
Leonard Kasimba, 16 septembre
Robert Menard, Président de l'organisation "Reporters sans frontières" a écrit le 21 août une lettre ouverte à Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba. Dans cette lettre Menard met sur le même pied les médias de la haine contrôlés par Bemba et les autres médias. Ainsi Menard se prétend être "partisan de personne".
Or il est clair que les médias contrôlés par Bemba n'ont pas cessé de lancer des appels au meurtre et à la haine contre Kabila et le PPRD. Cela a aboutit aux incidents du 27 juillet. Que ces appels font parti d'une stratégie putchiste de Bemba a été prouvé par les évènemenst du 20 au 22 août.
De l'autre côté on a eu des dénonciations, la plupart trop timides, de ces appels et de ces évènements. En mettant sur le même pied les deux côtés, Reporters sans frontières étale une "neutralité hypocrite" qui devrait justifier une censure pseudo-aveugle qui va frapper avant tout les médias progressistes.
Et en effet, les semaines qui ont suivi la fameuse lettre ouverte de Menard, la Haute Autorité des Médias a effectivement repris et employé l'arme de "neutralité" pour se lancer dans une opération de censure contre les médias qui critiquent et dénoncent les crimes et les actes anti-patriotiques du camp Bembiste.
Cela a amené le journal L'Avenir à écrire déjà plusieurs articles se plaignant de l'arbitraire de la HAM.
Le 15 septembre par exemple, le journal écrit que "la Ham est en dérive. On la croirait au service d’autres enjeux que la régulation des médias pendant la transition. ... Il semble désormais qu’il suffit de citer JP Bemba ou le Mlc pour s’attendre à la convocation de la Ham. Il devient difficile d’exercer le métier d’informateur dans un pays où la loi est remplacée par les convenances de la Haute Autorité des médias."
En
effet, le journal donne l'exemple de la suspension de l’émission
« Grandes questions » de la Rtg@. Le journal écrit : "Dans
la foulée, la Ham interdit d’antenne sur tous les médias
du pays, Mme Tokuahulu et l’honorable Mende Omalanga. La première
citée pour un mois et le dernier pour quinze jours. Curieusement, le
troisième invité, pour cause qu’il soutenait les thèses
contraires à celle de la famille politique de Joseph Kabila, s’en
tire sain et sauf. En ne sanctionnant pas le professeur Biyoya, la Ham reconnaît
tacitement que les débats étaient contradictoires."
"En plus de cela, la Ham évoque l’article 44 de la loi
l’organisant pour justifier la justice expéditive qu’elle
applique. Cet article parle des mesures conservatoires à prendre en
cas de flagrance, la décision devant venir de l’assemblée
générale à qui le bureau devrait faire rapport. On constate
malheureusement que la Ham ne respecte même pas sa propre loi. Au lieu
des mesures conservatoires, elle prend des décisions. La preuve c’est
qu’elle n’évoque aucun pv de réunion au cours de
laquelle la décision aurait été prise. Saisi
par le Mlc le 13 septembre, la Ham a décidé à la même
date. Jusqu’à ce jour pour toute notification, la Rtg@
a reçu un papier volant non signé et pauvrement motivé."
A lire aussi :
Dans ce contexte de censure et des décisions arbitraires de la HAM, il est important de savoir que Reporters sans Frontières, l'organisation qui plaide activement pour cette censure, n'est pas du tout une organisation neutre.
Nous
reprenons ci-dessous quelques liens publiés sur le
site du Reseau Voltaire vers des articles qui démasquent cette
organisation pour ce qu'elle est : une organisation au service de la CIA et
du gouvernement américain.
« Venezuela :
médias au-dessus de tout soupçon » par Thierry
Deronne et Benjamin Durand (18 juin 2004)
« Quand
Reporters Sans Frontières couvre la CIA », par
Thierry Meyssan (25 avril 2005)
« Les
mensonges de Reporters sans frontières » par Salim
Lamrani (2 septembre 2005)
« Le
silence de Reporters Sans Frontières sur le journaliste torturé
à Guantanamo » par Salim Lamrani (30 janvier 2006)
« Le
financement de Reporters sans frontières par la NED/CIA »
par Diana Barahona et Jeb Sprague (7 août 2006).
Dans
la librairie du Réseau Voltaire
Pour en savoir plus, lire Le
Dossier Robert Ménard. Pourquoi Reporters sans frontières s’acharne
sur Cuba par Jean-Guy Allard et Marie-Dominique Bertuccioli, Lanctôt
éditeur (Québec), 12 euros.
