sont déroulés fin 2002 dans le pays.

Au Congo, Bemba était alors encore en guerre avec le gouvernement de Kinshasa. Il a collaboré avec l’Uganda qui occupait militairement de grandes zones du Nord du Congo. Ensemble, ils exerçaient un pouvoir terrorisant et spoliateur. Bemba avait une emprise sur la province de l’Équateur du Nord-Ouest. Depuis son quartier général militaire à Gbadolite, ville construite par le dictateur Mobutu avec qui il était lié politiquement via son père, il pouvait empocher l’argent épargné, normalement destiné à la guerre.

En octobre 2002, les rebelles du MLC de Bemba on dépassé la frontière de la RCA. François Bozizé, l’actuel président de la RCA, avait alors essayé de saisir le pouvoir. Mais Bemba soutenait le président Patassé et, ensemble, ils ont organisé la répression contre l’auteur du coup d’État. De plus, 400 personnes sont mortes dans et hors de la capitale Bangui. Bemba et Patassé sont maintenant accusés de « meurtre et viol, vol et destruction de biens » multiples.

Flotte des avions suspects

Mais la Cour de justice de Bangui enquête également sur les relations d’affaires entre Bemba et Charles Taylor. En 2003, l’ancien président du Libéria en Afrique de l’Ouest cherchait refuge au Nigéria mais il a été délivré il y a peu au Sierra Leone où il doit comparaître pour le rôle qu’il a joué dans la guerre civile qui a ravagé ce pays voisin du Libéria pendant des années.

L’on suppose aujourd’hui que Taylor a pu blanchir de l’argent destiné à faire la guerre avec la complicité de Bemba. Cela se serait passé lorsque Bemba avait acheté un avion à Taylor qui l’aurait emporté comme prise de guerre en fuyant vers le Libéria. Il s’agirait probabement d’un Boeing 727 (immatriculé 9Q-CBF) qui est mentionné dans le rapport du 4 janvier 2005 au Conseil de sécurité des Nations unies rédigé par le Panel d’experts des Nations unies des pillages au Congo. Bemba a incorporé l’avion à la flotte Co-Za, une compagnie aérienne du clan Bemba.

Ce clan gère des compagnies aériennes depuis longtemps et elles ont toujours été mêlées à des affaires. Le père de Bemba, Bemba Saolona, un confident du dictateur Mobutu, dirigeait la compagnie Scibe dont un avion indigne de voler (et suspect) a été enchainé. Aux alentours des années 2000, Bemba collaborait intensivement avec Viktor Bout, qui opérait notamment en RCA. Bemba aurait récupéré des avions et des hélicoptères de Viktor Bout. La Belgique a lancé un mandat d’arrêt contre Bout en février 2002 sur la base d’un dossier américain d’Interpol.

Bemba vide les caisses de l’État congolais

Bemba lui-même a fait faire des transports suspects et répétés à ses appareils. Au début 2004, par exemple, ils ont survolé Antonovos et sont revenus à Gbadolite. Mais les membres de la milice MLC de Bemba ont empêché que les observateurs des forces de paix des Nations unies Monuc ne viennent près des avions pour contrôler leur chargement. Le MLC était alors apparemment des militaires avec peu d’armement pour les maintenir hors de la nouvelle armée congolaise.

Mais plus tard en 2004, après une tuerie dans la ville de Bukavu, Bemba louait ses avions à l’État congolais, justement pour permettre aux troupes MLC de participer aux opérations à l’est du Congo.

Le rapport du Panel des Nations unies de janvier 2005 mentionne que l’on comptait 76 évasions, dont 69 menées par les 26 avions Antonov de Co-Za, la compagnie du vice-président conglais, et encore 7 vols d’Antonov-32 de Co-Za, liés à Viktor Bout au Beni pour la période allant du 5 juin au 22 octobre.

Tous ces vols sont facturés à l’État congolais. Voilà ce que le Panel des Nations unies écrit à ce propos : « la compagnie aérienne du vice-président a réalisé d’énormes bénéfices avec le redéploiement des anciens soldats du MLC. Selon certaines sources, M. Bemba ferait payer au gouvernement le double des tarifs de locations habituels pour ses avions. Les autres opérateurs aériens se plaignent de devoir transporter gratuitement les troupes congolaises et leur équipement ».

En Belgique, Jean-Pierre Bemba était impliqué par le passé dans un trafic de fausse monnaie et en mai 2003, un mois et demi avant qu’il n’endosse la fonction de vice-président, il a été condamné à un an de réclusion ferme pour trafic humain. Le tribunal a jugé la plainte affirmant que Bemba avait introduit deux membres du personnel de sa maison en Belgique en les inscrivant en tant que travailleurs de la compagnie aérienne Scibe fondée.

Au dessus des lois

Au Congo, même Bemba était jusqu’à ce jour préoccupé. Pourtant, il y a eu, fin 2002, de fortes agitations au niveau international lorsqu’il s’est avéré que les membres des milices au Nord-Est du Congo avaient tué et dévoré des gens. Parce que Bemba agissait dans son mouvement rebelle comme un dictateur, il a pu être jugé responsable personnellement de ces actes de canibalisme.

Mais la communauté internationale voulait montrer que les rebelles du Congo formeraient un seul nouveau gouvernement situé à Kinshasa. Il a donc été décidé par l’Accord de Prétoria en décembre 2002 et mis sur pied en juillet 2003. C’est pourquoi, il existe jusqu’à ce jour une impunité de fait au sein de l’équipe gouvernementale du Congo et pour Bemba et les autres criminels de guerre.

Ceci est la traduction d'un article écrit le 24 avril par Raf Custers pour indymedia.be .