Ludo Martens rend hommage à Me Tshinkuela,
après Me Kinkela, un autre nationaliste qui nous a quitté

L’AVENIR, Kinshasa, mardi 30 octobre 2007

La famille politique congolaise et particulièrement celle des nationalistes congolais, a perdu Me Tshinkwela. C’est un dialecticien de la trempe des meilleurs que le Congo a connu qui a quitté la terre des hommes sans crier garde.
Un acteur de la lutte politique en République Démocratique du Congo, Ludo Martens, que d’aucuns appellent le Che Guevara belge, se souvient de la lutte de ce voyant congolais et lui rend un hommage mérité. Ludo Martens a exprimé sa douleur à la suite de la disparition de Me Tshinkwela dans un message qu’il a adressé à la famille et à tous les nationalistes congolais éplorés par cette disparition.

" C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris à Bruxelles le décès de notre ami et camarade de lutte, maître Jean Tshinkuela Musuayi. Nous vous présentons nos condoléances les plus sincères et nous vous assurons de notre profonde sympathie en ces moments douloureux.

En Belgique, dans les luttes estudiantines de 1967-1970, nous avons organisé des campagnes pour défendre la cause de la libération du Vietnam et de l’Angola, et nous avions un Comité de solidarité avec la lutte du peuple congolais. Des camarades congolais nous parlaient de l’existence du PRP et de la création de l’UGEC et son rôle dans l’éveil révolutionnaire de la jeunesse estudiantine.

De l’Europe à l’Amérique Latine de Fidel Castro, de l’Asie de Ho Chi Minh et de Mao Zedong à l’Afrique des maquis angolais et sud africains, les étudiants s’initiaient à la théorie marxiste-léniniste et ils se rendaient parmi les ouvriers et les paysans pour connaître l’exploitation capitaliste et pour aider les travailleurs et paysans à s’organiser pour la lutte anti-impérialiste et anticapitaliste.

Le camarade Tshinkuela Musuayi était parmi les principaux responsables de l’Union Générale des Etudiants Congolais qui, au cours des années soixante, ont introduit l’idéologie marxiste-léniniste dans la lutte de libération au Congo. Ils étaient sur la même ligne que leurs aînés Pierre Mulele, Théo Bengila, Kibwe Cha Malenge, Léonard Mitudidi, Thomas Mukwidi et Laurent-Désiré Kabila.

Mais contrairement à ce qui s’est passé dans la révolution chinoise, au Congo, les étudiants marxistes-léninistes n’ont pas réussi à se joindre aux masses populaires et notamment aux masses insurgées à l’Est dans le maquis de Hewa Bora.

En 2006, j’ai encore eu deux discussions avec le camarade Tshinkuela dans son cabinet. Il disait que le PPRD, parti sans idéologie, se proclamant tantôt social-démocrate, tantôt libéral, ne pourra jamais mener les masses congolaises à la libération nationale et sociale. Pour libérer un pays stratégique comme le Congo, le camarade Tshinkuela restait convaincu de la nécessité d’un parti marxiste-léniniste, comme Pierre Mulele l’a envisagé et comme Mzee Kabila l’a réalisé avec le PRP.

Espérons que les graines semées par Pierre Mulele, Kibwe Cha Malenge, Léonard Mitudidi, Laurent-Désiré Kabila et par le camarade Tshinkuela et ses compagnons, donneront des fruits et que les révolutionnaires congolais s’uniront dans un parti capable de diriger les masses jusqu’à la libération nationale et au pouvoir populaire".

S.G.